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Chronique de Concert

Jean-Louis Murat

Jean-Louis Murat en concert

Théâtre de la Madeleine à Paris 2 décembre 2019

Critique écrite le par



Presque un an après le concert de Jean-Louis Murat au Café de la Danse pour la tournée "Il Francese", nous avons repris la route vers Paris pour assister à la seule date parisienne du chanteur auvergnat pour cette tournée d'automne. Pas de nouvel album cette année, le prochain sortira en Mars 2020, mais pour la première fois est sorti un album live, "Innamorato", enregistré à Décines lors de la tournée précédente et agrémenté de 4 inédits dont l'entêtant "Autant en faire quelque chose", découvert au Chapitô à Lille l'an dernier sur notre première date de la tournée "Il Francese".

Comme pour chaque concert parisien, les "Muratiens et Muratiennes" viennent des 4 coins de la France et même de l'étranger. Si nous venons du Nord, d'autres viennent de La Rochelle, d'Orléans, des Deux-Sèvres, de Suisse et même de Paris et sa banlieue. Rendez-vous était donc donné aux membres du groupe "Destination JL Murat" au café du coin, non loin du théâtre pour se retrouver autour d'un verre et partager nos impressions sur les retours des premières dates de la tournée automnale. C'est donc avec un immense plaisir que nous avons retrouvé Barbara, Marina, Marie-Christine, Régis, Pierre et accueilli pour la première fois Sabine et Irène, qui ont intégré le groupe récemment et qui auront beaucoup de chance pour leur premier concert avec nous, mais j'y reviendrai plus tard. Notre discussion tournait essentiellement sur la durée du concert qui selon les retours variait d'1h15 à 1h30 selon les dates et sur la présence ou pas d'inédits sur la set list du soir. La durée, ce n'est pas le plus important, certes ! Mais il y a un an lors de la 1ère date parisenne au Café de la Danse, cela faisait déjà débat et certains avait trouvé le concert un peu court ! Pour ma part, je préfère un concert d'1h30 dense qu'un set de 2 heures où l'on s'ennuie, mais 1h30 devrait être le tarif minimum.



Comme le concert a lieu dans un théâtre avec des places numérotées, c'est donc plus tardivement que d'habitude que nous nous dirigeons vers celui-ci. En arrivant sur place, c'est en allant dire bonjour à Jocelyne (responsable du merchandising) que nous apprenons qu'il n'y a pas de première partie ce soir, chose que je regretterai plus tard après le concert en croisant Pauline Drand qui aurait très bien pu assurer celle-ci, seule avec sa guitare pour nous jouer quelques titres de son dernier album "Faits Bleus" sorti en 2018 et que j'avais beaucoup aimé, dommage.

Dans ce merveilleux Théâtre de la Madeleine, la communauté muratienne qui se retrouve habituellement aux premiers rangs, se voit ici dispersée un peu partout. Il y a des têtes connues en fauteuil d'orchestre, Laetitia, Cao Thiên Tu et Christophe, autres membres du groupe, les autres sont un peu plus loin ou au balcon. Pour notre part, nous avons été gâtés puisque nous sommes en loges avec une très belle vue plongeante sur la scène. Les tapis et les instruments sont en place, la tension monte, on attend Jean-Louis avec impatience.



Alors, quand à travers le rideau on aperçoit la petite lampe torche du régisseur, que le noir se fait dans la salle, c'est sous des applaudissements nourris et généreux que Jean-Louis Murat fait son entrée sur scène avec ses deux fidèles musiciens Stéphane Reynaud, à la batterie, et Fred Jimenez, à la basse. Pour cette tournée, Murat a décidé de changer de guitare pour expérimenter de nouveaux sons et a donc opté pour une guitare électro acoustique à douze cordes, un nouvel ampli et une pédale d'effets qui vont apporter de l'ampleur au set. Dès le 1er titre, "kids", joué sur un tempo plus rapide que l'an dernier et après une superbe intro, JLM se donne tandis Fred et Steph assurent les chœurs pour une très très belle entrée en matière. Sur "Gazoline", le tempo est plus lent au début mais il augmentera crescendo pour finir par retrouver le groove qu'on lui connait en live. Après un petit problème technique avec sa pédale et un "P'tain je suis dans la merde là, ça marche ?", Jean-Louis enchaîne avec "Les Voyageurs perdus", un des superbes titres de l'album "Tristan" qui date de 2008.

Après avoir tombé la chemise, Murat invite le public à taper des mains au rythme de la basse et de la batterie de Fred et Steph, puis saisit la 12 cordes pour une longue intro ponctuée de cris avant d'entamer une belle version de" Tarn et Garonne" où dit il : "Quand Emilie vient me voir, elle quitte sa tour Eiffel... ". Pour le titre suivant, nouvelle intro ou Jean-Louis joue avec la pédale d'effets et nous livre une merveilleuse version de "Over and over". Puis, sous l'effet de la rythmique et de la 12 cordes, le public se met à taper des mains sans qu'on lui demande, on reconnait le rythme endiablé de "Autant en faire quelque chose" et comme le dira si bien Sabine après le concert : "Murat en live , ça claque !". Pour le titre suivant, Murat nous gratifie d'une belle intro ou il se sert d'un bottlenek pour amplifier encore un peu plus les effets sur sa 12 cordes et nous livre une sublime version down tempo d'"Achtung Baby". L'enchaînement sur "Ciné Vox" constituera un des temps forts de la soirée avec un grand moment d'émotion quand Jean-Louis reprendra le 1er couplet au milieu du titre :"Au crépuscule passe une âme / Tout se voile de mélancolie / J'allais au projet indéniable / Où toute chose § Ruine... " Une minute de chuchotements, de soupirs, où il répète "Ruine" avec un écho du plus bel effet... A vous filer la chair de poule, vraiment !



S'ensuit "Hold Up", l'instant réjouissant" où Jean-Louis nous demande si on veut bien faire des "ouh, ouh" et taper dans les mains. Il charrie gentiment Stéphane à qui il demande de faire des "ouh,ouh" ! " Il le fait bien !" puis il ajoute : "On m'a dit à Paris faut que tu fasses un truc à part, alors ils vont faire des ouh, ouh ! A Clermont ils font pas ouh, ouh !" Il invite le public à taper dans les mains et ce dernier s'exécute et reprend de bon cœur les fameux "ouh, ouh". On a connu par le passé des publics parisiens plus frileux, ce n'était pas le cas au Théâtre de la Madeleine. Murat enchaîne avec un titre rarement entendu en Live de mémoire, si ce n'est sur la tournée "Tristan" seul à la 12 cordes acoustique : une très belle version de "Tel est pris" qui prend ici une autre dimension avec cette nouvelle guitare .

Autre gros temps fort de la soirée, l'enchaînement d'une sublime version down tempo de "Extraordinaire Voodoo" avec "Il neige" lors de laquelle Jean-Louis nous gratifia d'une superbe intro de 3 minutes ou il se sert de nouveau d'un bottlenek pour atteindre des effets rarement entendu en Live. 8 minutes trente, incroyable ! Le set se termine par "Agnus dei babe" , autre titre de l'album "Toboggan", album le plus représenté après "Il Francese", le public tape des mains sur la fin de la chanson et le set prend fin sous un tonnerre d'applaudissements.

Le public demande un rappel et il sera servi au delà de ses espérances avec la nouvelle version de "Je me souviens". Si sur la tournée "Il Francese" Murat la chantait le plus souvent a cappella, il a trouvé ici avec cette nouvelle guitare et son harmonica des arrangements qui nous rappellent Neil Young, cette version rock à la rythmique incroyable est juste énorme !



Au final, 1h45 pour le meilleur concert de Murat à Paris depuis le concert Pias Nites avec les Délanos à La Maroquinerie pour la sortie de l'album "Babel". De nouveaux arrangements du plus bel effet. La nouvelle Fender électro acoustique à 12 cordes dont Murat me dira qu'il a mis du temps à l'apprivoiser + le nouvel ampli et la pédale d'effets apportent des nouveaux sons qui élèvent le niveau du concert, comparé à il y a un an au Café de la Danse. Et le fait de jouer debout emmène Jean-Louis à se livrer et à se lâcher beaucoup plus, tout aussi bien au niveau du chant que du jeu de guitare. Fred à la basse et Steph à la batterie sont au diapason, et les trois nous ont donc livré un set plus nerveux et plus rock que l'an dernier. Tous les avis étaient unanimes pour dire qu'on avait eu le droit à du très, très grand Murat au Théâtre de la Madeleine, de Proust pour le coup. Rodolphe Burger avec qui j'ai pu échanger après le concert me dira que c'était un très, très bon concert mais regrettera un manque de son au niveau du balcon, que moi je n'ai pas constaté en loges.

Et pour en revenir à nos deux chanceuses du jour, Sabine et Irène qui assistaient à leur premier concert de Murat, elles ont pu claquer la bise à Jean-Louis et échanger quelques mots avec lui dans l'espace VIP où avec Marie-Laure nous avons pu emmener quelques membres du groupe après le concert. Je me souviendrai longtemps de Murat sur les planches de La Madeleine . ;-)








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