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Chronique de concert Interview de Kim Salmon's Smoked Salmon
Mardi 24 mars 2026 : 6716 concerts, 27519 chroniques de concert, 5434 critiques d'album.
Chronique de Concert
Interview de Kim Salmon's Smoked Salmon

Pionnier australien connu pour ses projets avec The Scientists et cofondateur de Beasts of Bourbon, Kim Salmon revient avec un nouveau combo Kim Salmon's Smoked Salmon qui ne craint ni le chaos, ni l'humour, ni l'improvisation. Une fois de plus, il brouille les pistes, joue avec les codes et balance un swamp-glam plutôt abrasif, s'inspirant de près de cinq décennies de vie dans la musique pour créer un style aussi captivant que extravagant. On a discuté avec Kim pour parler de cette alchimie sauvage, de son approche du live et de ce que ça veut vraiment dire, faire du rock aujourd'hui.
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre nouveau projet, Kim Salmon' Smoked Salmon ? D'où vient l'idée et en quoi est-il différent de vos précédents projets ?
Le nom de Smoked Salmon est né lorsqu'on m'a demandé de jouer pour un concert caritatif au profit des pompiers lors des feux de brousse de la côte est australienne de 2019-2020. J'ai monté un groupe et mon répertoire était entièrement tiré du spectre plus accessible du "salmon". Le groupe était composé d'une formation enrichie de guitares, de claviers et de choeurs à trois voix. L'orientation pop était résolument forte et j'ai trouvé relativement facile de décrocher des concerts avec cette formation, même au plus fort des confinements liés à la COVID. Le concept du groupe était d'avoir plusieurs musiciens en poste dans différentes destinations pour faciliter les déplacements. De 2020 à 2024, j'ai pu emmener le groupe partout en Australie, au Japon et en France. J'ai fini par écrire de nouveaux morceaux, puis j'ai commencé à les enregistrer avec les différentes formations dans différents lieux lorsque l'occasion s'est présentée. Tout cela s'est passé fin 2023-début 2024, et l'album "Smoked Salmon" en est le résultat ! Il diffère des autres musiques que j'ai produites en ce sens qu'il n'est pas dicté par un concept spécifique ni même par une identité de groupe. J'ai simplement composé une série de chansons accessibles et mélodiques qui s'intègrent parfaitement à mon oeuvre. Du moins, à mes oreilles.
Vous avez sorti un nombre impressionnant d'albums au fil des ans. Comment parvenez-vous à rester inspiré pour continuer à créer de la nouvelle musique ?
La question que je me pose est : comment cette musique continue-t-elle à me parvenir ?! J'imagine que j'ai juste de la chance... ou de la malchance, selon le cas !
Avec le recul, y a-t-il un album ou une période de votre carrière qui vous rattache particulièrement à ce que vous faites aujourd'hui ?
Je suis toujours dans le présent. Même lorsque je fouille dans mes vieux morceaux. J'essaie d'intégrer tous mes anciens morceaux à mon présent, sans les modifier pour les adapter. Cela dit, quelques chansons de mon album Hey "Believer" reviennent régulièrement sur le set de Smoked Salmon.
De The Scientists à vos projets solo, votre son évolue constamment. Qu'est-ce qui motive ce changement constant ?
Le mot clé de votre question est "évoluer". Pour survivre et continuer à faire de la musique, j'ai dû évoluer plutôt que de m'arrêter avec The Scientists et de ne plus rien faire. Souvent, les artistes ont un tube, en produisent d'autres variations, puis finissent par disparaître parce que le public a entendu ce tube. Parfois, un vieux tube réapparait, et ils reviennent, en produisent d'autres, ou une version moderne du même, et les gens se disent : "Je préfère le vieux tube", puis ils disparaissent à nouveau jusqu'au prochain retour. Tous les artistes ne veulent pas abandonner la musique, se trouver un vrai boulot et attendre le retour ! Heureusement, il existe une autre catégorie d'artistes, et j'en fais partie !
Vous êtes aussi un artiste visuel. Comment votre travail dans les arts visuels influence-t-il votre musique, ou vice-versa ?
J'essaie de les séparer. Ce n'est évidemment pas totalement possible, mais je fais de mon mieux. Ces dix dernières années, je travaille dur sur ma pratique artistique et je tisse des liens avec ce milieu, en évitant ceux qui voient mon art comme une extension de ma musique. Ce sont ces personnes qui me voient uniquement comme un musicien qui peint, un amateur, ce qui ne favorise ni ma pratique ni mon avancement dans ce milieu. Je dois souligner que plusieurs de mes créations pour des affiches, des t-shirts et des pochettes de disques ont été réalisées uniquement parce que c'était plus rentable pour moi. Ces artistes du Smoked Salmon n'ont rien à voir avec mon art visuel ! Outre le fait que la musique et les arts visuels sont deux actes créatifs, je les considère comme des choses complètement distinctes, chacune ayant sa propre vie, indépendamment de l'autre.
Après tant d'années dans le monde de la musique indépendante, qu'est-ce qui vous excite toujours dans le fait de monter sur scène ou de démarrer un nouveau projet ?
Le simple fait d'être en vie et de pouvoir jouer ma musique, qu'elle soit nouvelle ou ancienne, me suffit amplement !
Votre nouvelle tournée européenne débute le 2 juin 2025 avec une première date à Lille avec Jon Spencer. J'ai le sentiment que c'est une excellente programmation pour lancer cette tournée ?
Jon et moi sommes amis de longue date, alors ce sera super de le retrouver, lui et son équipe ! Voir et écouter ce qu'ils font et leur faire goûter du Smoked Salmon, ce qui, j'en suis sûr, leur plaira !
16 concerts dans 6 pays (France, Italie, Belgique, Allemagne, Suisse, Espagne) en 1 mois, c'est excitant. Y a-t-il un pays où vous préféreriez jouer votre musique plutôt qu'un autre ?
Non, pas du tout. On pourrait ajouter d'autres chiffres, mais 16 concerts dans 6 pays, c'est largement suffisant !
Critique écrite le 01 juin 2025 par staphane
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