Accueil Chronique de concert Laurence Kabatu & Madrugada
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Chronique de Concert

Laurence Kabatu & Madrugada

Laurence Kabatu & Madrugada en concert

Music Village - Bruxelles 17 août 2013

Critique écrite le par



Laurence Kabatu et son groupe Madrugada sur scène au Music Village, un club situé près de la célèbre Grand' Place à Bruxelles. Le public est cosmopolite. Touristes, amateurs de jazz et autres musiques, musiciens s'y retrouvent.



Après plusieurs festivals majeurs en Belgique dont le Festival International de Jazz de Comblain-la-Tour et le Brussels Jazz Marathon, Laurence Kabatu et Madrugada sont invités par le Music Village pour une série de concerts du mardi 13 août au samedi 18 août. Laurence Kabatu présente ses musiciens dès la fin de la première chanson. Je remarque que la chanteuse d'origine belgo-congolaise Laurence a des affinités avec Marie Daulne de Zap Mama. Elle dégage une sensibilité communicative qu'elle a préservée depuis son enfance dans la forêt équatoriale du Congo, dans sa voix qui couvre plusieurs octaves et sa présence envoûtante sur scène.

Le répertoire du groupe se compose essentiellement de reprises afro-brésiliennes, hormis quelques compositions de Ferdinand Phillipot. Ferdinand Phillipot a été actif en qualité de musicien et compositeur dans des formules touchant au jazz (Toots Tielemans), Viktor Lazlo (variété) et a écrit une musique pour une OGN active dans l'aide humanitaire en Afrique et cette fusion se retrouve dans les interprétations du groupe.



La chanson "Run away chicken blues" donne en effet la chair de poule par l'émotion et l'expérience de vie qu'elle dégage. Une spectatrice plonge complètement dans le texte du refrain "quand je erre dans les rues pour calmer cette température corporelle". Et comme l'ambiance est chaude, l'intensité des émotions est à fleur de peau.
Toute cette magie créative conquit le public, également la partie du public averti qui a participé sur cette scène à des concerts d'artistes confirmées comme Rhoda Scott, Diana King ou Deborah Brown. Durant le deuxième set, je découvre le jeu riche de Wout Joris qui alterne entre le piano et le clavier électronique. Il contribue à la couleur particulière du groupe par sa maîtrise des sons. Je reconnais entre les harmonies jazz et les rythmes afro-brésiliens, une influence de feu Ray Manzareck, le claviériste du groupe "The Doors" Cette complicité au sein du groupe, je la ressens comme le public, quand Laurence Kabatu passe le micro à René Calvin, le bassiste. Il nous joue, chante simultanément sur un rythme funky. Quelques spectateurs américains expriment bruyamment leur satisfaction à la fin de la chanson.



10 euros l'entrée dans conditions excellentes de concert (éclairage, confort, sonorisation, accueil: malgré une salle remplie, les serveuses sont toujours serviables), j'ai passé deux soirées agréables au Music Village et découvert Laurence Kabatu et Madrugada, ce groupe émergent qui a la magie de partager une musique agréable à un large public, tout en contenant des éléments de musique parfois complexes. Tout l'art d'excellents musiciens, jouer pour le public.