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Chronique de Concert

Lou Barlow

La maroquinerie à Paris Lundi 2 mai 2005

Critique écrite le par

Lou Barlow... Ce type et son groupe Sebadoh ont joué un rôle majeur dans mon adolescence. Bubble and Scrape, leur album de 1993, rencontre de la détresse amoureuse avec la folie punk, a été un véritable détonateur. Mais absolument pas le genre de détonateur utile à un jeune homme. Aucun effet libérateur, pas de rébellion contre les parents ou d'audaces sexuelles. Tout au contraire, il m'a convaincu de rester dans ma chambre à écouter de la bonne musique plutôt que de sortir voir des filles qui ne seraient jamais à la hauteur de mes sentiments.
Alors, fatalement, quand Lou arrive en ville avec sa guitare. C'est un drôle sentiment qui m'anime, entre nostalgie et agacement.



Le grand Lou est en effet un brin énervant. Voilà un gars qui va sur ses quarante ans, qui vient d'être papa et mène une vie de couple harmonieuse et ce grand dadais continue à pleurnicher sur sa guitare à propos de sa médiocrité et sa solitude. Moi, pendant ce temps, je suis sorti de ma chambre, j'ai percé mes derniers points noirs et c'est un peu dérangeant de me retrouver plonger dans mes années de marasme.
En plus le bougre n'hésite pas à rejouer ces vieux morceaux, période Sebadoh : Brand New Love, Rebound, On fire, Together or alone, Punchin' the nose, Everybody has been burned (une reprise de Bing Crosby présente sur Versus Helmet), et.... Soul and Fire, l'hymne d'ouverture de Bubble and Scrape.

It's all a matter of soul and fire
Infatuation or true desire
The thrill of discovery, divine intervention
Cruel, cruel change, pain of rejection
As you walk away, think of all the joy we shared
If you decide you need me, I'll be wondering if I care
Not there to soothe your soul, friend to tender friend
I think our love is coming to an end
King persuader, congratulations
Share her heart, you bought her soul
Princess confusion, come to me again
Saying goodbye was so much fun
When you walk away, feel the freedom in your heart
There's a joy in letting go, free to find a love apart
When I lose control, I need a kind, forgiving friend
But I think our love is coming to an end
I know our love is coming to an end


Cette chanson me donne toujours des frissons. Toutefois, le concert est loin de virer à la célébration de l'œuvre de Loobie. En loser impénitent, Barlow reste très modeste devant ses chansons. C'est presque s'il s'excuserait d'être encore là à devoir faire des tournées et des disques pour nourrir sa petite famille. Mais il n'en paraît pas moins heureux et très décontracté, entre ses micros, son synthé et ses deux guitares.



Il prend souvent la parole entre les chansons pour nous expliquer leur origine :
"Alors celle-là je l'ai écrite quand mon actuelle compagne, Kathleen, m'a quitté pour aller avec un horrible type de 36 ans, un avocat. (...) Celle-ci c'était pour la fille avec qui j'étais pendant ce temps-là. C'était l'assistante d'un sénateur, une personne très ambitieuse. Tous les jours elle me demandait. Alors Lou qu'as-tu fait ? Moi je répondais : j'ai écrit une chansons. Et elle répétait, non, Lou qu'as-tu réellement fait aujourd'hui ?"
Aujourd'hui, l'assistante du sénateur a disparu, Kathleen est revenue, un bébé est né dans leur maison de Los Angeles, au milieu des chats et des câbles de micro. Lou continue d'écrire des chansons chaque jour. Le bonheur a donné une nouvelle coloration à ses compositions. Et ses disques, du coup, n'inspirent plus cette même urgence de la déprime, qui caractérisait son style. Il a toujours chez lui un stock de 3000 exemplaires de son avant-dernier disque solo, Loobiecore, sorti à ses frais. Le New Folk Implosion, son projet de 2003 a lui aussi été un désastre d'après ses propres mots. J'avais moi-même assisté à deux concerts de cette tournée, à Angoulême notamment. C'était triste de voir si peu de gens, alors que, merde, il y avait de sacrées bonnes chansons, et un guitariste Imaad Wasif, complètement possédé par le rock'n'roll.



Je comprends aussi qu'une fois son visage débarrassé de ses dernières pollutions acnéiques, on n'ait pas forcément envie de se replonger dans un passé peu glorieux. Certains fans n'ont pas résisté à la fin de leur malaise adolescent. Ils sont passés à autre chose. L'electroclash, peut-être. Tant pis pour Lou. Lui aussi évolue cependant, à sa façon. Et de clore son set par sa Ballad of Daykitty, le récit de son histoire d'amour avec un chat mâle qu'il croyait femelle, très new wave non ?



Sinon je suis arrivé pour le dernier morceau de la première partie, un groupe composé de trois personnes, pas très jeunes et dont j'ignore le nom. Cela m'a fait penser à du Low après la lettre. Un long morceau instrumental commencé à la guitare seule, le même accord encore et encore, avec la basse et la batterie s'ajoutant en cours de route.



www.loobiecore.com très sympathique, vous pouvez y envoyer des photos de chats, suggestives ou non.

 Critique écrite le 04 mai 2005 par Bertrand Lasseguette


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