Accueil Chronique de concert (mon) Hellfest 2026, 2-4 : Yarostan, Wings of Steel, Crypta, Die Spitz, Tesseract, Bloodywood, Ceremony, Helloween, Decapitated, Rotting Christ, Slift, Mastodon, Ultra Vomit
Lundi 29 juin 2026 : 5647 concerts, 27572 chroniques de concert, 5436 critiques d'album.

Chronique de Concert

(mon) Hellfest 2026, 2-4 : Yarostan, Wings of Steel, Crypta, Die Spitz, Tesseract, Bloodywood, Ceremony, Helloween, Decapitated, Rotting Christ, Slift, Mastodon, Ultra Vomit

(mon) Hellfest 2026, 2-4 : Yarostan, Wings of Steel, Crypta, Die Spitz, Tesseract, Bloodywood, Ceremony, Helloween, Decapitated, Rotting Christ, Slift, Mastodon, Ultra Vomit en concert

Hellfest, Clisson 19 juin 2026

Critique écrite le par



Jour deux. Tombé du matelas pour raison vésicale à 6h30, on réalise qu'en fait c'est une belle opportunité (saisie ensuite chaque matin) : personne aux toilettes, pas foule aux douches, et donc l'occasion de faire toute la halte technique quotidienne, sans jamais avoir à souffrir ! Comme le veut la tradition, on ira faire quelques emplettes au Leclerc de Clisson, sympa mais qui gagnerait à refaire sa déco extérieure, elle commence à faire un peu la gueule. Principalement pour de la crème solaire, quelques fruits et légumes résistants (des pommes et des carottes, quoi !). Une belle vue générale offerte sur le camping au retour, et il ne sera pas dit qu'on ne mangera que des trucs toxiques pendant 80 heures ! Et puis on a toujours trouvé que croquer une carotte en plein concert, idéalement à côté d'un fumeur de pétard, ça vous donnait un certain style...


A l'arrivée dans la Hellcity, belle surprise : voici la Gardienne des Ténèbres en pleine action, elle qui part se balader avec ses esclaves humains plusieurs fois par jour : occupée à psalmodier et à nous maudire, nous fusillant de son regard d'acier, fumant toute sa fureur par les naseaux, tendant un bras accusateur et en feu, agitant ses pattes menaçantes et autres chélicères arachnéens... Belle comme une déesse ! Il se trouve que nous sommes assez fans des Machines de l'Ile à Nantes, et que mon Amoureuse ne l'avait aperçue que là-bas, bien rangée au fond d'un hangar pour révision... Il est vrai que quand on fume de la vapeur, qu'on projette de l'eau et qu'on crache du feu tout à la fois, tout en étant en partie en bois de tilleul, il y a de quoi s'abîmer un peu, voire s'autodétruire ! Spectacle toujours aussi fascinant en tout cas, et son positionnement de "Gardienne", juste avant la Cathédrale d'entrée sur le site principal, prend enfin tout son sens !


Par contre, on ne traîne pas trop SVP, on a déjà raté les marseillais de Wake the Dead (déjà vus heureusement), alors pas question de rater ceux de Yarostan à 11 h 40 ! Les ayant applaudis il y a huit jours dans une salle de 50 places, le mythique LAM, on avait écrit qu'ils joueraient ici devant au moins 10 fois plus de monde : check ! Et en fin de concert, possiblement 100, en fait ! Et non, ce n'est pas du chauvinisme : on adore leur metal mid-tempo et tellurique, complexe et organique... Le son de la Valley, ample et lourd, leur rend bien justice, et d'ailleurs la foule augmentera tout le concert. Passages ambient (chant !) puis violence déchaînée (hurlements !), on pense toujours à Amenra en les écoutant ! C'est à la fois exigeant, classe et viscéral ! Superbe set... de 28 minutes. En tout cas bravo les gars, vous nous avez rendu fiers comme des bar-tabacs !


Après cette grosse sensation, Gridiron à la Warzone parait bien plus terne : un hardcore honnête (rythmiques bien, mais voix un peu faible), sonne un peu comme un Rage Against the Machine du pauvre. On en profite donc pour aller manger un bout, et pour passer quelques minutes à un simple plaisir régressif, Wings of Steel sur une mainstage : revival de heavy metal old school chevelu à logo grandiloquent (et nom à la con ! ça sonne carrément trumpiste... ou second degré ? cf les crétins hilarants de Steel Panther...). On les croirait directement décongelés de 1986 (année où ils n'étaient en fait pas forcément tous nés), ils font le job revival avec un aplomb admirable mais qui n'attire pas, plus, ou pas encore (?) les foules, peuchères...


Plus viriles, enfin en quelque sorte, voici les brésiliennes tout en cuir de Crypta - More women on stage ! Death metal velu et bien destructeur, mais à voix arrachée plus ou moins sur une seule note et donc un peu répétitive sur la durée. Dommage, pas forcément assez de chansons marquantes derrière cette belle énergie pure. Même écurie, sauf erreur, que leurs compatriotes de Nervosa, vues en Warm-Up Hellfest l'an passé à Nîmes, et un poil plus fun.


[Interlude : Hélas à la Warzone, pas moyen de trouver le célèbre Chris Rendu et ses sbires, qui y ont convoqué un apéro du groupe Facebook qu'ils administrent, le chouette Hellfest Spirit, notre référence en la matière... Mais très agréable remplacement par la rencontre fortuite de mon seul cousin metalleux, avec tout son chouette gang à lunettes noires. Où l'on soupçonne que cohabitent notamment un fan de Mayhem, une fan des Guns'n'Roses, et un fan de Bring Me The Horizon... bel exemple de tolérance entre les peuples, non ?]


Pour parler le plus objectivement possible des Die Spitz from Austin, TX - Even more women on stage !, il eut fallu ne pas voir à quoi elles ressemblaient : un gang de quatre jeunes filles en tenue légère... Bah merde alors, en plus elles font du punk-rock aussi précis que pétaradant, avec des touches noise ou grunge ! Et donc si on résume : "Une jeunette rousse à forte poitrine joue, et fort bien, de la Gibson SG à la Warzone, avec ses jolies copines en soutif !". Merde, on va pas faire les faux-culs : ne boudons pas notre plaisir, d'abord pour les yeux mais surtout pour les oreilles, au final... Ca peut ressembler à Nirvana ou Hole, elles chantent toutes en alternance et au fur à mesure que la leader s'arrache sa voix, de plus en plus éraillée, ça sonne de mieux en mieux vers la fin, et la super Pop punk Anthem ! Et donc super groupe, à réécouter : ça sera sûrement bien même sans l'image.


On avait noté "bizarre mais à voir" en face de Tesseract, metal progressif un peu chelou, et avec maquillage. Un peu loin pour y rentrer sans doute, on a bien vu les vidéos éthérées, un peu de kitsch bien dosé, et entrevu de chouettes compos, des titres à la fois complexes et potentiellement marquants... Mais on est quand même un peu passés à côté hélas. Car Madame avait choisi ce moment (le meilleur, non, le deuxième jour et en plein aprème ?) pour attendre une bonne heure au Sanctuary, le temple du merch Hellfest, et revenir avec de belles lunettes de soleil siglées. Bien content de son sacrifice, on a quand même multiplié les aller-retours pour lui amener à boire, lui remonter le moral, etc. On en retire aussi un très beau t-shirt tous les deux, mais le groupe garde son mystère et sera à revoir une autre fois !


Avec Bloodywood, on est en terrain mieux connu, on les a découverts ici-même en 2023 ! Le nu metal n'est pas notre tasse de thé, mais sa coloration indienne est cool, et la présence très démonstrarive des deux chanteurs (le growl de "Tif", et le hip-hop de "Tondu"), c'est assez irrésistible. Surtout posés sur des tablas furibards et des guitares abrasives comme un bon curry vert. Engagés politiquement et très remontés (même si on ne comprend pas trop à quel sujet, par ignorance de l'état précis de la politique en Inde - pas mal de corruption, sans doute ?), la troupe se taille un beau succès - ça bastonne en bas sur la dalle, et ça groove sacrément bien ! On en ressort comme hachés menu, menu.


On s'offre alors une belle pause, avec de l'aligot-saucisse au food court (miam !) et une touche de sieste au camping dedans, ainsi qu'un passage dans l'intrigante scène Purple House. Retour avec un groupe inconnu mais qu'on aime dessuite, Ceremony, qui apparie le mec le moins rock'n'roll qu'on ait jamais vu (un t-shirt blanc, rentré dans un bermuda !), et un androgyne juste magnifique à la guitare, pour pratiquer un post-punk étonnant, très varié, pas toujours aimable, pouvant aussi parfois verser dans le punk contondant. La voix gouailleuse est assez fascinante, tout comme certaines guitares liquides. Dans un style indie peu usité dans ce festival, voici une belle référence, et qui y trouve assez naturellement sa place grâce à son énergie communicative !


Bien sûr, même si on écoute plus ça depuis très longtemps, impossible de snober la fin des rares (et jamais vus !) teutons de Helloween - pour moi à peu près la première introduction au hair/power metal que j'aie reçue, en compil sur une K7 avec écrit "Hard Rock !" au Bic dessus et faite par un copain vers... 1992 ? Bah à part les chanteurs, les autres ne sont sans doute pas d'origine, mais les deux darons font plaisir à voir, et leurs voix se marient plutôt très bien - sûrement parmi les meilleurs miauleurs du circuit ! Contrairement à eux, je pense que leur plus grand tube n'est pas Dr Stein, mais l'indépassable Heavy Metal is the Law (qu'ils ne jouent plus, hélas... mais forcément, si on me demande pas, sacrebleu !).


Avec son nom ô combien amical de Decapitated, ce groupe de death/black metal polonais est surtout fort efficace et orthodoxe. Ca tricote à la guitare, ça galope à la batterie, ça se torture le larynx au micro, c'est très maîtrisé et sonorisé, bien fichu dans le genre et aussi un peu répétitif, comme souvent. Mais on y passe un très bon moment, et avec une fin furax et vraiment bien cool ; une référence en la matière ! Au fait, petit disclaimer, en passant pour la suite : dans un style cousin d'Helloween et le même jour, on a déjà vu ici, et surtout très bien revu au Graspop 2025, ce bon vieux Bruce et ses potes d'Iron Maiden (et en plus, ils sont encore sur la même tournée !) : on ira donc pas du tout cette fois-ci...


Toujours au rayon de ces noms aimables qui horripilent les cathos intégristes et constipent les royalistes vendéens, les grecs tout en cuir et en clous de Rotting Christ sont franchement très bons aussi, dans leur black metal assez mélodieux, parfois mélancolique même, emmenés par un prêtre fou et assez théâtral. Leurs riffs bien taillés arrachent franchement du cul, surtout mâtinés d'une touche de folklore (païen hein, forcément !), la batterie décorée de majuscules grecques et de croix renversées est du plus bel effet, tout est vraiment super chouette. Et pas d'inquiétude à la fin, Bruce étant au micro sur la mainstage, on traversera tranquillement un site quasiment vidé pour aller voir les suivants, qu'on avait entourés trois fois...


Ben oui, car Slift est devenu LA grosse référence française (et même internationale) en stoner psychédélique depuis quelques années : décollage immédiat vers des horizons cyclopéens dès les premières secondes du concert ! Bon, petit fail perso, ils ont sorti un nouvel album tout récemment et sont bien décidés à ne défendre à peu près que lui - bien fait pour nous, on avait qu'à être plus rapide, on ne connaît que les deux premiers et donc, pas grand chose de joué ce soir ! Mais le style est inchangé et toujours aussi enthousiasmant : morceaux à l'amplitude monstrueuse, batterie et cordes dantesques, avec encore plus de hurlements habités et cosmiques qu'auparavant. Le tout plaqué sur des vidéos trippantes (même sans avoir fumé quoi que ce soit), ça ne retombe jamais, on est comme emportés dans ce vortex terrifiant et un peu épuisant vers la fin, mais qui se finit sur un finale prodigieux ! Programme en 60 minutes : lavage, essorage, rinçage !


Bon, il va falloir aller se poser un peu dans l'herbe après ça, de toutes façons on entend surtout au loin que Bruce a toujours peur du noir. Ah ben merde, il restait une tache : c'est reparti pour un tour de machine en mode sludge, avec les glorieux Mastodon, qu'on a toujours bien aimé croiser, mais sans non plus trop les écouter en dehors - il ne nous ont jamais trop fait vibrer sur disque. En live toutefois ça sonne super bien (mention spéciale à la voix, souvent fascinante), et avec leurs superbes dégaines (notamment le moustachu), ils sont un peu plus poseurs que dans mon souvenir. Et bien sûr, ils ont perdu un membre important récemment... Très technique et maîtrisé, tout ça me semble quand même manquer un peu d'émotion, sauf quand ils parlent de lui. Allez, le culte Blood and Thunder final, surpuissant, nous a quand même bien envoyés en l'air ! Pas comme The Dillinger Escape Plan, juste après, inécoutable : on a tenu moins de 5 minutes tant c'était haché et expérimental...


Allez, va pour les locaux d'Ultra Vomit, ça sera que notre 3ième fois ! Très poliment, Fetus pense à remercier Iron Maiden d'avoir ouvert pour eux ce soir... Quand on découvre leurs blagues pipi-caca, on se marre toujours, un peu moins ensuite forcément, surtout que ça peut voler très, très bas (Sonde de bite)... Mais alors il reste la musique : ce sont les rois de la parodie, et on reconnaît souvent qui ils imitent dès la troisième mesure, entre autres : Iron Maiden, Loforofa, Motörhead, Sepultura, Mass Hysteria... et même Orelsan ! Seule déception, ils ne jouent plus le Kammthar de Rammstein, à jamais la première dans nos cœurs. On a quand même bien aimé, par exemple, le black metal satanique de Felinus Sanctus, le tellurique Tikawahukwa, ainsi que leur mascotte géante toute pourrie, façon Eddie de chez Temu. Allez, comme d'habitude, même sans tout comprendre (les canards, on a toujours pas la rèf'!), on s'est bien amusés avec eux.


Bah, avouons qu'on les a surtout écoutés le cul dans l'herbe à l'arrière, devant un écran : avec une douzaine de concerts, plus leur cirque pour finir, on trouve qu'on a quand même bien servi la nation aujourd'hui (surtout Madame, qui a tenu toute la distance !) : on a bien mérité d'aller se crasher dans la tente duo n°93 du Easy Camp... La suite, day three, c'est (bientôt) par ici !