Chronique de Concert
Sarah McCoy

J'y vais .. j'y vais pas ... J'avoue que ne la connaissant pas encore j'ai failli ne pas venir mais au final je suis bien content d'avoir faire l'effort (effort de ressortir de chez moi en ce jeudi soir d'une semaine déjà bien chargée ; effort que je sais que je regrette rarement). Je ne prenais cela dit, pas trop de risque, les concerts proposés par Lionel m'ayant rarement déçu et le cadre de l'Artplexe est toujours un peu unique (en plus d'être confortable comme spectateur). Presque du mal à trouver un endroit pour accrocher mon vélo (quand la circonférence des arbres aura augmenté ce ne sera plus possible), je suis à l'heure et une bonne nouvelle n'arrivant jamais seul, les conditions photos sont plus souples que prévu et il reste de la place au premier rang ...

Juste à côté de mon "collègue du soir" Fred B et de mon "collègue du jour" Pascal ... En jetant un coup d'oeil derrière moi - la salle est plutôt bien remplie - j'aperçois juste derrière Henri (JAM hors les murs) ce qui me conforte dans l'idée que j'ai fait le bon choix en écourtant mon diner pour être là ce soir. Et effectivement la suite sera délicieuse ... car surprenante, intime, sans filtres, ... un vrai moment de partage.

En effet Sarah McCoy est vraiment une artiste hors normes. Impressionnante. Imposante physiquement et vocalement. Elle m'aura fait penser beaucoup d'artistes que je vais citer ici en vrac pour m'en débarrasser : Nina Simone, Mélanie (Safka), Ilene Barnes, Sinead of Connor, Amy Winehouse, Candy Kane, Susheela Raman, Jeff Buckley, Shannon Wright ...

Très présente aussi en concert entre les morceaux. C'est la première fois que je la vois donc je ne sais pas si elle est tout le temps à fond comme ça ou si effectivement c'était l'effet de la caféine : "J'ai bu énormément trop de café" nous confiera t-elle assez excitée. Etonnant contraste entre la gravité des morceaux et de leur interprétation et la légèreté des échanges entre les morceaux.

S'adressant à nous dans un mélange constant de français (elle vit en France depuis un moment maintenant) et d'anglais (elle vient de l'état de New York) "j'étais super fucking jetlag" elle passera souvent du coq à l'âne, faisant des bruits d'animaux, des grimaces, des drôles de bruits, nous surprendra (en tout cas "me") avec son "j'aime le pif" qu'elle proposera de s'écrire sur les seins ... ou par ses éclats de rires intempestifs.

Un certain contraste entre les moments où elle chante et ceux où elle ne chante pas donc, mais aussi entre la puissance de sa voix et la délicatesse de son jeu au piano. Très bonne gestion du micro ; lorsqu'elle hurle ce n'est jamais dedans. Elle a beau être seul au piano on ne s'ennuie pas une seconde.

Si par moment je piquerai un peu du nez (en tout cas fermerai les yeux) laissant le soin à Fred de faire des belles photos je ne manquerai pas une seule de ses paroles. Car cerise sur le gâteau fait partie de ces artistes qui ont des choses à raconter. Des textes d'une chanteuse de bientôt 40 ans sur l'amour, sur la mort, l'acceptation de soi, sur la naïveté, la lumière qu'on a dans son coeur (je ne dévoilerai pas l'anecdote associée) ... le tout avec beaucoup d'autodérision et de sincérité. Elle nous touchera plusieurs fois en plein coeur.

Dans les temps fort, son histoire hilarante sur le peintre (là on était en plein stand up) juste avant la dernière chanson on ne peut plus grave / tragique sur la mort ("i'm gonna day someday") ... mais aussi plus tôt dans le concert ce Boogie Man avec ses murmures creepy (moi aussi je mélange le français et l'anglais du coup) qui m'a rappelé le meilleur du groupe Jack the Ripper

Dans les moments intimes et touchant de Mama's song écrite à 23 ans à une époque où les relations avec sa mère était compliquée et dans laquelle elle se pose les questions existentielles du type est ce que je suis née cassé ? Pourquoi je ne m'aime pas ? Est ce que tout le monde à une place sur la terre ? ("yes, we belong here"), Est ce le pardon existe ? autant de questions heureusement résolues désormais ... et ces retrouvailles avec sa mère et le moment où les rôles se sont inversés "cercle de l'amour complet" ... intime et touchant .

Bref un très beau concert, un moment fort auquel je regrette de ne pas avoir proposé à Svet de venir. La prochaine fois sans doute. A la fin elle restera pour dédicacer son dernier album. J'hésiterai, mais je pense trop impressionné par le personnage, pour que j'aille lui dire tout le bien que j'avais pensé de ce concert (peut être lira t elle ces lignes) je filerai sans disque (ce que je regrette finalement) ...

En parlant de disque je m'étais noté ça dans un coin ... si je liste toutes les chansons auxquelles j'ai pensé en l'écoutant sotiparce que certains morceaux m'y faisaient penser soit parce que je me suis dit que j'aimerais beaucoup l'entendre les reprendre et bien ça ferait un sacré petit album de reprises : Look what they've done to my song, house of rising sun, nothing compares, I put a spell on you, Wicked game,...

En tout cas merci pour à elle, à l'Artplexe, à Lionel pour cette belle découverte. A la prochaine. J'essaierai de m'appliquer plus pour les photos ...
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Critique écrite le 18 octobre 2025 par Pirlouiiiit
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> Réponse le 18 octobre 2025, par Isabelle
Bravo pour cet article qui correspond tout à fait à cette nana extra ! J'étais également au 1er rang, à côté de vos amis et c'était absolument magnifique ! Au point de vue chansons, humour. Sarah McCoy est juste fabuleuse ! Voix époustouflante et simplicité face à son public. Un régal, tout comme le premier concert d'elle auquel j'ai assisté. Réagir
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