Chronique de Concert
Scarlean + Lofofora
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On arrive alors que la première partie, Scarlean, a déjà bien entamé son set. Metal à vocation mélodieuse, avec un chant mixé très en avant : les intentions sont bonnes, et la voix pas forcément surpuissante trouve sa place plutôt dans les tonalités claires, voire un peu aigues (dont un chouette passage a capella). Par contre côté rythmique, la batterie (balaise) fait un raffut d'enfer, et a tendance à masquer ce qu'il peut y avoir de mélodique dans le son, ne laissant vraiment vivre que les riffs qui eux, sonnent un peu monolithiques (alors qu'il y a bien trois cordistes). Bel enthousiasme par ailleurs du chanteur : au final il leur manque un peu de subtilité dans le son pour être encore plus convaincants. Bon, ils sont passés au Hellfest, ils peuvent donc sans doute sonner mieux que ce soir-là...
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Presque dix ans qu'on avait pas revu ces bons vieux Lofofora, ayant donné un super concert à l'horrible (et heureusement unique) Download Festival 2016 à Paris. Ils sont annoncés en français et en japonais, avec d'amusantes consignes de bonne tenue lors de leur show. Ils débarquent avec tous les potards à fond et n'auront besoin que de 2 ou 3 chansons pour que ... Reuno devienne vraiment audible ! Car tout est très puissant et gros chez eux : gros son, gros riffs, grosse voix... et rapidement grosse ambiance, dès que le son est au poil, tout le monde ayant trouvé sa place dans le mix. Vu la voix formidable qu'il y a ici, c'était bien le moins...
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Il s'avère que le groupe ne ménage pas sa peine pour donner un aussi beau concert à "Chato", que la veille et l'avant-veille à Montpellier et Marseille, qu'on peut pourtant imaginer bien plus stratégiques pour lui. Le chauve et son gang semblent tout donner sans mesure, et le batteur en particulier - une machine de guerre à lui seul. Il est vrai que c'est à ça qu'on reconnait les vrais pros (et ceux qui durent longtemps !) : au respect inconditionnel de leur public. Ah et puis aussi, à leur musique sans concession, sans gras inutile, bien rentre-dedans. Bon, je mentirais en disant qu'on en écoute souvent à la maison... sur disque, à notre âge avancé, c'est plus compliqué après quelques titres.
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Et pourtant nos restes de Lofo reviennent, et ils sont beaux : joli slow-au-départ puis dans-ta-gueule de Dur Comme Fer, inoxydable Le Fond et la Forme, medley jouissif - quoique bien trop court - avec L'oeuf et Justice pour tous... Et comme par ailleurs le groupe n'a jamais arrêté d'écrire (11 albums au compteur) ni de réfléchir, ses textes ultra-percutants font toujours mouche : du féministe Macho Blues qui propose à juste titre de couper quelques couilles, au Konstat 2024 particulièrement accrocheur car pop et metal à la fois, en passant par un Autopilote dédicacé à un très très jeune spectateur (encore in utero)... Et en finissant par la très pertinente et explosive Laisse pas faire. Musicalement donc, c'est au top, et même plus fun que dans notre souvenir !
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Mais le groupe mérite aussi un codicille pour sa capacité à ambiancer la salle. En particulier avec un Reuno de très belle humeur (on l'avait connu plus grognon ?) : sympa et blagueur, en interaction constante avec le public, répondant aux vannes, accompagnant les slams quand il ne les organise pas lui-même (comme le tout premier d'un minot casqué et ravi, pour lequel il s'est assuré qu'on soit bien à la réception), saluant les beaux gestes techniques, à commencer par le rattrapage collectif, mais à froid, du plongeon d'un bon quintal de barbaque siglée Hellfest... Ou encore, plus tard, l'appréciation d'un stage diving effectué les yeux masqués !
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Par ailleurs son discours politique est toujours bien à jour, merci : slogan "On te croit !" réaffirmé / rage contre les actes pédophiles (y compris en institutions privées catholiques, hein François ?) / Pascal Praud qui nous dévisse le crâne pour chier dedans, etc. Les mecs étant de toutes façons super attachants, on va rapidement les rejoindre devant pour pogoter sans brutalité - mon ami imprudent y perd ses lunettes et les retrouvera pourtant intactes par terre : c'est dire la qualité du public (...et la chance qu'il a eu) ! Très bonne surprise que cette soirée, et un concert particulièrement généreux, donc : grande classe !
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A titre d'anecdote finale : une fois la set-list récupérée, je blague avec un grand chauve qui me dit : "Bien, hein ? Tu sais que moi la première fois que je les ai vus, c'était à Strasbourg en 1995 ?!" A quoi je réponds : "Ah oui, au Parc du Rhin, au Festival des Artefacts ?" Ben oui, parce que moi aussi j'y étais, môssieur, en l'an 3 avant Concertandco, tout premier concert de Lofofora il y a 30 ans pile, donc... et finalement, le même plaisir à les revoir ! Alors bonne route Messieurs et chapeau bas : sur le fond comme sur la forme, vous avez vraiment tout bon, et on reviendra à l'occasion avec plaisir, croiser votre tournée sans fin...
Critique écrite le 20 février 2025 par Philippe
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