Accueil Chronique de concert South troopers Festival 2ème édition : Sortilege + the Wizards + Mythra + Praying Mantis + Midnight Force + Sign of Jackal + Stonewitch + Electric Shock
Vendredi 14 août 2020 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

South troopers Festival 2ème édition : Sortilege + the Wizards + Mythra + Praying Mantis + Midnight Force + Sign of Jackal + Stonewitch + Electric Shock

South troopers Festival 2ème édition : Sortilege + the Wizards + Mythra + Praying Mantis + Midnight Force + Sign of Jackal + Stonewitch + Electric Shock en concert

Jas Rod aux Pennes Mirabeau 21 septembre 2019

Critique écrite le par

Pour cette deuxième édition, les organisateurs du South troopers Festival ont décidé d'investir le Jas Rod une journée, au lieu de deux l'an dernier, ce qui me semble une juste décision, niveau financier pour eux, niveau logistique et fatigue pour nous. Des organisateurs qu'il faut remercier et soutenir, car c'est pas évident de monter un tel projet, et surtout de le pérenniser, dans notre région, moins rock qu'ailleurs on va dire, même si un noyau dur est toujours de la partie, la preuve il y a 15 jours au Dôme pour Alice Cooper, et ce samedi là, avec des potes et connaissances croisés avec grand plaisir, certains pas vus depuis près de 20 ans, d'autres plus régulièrement au gré des différents lives du coin. Bravo à Seb et aux autres de l'orga donc, en espérant qu'ils soient rentrés dans leurs frais, pour nous proposer un South troopers 2020. Où à coup sur nous recroiserons des metalheads d'un peu partout en France, preuve en fût au vu des plaques d'immatriculation observées sur le parking et des copains connus venant du sud ouest, du nord et du centre.


C'est dommage que le même soir se produisait l'excellent Jeff Scott Soto au Cherrydon, un conflit d'agenda surtout dommageable à ce dernier car annoncé des mois après le festival (et je connais une grosse dizaine de personnes ayant regretté de ne pas pouvoir le voir, moi en premier !), mais le Jas affichait une bonne jauge, peut etre les 400 pèlerins atteints, ce qui représente les trois quarts de la salle.Faut dire que la venue de Sortilège "reformé" avec Zouille au chant a convaincu beaucoup de fans, qui attendait ça depuis des lustres. Le reste de l'affiche mixant anciennes gloires cultes de la période NWOBHM et combos plus contemporains venant de France, de GB et d'Italie.

Bon, perso je n'en connaissais aucun, sauf bien sur le headliner sauf que... je n'ai jamais accroché au Métal français des 80s, c'est peu (et poli) de le dire ! Je ne m'étendrai pas là dessus, ni sur ce statut culte de toute cette scène et une certaine mentalité qui y reste attachée, mais perso je peux largement passer au dessus de tout ça et j'étais curieux de voir ce que ça donnait sur les planches. Et puis connaitre 1 seul morceau ("Messager") sur les 8 groupes présents, c'est pas true metal rock'n roll warrior ça ?!

Je me pointe donc avec les amis Bayonnais à l'entrée de la salle au moment où les français d'Electric Shock finissent leur set, désolé pour le ratage, mais au vu des échos c'était bien sympa. Le fest débute donc pour nous avec d'autres français, les STONEWITCH et son chanteur très Halfordien physiquement et dans l'accoutrement. Malheureusement pas musicalement. C'est exactement le genre de prestation pas mauvaise, mais pas marquante non plus, je n'en ai rien retenu une fois le set achevé, si ce n'est des réminiscences heavy, une interprétation propre mais lisse, et surtout un cruel manque de charisme et de communication...

Entre les titres de gros blancs, un petit "ça va Marseille ?", un autre "on a fini d'enregistrer notre troisième album et on va vous en jouer un morceau" (ah oui quand même !) et basta. Faut vraiment bosser cet aspect du set, parce que c'est cette absence de passion et de com' qu'on retient essentiellement... On aurait dit qu'ils exécutaient un job, pas plus.


S'ensuit la "curiosité" de la journée, à savoir les british de MIDNIGHT FORCE. Curiosité car je pense avoir eu les yeux ronds comme des soucoupes en matant la prestation du chanteur, son jeu de scène et son attitude globale. Bon déjà c'était un sosie de Gasp, un ami parisien de longue date, hallucinant comme ressemblance. Mais ça c'est subjectif. Plus objectivement il combinait des postures et gestes plutôt efféminés et des poses viriles, chantant souvent faux et contant une histoire inintelligible entre les morceaux, sensée, je pense, donner corps au coté "épique" de leur musique. Sans oublier ce Spandex assez magique.

Comme pour les Stonewitch, une fois le set terminé je n'ai pas retenu grand chose si ce n'est le chanteur qui lui par contre était habité par son art, et un heavy lorgnant du coté de Maiden et de Blind Guardian. M'enfin lorgner n'est pas suffisant pour y apposer le terme "épique" selon moi. Mais au moins je suis resté les trois quarts du show, c'est que c'était pas si désagréable que ça.

Après ces deux groupes qui faisaient quand même amateurs, on passe un cran au dessus avec les italiens de SIGN OF THE JACKAL et sa chanteuse énergique. Là on sent que c'est plus travaillé, ça envoie nettement plus, avec des grattes agressives, un bon soliste, et donc cette vocaliste très honnête à qui il manquait un peu de coffre et de grain pour convaincre totalement. Leur heavy/speed peut faire penser à Warlock peut être, comme vendu sur le flyer, mais perso j'ai énormément pensé à Synergy et sa chanteuse enflammée. Malheureusement le syndrome du "au final j'ai pas retenu grand chose de leurs compos" frappera encore, même si j'en retiens un sentiment positif.

Mais c'est maintenant avec les espagnols de THE WIZARDS qu'on passe enfin dans une sphère totalement pro. On voit immédiatement la différence avec les formations précédentes, que ce soit musicalement ou dans l'attitude, bref c'est un tout qui saute aux yeux. Y a rien à dire, ils ont conquis le public, grâce à des chansons de bonne qualité et un chanteur charismatique totalement investi dans son rôle de frontman tatoué et charmant selon les dires de certaines membres de la gente féminine sur place.

Après les amis du sud ouest me les avaient un peu trop survendu je pense, et j'en attendais donc plus dans le coté heavy in your face, leur reprochant un peu toujours la même rythmique et paradoxalement un chanteur en faisant un poil trop. M'enfin je chipote car c'était convaincant et bien exécuté, parfois hypnotique, d'autres fois plus hard. Une bonne première partie en grande salle ou headliner en club.

Place ensuite aux vétérans de MYTHRA, combo formé il y a plus de 40 ans mais à la disco maigrichonne (genre 2 démos débuts 80s et 3 albums depuis 1998 !), dont je ne connaissais même pas le nom avant leur annonce au South ! Et pourtant, si je dois retenir un seul groupe de cette journée, ce sont bien ces anglais aux poils poivre et sel, voire blancs. Ils m'ont mis une sacrée banane, ayant eux même une sacrée patate ! Rien à dire musicalement, c'est bien ancré dans le style NWOBHM, sans grandes prétentions, mais d'une exécution irréprochable. De bons riffs, une basse grondante, un chanteur en voix qui souriait tout le temps, des soli et des refrains en choeurs... un joli gout de Saxon (ce "Death and destiny" rageur) ou de Maiden (ce "Killer" aux grattes doublées) qui faisait taper du pied et bouger la nuque. Les vieux ils avaient une sacrée passion qui transpirait par toutes leurs pores de vieux briscards. Il me semble que c'est la première fois qu'ils se produisait en France, du moins dans le coin, et ça a été une belle surprise qui a mis le Jas en joie. Bien joué le Southtroopers ! Et c'est pour ce genre de groupe et de surprise qu'il faut aller dans les concerts et les petits fests même si on ne connait pas grand chose. 40 minutes aussi plaisantes justifient le (court) déplacement et la fatigue d'une longue journée à mes yeux.


Ce sont les britanniques de PRAYING MANTIS qui font office de pré tête d'affiche pour cette édition, ce qui se comprend au vu de leur réputation de légende de la NWOBHM et de leur discographie bien plus fournie. Perso j'ai parfois été surpris, parfois été perplexe, car ne connaissant pas leurs albums ni leur parcours exact, je ne m'attendais pas à entendre du hard FM dès le troisième morceau ! Pour moi ils faisaient du heavy pur et dur, d'où ma totale surprise quand ils ont balancé des chansons très Toto/Whitesnake dans le son et l'esprit ! Bon, y avait pas que ça evidemment, mais c'était marrant. La ballade moyenne était en trop quand même...

Rien à dire sur les zicos, on sent qu'ils ont plus l'habitude de tourner, c'est carré et efficace. Le chanteur et sa chevelure d'enfer tiennent bien la scène vocalement et dans l'espace, et le gratteux chauve souriait tout le temps en tournoyant parfois sur lui même. C'était heavy mais pas que, y avait des choeurs et du riff, c'était fun dans une très bonne ambiance, c'était assez bonnard, pour sûr.

La fatigue commence à se faire sentir, mais les fans sont chauds pour le groupe qui a principalement motivé leur venue. Depuis plus de 25 ans j'entends que SORTILEGE est le meilleur groupe de Métal français de tous les temps, que c'est autre chose que ADX (un des pires concerts de ma vie au Tribal Fest fin 2000s), Killers (autre déception live) Blasphème et consorts, qu'ils avaient le meilleur chanteur de la planète, etc etc... N'étant pas fan de ce mouvement du peu de ce que j'en ai écouté/entendu depuis je voulais bien les croire sur parole mais n'ai pas cherché plus loin que ça.

Par contre quand on me rabâche que ce fameux Zouille n'a rien perdu de ses capacités vocales, alors qu'il doit avoir la soixantaine et qu'il montait très haut dans les aigus, j'avoue que ma curiosité était piquée, et c'était donc la bonne occasion d'admirer cette prouesse. Et d'avoir ce "Messager" que j'aimais beaucoup.

Première surprise, il y a une grande et jeune fille blonde sur la scène pendant les balances, qu'on me présente comme la chanteuse du Tribute qui tournait jusque là avec un autre chanteur et qui vocalise les notes les plus aiguës. Ah mais si c'est le cas, c'est donc que le Zouille il a quand même perdu par rapport à avant non ?

Deuxième surprise, je reconnais Bruno Ramos sur la droite, l'ex excellent gratteux de Manigance que j'avais vu sur scène, un tueur ce mec. Enfin bon, je suis là en toute objectivité, donc les histoires et le passif du groupe, ainsi que les louanges vendues me passent un peu au dessus, je vais juger sur pièce, y a pas mieux comme preuve.

Une première ovation retentit lorsque Zouille se présente au micro pour régler sa balance, faisant participer la foule sur un extrait de "Marchand d'hommes". Puis les lumières s'éteignent, une intro bourdonne à nos oreilles, les zicos se pointent, et hop c'est parti pour une toute petite heure vingt de show, même une heure cinq si on enlève les blancs et les discours sans reliefs du chanteur star. Ça ressemble au minimum syndical et ça me parait un peu abusé pour une si longue attente de la part des fans, surtout qu'il manquait une ou deux chansons marquantes, genre "Métamorphose". Quand on est aussi adulé faut en donner pour leur passion aux metalheads qui font parfois un très long déplacement...

Puisqu'on en est aux récriminations je vais parler du gratteux originel qui n'a pas quitté son petit coin à gauche, totalement effacé (voire absent) et étrangement concentré sur le sol devant lui... C'est un peu à l'image de la cohésion globale, très superficielle, on sent que tout n'est pas rose et que c'est une reformation laborieuse, qui a connu un parcours sinueux...

Et enfin niveau communication c'était encore une fois très light, une blague pourrave sur le temps pluvieux et l'accent marseillais, une décontraction un peu trop appuyée, bref pas très rock'n roll ni très enthousiaste. On est là pour faire le job en somme... Quant au jeu de scène très "gym-tonic" de Zouille, euh je préfère passer mon tour heing...


Mais à part ça, moi qui ne connaissait pas grand chose, j'ai passé un bon moment. C'est vrai qu'il y a du riff, qui sur plusieurs morceaux n'a rien à envier aux anglo-saxons dans le style, le Zouille, même s'il ne pousse plus dans les aigus il a quand même de bien beaux restes et j'aime globalement bien sa voix, la chanteuse apporte quelque chose malgré le mal que j'en ai entendu de ci de là avant et après la prestation, et si elle est autant mise en lumière, ce qui peut paraitre bizarre vu que les gens n'ont d'yeux que pour Zouille, c'est que c'est ce dernier qui la pousse nettement sur le devant de la scène (et en plus elle est absente sur la moitié des titres donc bon...), Bruno Ramos envoie du très lourd niveau soli, belle aisance générale, et l'ex batteur de Dyslesia recruté il y a peu fait le job avec le sourire.

Je n'ai pas encore lu d'autres reports ou impressions, mais ce qui est sûr c'est que la majorité du public était à fond, chantant toutes les paroles par coeur, levant les mains, coulant une larme par ci par là sur certains passages faisant certainement référence à des moments magiques du passé personnel de chacun, comme ça peut l'être pour moi quand je suis devant mes groupes de légende. Ça ça n'a pas de prix pour ceux qui l'ont ressenti, et c'est une preuve que Sortilège a quelque part réussi son retour.

Tout n'était donc pas parfait dans ce come back, mais perso j'ai découvert de bons titres ("Mourir pour une princesse", "Majesté", "La montagne qui saigne", "D'ailleurs") et je ne me suis pas ennuyé, contrairement aux autres combos français déjà vus. C'est déjà beaucoup pour moi au vue de ma venue en touriste.

Setlist:
Marchand d'hommes
Majesté
Messager
La Montagne qui saigne
D'ailleurs
Gladiateur
Délire d'un Fou
Progéniture
Amazone
Civilisation perdue
Mourir pour une princesse
Quand un aveugle rêver
Rappel:
Chasse le dragon
Sortilège

Ainsi s'achève une journée fatigante mais riche en décibels, où le plus important était d'être avec les amis dans une très bonne ambiance. L'orga a bien fait les choses, pas de retards, pas de rupture de stocks de binouses, deux food trucks bienvenus dehors (bons mais un peu trop chers pour la quantité proposée), aucun couac. Le reproche principal concernera le son, la plupart du temps moyen, avec toujours un instrument plus ou moins en retrait.

Un point qui sera je suis sûr amélioré lors de la prochaine édition, où je me rendrai avec plaisir pour faire d'autres découvertes et trinquer avec des fans de Metal.


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