Quiconque a déjà entendu parler l'extravagante Arielle Dombasle, grande bourgeoise blonde ne faisant pas du tout l'âge que lui prètent les goujats, égérie de philosophes mondains en chemise, actrice/modèle/chanteuse occasionnelle, sait qu'elle n'est pas aussi stupide qu'on .../...

Quiconque a déjà entendu parler l'extravagante
Arielle Dombasle, grande bourgeoise blonde ne faisant pas du tout l'âge que lui prètent les goujats, égérie de philosophes mondains en chemise, actrice/modèle/chanteuse occasionnelle, sait qu'elle n'est pas aussi stupide qu'on pourrait le croire à son physique de bimbo chic et à sa bouche en coeur. Elle semble plutôt traverser la vie comme en flottant, en dilettante mais avec le souci d'une certaine classe, tout comme les deux dandies dont elle s'est entouré pour commettre cet album : le chanteur
Katerine et le pianiste
Gonzales.
Bien entendu, le but apparent n'est ici que de s'amuser, si l'on s'en tient strictement aux paroles des singles dansants du disque : le parodique
Glamour à Mort rappelle par exemple le fameux
V.I.P. de Katerine, le totalement délirant disco-pop
Extraterrestre (en téléchargement libre et au clip bédé très réussi) est d'autant plus horripilant que les vocalises de la belle puis d'un
Katerine en roue libre, vous squattent ensuite le cerveau pendant des plombes, sans pour autant qu'on arrive à complètement les détester (hélas). On se marre d'ailleurs franchement à l'écoute de l'hystérique
El Santo, commentaire délirant et bilingue avec
Philippe d'un match de catch mexicain.
Et puis certains thèmes plutôt légers reviennent avec insistance : la nymphomanie, tantôt médiévale (
Monseigneur), tantôt préhistorique (
A la Néanderthal), mais toujours avec un humour distancié. Du moins espère-t-on que son fantasme d'une statue religieuse,
Saint-Sebastien, est bien une plaisanterie ! Le kitsch enfantin, aussi, dans des formes si extrêmes qu'elles confinent à l'art : la totalement infantile
Poney rose, ou le
Petit Chaton, sous influence Gainsbourg... Car même dans ce cas, des mélodies élégantes et des arrangements de haut vol se faufilent de-ci, delà, sous la houlette pianistique de
Gonzales, qui lui servent par exemple à vanter le chic de mourir habillée
En saint-Laurent (pas si loin de
Air) ou celui de la
Rue St-Benoît. Des violons Tinderstiques débarquent même en plein milieu de la très belle
Seule à Seule, pour un délicat final en espagnol au milieu des chants d'oiseaux. Ceux-ci pépient encore sur le très onirique
Sor Juana, jolie variation finale mélancolique...
On se prend donc à revenir plus fréquemment que prévu à cet album, moins anodin qu'il n'y paraît à sa couverture. D'autant que la Dame a une voix de diva du bel canto, dont elle use sans ostentation, ce qui est loin d'être désagréable ! Au final, l'ensemble est donc inspiré, distrayant et original, et vient enrichir à partage égal les discographies de MM.
Gonzales &
Katerine, et de Mme
Dombasle. Nul doute qu'un tel trio sur
scène donnera un spectacle inoubliable !
(2009)