Le fait de sortir un album entier tous les un ou deux ans a-t-il un sens pour un artiste qui écrit en permanence et qui en plus ne bénéficie pas d'une machine promo suffisante pour espérer passer en radio et voir ses disques rester en bac plus de 2 semaines ? Combien de très bon .../...

Le fait de sortir un album entier tous les un ou deux ans a-t-il un sens pour un artiste qui écrit en permanence et qui en plus ne bénéficie pas d'une machine promo suffisante pour espérer passer en radio et voir ses disques rester en bac plus de 2 semaines ? Combien de très bon albums ont ainsi été enterrés sans même parvenir jusqu'à nos oreilles ? Peut être est-ce en partant d'un constat de ce genre que
Jean-Louis a décidé de désormais sortir ses morceaux sous formes d'EP. Après
Celsius 232 en 2011, le revoici donc avec
la fin d'un souvenir, nouveau recueil de 5 morceaux, dont les titres sont, comme sur le précédent, reliés par une phrase au dos. On retrouve son chant appuyé, désabusé. Son style très parlé semble même poussé à l'extrême ici (on est plus dans spoken word accompagné de musique que la chanson). On a parfois l'impression que la musique n'est finalement plus là que pour poser des ambiances plutôt pesantes ou angoissantes, sur lesquelles
Jean-Louis pourra poser sa voix nonchalante. Pas de tube évident sur ce disque (comme
Les Rides l'était sur son
Noces de Zinc par exemple) mais de nouvelles tranches de vie (
Une guitare se rappelle,
si vous saviez madame) ou des fictions très cinématographiques (
le film de Dorothy Baum,
le vertige de Carlotta Valdez qui a des petits airs de
Tom's). Le dernier morceau (
Douceur d'été) quand à lui semble tiré du receuil
Fantaisie Littéraire des
Correspondances de Manosque où on ne serait pas étonné de croiser
Chinaski un de ces jours. En tout cas en attendant qu'il se décide à sortir sur disque sa
Chaise du Pardon (sublime reprise de
the Mercy seat de
Nick Cave), ou à venir jouer du côté de chez nous, nous avons maintenant 5 titres de plus pour patienter...
2011 (
Chinaski)