 | Elysian Fields + Under Byen + Vashti Bunyan + Elli Medeiros (Les Femmes S'en Mêlent 2006) - 19 avril 2006 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand 
Quand les femmes s'en mêlent, en général c'est plutôt bon signe : le niveau des débats est plus élevé... En musique, cela se vérifie également, l'étape clermontoise du neuvième festival 100% féminin l'a prouvé une fois de plus. Le public (nombreux et mixte) de la Coopérative de Mai a en effet pu découvrir les extraordinaires Under Byen, se .../...
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Quand les femmes s’en mêlent, en général c’est plutôt bon signe : le niveau des débats est plus élevé… En musique, cela se vérifie également, l’étape clermontoise du neuvième festival 100% féminin l’a prouvé une fois de plus. Le public (nombreux et mixte) de la Coopérative de Mai a en effet pu découvrir les extraordinaires Under Byen, se remémorer le bon temps des Hippies avec Vashti Bunyan, subir le come back d’Elli Medeiros et, enfin, communier avec les sublimes Elysian Fields.

Under Byen :
Le premier set de la soirée sera le plus étonnant et pas le moins réussi ; Under Byen semble composé par des extraterrestres venu sur Terre pour communiquer leur foi en la musique. Présentation des forces en présence : une chanteuse rappelant fortement la divine Björk par ses vocalises aériennes, un groupe sans guitare sonnant comme une sorte de Godspeed You Black Emperor ! trip hop indus (avec claviers, sampler, violon, basse et une scie musicale partant en solo avec pédale wah wah, ce qui remplace avantageusement la six cordes)… Et le tour est joué, on décolle ! L’univers d’Under Byen saisit la salle entière pour la totalité du concert ; tout le monde est sous le charme de ces morceaux à la fois volcaniques, accidentés, mélodiques et dissonants. Si vous ajoutez à cela de superbes lumières en ombres chinoises ou en contre jour, vous obtenez un aller simple vers les cieux. A voir impérativement, sous peine de passer à côté d’un groupe véritablement excellent sur les planches !

Vashty Bunyan :
Changement radical d’ambiance juste après, Vashty Bunyan est venue jouer ses morceau de folk hippie pour un public encore sous le choc de la découverte d’Under Byen. Beaucoup n'arriveront donc pas à apprécier la beauté des mélodies et de la voix de cette mythique folksinger. C’est bien dommage car sa candeur, sa modestie et ses talents de musicienne auraient mérité d’avoir un écho plus favorable. Qu’importe après tout, entourée par ses musiciens discrets mais efficaces (guitare, violon, piano), Vashty Bunyan a réussi à enchanter ceux qui ont bien voulu se donner la peine de l’écouter. Sa musique semble venir d’une faille spatio temporelle : en l’écoutant on se croirait en 1969, à Woodstock. Une destination fort agréable…

Elli Medeiros :
Autre retour ensuite, celui d’Elli Mederiros, avec un groupe rock assez lourdingue et des nouveaux morceaux dramatiques malheureusement. Visiblement venue à Clermont-Ferrand pour s’échauffer tranquillement avant son concert parisien du lendemain, Elli Medeiros arrive fringuée comme un sac, pas très en forme, mal à l’aise (il y a de quoi !) et vite désespérée par la froideur du public. C’est normal : ceux qui restent pour attendre l’étincelle sont muets devant la faiblesse du spectacle, et les autres sont au bar... ou déjà rentrés chez eux. Petit résumé dudit spectacle : un groupe de tacherons (guitare, basse, batterie, claviers) essaye de soutenir le chant sans conviction de la patronne, et la mayonnaise ne prend pas. Le single Soulève moi joué en ouverture et à la fin du show est risible (ils s’y sont mis à trois pour faire ça : Elli, Etienne Daho et Dimitri Tikovoï !) ; c’est du gros rock avec texte sado maso très explicite. « Cerise sur la gateau », Toi toi mon toit est massacré avec un bel aplomb. Il y a des gens qui n’ont pu résister à ce concert et qui ont donc manqué la tête d’affiche, Elysian Fields. Elli Medeiros aurait dû être programmée à la fin, ou ne pas être programmée du tout d’ailleurs.

Elysian Fields :
Tout ceci est oublié dès l’arrivée en scène de la chanteuse Jennifer Charles et du guitariste/chanteur Oren Bloedow, qui était venus de New York après être passés par Sédières cet été… Elysian Fields a une fois encore illuminé son auditoire avec ses morceaux sombres, beaux et fascinants. Une voix (superbe) et une guitare (incroyable), voilà tout ce qu’il faut à ce duo d’exception pour mettre sous le charme une salle entière. La boudeuse Jennifer et le souriant Oren s’entendent musicalement à merveille ; en les voyant évoluer ensemble sur scène, on jurerait qu’ils sont encore ensemble. Cela ne nous regarde pas, mais ce qui nous intéresse par contre c’est la communion scénique hallucinante entre ces deux êtres bénis des dieux. La prestation brillante, sobre (et seulement entachée l’espace d’un court instant par une panne de guitare, sans doute pour prouver à tous qu’ils sont humains) est couronnée par trois rappels magiques. Juste avant l’ultime moment de bonheur, une interprétation bouleversante de Passing on the stairs (un duo Jennifer/Oren où ce dernier chante comme Leonard Cohen et Nick Cave un morceau dylanien), Oren fait un petit discours très touchant. Il dit être ravi (et ça se voit !) de jouer dans la ville de Jean-Louis Murate (sic), un ami qui les soutient et a écrit l’album A bird on a poire pour Jennifer. A ce moment là, on entend des « yeah yeah yeah » enjoués qui résument bien ce que tout le monde pense du concert d’Elysian Fields. C’est JLM, descendu de la montagne pour l’occasion, qui exprime sa joie devant cette dédicace fort sympathique et ce concert d’anthologie.

A lire également, les chroniques des précédentes éditions des Femmes S'en Mêlent.
Sites Internet : www.lfsm.net, www.elysianmusic.com, www.ellimedeiros.com, www.underbyen.dk, www.anotherday.co.uk. Réagir à cette critique |
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