Premier slammeur à dépasser la notoriété locale, Grand Corps Malade dit avec talent la vie d'un type handicapé mais optimiste, poète et dionysien, dans des textes tour à tour drôles et graves.
Grand Corps Malade - 13 mars 2009 - Théâtre Galli - Sanary Grand Corps Malade au Théâtre Galli, ou comment la télé arrive à amener le slameur devant le grand, grand public... La voix off vient de nous rappeler qu'il est strictement interdit d'enregistrer le concert, c'était important de le souligner, c'est bon on peut commencer.
Coincé entre deux one man show prévus au théâtre, le grand corps, pas si .../... La suite
Grand Corps Malade au Théâtre Galli, ou comment la télé arrive à amener le slameur devant le grand, grand public... La voix off vient de nous rappeler qu'il est strictement interdit d'enregistrer le concert, c'était important de le souligner, c'est bon on peut commencer.
Coincé entre deux one man show prévus au théâtre, le grand corps, pas si malade que ça nous confie être très heureux d'avoir quitté les scènes slam des bars enfumés et humides pour traverser le pays et faire escale dans de jolies salles aux fauteuils rouges velours et strapontins, pour nous offrir de "vrais" concerts. (et déjà là, j'ai très envie d'y retourner dans ce bar humide, voir si y'a pas un faux concert ce soir...).
En parlant de concert, ce soir je dirais plutôt qu'on assiste à une séance d'écoute, ou à une conférence nocturne, un truc dans le genre. A en juger les têtes inclinées vers la droite, les yeux légèrement plissés et les sourires béats, l'oratoire est conquis par la messe. Le ton est donné, grave. La voix, inébranlable déclame les textes comme une poésie apprise par coeur et récitée au tableau. C'est de ça qu'il s'agit, d'un récit (de poésie aussi, oui.. non parce que c'est vrai qu'il a écrit bien).
Et c'est vraiment dommage, les musiciens sont là pourtant, basse-batterie-guitare-et piano tous assis bien confortablement, ils ponctuent les intermèdes entre les morceaux et accompagnent le Grand Corps sur quelques vers. Alors c'est bien, ça laisse la place aux textes, et puis l'acapella c'est quand même ça le slam, au départ.
Mais parlons-en tiens, le slam c'est pas aussi dans la façon? La façon de faire vivre un texte, claquer des mots, partager quelques lignes simplement, sans chanter d'accord, mais avec conviction, un peu au moins. Sur scène tout semble figé, les yeux ouvert personne ne bouge, les yeux fermés on s'endormirait presque, bercé par la voix invariable et imposée.
On regrette presque le moment tranquille pendant lequel on écoute l'album à la maison, ou compressé dans le lecteur mp3 qui nous accompagne à chaque voyage en train. Ici le live ne semble laisser aucune place à l'mprévu, jusqu'aux interventions parlées des musiciens dans de micro-sketches plus ou moins drôles.
On assiste juste à un concert en série. Le collector ça sera pour la saison prochaine, peut-être.
Ravie de voir que tout le monde a trouvé ça fantastique. On peut se réjouir de voir que grâce à la notoriété récente du grand blond, de banlieue parisienne, le slam sort des lieux sombres et trop souvent ignorés, pour se répandre doucement en partout, dans des ateliers et des scènes ouvertes. Pas plus tard que les 26 et 27 mars, au Crep des Lices de Toulon. et c'est gratuit, et ouvert à tous.
Allez, salut.
Grand Corps Malade - 02 février 2007 - Espace Julien - Marseille Apres avoir raté le passage de Grand Corps Malade au Dock des Suds (concert dont j'avais lu le compte rendu détaillé de Philippe) je me faisais une joie d'assister a ce concert (initialement – il y a .../... La suite
Apres avoir raté le passage de Grand Corps Malade au Dock des Suds (concert dont j’avais lu le compte rendu détaillé de Philippe) je me faisais une joie d’assister a ce concert (initialement – il y a 6 mois – prévu au Dôme, puis transféré a l’Espace Julien). En arrivant la bas je trouve Philippe en train d’essayer de revendre deux places qu’on lui avait offert il y a un moment (entre temps il l’a déjà vu deux fois et préféré aller découvrir autre chose ce soir). Je ne lui tiens pas longtemps compagnie inquiet a l’idée de me trouver dans un Espace bondé et dont le bord de la scène me sera difficile d’accès. Quand j’arrive dedans, suprise ! pas grand monde.
Apres un bon moment d’attente ou je me dis que j’aurais eu le temps de prendre un dessert, les lumières s’éteignent et un grosse voix se fait entendre (celle de GCM) qui nous présente (des coulisses) sa première partie : un comique dont j’ai oublié le nom. Je ne m’étendrai pas dessus, mais autant j’ai trouvé l’idée d’un comique bonne, autant celui-ci ne m’a pas fait sourire du tout. J’ai même trouvé certaines de ces vannes de fort mauvais goût et surtout trop faciles.
Peu de temps après (l’autre avantage d’un comique par rapport a un groupe c’est qu’il n’y a pas besoin de refaire les réglages ou de déplacer les instruments), il fait de nouveau noir et c’est a contre jour que la silhouette désormais bien connue de Grand Corps Malade apparaît (a la Johnny).
Apres ce premier « morceau » les lumières se font vraiment sur la scène et on découvre un grand sourire avec comme un soupçon de timidité devant la réaction d’un public fan qui l’accueille chaleureusement. Sur scène il est accompagné de deux musiciens qui joueront et s’en iront régulièrement.
A gauche un pianiste, au fond un guitariste, tous les deux assez discret et a droite celui que GCM appellera le « poumon du spectacle », un percussionniste mystique assez exubérant (mais silencieux) dont j’ai oublié le pseudo. Ils habillent en effet les morceaux qui uniquement parlés pourraient devenir lassant et apporte en plus des distractions visuelles ; surtout le percussionniste, qui chez moi a eu un peu l’effet inverse (un peu trop de cinéma pour moi).
Pour ce qui est de Grand Corps Malade lui même j’ai été assez touché. Touchee par sa grosse voix, touché par sa sincérité, touché par ses sourires, touché par sa gentillesse, par sa modestie et par les messages qu’il fait passer, sur les handicapés, le regard des autres, le temps qui passe, bref la vie.
Par contre au niveau de la forme je n’ai pas vraiment accroché. Certes il y a des rimes et des pieds à ses textes, mais je les ai trouvés un peu faciles et prévisibles. Attention je serais bien incapable de faire la même chose mais j’ai vraiment trouvé sa poésie simple et naïve.
Par contre encore une fois le message passe et je le répète j’y adhère. Beaucoup aimé le « morceau » sur Saint Denis par exemple. Mais j’ai l’impression d’avoir en face de moi un gars qui pense a voix haute avec quelques petites feintes de temps en temps.
Du coup au bout de quelques morceaux j’ai commencé à trouver ça un peu long et répétitif. De plus musicalement les interventions des musiciens sont extrêmement discrètes (sauf le percussionniste). Je ne sais pas sur disque, mais sur scène ça n’apporte pas énormément, si ce n’est que ça fait un peu de mouvement.
J’ai découvert le slam a travers Vibrion et l’un de ses chanteurs Fred et c’est a des années lumières de ce que j’ai pu voir ici. Je comprends donc mieux la réaction parfois virulente d’amateurs de ce courant qui d’un coup voit leur discipline résumé a GCM.
D’ailleurs de ce coté la GCM ne prétend pas être la référence du genre. Il insiste sur le coté collectif des soirées slam, et sur le fait que ce qu’il fait ce soir est légèrement différent. Adapté (formaté) pour donner un spectacle (grand public). Il rendra hommage a son pianiste (lui aussi slammeur si j’ai bien compris) rencontré lors d’une de ces soirées slam justement, qui lui a proposé de mettre ses textes en musique, ce qui a donné naissance au disque que l’on connaît.
Cela dit après avoir entendu le fameux Mon tête, mon cœur et mes couilles, sympathique mais la encore plus amusant que impressionnant (d’ailleurs tout le monde rigole), je me suis mis en route vers le Balthazar dans l’espoir de revoir enfin les Dirteez !
>> Réponse (le 06/08/2007 par Reverine) C'est normal de ne pas ressentir ça comme une "bonne poésie", GCM n'est pas poète mais slameur, ça change tout ! Le .../...La suite
GRAND CORPS MALADE - 20 JANVIER 2007 - SAINT ETIENNE Quel talent, quelle présence... nous pensions qu'une 1h30 de slam ce serait un peu long... mais pas une seule minute d'ennui ! Nous sommes entrés dans ce monde merveilleux, poétique, où chaque mot à .../... La suite
Quel talent, quelle présence... nous pensions qu'une 1h30 de slam ce serait un peu long... mais pas une seule minute d'ennui ! Nous sommes entrés dans ce monde merveilleux, poétique, où chaque mot à sa puissance ; amour, rage, tolérance, bon sens, font bon ménage et nous collent une bonne dose d'émotion.
Grand corps malade jongle avec les mots comme un artiste de cirque avec ses anneaux et ses massues. Il donne une noblesse aux mots d'aujourd'hui sans jamais renier ceux d'hier. Quel bain d'oxygène loin des productions Kleenex de notre époque. J'ai 58 ans... lui la trentaine... et il nous a donné une belle leçon de vie. On peut aimer LAMARTINE et GRAND CORPS MALADE sans aucune gêne. ECOUTEZ ET COUREZ LE VOIR ! Réagir à cette critique
Grand Corps Malade - 6 décembre 2006 - La cigaliére, Serignan Vraiment génial, une belle personne, de la poésie moderne que nous narre un super canard du 93... MERCI !
Pour ma deuxième étape de la Fiesta, y avait déjà du mieux par rapport à la soirée d’ouverture : on pouvait déambuler entre les différents espaces sans donner des coups de coude à ses voisins, boire une bière sans faire la queue pendant 45 minutes et même avaler un plat indien (7 euros tout de même pour un petit tupper en plastoc) avant le concert.
Les premiers à passer sous la passerelle (la grande scène de la fiesta), c’était Vibrion. Les slammeurs marseillais n’ont pas joué longtemps, un peu moins d’une heure avec de très bonnes chansons aux textes rageurs et politiques mais aussi quelques longueurs et quelques énervements un peu faciles (oui Bush est méchant, on est au courant).
Ensuite, au tour de Grand corps malade qui comme son nom l’indique est grand (très grand) et appuyé sur une béquille (un accident il y a quelques années qui a failli lui faire perdre l’usage des jambes). Des textes de virtuose, drôles ou juste émouvants, scandés parfois avec un peu de musique (pas toujours heureuse notamment quand les violons s’y mettent). C’est assez impressionnant de voir ce grand mec enflammer une salle pendant deux heures, en se tenant simplement debout. Peut-être sa voix, sombre et rauque, peut-être son humour qu’il sait aussi retourner contre lui, peut-être aussi cette énergie, cette espèce de foi dans la vie qui se dégage de lui.
Grand Corps Malade - Midi 20 par Philippe A l'heure où le grand (et sympathique au demeurant) Fabien, alias Grand Corps Malade reçoit tous les honneurs des médias, il convient cependant de remettre une ou deux pendules à l'heure. Car contrairement à ce que veut faire croire sa pub TV actuelle, ce type n'est pas le .../... La suite
A l'heure où le grand (et sympathique au demeurant) Fabien, alias Grand Corps Malade reçoit tous les honneurs des médias, il convient cependant de remettre une ou deux pendules à l'heure. Car contrairement à ce que veut faire croire sa pub TV actuelle, ce type n'est pas le "premier artiste de slam en France" - le slam-poésie n'est pas soudain tombé du ciel en la personne d'un Messie, un grand type aux yeux bleus, à la voix grave, armé d'une béquille.
Ne doutant pas, même si j'en connais peu, qu'on trouve de tels artistes au confluent du rap et de la poésie, un peu partout en France et depuis longtemps, voici en tout cas le groupe préféré de slam de LiveinMarseille : les excellents vibrion, groupe emmené par Fred Nevchehirilian, charismatique slammeur au corps plus petit (mais mieux portant). vibrion dont Pirlouiiiit chroniqua le disque (pourtant honoré en juillet 2006 en tant que "suiveur" de GCM dans un grand hebdo dit 'culturel') dès ... 2003 (en l'an 2 avant GCM), et qui furent même honorés au Printemps de Bourges en 2005. Sans parler des multiples expériences sur scène de vibrion : voix charismatique, textes envoûtants, hypnotiques voire dérangeants, musique expérimentale qui peut rappeler Young Gods ou Aardvarck.
Tout cela pour dire que Grand Corps Malade, arrivé (et tant mieux pour lui) au bon endroit et au bon moment, souffre quand même de la comparaison. Musiques agréables mais souvent anodines (piano et cordes inoffensives), textes sympas à la première écoute mais souvent transparents à la rime et donc un peu lassants à terme. En impro, oui ce serait assez fort ! C'est vrai, Saint-Denis est un beau texte quand on le découvre, Les voyages en train amusent l'oreille la première fois, Ma Tête, mon coeur (et mes c...) fait rire par sa virtuosité textuelle que n'aurait pas renié Raymond Devos... La réflexion de Sixième Sens sur le handicap et une autre souffrance réelle, celle du regard des valides, est aussi touchante que dérangeante. Et puis la voix gravissime a un effet, il est vrai, décontractant, voire soporifique. Pour autant, cet album n'est pas révolutionnaire, je dirais même : peut mieux faire.
Mais alors direz-vous, un chef d'oeuvre du slam, ça existerait donc déjà dans notre pays - où le slam vient de tomber du ciel ? Ecoutez donc On croit qu'on s'en est sorti de Serge Teyssot-Gay (sorti en l'an 5 avant GCM, soit en 2000), et si ce slam-là ne vous a pas pris aux tripes, ou si au contraire ce voyage en wagon à bestiaux vous a un peu trop secoué, vous pourrez toujours reprendre le T.E.R. en compagnie de Grand Corps Malade et ses rimes de gentil garçon bien consensuel. Dommage d'autant plus, que ne figure pas sur ce disque certains de ses slams aux paroles bien plus trash et moins gentilles (un exemple ? ici...) Prochain album peut-être ?
(2006)
PS de retour de Rock en Seine, 2006 : énorme présence sur scène, voix qui fait rire, qui berce et ensorcelle, qui vous colle la chair de poule : le slam de Grand Corps Malade, c'est sur scène, à Paris ou Marseille, que ca se passe !