Premier slammeur à dépasser la notoriété locale, Grand Corps Malade dit avec talent la vie d'un type handicapé mais optimiste, poète et dionysien, dans des textes tour à tour drôles et graves.
Grand Corps Malade - 02 février 2007 - Espace Julien - Marseille Apres avoir raté le passage de Grand Corps Malade au Dock des Suds (concert dont j'avais lu le compte rendu détaillé de Philippe) je me faisais une joie d'assister a ce concert (initialement – il y a .../...
Apres avoir raté le passage de Grand Corps Malade au Dock des Suds (concert dont j’avais lu le compte rendu détaillé de Philippe) je me faisais une joie d’assister a ce concert (initialement – il y a 6 mois – prévu au Dôme, puis transféré a l’Espace Julien). En arrivant la bas je trouve Philippe en train d’essayer de revendre deux places qu’on lui avait offert il y a un moment (entre temps il l’a déjà vu deux fois et préféré aller découvrir autre chose ce soir). Je ne lui tiens pas longtemps compagnie inquiet a l’idée de me trouver dans un Espace bondé et dont le bord de la scène me sera difficile d’accès. Quand j’arrive dedans, suprise ! pas grand monde.
Apres un bon moment d’attente ou je me dis que j’aurais eu le temps de prendre un dessert, les lumières s’éteignent et un grosse voix se fait entendre (celle de GCM) qui nous présente (des coulisses) sa première partie : un comique dont j’ai oublié le nom. Je ne m’étendrai pas dessus, mais autant j’ai trouvé l’idée d’un comique bonne, autant celui-ci ne m’a pas fait sourire du tout. J’ai même trouvé certaines de ces vannes de fort mauvais goût et surtout trop faciles.
Peu de temps après (l’autre avantage d’un comique par rapport a un groupe c’est qu’il n’y a pas besoin de refaire les réglages ou de déplacer les instruments), il fait de nouveau noir et c’est a contre jour que la silhouette désormais bien connue de Grand Corps Malade apparaît (a la Johnny).
Apres ce premier « morceau » les lumières se font vraiment sur la scène et on découvre un grand sourire avec comme un soupçon de timidité devant la réaction d’un public fan qui l’accueille chaleureusement. Sur scène il est accompagné de deux musiciens qui joueront et s’en iront régulièrement.
A gauche un pianiste, au fond un guitariste, tous les deux assez discret et a droite celui que GCM appellera le « poumon du spectacle », un percussionniste mystique assez exubérant (mais silencieux) dont j’ai oublié le pseudo. Ils habillent en effet les morceaux qui uniquement parlés pourraient devenir lassant et apporte en plus des distractions visuelles ; surtout le percussionniste, qui chez moi a eu un peu l’effet inverse (un peu trop de cinéma pour moi).
Pour ce qui est de Grand Corps Malade lui même j’ai été assez touché. Touchee par sa grosse voix, touché par sa sincérité, touché par ses sourires, touché par sa gentillesse, par sa modestie et par les messages qu’il fait passer, sur les handicapés, le regard des autres, le temps qui passe, bref la vie.
Par contre au niveau de la forme je n’ai pas vraiment accroché. Certes il y a des rimes et des pieds à ses textes, mais je les ai trouvés un peu faciles et prévisibles. Attention je serais bien incapable de faire la même chose mais j’ai vraiment trouvé sa poésie simple et naïve.
Par contre encore une fois le message passe et je le répète j’y adhère. Beaucoup aimé le « morceau » sur Saint Denis par exemple. Mais j’ai l’impression d’avoir en face de moi un gars qui pense a voix haute avec quelques petites feintes de temps en temps.
Du coup au bout de quelques morceaux j’ai commencé à trouver ça un peu long et répétitif. De plus musicalement les interventions des musiciens sont extrêmement discrètes (sauf le percussionniste). Je ne sais pas sur disque, mais sur scène ça n’apporte pas énormément, si ce n’est que ça fait un peu de mouvement.
J’ai découvert le slam a travers Vibrion et l’un de ses chanteurs Fred et c’est a des années lumières de ce que j’ai pu voir ici. Je comprends donc mieux la réaction parfois virulente d’amateurs de ce courant qui d’un coup voit leur discipline résumé a GCM.
D’ailleurs de ce coté la GCM ne prétend pas être la référence du genre. Il insiste sur le coté collectif des soirées slam, et sur le fait que ce qu’il fait ce soir est légèrement différent. Adapté (formaté) pour donner un spectacle (grand public). Il rendra hommage a son pianiste (lui aussi slammeur si j’ai bien compris) rencontré lors d’une de ces soirées slam justement, qui lui a proposé de mettre ses textes en musique, ce qui a donné naissance au disque que l’on connaît.
Cela dit après avoir entendu le fameux Mon tête, mon cœur et mes couilles, sympathique mais la encore plus amusant que impressionnant (d’ailleurs tout le monde rigole), je me suis mis en route vers le Balthazar dans l’espoir de revoir enfin les Dirteez !
>> Réponse (le 06/08/2007 par Reverine) C'est normal de ne pas ressentir ça comme une "bonne poésie", GCM n'est pas poète mais slameur, ça change tout ! Le .../...La suite
GRAND CORPS MALADE - 20 JANVIER 2007 - SAINT ETIENNE Quel talent, quelle présence... nous pensions qu'une 1h30 de slam ce serait un peu long... mais pas une seule minute d'ennui ! Nous sommes entrés dans ce monde merveilleux, poétique, où chaque mot à .../...
Quel talent, quelle présence... nous pensions qu'une 1h30 de slam ce serait un peu long... mais pas une seule minute d'ennui ! Nous sommes entrés dans ce monde merveilleux, poétique, où chaque mot à sa puissance ; amour, rage, tolérance, bon sens, font bon ménage et nous collent une bonne dose d'émotion.
Grand corps malade jongle avec les mots comme un artiste de cirque avec ses anneaux et ses massues. Il donne une noblesse aux mots d'aujourd'hui sans jamais renier ceux d'hier. Quel bain d'oxygène loin des productions Kleenex de notre époque. J'ai 58 ans... lui la trentaine... et il nous a donné une belle leçon de vie. On peut aimer LAMARTINE et GRAND CORPS MALADE sans aucune gêne. ECOUTEZ ET COUREZ LE VOIR ! Réagir à cette critique
Grand Corps Malade - 6 décembre 2006 - La cigaliére, Serignan Vraiment génial, une belle personne, de la poésie moderne que nous narre un super canard du 93... MERCI !
Pour ma deuxième étape de la Fiesta, y avait déjà du mieux par rapport à la soirée d’ouverture : on pouvait déambuler entre les différents espaces sans donner des coups de coude à ses voisins, boire une bière sans faire la queue pendant 45 minutes et même avaler un plat indien (7 euros tout de même pour un petit tupper en plastoc) avant le concert.
Les premiers à passer sous la passerelle (la grande scène de la fiesta), c’était Vibrion. Les slammeurs marseillais n’ont pas joué longtemps, un peu moins d’une heure avec de très bonnes chansons aux textes rageurs et politiques mais aussi quelques longueurs et quelques énervements un peu faciles (oui Bush est méchant, on est au courant).
Ensuite, au tour de Grand corps malade qui comme son nom l’indique est grand (très grand) et appuyé sur une béquille (un accident il y a quelques années qui a failli lui faire perdre l’usage des jambes). Des textes de virtuose, drôles ou juste émouvants, scandés parfois avec un peu de musique (pas toujours heureuse notamment quand les violons s’y mettent). C’est assez impressionnant de voir ce grand mec enflammer une salle pendant deux heures, en se tenant simplement debout. Peut-être sa voix, sombre et rauque, peut-être son humour qu’il sait aussi retourner contre lui, peut-être aussi cette énergie, cette espèce de foi dans la vie qui se dégage de lui.
Lo Cor de la Plana, Vibrion, Moussu T, Grand Corps Malade - 26 octobre 2006 - New Dock des Suds Comme toujours c'est avec réticence que je vais à la Fiesta des Suds, faux festival (pas de pass = pas de festival), vraie pompe à subventions, "fête populaire" du moins quand les invitations peuvent .../...
Comme toujours c'est avec réticence que je vais à la Fiesta des Suds, faux festival (pas de pass = pas de festival), vraie pompe à subventions, "fête populaire" du moins quand les invitations peuvent rentrer, tarifs des consos souvent prohibitifs et surtout, jauge trop élevée, depuis à peu près toujours : serrés de partout, tout le temps. Quand le Dock a brûlé, on a parlé de malchance ? Bonne blague, moi j'ai parlé de chance : chance que ça ne soit pas arrivé un soir de concert, chance que ce soit arrivé avant qu'un jour un mouvement de panique quelconque ait fait des morts dans ce lieu dramatiquement mal fichu, mal ventilé, mal sécurisé.
Bon, en tout cas autant la soirée d'ouverture à eu l'air surpeuplée, autant ce soir on circule tranquille. Et puis les scènes sont placées si haut que même les handicapés en fauteuil y verront peut-être presque quelque chose, et par exemple celui avec la béquille qui va y slammer ce soir. Bon, ils verront moins bien que des 2 tribunes VIP bien sûr, faut pas déconner, les potos du Conseil Général, on va pas les mettre dans la fosse quand même... Autres détails qui fâchent, la bière en alu à 5 euros ou l'eau chaude dans les cabinets rappellent rapidement où l'on est. Et bien sûr on ricane comme toujours de voir les guignols d'Attac se fourvoyer dans ce temple de la consommation.
Mais Lo Cor de la Plana me rappelle à l'ordre : arrête de râler, c'est pour la programmation que t'es venu ! Le chant polyphonique bien connu de ces 6 gaillards déclenche rapidement des farandoles effrénées. Tout ça a capella, avec seulement quelques tambourins, le talent de Manu Théron pour tout mettre en musique (ah, la voix de ce type ...). Ils remettent au goût du jour des airs traditionnels parfois tristes, souvent rigolos (Fais le cocu ma fille, ton père l'était bien), on se retrouve à danser et à taper des mains naturellement. Une fanfare de cuivres au look très 'Royal de Luxe' vient leur prêter main-forte, talentueuse et cacophonique à la fois, le mélange est très sympa aussi. On s'éloigne quand même pour ne pas rater le thème de la soirée : le slam.
En chroniquant le disque sympa de Grand Corps Malade, j'avais été un poil énervé qu'on le présente comme le "premier", puisque par ici on suit la carrière de vibrion depuis bien longtemps. Ce soir, réconciliation : les deux vont pouvoir discourir, et dans le bon ordre ! C'est donc sur une très belle scène (non je ne dirai pas que du mal de l'organisation) sous l'autoroute, qu'on rejoint Fred, Eric et leurs musiciens célestes, en train de Décliner les Bleus. Il y a pas mal de monde par rapport à certaines programmations difficiles du groupe (comme l'ouverture de Marsatac en 2005) même si le public semble, comme à l'accoutumée, un peu désarçonné par cette musique.
Car au fond, pourquoi ne pas danser comme des fous sur Fusées (Kadish) et son rythme techno ? Nous on ne s'est pas gênés. Car ceux qui en attendaient une plus dansante seront déçus, ici on est d'abord politique : J'ai 8 ans, texte horrible décliné avec un petit sourire, L'Amérique, slam a capella foudroyant et texte fabuleux (malgré un petit bug de transmission neuronale après Gorge, bouche, gorge, bouche !), le public devient plus attentif. Une nouveauté (Dans le Stade ?) assez lancinante, à réécouter, ça semble se moquer des supporters - vibrion sait comment se faire des amis. Et puis la difficile Khora, à la musique crypto-industrielle puis percutante, celle qui m'avait fait aimer le groupe à la base. Au rappel, tout le monde salue et en bonus, Ce mec s'effrite c'est sûr, très hip hop, classe. Comme prévu donc, excellente prestation !
En attendant la suite du slam, on s'autorise un petit tour à Moussu T e lei Jovents : un groupe de reggae avec des bouts de Massilia dedans : le Tatou et son célèbre bleu de travail chantent de gentilles comptines occitanes d'un ton désinvolte, les deux musiciens sont en place, c'est assez sympa mais... c'est du reggae, je ne suis pas fan. Et pas question de rater celui que j'ai vu dans un contexte complètement différent : perdu parmi les rockeurs, Grand Corps Malade nous avait surpris et enchantés à Rock en Seine l'été dernier, alors cette fois-ci on est là pour lui !
A 22 h 30 pétantes, le Grand Corps Malade débarque sous l'autoroute ! Le public est conquis d'avance et le premier texte plante le décor : être handicapé en France (à plus forte raison, à la Fiesta), c'est d'abord se forger un Mental de résistant. Sa grosse voix grave nous enveloppe, il enchaîne avec la combattante Le Jour se lève et présente son percussioniste, Mr Feedback. Puis l'optimiste Sur mes deux oreilles. Il prend par la main un public très attentif (et qui semble pour pas mal d'entre eux découvrir le texte, je les envie) pour visiter 93200 Saint-Denis (ça tombe bien, cette petite moquerie vis à vis des parisiens, ça marche bien par ici). Après le bien qu'il en a dit, comparer Marseille à un grand Saint Denis au bord de la mer mettra définitivement le public dans sa poche ! Il en profite pour présenter son trio gagnant et drôle : ma Tête, mon coeur et mes couilles, qui fait toujours son effet...
Mais voici Midi 20, l'un de ses meilleurs textes ; le public scandera 'Appelez-moi GCM' avec lui. Ensuite, ça déroule et tout est agréable : Paris le Matin où le plaisir d'être chomeur volontaire, 6e sens où la difficulté d'être regardé par les autres quand on est handicapé. La faussement méchante Attentat Verbal, et par contre la vraiment détestable et hilarante J'aime pas les gens (bonne surprise, elle est sur son site web ici mais je pensais pas qu'il oserait). Il continue sur la chanson Chercheur de Phase au final musical enchanteur, J'ai oublié combattante et presque rap, puis un joli texte d'amour à sa béquille, et l'inévitable et un peu balourde Voyages en Train, sauvée par son duo piano-violon.
Bonne chose de faite, on peut passer à l'autre texte marrant : L'appart de célibataire. Puis il invite son pote John Pucc'chocolat à faire le duo Ca peu chémar où il feront participer la foule. Son collègue très doué mettra une gros ambiance en slammant quelques instants en ricain. Un autre texte d'amour assez joli (j'ai pensé à Renaud, dans le temps), cette fois à une fille, et puis la superbe Toucher l'instant. Le concert est déjà fini, mais le public lui fait un juste triomphe et le grand gaillard ne tarde pas à ramener sa carcasse et ses jolies musiciennes !
Il dit alors un texte technique (non de dieu, ça n'a pas du être facile à mémoriser) où revient sans cesse la syllabe "vers". Il enchaîne avec Vu de ma fenêtre et finit sur la chouette Les Rencontres. Il pensera à remercier tout le monde et faire saluer son groupe sous un tonnerre d'applaudissements. Si l'effet de surprise n'a pas joué comme la première fois (découvrant ses meilleurs textes et sa voix, j'en avais eu la chair de poule), j'ai tout de même apprécié de revoir tout ça, et ce très charismatique slammeur, tout en enviant les gens qui l'ont découvert ce soir. Une très bonne soirée donc, et à la Fiesta des suds ? Ma foi, tout arrive !
PS 1 : exceptionnellement pas de photos hélas, Pirlouiiiit a été empêché - ces photos prises ailleurs (par votre serviteur) à la place...
PS 2 : en bonus, ouais tout ça c'est un peu de la triche mais au moins la maison ne recule devant aucun sacrifice :
3 petites vidéos de vibrion au Cabaret Aléatoire par ici et une de Grand Corps Malade à Paris par là ! Réagir à cette critique