Ces inventeurs du ragga occitan, le croisement naturel des rythmes jamaïcains à la verve provençale, font bouléguer toutes les générations depuis 20 ans au son du respect des langues régionales et de l'amour de leur ville. A la manière d'un sound-system festif euphorisant, leurs concerts, parfois anisés, virent à la grande fête populaire.
Massilia Sound System - 25 Avril 2008 - Usine - Istres OAI e LIbertat : deux mots qui résument tout.
Mettre le bordel et être libres...
C'est donc a Istres que Massilia a choisi de s'installer pour leur dernière date avant leur tournée .../...
C'est donc a Istres que Massilia a choisi de s'installer pour leur dernière date avant leur tournée estivales.
2 jours après les deux dates hallucinantes du Moulin à Marseille (chez eux), Massilia revient donc en forme pour faire boulèguer une salle remplie et gonflée à bloc.
D'ailleurs la chaleur est la... on aurait cru a un petit remember de la canicule de 2003...
La température de la salle avoisine les 50°c..ou plutôt les 51...
Trêve de blagues, passons au concert en lui même.
Une vraie piece de theâtre (une comedia provencale...): des chanteurs acteurs : JALI, GARI et MOUSSU T, accompagnés fayament du DJ KAYALIK, du clavier JANVIE et du guitariste BLU.
Des décors : Marseille et notre dame (de la garde) en ombre chinoise soulignée par des projections des différents logos et pictos qui ont fais l'histoire du groupe et deux actes : le 1er : l'album Oai et Libertat en live et le second...surprise...
Le concert commence donc, tambour et cœur battant, avec la première chanson de l'album Oai et Libertat (au passage, cet album est de loin le plus abouti) pour continuer sur les désormais grands classiques : dans le désordre, Dimanche aux Goudes, marché du soleil, toujours, oai e libertat...
Le public istréen est chaud bouillant, connait toutes les paroles et les chantent généreusement. D'ailleurs les chanteurs le sentent : a plusieurs reprises le micro est tendu vers la foule.
C'est d'ailleurs hallucinant de voir que lors d'un concert de massilia la moyenne d'age sur scène doit avoisiner les 45 ans alors que celle de la salle la moitié.
Les massilia sont forts : ils bougent, chambrent, arranguent la foule et revendique leur fierté d'être marseillais. On passe du reggae, au gros rif de guitare bien rock tout en survolant la sphère hip-hop.
Le concert s'arrête au bout d'une heure.
Des petites protestations fusent...mais l'on s'aperçoit que le plateau change..on amène une batterie...puis une autre.
Et un jeune suédois Dubmood débarque sur scène, introduit par Jali pour nous faire une petite session de "cheap music". Littéralement "music pauvre". Le mec joue avec une game boy. On ne voit pas tout, on entend surtout.
Des bruits nous rappelle Tétris ou Mario.
C'est sympa mais bien bien electro D&B et je ne sais pas si le public accroche vraiment. On est loin de l'"aioli spirit".Mais perso le son passe très bien.
La lumiere s'éteint a nouveau pour se rallumer avec tout le Massilia sur scene accompagné d'une batterie et d'un set de percus supplémentaires.
Ca sent bon le gros bordel... Et oui, Massilia attaque la deuxième partie du concert consacré ‡ leur anciens "tubes" (c'est un peu un terme à la con mais j'ai pas mieux:-))) : commando fada, bouteille sur bouteille, pauvre de nous...
Petite question cher lecteur : qu'est ce qui symbolise le passage à la deuxième partie?...Le pastis bien sur! ou le pastaga, le jaune..ce que tu veux...en tout cas, le pastis est servi à tout le monde...(au premier rang surtout!!!) et à partir de là!!
La température monte encore... à ce propos, gros respect aux organisateurs pour les bouteilles d'eau et les ouvertures périodiques des portes..ça passe bien un petit courant d'air!
Moment d'émotions : on pense tous à Lux B, l'un des chanteurs de massilia malade, en pleine convalescence en Bretagne : Reviens vite LUX!!!
Le public en redemande, chante encore plus fort qu'au début... c'est le moment choisi pour lancer le OAI... le petit ???... le Grand OAI ... Pour les novices : tout le monde s'accroupit puis s'allonge (attention a ceux qui restent debout...même les chanteurs sont allongés).
Le but étant de se lever et de jumper le plus haut possible .. alors on compte jusqu'a trois...1..2...2 un quart...2 4/5...3..gros gros bordel, pogo.. on met le aoi partout qu'ils disent, surtout à Istres oui!!!
La deuxième partie se termine magistralement sur une farandole géante, tout le monde se tient par la main sur un air de "quand on a plus de tabac, fume la pipe de ganja..". Un gros merci a mon guide (boui-boui) qui me ramène jusque devant la scène pour finir le concert a jumper comme un dingue en essayant de toucher les chanteurs.
C'était peut être pas le meilleur concert de massilia mais y a pas a dire...ils sont toujours présents pour donner, partager et te faire jumper.
Massilia c'est du lourd et c'est pas fini.
"Massilia Chourmo, c'est pas pareil...c'est pire...!!!!"
Massilia Sound System + Merlot + Estella do Coqe - 22 Avril 2008 - Le Moulin - Marseille Massilia Sound System de retour à la maison pour deux dates au Moulin. Voilà bien un événement à ne pas manquer... Enfin si puisqu'à la base je ne comptais pas y aller. Mais finalement le petit Gas se .../...
Massilia Sound System de retour à la maison pour deux dates au Moulin. Voilà bien un événement à ne pas manquer… Enfin si puisqu’à la base je ne comptais pas y aller. Mais finalement le petit Gas se retrouvant en solo je me dévoue plein de sollicitude pour l’accompagner malgré mes deux dents de sagesse fraîchement arrachées l’après midi (et une douleur en conséquence).
En arrivant aux abords de la salle il y a du peuple, certains prennent l’apéro sur la place, d’autres commencent à rentrer tranquillement. Il reste toutefois des places au guichet même si le Moulin affichera probablement quasi complet au terme de la soirée. En parlant du lieu, première fois pour moi depuis la rénovation, pas énormément de changements mais une salle propre et bien sonorisée.
En entrant on tombe sur le set de Merlot, un gars de là haut (Paris) qui chante des textes entre ragga et chanson avec le soutien d’un guitariste. Le bonhomme a de l’énergie et des textes plutôt revendicatifs. Une entrée en matière sympathique à défaut d’être exceptionnelle.
La soirée est millimétrée au niveau du temps de passage et la voix robotique de Massilia Fai Avens retentit tandis que l’on découvre une scène décorée avec une toile de Notre Dame en arrière fond et un drapeau où défileront divers logos toute la soirée. Papet J, Moussu T et Gari Greu (équipé d’un beau t-shirt du groupe Menpenti) investissent la scène et la salle s’embrase illico au rythme énergique des morceaux du dernier (et excellent) album.
Les Massilia ont en effet divisé leur concert en deux mi-temps, la première consacrée au nouvel album, la seconde aux old school. Accompagné comme à son habitude d’un clavier, d’un selecta et d’un guitariste, le trio est en grande forme, il enchaîne sans répits des titres taillés pour mettre le Oai dans un public conquis d’avance. On se régale pendant presque une heure des De longue, Rendez vous à Marseille, Oai E Libertat et autres joyeuseries massiliennes avant d’aller passer un petit Dimanche aux Goudes.
On retiendra un beau moment d’émotion quand Lux B montera sur scène pour un (trop) bref salut et des remerciements adressés à tous les soutiens qu’il reçoit. La réponse du public est immédiate et il scandera bruyamment son nom à de nombreuses reprises. L’air de rien un concert du Massilia sans Lux B ça laisse un gros vide…
L’entracte (ou la mi-temps selon les goûts) arrive, les grands rideaux du Moulin se referment et le public entame des chants à la gloire de l’Olympique. Un côté légèrement beauf que je n’aime pas trop, ils feraient mieux d’aller chanter au stade, mais bon on ne va pas être rabat joie.
Deux demoiselles débarquent. Il me semble qu’elles s’appellent Estella do Coqe mais je ne suis vraiment pas sur du nom. Tout droit venues de Toulouse, elles ont la gouaille du sud ouest et nous offrent quelques chansons aux paroles bien rigolotes. Un peu de gaieté et d’humour dont le seul petit reproche réside dans un rythme un peu linéaire. Pour les connaisseurs ça ressemble à celui de Tout le monde ment des Fabulous.
Le rideau s’ouvre sur un groupe au grand complet (clavier, selecta, guitare, basse, batterie et percussions) vite rejoint par les MC’s du Massilia. Désormais c’est grande configuration pour grand soir, ajoutant une belle énergie à des morceaux qui n’en manquaient pas. On a droit à quelques gros classiques old school, de Commando Fada à Bouteille sur bouteille en passant par Interdit aux conos, Lo Oai et un petit medley qui mélange toutes sortes de vieux morceaux. Les traditions massiliennes sont évidement respectées avec le Pastis qui arrive par rafales, un grand Oai hystérique et une traditionnelle farandole qui retournera un Moulin remplit de chaleur.
Les morceaux s’enquillent, entre français et occitan, parfois marseillais, le Papet est en très grande forme, les autres assurent le coup et pour chipoter on peut juste reprocher l’absence de quelques morceaux mythiques et d’un rappel. Une heure de plus c’est court et long à la fois.
Mais une soirée avec Massilia Sound System c’est toujours la même recette qui fonctionne à plein, un mélange entre concert et fête populaire, un balèti où le public met le Oai avec bonne humeur sur un son servi par des MC qui font partie de la famille de tout les marseillais. Je les avais laissés il y a quatre ans un peu fatigué et en pseudo fin de carrière au Dock, je les retrouve déchaîné ce soir.
Massilia Sound System - 11 Avril 2008 - Fontenay aux Roses Une chose qui mérite vraiment le respect chez Massilia Sound System, c'est leur expérience pour chauffer une salle. Après une première partie plus que médiocre et devant un public à peine tiède, .../...
Une chose qui mérite vraiment le respect chez Massilia Sound System, c'est leur expérience pour chauffer une salle. Après une première partie plus que médiocre et devant un public à peine tiède, Massilia est parvenu comme à son habitude à foutre le oai partout.
Un concert en deux mi_temps. La première, destinée entièrement au dernier album Oai e Libertad. Dernier album vraiment remarquable. Largement meilleur que le précédent qui laissait vraiment à désirer et surement l'un des meilleurs et les plus aboutis du groupe. Il semblerait que le fait de laisser place un temps à leurs projets solo (Oai Star et Moussu T e lei Jovents) leur ai fait du bien d'un point de vue inspiration une fois re-réunis.
Puis une seconde période avec tous les classiques qui ont fait la réputation scénique du groupe : la distribution du Pastaga au public, Commando Fada, Interdit aux conos, Pauvre de nous, Jovent, Qu'elle est bleue, Le Oai, et la farandole sur Tuba la pipa. Comment Massilia après tant d'années continue à avoir autant de succès notamment chez les jeunes générations ? Simple : très proche du public et le reggae, c'est inter-générations.
Un concert très plaisant dans une petite salle. Les ayant déjà vu à deux reprises dans l'énorme Phenix du Printemps de Bourges, j'apprécie le fait d'avoir de la place pour danser à mon aise tout en étant assez prêt pour savourer le spectacle et prendre son verre de pastis généreusement offert. On regrettera l'absence de Lux B, l'homme à l'Hygiaphone, qui semble n'avoir pu suivre la tournée pour des raisons médicales.
D'autres critiques de concert sur http://lebruitetlasueur.blogspot.com Réagir à cette critique
Interview du Massilia Sound System - Octobre 2007 - A l'occasion de la sortie de Oaï E Libertat Que du bonheur ce Oaï E Libertat du Massilia Sound System qui signe là son retour après moult projets persos (Moussu T & Lei Jovens, Oaï Star, Papet J). Un album réjouissant, combatif, digital, qui .../...
Que du bonheur ce Oaï E Libertat du Massilia Sound System qui signe là son retour après moult projets persos (Moussu T & Lei Jovens, Oaï Star, Papet J). Un album réjouissant, combatif, digital, qui renoue avec ce qu’ils font de mieux. Et le Massilia, c’est encore sur scène qu’ils foutent le plus le oaï, rendez-vous donc pour leur tournée d'automne.
Entretien avec Gari pour parler de tout ça.
23 ans de Massilia, qu'est ce qui vous pousse à continuer ?
Gari : On essaye d’être des chanteurs folkloriques, on fait danser les gens le samedi soir, tant qu’il y aura des samedis on sera là pour les animer.
Quels regards portez-vous sur ces 20 ans ?
Gari: C’est vite passé ! Comme un coup de mistral… C’est le côté aventure qui nous a accroché, partir en bus pour faire danser les gens et… c’est toujours le même sentiment qui nous anime.
Comment articulez-vous vos projets individuels et le Masssilia ?
Gari: Tout est dans la même marmite.
Comment s'est passé la composition des morceaux sur cet album ?
Gari : En souplesse cousin, le bambou sur le bout des lèvres, on écrit des chansons tout le temps.
Comment votre musique a évolué au fil du temps ?
Gari: Toujours en souplesse cousin, le bambou….
Beaucoup de retours sur ce nouvel opus saluent un retour aux sources du Massilia. Le plus critiques disent que Massilia fait du Massilia. Vous en pensez quoi ?
Gari: On ne sait faire que ça, RUB A DUB STYLE !
Que signifie pour vous de chanter en occitan ?
Tatou : Chanter dans une autre langue que le français, à l’instar de Bob Marley
Si vous deviez brièvement décrire Marseille, qu’en diriez-vous ?
Gari: ici qu’est-ce qu’il se passe, ça marche plus, tout est à la ramasse, je vois ma ville partir à la casse, mille bandits lui font boire la tasse…
Comment ressentez vous l'évolution de la ville ? Vous vous y sentez toujours bien ? Le Marseille d'Un dimanche aux Goudes il est pas fantasmé ?
Gari: « Notre » Marseille populaire disparaît, on a la chance d’avoir une vie trépidante grâce surtout à nos actions associatives avec Massilia Chourmo. Le fantasme est déjà présent dans notre nom, Massilia, c’est notre Marseille rêvé, celui que l’on voit en fermant les yeux, on a toujours aimé retranscrire ça en chanson (cf Aïollywood).
Après l'écoute du disque, on a l'impression que vous aimez pas spécialement le Maire de Marseille... Une dédicace ?
…
Dans Lo micro es roumput , une oreille militant repère un sample de A las Barricadas, l'hymne des anarcho-syndicalistes espagnols de la CNT. Comment ça a débarqué chez vous ?
Gari: naturellement cousin !
Avez-vous lu "Marseille, la ville-sans-nom" (cf http://cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=1419 )?
Gari: non, par contre on te conseille le livre d’Alessi d’El Umbria « Histoire Universelle de Marseille»
Comment gérez vous le groupe par rapport à vos métiers ? Quel est votre statut actuel ? Vivez vous de votre musique ?
Gari: Nous sommes intermittents du spectacle et nous avons la chance de vivre de notre musique.
Les projets ?
Gari: 3 albums ! de Moussu T e lei Jovents, Papet J et Oai Star pour 2008
Quelles sont les valeurs du groupe ?
Oai e Libertat
Que pensez vous du problème du statut intermittent ?
Gari: Beaucoup de gens autour de nous ont du quitter totalement ou partiellement leur activité artistique ou technique depuis quelques années… en même temps il est de notoriété publique que d’énormes sociétés d’audiovisuel vivent et abusent de ce statut pour économiser des charges sociales.
Quel est l'accueil du public en dehors de la région ?
Gari: Beaucoup plus chaud, on est des stars en Bretagne et des demi-dieux en Alsace, à Paris il y a des cours d’accent marseillais qui affichent complet et même à Lyon. JM Aulas s’est fait tatouer une Bonne Mère sur le cœur, c’est la folie.
Dans les groupes que vous avez croisés sur la route, qui vous a le plus marqués ?
Gari: Félix Trebosc, chanteur du Rouergue, qui nous a appris Bouteille sur Bouteille.
Si quelque chose était à refaire ou changer ?
Gari: La Bonne Mère deviendrait un lieu multi-cultes, avec minaret sur vérin hydraulique, synagogue, église catho, temple boudhiste…. Etc
Resto, jardins, fontaines… Yes Papa, j’aurai du faire archi !
Votre meilleur souvenir de concert (sur scène ou/et dans le public) ?
Tatou : Bob Marley au stade Mayol à Toulon.
Avec qui pourriez-vous imaginer/aimeriez-vous faire un duo ?
Jali : Pink Floyd Tatou : Iron Maiden Gari : mon père mais il chante trop faux
Qui admirez vous le plus comme artiste (musical ou pas) ?
Gari Charlie Chaplin unanimement
Dans les disques que vous avez récemment achetés lequel vous a le plus plu et lequel vous a le plus déçu ?
Bembeya Jazz National
Vous écoutez quoi en ce moment ?
Cypress Hill remixe le sleng ten (dans l’ordi du Papet)
Quel regard portez-vous sur la production musicale actuelle ?
aucun
Quelle est votre pratique d’Internet par rapport au groupe ?
On l’utilise à tous les niveaux
Votre position sur le téléchargement ?
Gari: Cela n’a rien à voir avec la culture , c’est un problème qui nous dépasse à un moment donné… avant je faisais 40 concerts par an, maintenant 100
Une initiative dans la région que vous aimeriez mettre en avant ?
Gari L’association Massilia Chourmo
Comment avez vous senti évoluer le quartier de la Plaine ces dernières années ?
Gari Au diapason du Centre Ville, les banques remplacent les bars, les fracas de la Plaine sont de + en + rares. Quelques lieux de résistance, le Bar de la Plaine, MTP, Balthazar, micmac, l’Ostau dau Pais Marselhes, le Tipi…
Pour finir, pouvez-vous nous citer 10 groupes de la région (en précisant leur style) ?
Gari Lo Cor de la Plana (polyphonie), Dupain (Trad moderne), Menpenti (rock n’roll), Lo Zgain (ragga), Mc Duval (hip hop), Toko Blaze (reggae), Original Occitana (chorale de cagoles), Fatche d’eux (chansons de l’étang), Kanjar’Oc (martigues monkees), Quartiers Nord (ancêtres).
Si les Massilia étaient :
un animal : un gabian une couleur : le rouge un plat : l’aïoli un livre : « Banjo » de claude Mc Kay un film : « Rendez-vous des Quais » de Paul Carpitta
Pour nos lecteurs marseillais ou de la région :
- un conseil resto : Chez Maddie sur le Port côté mairie
- Un conseil bar : le bar de la Plaine
Qu'est ce qu'on peut vous souhaiter ?
Gari : Un prompt rétablissement à Lux b qui est un peu souffrant et qui sera absent sur la tournée d’octobre. Il reviendra au printemps
Le mot de la fin ?
Gari : OUF
Photos Carine Fuentes et photos live Cyril Mistral
Après le show (pas si) acoustique des Hatepinks à Lollipop, je débarque pas trop tard à la Fiesta, histoire de repérer les lieux avant qu'il soit impossible d'y circuler. Et comme le désastre de la veille à base de Délirium tremens belge et de Rhum figue corso-réunionnais laisse des trace, ce soir mon travail journalistique sera moins gonzo, voir à jeun.
En arrivant on est toujours autant blasé que la file des invitations soit aussi importante que celle de ceux qui ont déboursé 20 euros et on se prend à rêver d'une Fiesta (réellement) populaire où tout le monde paieraient entre 7 et 10 euros. Parce que avouons-le, les plus prolos et les étudiants sont surtout dans la file des payant, ne connaissant pas les réseaux administrato-cultureux pour choper des invits.
Cette année le cadre me semble bien plus agréable que les années précédente, la scène sur l'autoroute est définitivement une bonne idée, l'agencement des stands semblent mieux pensé et la salle des sucres est quand même une réussite (d'autant qu'ils ont levé ces putains de piliers...). Il faut quand même dire qu'il y a beaucoup moins de monde que pour la soirée d'ouverture de l'année dernière (on doit être au maximum 10-11000 contre 20000 en 2006) et ça rend beaucoup plus agréable les déambulations.
Mouss et Hakim prennent place sous la passerelle pour leurs Origines contrôlées, projet musical qui reprend les chansons de l'immigrations maghrébines des années 40,50 et 70. Fan de la 1ère heure de Zebda, envoûté par leur 100% Collègues, j'avoue avoir moins été emballé par leur disque en solo après l'aventure Zebda.
Mais là, je suis sous le charme de ces Origines contrôlées, d'autant que les frérots nous avaient gratifié d'une avant-première jubilatoire au Bar de la Plaine. Cette fois, ils sont plus nombreux sur scène, bassiste, percus, oud et flûte, accordéoniste, l'excellentissime Serge Lopez à la guitare flamenca et bien sûr Mouss et Hakim en maîtres de cérémonie (et avec des tee-shirts de soutien aux sans-papiers).
Alors on se régale de ces morceaux retravaillés, que ce soit du festif ou du plus grave. Ils nous expliqueront à chaque fois l'origine de la chanson, l'auteur et la période où elle a été écrite. Et là on se rend compte que pas beaucoup de choses n'ont bougé en 40 ans, l'immigré fait toujours office de bouc émissaire. Alors même si on danse comme des petits fous sur la carte de résidence et autres, ça n'empêche pas de gamberger.
Et bon c'est vrai que ces airs et cette histoire, quand on est de Marseille, on les a déjà dans la tête. C'est d'autant plus vrai sur Aiwa de l'immense Idir où ils nous expliquent qu'ils ont appris à danser dessus et on se rappelle les sons qui venaient de chez les voisins et qu'on réentendaient dans les mariages. Alors, on danse, on prend son pied, d'autant que les musicos sont loin d'être manchot et que les deux zouaves assurent l'ambiance.
Et pour finir, ils reprennent une chanson d'autres immigrés, des catalans qui ont fuient le franquisme à Toulouse. Gorge nouée, on quitte les toulousains avec quand même l'amertume de se dire que la majorité des gens qui ont partagé ce moment de solidarité, applaudissant les discours d'amitié entre les peuples, ne seront pas là le lendemain à la manif de soutien aux sans-papiers (et malheureusement on ne se sera guère trompé... Il est plus facile d'être de gauche à la Fiesta que dans les faits...).
Timing un peu juste pour aller voir Techno Roman Project dans la salle des sucres et on reste à tchatcher sous la passerelle en attendant le Massila Sound System. L'ambiance se fait de plus en plus chaude dans l'attente (heureusement parce que dehors il caille) et lorsque Dj et selecta montent sur scène pour balancer les sons digitaux de Massilia Fai Avans, le public se lâche.
La plupart des gens sont venus pour le Massilia, absent depuis quelque temps des scènes locales pour cause de multiplication de leurs projets persos. On avait quand même pu les voir au cours de (l'excellent et populaire) Festival des Agglos en juin.
Ils vont nous jouer essentiellement des morceaux de leur (très bon) nouvel album Oai & libertat et presque dans l'ordre. Taillé pour la scène, on guinche sévère sur un De longue dévastateur, plus groove roots sur Toujours, sourire aux lèvres sur le fort plaisant et nonchalant Au marché du soleil ôde au creuset marseillais des cultures. Le Papet joue toujours les animateurs, le Garri est des plus efficace avec son flow et Tatou nous fascine avec sa voix rocailleuse.
Un Dj qui scratche old school, un opérateur au machine et un guitariste excité complètent une formation des plus efficaces. Lo grand Tramblament, très prenant et émouvant sur disque, est moins efficace sur scène mais la plupart des morceaux sont assez jubilatoire des plus digitaux dansant comme Laissa no passar, dancefloor mais humain aux roots & reggae Marché du soleil terriblement efficace et Dimanche aux Goudes, retour aux sources massiliesque avec Oai e libertat & A l'agonie 2.
Sourire aux lèvres quand 8000 personnes dansent, surement sans le connaître, sur le sample de l'hymne anarcho-syndicaliste de la CNT espagnole, A las Barricadas (mais au fait Tatou, il est bien beau ce tee-shirt des I.W.W. !). Le groupe quitte la scène en ayant joué l'intégralité de leur nouvel album mais pas un seul nouveau morceau. On sent que le rappel va rétablir la balance. Et bien évidement ça enchaîne avec On met le Oai partout et autres Commando Fada, un défi de poésie entre Tatou et Garri sur le sujet "C'est le soir, il ne me reste plus qu'une petite boulette, dois-je me faire un gros pétard ce soir ou bien en garder pour le lendemain matin ?" arbitré par un Papet J en grande forme.
Les Massilia y montrent toute leur gouaille et on rigole de bon cœur. Un hommage assez émouvant avec une dédicace à Lux B qui se remet d'une délicate opération, un moment assez maladroit lors de l'appel à participer à la manif de soutien aux sans-papier (ça c'est bien !) mais noyé sur une enchainement sur l'OM et le foot business, ce qui fait passer tout au même plan. Heureux d'être là, les Massilia ne veulent plus lâcher le micro d'autant qu'ils semblent mettre en pratique les textes de Frit-confit...
J'en profite pour m'éclipser et jeter un œil sur Baba Zula qui joue dans une Salle aux Sucres bien clairsemée. C'est assez surréaliste, un mec aux allures de savant fou derrière des machines se déchaient tout en tapant sur une partie de batterie, ...
... un autre assez discret avec des percus, une jeune femme dessine sur le fond de scène via son portable, et au centre une danseuse orientale et le chanteur de Motorhead qui s'est habillé en turc version psychédélique triture une espèce de oud-mandoline...
Psychédélique effectivement et assez bloquant !
Après cela (et je rappelle j'étais à jeun) je m'éclipse et on repart à pied (pas de tram, pas de métro, pas de vélo après minuit à Marseille...) jusqu'à la Plaine ce qui me fait éliminer les dernières toxines de la veille...
>> Réponse (le 22/10/2007 par Yoan-Loic FAURE) - Sur scène j'ai trouvé Mouss et Hakim bien plus convaincants avec Origines Contrôlées que dans Zebda (même s'ils .../...La suite
>> Réponse (le 14/11/2007 par sylvie) new morning paris x - 12/11/07 c'est avec le plein d'énergie, de bonheur , et de forces que je suis ressortie, de ce concert.Toujours la même niack, .../...La suite