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|  | Dominique A + Christophe Adam + Emily Loizeau + Polar + Arman Méliès (Festival Sémaphore en Chanson 2006) - du 5 au 12/11/2006 - Sémaphore, Cébazat  Une édition variée et réussie pour le festival Sémaphore en Chanson, à Cébazat... De Christophe Adam à Dominique A, en passant par de nombreux autres artistes, la semaine dédiée à la chanson française de tous bords a permis de faire un tour d'horizon plutôt réjouissant, sept jours durant.
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Une édition variée et réussie pour le festival Sémaphore en Chanson, à Cébazat… De Christophe Adam à Dominique A, en passant par de nombreux autres artistes, la semaine dédiée à la chanson française de tous bords a permis de faire un tour d’horizon plutôt réjouissant, sept jours durant.

Christophe Adam : morceaux superbes, arrangements réussis, duos bienvenus, inédits prometteurs…
C’est entouré par une section de cordes (superbement arrangées par Marie-Jeanne Serero) que Christophe Adam a l’opportunité d’ouvrir en grandes pompes le festival 2006, le dimanche 5 novembre. On connaissant déjà l’excellent répertoire du songwriter clermontois en version réduite (une guitare sèche, un micro, une guitare électrique brillamment tenue par Daniel Larbaud et un orgue caressé par Jean-Michel « speed » Plasse), mais la version « orchestre complet plus cordes » apporte un indéniable plus à l’ensemble. La voix joliment sexy, grave et éraillée de M. Adam (demandez aux femmes ce qu'elles en pensent… ), sa guitare sèche, celle de son acolyte électrique et l’orgue ont la chance d’être placés dans un superbe écrin, avec une batterie (celle de Christophe Pie, musicien et producteur de JL Murat), une contrebasse, des violons et un violoncelle… Le set de plus d’une heure et demi proposé au nombreux public réuni à Sémaphore atteint des sommets. Si la batterie et la contrebasse boostent les morceaux dans la première partie du spectacle, par la suite, l’arrivée des cordes fait littéralement décoller nombre de titres vers des cimes inespérées. La réalisation du rêve de tout musicien (voir son répertoire magnifié par des cordes) semble inspirer Christophe Adam, qui n’a sans doute jamais aussi bien chanté ses chansons folk/rhythm and blues… La mélodie interdite, La recette de l’amour fou, L’inconsistance... les compositions marquées du sceau de la classe se succèdent, avant de laisser la place à un nouveau morceau aussi émouvant que captivant, Les roses grises… Décidément, ce Monsieur sait écrire des chansons qui marquent les esprits ! Il apprécie également de mélanger sa voix avec celles de charmantes personnes du sexe féminin : Morgane du groupe Cocoon pour le très ironique Vivre tue et Gaëlle de La Position du Tireur Couché pour l'acidulé Je déteste ça. Des morceaux superbes, des arrangements réussis, des duos bienvenus, des inédits prometteurs, vous l’aurez compris le public est reparti conquis…

Arman Méliès : démonstrations techniques superflues.
Le vendredi suivant, Arman Méliès déçoit, comme lors de sa première partie de Dominique A à la Coopérative de Mai en 2005. Car si le songwriter français sait composer et chanter de jolis morceaux sur disque, il se fourvoie sur scène dans une série de démonstrations techniques superflues avec son autosampler, sa guitare et ses micros. Après avoir enregistré toutes les parties assez longuement, chaque morceau est interprété puis étiré à l’infini avec des vocalises interminables. Ce traitement aboutit à uniformiser tout le répertoire et à lasser… Et l’on se dit qu’une chanson interprétée sobrement à la guitare et sans aucun artifice serait la bienvenue…

Emily Loizeau : un concert brillant.
Juste après et malgré un public assez difficile à faire réagir, Emily Loizeau a montré tout l’étendue de ses multiples talents. Entourée par un groupe réduit mais parfait pour ses morceaux, la belle Emily évolue en toute liberté au piano et au micro. Ses textes futés, drôles et/ou émouvants sont chantés d’une voix méritant tous les louanges. Délicatement voilées et superbement modulées, les cordes vocales de Mademoiselle Loizeau font vibrer le public, ses pitreries et autres harangues drolatiques se chargeant de faire sortir l’auditoire de son mutisme. Pour en arriver finalement à faire un triomphe à l’auteur de l’album L’autre bout du monde. Les rappels seront l’occasion de voir la chanteuse à l’œuvre sans micro, prouvant ainsi, s’il était besoin, l’authenticité et la puissance de sa voix. « Brillant » est le mot qui vient immédiatement à l’esprit à la vue d’un concert d’Emily Loizeau…

Polar : très inégal.
Bruyant, c’est le premier qualificatif qu’on trouve approprié au set de Polar, le dimanche soir… La guitare électrique surmixée et la batterie recouvrent la voix et la guitare sèche du chanteur suisse d’origine irlandaise. Il faudra que nombre de personnes quittent la salle et que quelques uns expriment leur mécontentement quant au volume sonore pour que Polar se décide à baisser (un peu) le volume et à venir chanter un titre, débranché au milieu du public. Dès le début du concert, les bruits de tôle à chaque coup sur la batterie auraient dû mettre la puce à l’oreille à l’ingénieur du son… mais, en fait, non. Pour ne rien arranger, le changement de direction de Polar (chant en français et beaucoup plus forcé qu'auparavant) n’est pas du goût de tout le monde dans les rangs du public. Car, si certains morceaux fonctionnent, la plupart sonnent comme si l’on avait plaqué une grosse guitare et un chant trop emphatique sur un titre folk. Le concert est donc décousu et très inégal, avec de belles réussites - comme sur le disque Jour blanc et des détours dispensables, on pense en particulier à certains titres où le refrain est interprété à l’infini, laissant l'impression d’un manque d’inspiration flagrant.

Dominique A : un très grand moment.
Le manque d’inspiration ne semble pas affecter Dominique A, toujours aussi pertinent sur son dernier album en date, l’inépuisable L’horizon… Malgré quelques difficultés à réveiller le public du dimanche soir, M. Ané a sans doute donné l’un de ses meilleurs concerts à Sémaphore. Chant habité, musiciens parfaits (batterie, cuivres, guitares, claviers), éclairages sublimes, set list quasi idéale, il faudrait vraiment chercher longtemps pour trouver un défaut à ce concert saisissant de bout en bout… Comme Camille lors d’un concert proche du parfait le dernier jour du festival 2005, Dominique A a parfaitement tenu son rôle de tête d’affiche de la semaine. L’univers si particulier du Nantais est plus que jamais marquant sur les planches… et c’est un euphémisme. Comment pourrait-il en être autrement avec un répertoire abritant des perles à l’état brut comme La mémoire neuve, Rouvrir, L’horizon, Pour la peau, Le Commerce de l’eau, Dans un camion ou encore Le Courage des oiseaux ? Chaque titre subit un traitement de faveur à base d’arrangements aventureux et surprenants, si bien que l’auditeur/spectateur se retrouve dans une situation idéale : une sorte de tête à tête rêvé avec un artiste doué et au meilleur de sa forme… A force de tutoyer la perfection, Dominique A réussit à rendre folle l’assistance qui le réclame à corps et à cris pour des rappels, qui s’avéreront être de très grande classe. Un très grand moment que ce concert donc… Souhaitons à l’édition 2007 de Sémaphore en Chanson de pouvoir en proposer d’un tel niveau.
A lire bientôt sur le site, une interview de Dominique A réalisée le jour du concert pour Radio Campus Clermont (93.3 FM ou www.clermont.radiocampus.org)... L'entretien sera diffusé la semaine du 27 novembre au 3 décembre 2006 sur les ondes.
Sites Internet : www.commentcertainsvivent.com, www.olympictour.fr, www.emilyloizeau.net, www.fargorecords.com, www.polar-music.com, www.armanmelies.com, www.hop.fr/Adam, www.myspace.com/christopheadam, www.cebazat.fr/semaphore_chanson/programme.htm.
Photo Arman Méliès : david.didier@froggydelight.com (www.tasteofindie.com) Réagir à cette critique |
|  | Jean-Louis Murat + Polar + Karin Clercq (Festival de Sédières 2005) - 26 juillet 2005 - Granges du Château de Sédières, Clergoux 
Grâce à la présence de Jean-Louis Murat (dont c'était la seule apparition sur scène cet été), la dernière soirée du festival de Sédières a fait le plein : entre 600 et 700 personnes se pressaient dans la grange rénovée pour voir le franc tireur de la chanson française se produire avec en premières parties Karin Clercq et Polar.
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Grâce à la présence de Jean-Louis Murat (dont c’était la seule apparition sur scène cet été), la dernière soirée du festival de Sédières a fait le plein : entre 600 et 700 personnes se pressaient dans la grange rénovée pour voir le franc tireur de la chanson française se produire avec en premières parties Karin Clercq et Polar.

Karin Clercq
C’est la jeune (et très jolie) Belge Karin Clercq qui foule en premier les planches, pour proposer un set de bon aloi entre chanson française, folk et rock. Bien épaulée par Guillaume Jouan (l’ex guitariste/compositeur de Christophe Miossec, ici à la composition, à la guitare mais aussi à la basse ou encore à la trompette) et un autre Breton, Luc Page (à la guitare également), Karin Clercq chante avec un joli brin de voix des morceaux plutôt accrocheurs. Les textes (parfois osés) évoquent des histoires assez personnelles sur les errances amoureuses ; les musiques, quant à elles, vont du folk/rock enlevé à la ballade mélancolique. Si l’on sent des ressemblances avec l’univers de Miossec, Karin Clercq dispose d’assez d’atouts (bien à elle) dans son jeu pour percer.

Polar
Quelle mouche a piqué Polar ? On avait apprécié son dernier opus (Somatic, paru en 2004), et l’on se souvenait d’un très bon concert de folk aride donné à Clermont-Ferrand au Sonic Rendez-Vous à la fin des années 90, et voilà que notre homme se met à chanter en français (des textes sans intérêt) avec une voix geignarde et à se faire accompagner par la section rythmique de Cali, enlevant ainsi toute originalité à sa musique. C’est bien dommage…

Jean-Louis Murat
C’est un fringuant Jean-Louis Murat (tout de blanc vêtu et orné d’un chapeau de paille du meilleur effet) qui, une heure et demi durant, a survolé son répertoire récent en compagnie des indispensables Fred Jimenez, Stéphane Reynaud… et Jennifer Charles, pour deux titres de A bird on a poire. Venu en voisin connaissant parfaitement le « terrain » (il habite à une heure de Sédières et était venu applaudir les Tindersticks, il y a trois ans), JLM a offert un superbe concert dans la veine de sa récente tournée Moscou. Intros blues rock étirées en solos de guitare inspirés, chant habité, éclairages propices au trip, section rythmique au cordeau, répertoire aux petits oignons : difficile pour le très nombreux public de bouder son plaisir d’être là, en Chiraquie, avec Murat. De La maladie d’amour aux Jours du jaguar en passant par Et le désert avance, La fille du capitaine et le très Creedence Clearwater Revival Jeanne la rousse (sans oublier les « hits » Le cri du papillon et L’au-delà), l’Auvergnat qui a toujours une Petite idée derrière la tête a offert un panorama complet de ses talents. Mais le bonheur n’aurait pas été total sans un extrait du superbement pop A bird on a poire, aussi Jennifer Charles, qui aime son Jean-Louis depuis Mustango, est-elle restée après le concert d'Elysian Fields donné hier soir pour chanter les langoureux Elle était venue de Californie et French Kissing. Deux morceaux (seulement ?) et la belle regagne les loges, laissant les hommes conclure seuls ce concert excellent, mais trop court.
A lire également : les chroniques sur les autres concerts de l'édition 2005 du festival de Sédières, ainsi que celles des années 2002 et 2004, sans oublier des entretiens avec Murat en octobre 2004 (sur A bird on a poire), octobre 2003 (sur Lilith) et juin 2003 (sur le concert pour Koloko), les critiques des derniers albums, et, enfin, les comptes-rendus des concerts à Clermont-Ferrand pour Koloko 2005, à Issoire en avril 2005, au Café de la Danse à Paris, à Aurillac, pour Koloko à Clermont-Fd en 2004, à la Coopé en novembre 2003 et au festival Les Efferv’Essonne en 2003…
Sites Internet : www.sedieres.fr, www.jlmurat.com, www.elysianmusic.com, www.karinclercq.com, www.polar-music.com. Réagir à cette critique |
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