Artiste :
The Brian Jonestown Massacre Titre :
My Bloody Underground
Style :
Pop - Rock Attention mesdames et messieurs, le très attendu retour discographique d'Anton Newcombe avec son projet The Brian Jonestown Massacre se profile à l'horizon, et son écoute ne va pas être de tout repos ! Son cataclysmique (certains parleront d'un océan de bruit, d'autres diront que ça sature à mort), inspiration pysché/shoegazers très marquée (l'album est une ode déjantée à My Bloody Valentine), 13 morceaux sans concession aucune pour un total de 78 minutes, My Bloody Underground n'est pas un disque facile pour séduire les radios et les maisons de disques, c'est un disque 100% indépendant où le cerveau malade de Mr Newcombe laisse libre court à son infernal penchant pour l'expérimentation sonique la plus extrémiste... Les passages radios, le succès commercial, la haute fidélité, la reproduction de formules destinées à plaire aux fans, c'est pour les autres ! The Brian Jonestown Massacre vient de faire paraître un album difficile d'accès, qui révélera son côté irrémédiablement envoutant à ceux qui se donneront la peine de l'écouter de nombreuses fois, et à fort volume... Les sessions effectuées en août 2007 entre Reykjavik et Liverpool avec Mark Gardener (l'ex chanteur/guitariste de Ride, qui cosigne un bon titre, l'explosé Monkey Power) ont abouti à la création d'un opus drogué refermant des trésors cachés (Bring me the head of Paul McCartney... , Who cares why, Golden – Frost, Just like kicking Jesus, Darkwave Driver / Big Drill Car... ) entre titres dispensables (We are the niggers of the World) et odes au bruit destinées à pousser les systèmes de son dans leurs derniers retranchements (Black Hole Symphony). Sur de nombreux titres, la voix d'Anton Newcombe arrive à peine à émerger des guitares enchevêtrées, comme prise au piège dans un maelström sonore appelé de ses vœux par un groupe aux frontières du mur du son. My Bloody Underground produit des effets puissamment lysergiques sur disque, son interprétation habitée sur scène devrait donner lieu à des séances de transes collectives. Avis aux amateurs...
31 mars 2008 (A Records - Differ-ant) Signature :Pierre Andrieu
Artiste :
The Brian Jonestown Massacre Titre :
Give It Back !
Style :
Pop - Rock Que celui-ci le veuille ou non, le groupe du très parano Anton Newcombe a été révélé au monde en 2005 par le formidable rockumentaire Dig! d'Ondi Timoner. Celui-ci suivait l'ascension des Dandy Warhols (jeu de mot naze pour un groupe de rock indé américain sans génie, mais sans prétention) face au suicide médiatico-commercial continu de The Brian Jonestown Massacre (jeu de mots encore plus naze, compression du nom de l'ex-Rolling Stone décédé dans les 60's et d'un fait divers), et de son leader, auto-proclamé génial et incompris.
Car si l'on trouve des disque des DW partout, la distribution de ceux de TBJM doit une fière chandelle au film, quand bien même celui-ci ne le montrerait, objectivement, que comme un crétin violent et junkie, un des pires beautiful losers qui parsèment l'histoire du rock. Bref ce disque, dernier né d'une discographie aussi pléthorique que confidentielle, est sorti en 2006. Un emprunt en bibliothèque donne donc l'occase de vérifier sur pièce qu'on est bien en présence d'un type de la dimension de Syd Barrett, George Harrison ou David Bowie...
Immédiatement on se rend compte que cette musique est irrémédiablement bloquée dans la période psychédélique du Summer of Love (1967), date à laquelle Anton, né quinze ans trop tard, devait pourtant encore faire dans ses couches. Car la première chanson n'a de Super-sonic que le nom : de longues plages introspectives d'un riff lent au bottleneck, répété à l'envi, comme sur pas mal de chansons (Salaam, Sue, #1 Hit Jam...). On peut certes imaginer qu'une telle musique puisse avoir un effet psychotrope, quand elle est jouée par un type qui se croit génial, ou écoutée sous l'emprise d'une drogue forte dans le désert... mais à jeun et à la maison, elle laisse songeur.
Le chant, souvent assez approximatif (Malela, Whoever you are), rappelle par son timbre celui de Pete Doherty dans ses bons jours. L'album comporte quelques titres de pop corrects (This is why you love me, Servo ou Before I'm gone, duo avec une voix féminine) qu'aurait parfois pu écrire les DW. La rigolote Not if you were the last Dandy on Earth qu'on voyait Anton enregistrer dans le film, parodie d'ailleurs ostensiblement les Dandy Warhols (refrain débile en 'pa-pa-paaa, ou-ou-ouuh')
Mais le 'génie' s'exprime aussi et surtout dans de longues expériences (censément) hypnotiques comme Sue (8'31) ou Devil May Care (Mom & Dad don't) qui s'écoutent sans déplaisir, mais alors en faisant autre chose en même temps.
L'expérience se finit sur Their satanic majesty second request (encore une référence stonienne) un long trip halluciné et pénible, qui sonne comme l'écoute d'un vinyle des 60's couvert de boue... Alors pour conclure : une démarche artistique intègre et sans compromissions, oui, un revival 60's convaincant, oui si on en ressent le besoin, mais du génie, pffff, faut pas pousser non plus. Pauvre Anton Newcombe, incompris même sur disque... Par contre, à en croire Pierre Andrieu, le trip semble très valable sur scène !
(2006) Signature :Philippe Page Web Conseillée : www.dig.fr