Sur scène, leur swing manouche se révèle surprenant, festif, envoûtant, tant par la virtuosité du duo de guitare énergiquement soutenu par une contrebasse inspirée, que la présence d'un violon qui enflamme le public.
Toko - 21 octobre 2005 - Machine à Coudre - Marseille
Apres une semaine assez éprouvant physiquement (on n'a pas idée de vouloir courir le Marseille Cassis tous les 7 ans) et coté boulot, j'ai revu mes ambitions a la baisse et après avoir même penser rentrer me coucher direct je suis tout de même aller faire un tour a la Machine a Coudre ...
Il faut dire ce soir il y avait sur le papier .../...
Apres une semaine assez éprouvant physiquement (on n’a pas idée de vouloir courir le Marseille Cassis tous les 7 ans) et coté boulot, j’ai revu mes ambitions a la baisse et après avoir même penser rentrer me coucher direct je suis tout de même aller faire un tour a la Machine a Coudre …
Il faut dire ce soir il y avait sur le papier pas mal de trucs entre lesquelles mon cœur balançait … il y avait Toko que j’avais déjà vu a 2 reprises (au Réveil et au Balthazar), il y avait Alvin Lee pour la deuxième soirée de la Fiesta des Suds (la soirée d’ouverture la veille m’ayant laissé sur les rotules ..), Nosfell et Vibrion a l’Affranchi … mais comme les deux fois ou j’ai vu Nosfell (au Moulin et au Poste a Galène) je ne suis pas rentré dans le délire … alors que j’aime beaucoup le disque, il y avait aussi Piano Magic dont la chronique du disque m’avait bien donné envie d’aller voir ça sur scène … en plus j’étais invite chez Soazig et Pascal … Finalement étant donné que je n’ai toujours pas fait le contrôle technique de mon AX (pas d’Affranchi) et que je n’avais pas la force d’aller jusqu’au Dock des Suds en vélo, et que je n’ai jamais reussi a joindre l’Espace Julien par telephone (se taper 10 fois pendant les horaires d’ouverture « nous sommes ouvert de 14h a 17h » est assez irritant) mon choix c’est finalement porté sur Toko …
En arrivant la bas (assez en retard) la salle est pleine … pleine de gens assis (je n’avais jamais remarquée qu’il y avait autant de tabourets a la Machine). On en voit bien quelques uns qui trépignent sur leurs sièges mais dans l’ensemble, le public comme 2 de nos 4 virtuoses est assis. Les morceaux s’enchaînent avec adresse et concentration … Lionnel a la guitare joue en tapant du pied et en secouant la tête, Xavier se trémousse pas mal et lorsqu’il s’enflamme il a tendance a se mettre debout, Patricia sur la gauche n’est plus cachée derrière ses partitions dans une robe pittoresque elle jouait toujours aussi bien mais semblait prendre plus de plaisir, quant a Alexandre dressée derrière sa contrebasse, en le regardant on comprenait d’où venait son surnom de Le Boss.
J’ai trouvé ça toujours aussi sympa même si le début m’a paru un poil moins entraînant que les autres fois. La c’était plein de changements de rythmes, de moments ou ça se calme, avec toujours ce mélange swing manouche orientalisé. Et puis un groupe de gens est arrivé (encore plus tard que nous donc) décidé a faire encore plus la fête. Ils se sont donc mis devant les gens assis et ont commencé à danser.
Et la le concert a pris une toute autre tournure, plus interactive. C’est a ce moment que Patricia a commencée a avoir des problèmes la connexion de son violon. Malgré tous les efforts de l’ingénieur son elle a du finir tout le concert en acoustique. Dans les moments bien sympa de ce finalement petit bout de concert auquel j’assisterai je retiendrai le morceau ou Xavier nous a fait un solo d’harmonica du tonnerre. Le passage de Xavier a l’accordéon et Lionnel a la contrebasse fut aussi bien sympathique …
Sinon il faisait ce soir à la Machine a Coudre une chaleur insupportable, un peu moins au bar que devant la scène. Toko nous a montré une nouvelle fois qu’ils étaient un groupe de scène incroyable, qu’ils avaient une identité dans une musique réputée traditionnelle.
Je ne regrette donc pas mon choix de ce soir meme si j'aurais bien aimé voir ce que Alvin Lee valait sur scene ... Je rappelle aux curieux qui n’auraient pas la chance des voir en concert qu’ils ont un très bon album, intitulé Bourlingue disponible sur leur site. J'espere les revoir bien vite sur des plus grosses scenes dans de jolies premieres parties ... par exemple en ouverture de John Butler la semaine derniere ca aurait ete carrement geant !
Toko - 11 novembre 2004 - Balthazar - Marseille
C'est les mains rougies que je commence cette chronique. En effet, j'ai passé presque deux bonnes heures à taper des mains, en rythme (et parfois moins), à taper des pieds et à crier pour encourager mon groupe désormais fétiche alias Toko et son swing manouche envoûtant. Cela fait trois fois que je les vois se produire (et se défoncer) sur .../...
C’est les mains rougies que je commence cette chronique. En effet, j’ai passé presque deux bonnes heures à taper des mains, en rythme (et parfois moins), à taper des pieds et à crier pour encourager mon groupe désormais fétiche alias Toko et son swing manouche envoûtant. Cela fait trois fois que je les vois se produire (et se défoncer) sur scène et chacune des ses trois séances a été pour moi un véritable régal, tant pour les yeux que pour les oreilles. Toko ? C’est Ki ? C’est Koi ?
Et bien en regardant le film documentaire projeté en début de soirée au Balthazar (et initialement diffusé sur M6 comme quoi, on peut produire et infecter les ondes avec des programmes de merde tout au long de la journée et de l’année, pour, de temps en temps, programmer un documentaire intéressant), on pouvait se rendre compte que Toko fait partie d’un phénomène non pas de mode et donc transitoire, mais d’un processus constant, permanent, qui veut que les fans de Django Reinhardt du monde entier, lui rendent hommage à travers leur musique depuis plus de cinquante ans.
Le groupe est formé de quatre musiciens exceptionnels, qui ont le don (je le répète à chaque chronique que je fais à leur propos) de vous remettre à votre place. Ce sont quatre véritables virtuoses et il n’y en a vraiment pas un pour rattraper l’autre. Je veux dire, dans un groupe, il y a presque toujours un maillon faible, quelqu’un qu’on peut regarder pour se rassurer en ce disant « même en n’étant pas parfait techniquement, on peut faire des concerts sympas et se mettre le feu ». Mais là, c’est pas le cas du tout. Car que ce soit Patricia au violon, Alexandre à la contrebasse (et accordéon) ou Xavier et Lionnel aux guitares, le niveau est absolument ahurissant.
Alors eux, vous diront qu’ils ont fait plein de « pins » et autres « canards », qu’ils se sont un peu louper sur tel ou tel morceau, mais vous vous aurez pris une telle claque en les regardant jouer que vous n’aurez absolument pas fait attention aux rares imperfections. Le Balthazar était bien rempli hier, pour un concert en pleine semaine et ça fait plaisir car ça veut dire que le bouche à oreille marche fort autour de ce groupe. Ce qui est important surtout, c’est que les gens avaient l’air de kiffer presqu’autant que moi, à crier, claquer, taper, danser… Il faut dire, qu’en plus d’être techniquement d’un autre monde, leur musique est terriblement entraînante et stimulante. On se laisse porter et emporter très facilement par les sonorités manouches et orientales, et on voudrait que ça ne s’arrête jamais de monter, d’accélérer.
En plus, ils ont vraiment un rendement de composition hors du commun, puisqu’il y a quelques mois encore leur set était composé à 50% de reprises du maître Django. Or aujourd’hui, il n’y a plus que trois petites reprises (notamment l’excellent Minor Swing) qui se courent après au milieu d’un set totalement original. Mes compos préférées sont toujours là : Canicule, La valche folle, La bourlingue, Le déménagement, Les poumons qui saignent, Les yeux rouges et l’inévitable morceau éponyme Toko, qui est et restera (sans doute toujours) mon préféré.
Mais à ces anciennes compos (au moins vieille d’un an facile… ouahh…) ce sont ajoutés des petites nouvelles plutôt croustillantes. Tout d’abord, il y a eu Pavie, du nom d’un petit village du Gers, plutôt paumé, où ils sont allés jouer cet été ; morceau annoncé, non sans fondement, comme « Arabo-gitano-oriento-tsigano-catalan » ou un truc dans le genre, et qui à mon goût sort du lot par son originalité, ses nombreuses phases variées (y’a tellement de phases qu’à la fin on ne sait plus ce qui est un pont, une variante ou ce qui fait partie du thème principale) et par sa construction tout en changements de rythme et en accélérations.
Au milieu du set, on a eu le droit à un petit interlude « accordéon-voix » des plus sympathiques entre Alex et Lionnel, intitulé à juste titre La complainte de la roumaine dépressive. Ensuite, juste après le morceau Toko, il y a eu Le chien qui rit. Et ce qui est fort, c’est qu’elle m’a beaucoup plu et marqué alors que c’était juste après LE morceau que je kiffe par-dessus tout. Enfin, ils ont terminés leur prestation par La guinguette, un morceau composé du côté de Montmartre, lors de leur « mini »-tournée à Paris, et qui rappelle tout naturellement les compositions de Yann Tiersen, utilisées pour Amélie Poulain.
Le public était bien chaud (même parfois un petit peu trop, on est passé pas loin du broyage de retours, ensevelis sous le poids de mecs à moitié bourrators qui pogotaient sur du jazz-manouche…) et grâce à ça on a eu le droit à 4 ou 5 bis, qui nous ont permis de savourer encore un peu ce concert, une fois encore bouleversant. J’ai pris mon pied comme une centaine de personnes hier soir, et nous serons encore plus nombreux la prochaine fois je pense, et la fois d’après encore, et la fois d’encore après aussi…
Tous les goûts sont dans la nature et je m’efforce de ne jamais juger les goûts des autres, mais parfois mes chroniques sont mal perçues par certains artistes dont je n’ai pas réussi à apprécier la musique ou la prestation. Ces gens sont parfois blessés par mes propos et je m’en excuse. D’autre fois, ils m’insultent par mail ou sur scène plus simplement. Mais j’aurais tout de même voulu que ces artistes soient là hier soir et qu’ils voient la prestation de Toko, en se disant « si ça, c’est sa référence en matière de concert, je comprend que ce trou du cul de Dazuntski nous aient trouvés bidon… ». Car très rares sont les gens (et moi le premier) qui auront la chance, même à force de travail, de passion et de persévérance, d’atteindre un jour le niveau exceptionnel de ces quatres musiciens « extra »-ordinaires. D’autant plus que leurs concerts sont très loin d’être un étalage technique et froid de tout ce qu’ils savent faire. Au contraire, ils en gardent beaucoup sous le coude et leur supériorité s’impose par elle-même.
Bref, merci à Toko de m’en avoir encore mis plein les yeux et surtout plein les oreilles, et vivement la prochaine date sur Marseille.
Toko - 08 mai 2004 - Machine à Coudre, Marseille Comment ça ? ... Ce soir, Toko investit la Machine à Coudre ?!?
OK...
Je vais encore me faire mal au cœur, je vais en prendre plein la tête, plein les oreilles, plein les yeux. Je vais applaudir, taper du pied, crier, faire des "Yiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaah" et autres "Yiba, Yiba". En fait, je vais triper mais quand je dis que je vais me .../...
Comment ça ? … Ce soir, Toko investit la Machine à Coudre ?!?
OK…
Je vais encore me faire mal au cœur, je vais en prendre plein la tête, plein les oreilles, plein les yeux. Je vais applaudir, taper du pied, crier, faire des « Yiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaah » et autres « Yiba, Yiba ». En fait, je vais triper mais quand je dis que je vais me faire mal au cœur, c’est que je connais le talent des musiciens qui ferait pâlir n’importe quel zicos amateur comme moi. Du coup ce sera bon, très bon même… mais un peu frustrant également.
Allez, en route, direction Marseille, on refait à l’envers le chemin qu’on a parcouru le matin même (le chemin qu’on a parcouru… dédicace à Lionnel…)… silence sur les 45 minutes passées à chercher une place pour se garer (et ouais, le 8 mai c’est férié et qui dit férié dit parking souterrain fermé) (cf plus bas).
Bref, on arrive à la Machine tant bien que mal à 22h passé et le concert n’a pas encore commencé (une bonne heure de retard comme d’hab). On patiente, on picole, on rigole et les musiciens se décident enfin. Toutes les places assises sont remplies et tout le monde attend de voir ce que ça va donner. Untel a entendu parler de Toko par un pote qui disait que s’était vachement bien, unetelle a vu l’info dans la mailing list de LiveinMarseille (Yes Hi, represent !), un autre a lu ma chronique du dernier concert au Réveil (non, là j’m’enflamme).
Donc, Alexandre (contre basse) arrive le premier sur scène, suivi de Patricia (violon), Lionnel et Xavier (guitares) et c’est parti pour Canicule. Et là, cash, on sent la différence avec la prestation du mois dernier. Non pas que cette dernière était moins bonne, seulement, cette fois la formation semble plus préparée (malgré le petit nombre de répèt’), plus carrée… En symbiose presque.
Les compos et les reprises du grand Django s’enchaînent mais cette fois l’ambiance est tout de suite au taqué. L’audience est d’emblée conquise, emportée par le rythme effréné des morceaux. Bon bien entendu je parle pour moi là, mais en regardant autour de moi pendant le concert, j’avais l’impression que mon sentiment était partagé par le plus grand nombre. Patricia nous rend fou ! Sous son apparence timide voire renfermée se cache une virtuose, un monstre de technique, de doigté et de feeling. Elle s’intègre encore mieux à la formation, restant silencieuse de moins en moins souvent. Sur La Bourlingue (une de mes préférés du moment), elle double la mélodie jouée par Xavier et c’est carrément magique. Ses doigts filent à une telle vitesse sur son manche et avec une telle facilité qu’on dirait un bon vieux play-back des familles comme on peut en voir dans toutes les émissions de télé. Peut-être parce que le but ultime du play-back, à part prendre les gens pour des cons, c’est de faire comme ci on jouait aussi bien que Patricia Chaylade… Lionnel n’est pas en reste pour autant. Non seulement il a les doigts en folie, tout comme son comparse Xavier le magicien (le coup de la fameuse quintuple croche…), mais en plus il a bouffé un régime entier de clowns avant de monter sur scène. Il enchaîne les blagues du style « Le prochain morceau s’appelle Canicule… On l’a composé l’été dernier… Spéciale dédicace à vos grand mères !?! ». Moi personnellement, ça m’a fait bien marré, j’ai trouvé ça fort. Surtout que ça va bien avec l’ambiance des morceaux. Non pas que les mélodies soient glauques, au contraire, non juste les titres (Les yeux rouges, Les poumons qui saignent, Canicule...).
Comme la dernière fois, Xavier troque ponctuellement sa guitare contre une derbuka, histoire de donner encore plus de rythme à tout ça. Et je réitère mon commentaire de la dernière fois, vraiment une petite percu sur chaque morceau ou presque ne serait pas mal du tout je pense. Que dire de ce Xavier si ce n’est qu’il est au moins aussi bon que son compère Lionnel, à savoir beaucoup plus que la moyenne des guitaristes, et qu’il est un peu plus sobre dans sa façon de jouer que ce dernier. Très peu de grimaces, tout est dans l’efficacité et le défonçage de cordes, et oui, il faut le dire.
Je termine ma chronique (que personne n’aura le courage de lire jusqu’au bout) par l’instrument par excellence : la contre-basse. Question sobriété, Alexandre est au sommet de son art. Il est fidèle à lui-même, le regard fixe, concentré. En le regardant s’exprimer sur scène (ou ne pas avoir d'expression, plutôt), on a du mal à croire qu’il soit capable de déconner, de faire des blagues… tout ça. Mais en fait si. Les fans d’impro ont certainement du le voir sur scène au Bashiboozouk (désolé pour l’orthographe) en compagnie du maître saxophoniste Akosh. En tout cas ce soir, il fait pleinement démonstration de l’étendu de ses dons et ce n’est pas sans me plaire. Il rend hommage, tout en finesse, au plus bel instrument qui soit.
Au bilan, un concert exceptionnel, à voir encore et encore. Vivement qu’ils reviennent.
Bon aller un petit bémol quand même, je dirais que je n’aime pas trop la petit valse. Je la trouve en dessous du reste. Par contre je kiffe toujours autant les compos comme Toko, La Bourlingue, Canicule et les poumons qui saignent, ainsi que les différentes reprises de Django Reinhardt, notamment une nouvelle : More, rebaptisée pour l’occasion Mort de rire.
Merci à Toko et à la Machine à coudre, pour cette soirée inoubliable.
D’autant inoubliable que la voiture qui était si difficile à garer en début de soirée, a été encore plus difficile à retrouver en fin de soirée pour cause d’enlèvement par la fourrière (PAF : 136 euros)…merci pour eux. Réagir à cette critique
Toko - 13 fevrier 2004 - Le Reveil - Marseille Le Réveil, c'est quelques grammes de finesse implantés au milieu d'un monde de brutes. Car il est vrai que lorsqu'on se ballade rue d'Aubagne, en épiant tel un paranoïaque le moindre mouvement des passants, on a du mal à s'imaginer qu'au milieu de ce quartier plutôt "Hardcore" voire glauque, on peut trouver des salles de concerts aussi sympathiques .../...
Le Réveil, c’est quelques grammes de finesse implantés au milieu d’un monde de brutes. Car il est vrai que lorsqu’on se ballade rue d’Aubagne, en épiant tel un paranoïaque le moindre mouvement des passants, on a du mal à s’imaginer qu’au milieu de ce quartier plutôt « Hardcore » voire glauque, on peut trouver des salles de concerts aussi sympathiques qu’intimistes.
Ce soir, le Réveil accueillait le groupe Toko, une formation de jazz-manouche très inspirée Django Reinhardt et composée de quatre musicos plutôt balèzes, à savoir : aux guitares Lionnel Buzac (également, guitariste-chanteur-compositeur au sein du groupe Soma, chroniques de disque ici et de concert là) et Xavier Fernandès, Alexandre Taveau à la contre-basse et Patricia Chaylade au violon.
Le concert débute presque à l’heure dans une salle au tiers vide et dans une ambiance plutôt feutrée avec un petit medley de standards interprété par les deux guitaristes. Cette intro ne suffit pas à faire monter la pression et il faudra attendre les 3-4èmes morceaux pour que l’ambiance se réchauffe réellement. En fait, à mesure que les musiciens faisaient la démonstration de leur grande maîtrise technique, les spectateurs se mettaient à l’aise et commençaient à pousser des petits (et des gros) « Yes, Hi!!! », « Yeeeeaaaaahhhhhhh !!!! » et autres « Youhou » et « Yi-ha ! ».
Les musiciens enchaînent les morceaux techniques, alternant les reprises du maître Django et les compositions originiales. Ainsi se succèdent les classiques comme Douce Ambiance ou bien Stomping at Decca avec les créations aux titres souvent absurdes et grinçants à savoir Canicule (écrite l’été dernier…), Le déménagement (écrite lors du déménagement forcé d’Alexandre pour Paris : « Ohhhh !!!! »), La valche folle (et il n’y a pas de faute de frappe), La bourlingue, Les yeux rouges et les poumons qui saignent. Sur deux de ces compos, Xavier troque sa guitare pendant un temps contre une derbuka et les sonorités se font tout de suite plus arabisantes, les rythmes plus entraînants et plus marqués (en même temps, c’est logique, vu que le reste du temps, il n’y a pas de percu…). C’est à se demander si la formation ne devrait recruter un percussionniste pour donner encore plus d’ampleur à sa musique déjà totalement enivrante.
Mais le morceau certainement le plus ambitieux, le plus aboutit, le plus inspiré et le plus « tousketuveu » (mon préféré en gros) est celui qui porte leur nom : Toko. Ce morceau est à la fois très original et en même temps dans la lignée de la musique tsigane, un peu bolchévisante, avec une boucle entraînante qui revient encore et encore à un tempo de plus en plus démoniaque. Ca fait un peu penser à du kazatchok, mais en moins kitsch. Lors de la première exécution de ce morceau, le public, de plus en plus nombreux, est définitivement conquis et lors de la seconde (à la toute fin du second set),c’est carrément de la pure folie.
En tout, Toko réalise un premier set d’une petite heure, s’accorde une petite pause pour souffler un peu et surtout pour « re-régler les cagettes qui leur servent de guitare » (dixit Lionnel) et ils reviennent pour un second set d’une heure, plus chaud, plus speed, avec un public plus en jambe. Bref, le concert se termine dans une folie ambiante absolument géniale, le groupe rejoue des morceaux joués un peu plus tôt car les musiciens ont fait le tour de leur répertoire commun. Mais les gens en demandent toujours plus alors les musiciens s’exécutent, Xavier finira même le concert avec cinq cordes et ce, sur deux ou trois morceaux. Quand les musiciens quittent la scène, le public râle un petit moment car on aurait bien repris encore un petit coup de Toko, mais on sent les musiciens ravis de ménager un peu leurs doigts qui sont à se moment précis littéralement en feu.
Il ne serait pas très sympa de finir cette chronique sans parler de Patricia Chaylade la violoniste qui en jouant pratiquement tous les morceaux en improvisation, parvient à donner une ampleur exceptionnelle à cette formation. Son touché et son feeling font d’elle une musicienne hors pair, d’autant plus touchante qu’elle semble d’une grande timidité. Pas étonnant que Miossec ait fait appel à elle pour l’accompagner.
En conclusion, le Réveil, une salle à découvrir, très chaleureuse (avec des cahouètes gratos !!!), et Toko, un groupe à découvrir et redécouvrir encore et encore.