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Usthiax

Théâtre de Lenche Marseille   28 mars 2007

Concert à ne pas manquer

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    Attention, mesdames et messieurs, retenez bien ce nom aux sonorités mystérieuses. Usthiax, Usthiax, Usthiax...

    Le festival Marseillais "Avec le temps" a eu l'heureuse idée de programmer, à côté des pointures Higelin, Miossec et autre Mademoiselle K, une bonne brouette d'auteurs Marseillais : Anis, Nationale 7, Fatch d'eux et donc Usthiax.

    le Théâtre de Lenche affiche complet ce soir. Grosses chaussettes, mitaines aux main, petite table avec livre, disques, enregistreur, plante verte et pains au chocolat. Usthiax fait comme si nous n'étions pas là, comme s'il était chez lui, en train de gratouiller sa guitare en plein après midi... ça tombe bien, dans le public, la plupart des gens ont l'air de se connaître, ou en tout cas de connaître le bonhomme qui est assis sur scène.

    La lumière tombe, il se lève, on entend une sonnerie de tél, il répond, propose à deux potes de venir le rejoindre chez lui pour taper le boeuf.

    Il reprend sa gratte et se met à chanter « les vers » qui immédiatement nous prend à la gorge. D'abord, son jeu de guitare, extrêmement virtuose et sensuel. J'ai rarement entendu quelqu'un jouer ainsi et je comprends mieux pourquoi Télérama parlait d'un Nick Drake à La française... Et puis cette voix, grave, profonde et si mélancolique qu’elle vous file le frisson.

    Enfin, ce qui pourrait vraiment constitué son talon d’Achille (pour moi), ce sont évidemment ses paroles en français. je n'ai pas pris de note, je ne pourrais vous donner d'exemples précis sur ses mots, sur la tournure de ces phrases, sur la poésie qui se dégage des enceintes, mais je ressens encore le choc de l’émotion, ce truc qui vous prend au ventre et qui vous coupe le souffle. Je suis scotché à mon siège et je pense au slam… -)

    Le public applaudit comme un orage qui éclate comme une délivrance. La tension redescend, ses deux potes arrivent à l’heure, le pack à la main. Les trois compères font toujours comme si nous n’étions pas là, ça déconne gentiment… « ça sent le printemps, hein, les gars… ouais… c’est… c’est moins chargé en linge dans les rues »…

    Un petit croissant, une petite bibine et hop, Usthiax fait réécouter la bande de la chanson qu’il vient de chanter pour propose à ses amis de travailler dessus… Ben quoi, ouais, ça se passe vraiment comme ça quand on joue dans un groupe…

    On découvre la batterie, Mick (sorte de Simon Gallup) sort sa basse, Usthiax s’installe sur son tabouret, ses deux folk à porter de main et ses putters aux pieds. Il a remis ses chaussures et nous voilà parti en voyage. Là, il ne fait plus semblant, il nous parle, on est vraiment entré dans son concert.

    J’ai pas le tracklisting sous la main, mais dès le second morceau, je sais que je suis chez moi, qu’il y a bien les fantômes du folk qui se pressent autour de nous (Tim Buckley, Nick Drake, Young) qu’il y a aussi Manset, Annegarn, Bashung, Gainsbourg et les tout débuts de Dominique A. Ouais, c’est vrai, la voix peut aussi dès fois faire penser à Cabrel, mais je ne préfère pas trop m’y attarder. Bon, le décorum pourrait paraître lourd à porter, mais la formule à trois de ce soir (il se produit également seul) a le mérite d’apporter de l’énergie et des sonorités plus pop. Du coup, je pense aussi à Turin Brakes ou à Gravenhurst pour les envolées lyriques. Elles sont d’ailleurs superbement servis le batteur, qui a la grâce de savoir être subtil dans jeu et le bassiste, juste en appui discret et si précieux.

    Voilà, forcément il y a eu des haut et des bas, des chabadaba à la Charlélie Couture un peu indigeste pour moi, il y a eu aussi ce besoin de s’adresser entre chaque morceau au public pour lui expliquer le morceau d’après (une maladie française, semble-t-il).

    Mais tout cela n’est rien, quand on a eu la chance d’écouter « Paris » et surtout « Sénégal ». Voilà, je fais parti des chanceux qui l’auront entendu… Oui, oui, j’en suis là… et je ne vous parle pas de la dernière chanson jouer seul, après que "les potes" soient soit disant partis.
    Celle-là, elle m’a fait tellement de l’effet que j’ai failli me barrer. C’était presqu’insoutenable cette beauté douloureuse qui sortait de ce jeune homme et de sa guitare…

    Ne le loupait pas au Balthazar le 14 avril et encore le 25 mai au théâtre des Argonautes. Peut-être que quelqu’un pourra se sortir de la nasse d’émotions dans la quelle je me suis laissé happer et qu’il pourra vous en dire plus sur lui…

    Vignette stephane sarpaux
    Signature : stephane sarpaux
    le 29/03/2007
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