Accueil Chronique album : Charlotte Gainsbourg / Air - 5'55, par Philippe
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Critique d'album

Charlotte Gainsbourg / Air : "5'55"

Charlotte Gainsbourg / Air :

Pop - Rock

Critique écrite le 09 septembre 2006 par Philippe

20 ans après avoir minaudé avec son illustre papa sur Lemon Incest, Charlotte Gainsbourg, devenue entre temps une actrice accomplie et une jolie maman, a donc souhaité revenir à la chanson. Les journalistes ont cru bon de préciser que c'était en compagnie du duo Air... C'est peu de dire que cela se remarque ! A la première écoute, on se dit même que c'est plutôt un album de Air featuring Charlotte. Quand bien même, ce ne serait pas déshonorant, quand on connaît la délicatesse et la classe folle de leurs mélodies vaporeuses, retrouvées dès 5'55, plus encore au décollage du vol AF60715 ou plus loin sur Little Monsters. Nous dirons donc que c'est aussi un nouvel album de Air (et tant mieux, le temps se faisait long depuis Talkie Walkie !).
Charlotte y chante avec un accent inverse de celui de sa mère (donc en anglais, avec un accent français prononcé), et il apparaît parfois une parenté vocale évidente (troublante sur certains passages de Jamais). L'avantage de cet accent est qu'on comprend d'autant mieux les textes co-écrits avec Jarvis Cocker. La voix un peu fluette, chuchotante, vient se poser sur des nappes voluptueuses de piano, de batteries brossées ou de discrets beat électroniques comme sur The Operation, qui fait penser à Emilie Simon. Puis sa voix s'affirme davantage, sur la très belle Tel que tu es avec un phrasé qui rappelle celui du grand Serge, et même la mélodie se fait clairement gainsbourgienne sur The Song that we Sing ou Night-Time Intermission... L'immense et gentil fantôme visite donc avec bienveillance l'album à plusieurs reprises, sans doute aussi parce que le duo d'Air n'a jamais caché sa vénération de l'homme à la tête de chou. Mais là-encore, qui s'en plaindra ?
A signaler aussi, une chanson littéralement anesthésiante (aucune forme de stress ne pourrait survivre à une écoute de Beauty Mark), une fougueuse déclaration d'amour que chacun peut rêver pour lui (la superbe Everything I cannot See), et évidemment un air délicat pour conclure (Morning Song). La preuve est donc faite qu'en mixant dans un bol de la Charlotte, une pincée de Jarvis, un soupçon de Jane, une grosse cuillerée de Serge et une énorme bouffée d'Air, on obtient au final un bel album, d'une élégance et d'une sobriété rare, qui incite à la rêverie et au flânage horizontal.
(2006)
Vignette Philippe

 Critique écrite le 09 septembre 2006 par Philippe
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