Accueil Chronique de concert Agar Agar + Jazzboy
Dimanche 21 avril 2019 : 9568 concerts, 25453 chroniques de concert, 5249 critiques d'album.

Chronique de Concert

Agar Agar + Jazzboy

Agar Agar + Jazzboy en concert

La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand 31 janvier 2019

Critique écrite le par



Petite Coopé blindée pour le passage d'Agar Agar, nouvelle star de l'électro pop radiophonique à base de synthés vintage et de voix féminine craquante... A peu près 400 personnes dans le Club de la rue Serge Gainsbourg, plutôt jeunes, souvent lookées hipsters, quelques auditeurs d'RTL2 fans de pop FM, pas mal de membres de la gent féminine et de couples établis ou en train de se former. Bref, c'est chaud, la fin de semaine est proche (on est jeudi) et tout le monde a l'air d'humeur badine, voire plus si affinités.


Jazzboy

En ouverture de programme, le dénommé Jazzboy sort le grand jeu : intro grandiloquente avec ange immaculé sur scène, set électro pop joué façon punk à même le sol (il n'y a plus de place sur scène), gesticulations sauvages au milieu du public etc etc. Si on ne comprend pas tout et si on n'aime pas tout, la conviction du mec et son énergie emportent l'adhésion : on ne peut s'empêcher de suivre le show de cet étrange personnage - qui finira sur le bar en hurlant -, tout en prenant en pleine face ses comptines électronico psyché à vocation populaire, certes, mais lardées de stries agressives à la Suicide. Bref, Jazzboy a tout pour cartonner et remplir les salles, un peu comme Agar Agar donc.


Agar Agar

Si a priori on ne fait pas partie des plus grands fans d'électro pop destinée à passer sur des radios grand public, on a été immédiatement séduit par le titre d'Agar Agar nommé "I am that guy", sorte de bande son idéale de la baise entre adultes consentants... Sur ce tube érectile autant que langoureux, la voix racée et grave de Clara Cappagli se situe au-delà du sexy, comme quand elle évolue au sein de son autre groupe, orienté rock garage et malheureusement en pause à durée indéterminée, Cannery Terror.


Donc, on est là au milieu du public à côté d'un couple bien bourré qui a l'air à deux doigts de passer à l'acte, là tout de suite (pour éviter de casser l'ambiance, on ne signalera pas à la demoiselle que son sac à main nous masse les c... à intervalles réguliers) et il faut avouer qu'à part un ou deux titres dispensables (un instrumental assez vide et un titre trop putassier à notre goût) Agar Agar fait clairement son petit effet en direct live. Joué assez rapidement dans le set, "I am that guy" ne déçoit pas le moins du monde en live, bien au contraire, tout comme le plus rythmé et tubesque "Sorry about the carpet", qui commence à faire augmenter la température corporelle de tout le monde. L'ambiance monte, monte, le groupe en profite pour sortir l'artillerie lourde visuelle avec de grandes et intrigantes poupées gonflables sur lesquelles sont projetés des trucs zarbis. Mais ce qu'on remarque surtout, c'est l'incroyable charisme de mademoiselle Cappagli, qui saute aux yeux à chaque seconde passée sur scène : elle chante divinement, improvise avec facilité, reste mystérieuse tout en étant barrée, souriante et d'un contact agréable. Bref, la meuf est une star de classe internationale, prend parfaitement la lumière et monopolise totalement l'attention. Malgré une coupe de cheveux que l'on qualifiera d'extravagante et de discutable (queue de cheval, frange etc), ce qui n'empêchera pas une copine de nous glisser "qu'elle aimerait bien le pécho, à l'occase", son acolyte Armand Bultheel est beaucoup plus discret, voire effacé, derrière ses synthés.



Mais l'essentiel est ailleurs : il envoie du lourd au niveau des sons, à la fois joliment datés et actuels, très souvent percutants et accrocheurs, tout en étant originaux et intelligemment influencés par Daft Punk, Depeche Mode ou Fever Ray. Pour résumer, on dira que ce court concert conclu par un charmant et touchant mini rappel sur "Requiem", était copieusement sexy, idéal pour le rapprochement stratégique des corps en milieu festif et l'échange des fluides. Les deux zozos en feu à côté de nous ne démentiront probablement pas...



Photos : Yann Cabello www.yanncabello.com, www.facebook.com/yann.cabello.7, twitter.com/YannCabello, instagram.com/yanncabello...


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