Accueil Chronique de concert Black Sabbath + Uncle Acid and the Deadbeats
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Chronique de Concert

Black Sabbath + Uncle Acid and the Deadbeats

Black Sabbath + Uncle Acid and the Deadbeats en concert

2 décembre 2013

Critique écrite le par


Face à un constat implacable - même les plus grandes légendes musicales vieillissent et parfois meurent, on a décidé depuis bien longtemps de ne plus laisser passer un rendez-vous avec un groupe-à-voir-avant-qu'il-soit-disparu-pour-de-bon. Autant dire que Black Sabbath correspond pleinement à cette définition ! Mythique inventeur du metal dans la prolifique année 1970 (où il a livré à notre goût ses deux albums les plus essentiels), le groupe a changé et re-changé de chanteur, de style, a disparu et réapparu en 2013 avec un album que personne n'espérait plus.


En plus, son mythique junkie-leader a une santé fragile (il nous a déjà plantés en festival pour cause de laryngite, sic !), et son célèbre guitariste-forgeron a échappé de peu à un vilain cancer l'année passée. Il n'est donc plus temps de trainasser et même si on est pas fanatique du lieu (la faute à un super concert d'AC/DC, mais vu de derrière la scène en 2008), ce sera donc à Paris-Bercy avec des amis venus d'aussi loin que nous, et fin 2013, qu'on espère ajouter un concert mythique à notre liste personnelle. Bien sûr, sans garantie que ces vaillants sexagénaires soient encore capables d'en faire trembler les pentes engazonnées...


Après un long serpentin de queue sylvestre et nocturne autour de l'étrange bâtiment, on arrive dans une salle qui reste très impressionnante pour la première partie, Uncle Acid and the Deadbeats. Première partie qui n'était pas annoncée il y a encore 48 heures et à laquelle on aurait aimé couper ! 3 très chevelus musiciens et un batteur rasé jouent un heavy-rock lent, pour ne pas dire mou, peu inspiré (deux chansons à tout casser sortent un peu du lot - Over and Over Again est écoutable). Une fois qu'on a fini de rire de leur côté "muppet" (les deux chanteurs sous influence Ozzy ne sont décidément que cheveux !), on n'a plus qu'à s'emmerder poliment. Tout est gras dans ce groupe, à commencer par les parties de guitare. Ces 40 minutes de purge où l'on s'est surtout battu contre une envie de bière (bon, à 8,50 euros, ça aide bien à se retenir !), se finissent par un titre lent particulièrement abominable. Caca, beurk.



20 minutes d'entracte plus tard, on a enfin rendez-vous avec Black Sabbath : trois légendes vivantes, qui arrivent dans une clameur légitime, à commencer par Ozzy Ozbourne, chanteur un peu usé par les ans et divers excès, mais toujours de bonne compagnie et qui ne ménagera pas ses efforts pour mettre de l'ambiance tout au long du show. Puis deux monuments aussi statiques que des statues : Geezer Butler, bassiste co-responsable du son unique du groupe, et Tony Iommi, le guitariste aux doigts raccourcis, que vénèrent avec raison des générations de guitaristes et dont on a craint l'absence jusqu'au dernier moment.


Et pour compléter le fumant trio, un jeune batteur ultra-affuté, au physique de Christ bodybuildé et tatoué. Son solo hallucinant de précision, ne sera pas le moment chiant du concert comme d'habitude, bien au contraire : c'est un vrai tueur qui semble parfois, d'un seul coup, frapper 3 éléments de sa batterie à la suite, plongé dans une transe où il semble comme habité par l'âme de John Bonham... wouaouh. Comme il convient pour célébrer une telle messe metal, le son est directement énorme, dantesque et précis, assez fort pour honorer la Gibson la plus mythique du heavy metal, sans jamais assourdir, ni qu'un musicien couvre les autres. Les lumières sont super, variées et travaillées au cordeau et le triple écran géant tordu, de très belle facture.


Placés en plein milieu de la fosse, on profitera pleinement d'une ambiance assez impressionnante, surtout pendant les morceaux les plus mythiques. Mais aussi, à force d'être esquichés et chauffés à blanc, de nombreuses odeurs corporelles, en particulier aux nombreux moments où le metalleux fait le signe du diable, bras tendu(s) et donc, aisselles au vent. Que du bonheur, donc ! Le genre de communion que seul le metal peut offrir et que 99,3 % des gens ne pourront jamais comprendre. Pour citer le très pédagogue Ed Fury et sa vidéo à hurler de rire : "Not everyone likes metal... FFFFFUCK THEM !!!"


La set-list de Black Sabbath, qui n'a pas varié depuis le début de la tournée, est certes sans surprises aucune, mais aussi avec peu de temps morts. Tout au plus un ou deux morceaux dispensables... Snowblind ou Dirty Women par exemple, qui donnent toutefois lieu à des amusantes projections respectivement, de nombreux nez poudrés dont celui de Tony Montana, et d'un défilé de poitrines féminines de toutes les dimensions répertoriées dans le cosmos, depuis la gracieuse Betty Page jusqu'aux monstrueuses mammelles siglées Russ Meyer. Dans le rayon cinéma, d'amusantes projections aussi sur Under The Sun, qui démolissent copieusement les transes religieuses et se foutent joyeusement et cruellement des papistes. C'est bien le moins pour un groupe qu'on a longtemps assimilé à une bande de satanistes, dont ils ne reprenaient pourtant que l'esthétique...


Bien sûr, il faut aussi célébrer le dernier album paru, 13, et vendre les t-shirts à son effigie : trois ou quatre chansons en seront donc jouées au fil du concert. S'il ne nous ont pas tous fait sauter au plafond sur disque, il faut avouer que les riffs ultra-vintage (qui paraissent avoir été composés en 1972) de Age of Reason, End of the Beginning (un peu longue) ou de God is Dead, fonctionnent fort bien en live et s'intègrent sans problème entre les tubes monumentaux revisités par ailleurs.


Pour le reste, Ozzy est souvent un peu à la rue au niveau rythme ou justesse (mais ça n'est pas nouveau !) et il a bien l'âge de ses artères : il semble désormais courir avec des pantoufles aux pieds, s'aide d'un prompteur, chante un ou deux tons plus bas qu'à l'origine, semble avoir les bras lourds et la main un peu tremblante. Mais pour le reste, quand il est bien dedans, c'est toujours lui, son mythique regard noir et ses cheveux tombants, sa voix nasale reconnaissable entre mille et son charisme de paratonnerre. Merde alors : Ozzy Osbourne et son Sabbat Noir, à vingt mètres de soi, ça fait quand même quelque chose !


Et puis une fois cités tous ces prestigieux intermèdes (chansons dispensables, solo de batterie, nouveaux titres), il y a tout le reste : une bonne moitié de set-list qui est conforme aux rêves les plus humides des metalleux de 30 ou 40 ans de moyenne qui peuplent Bercy ce soir !... Impossible de départager les titres les plus jouissifs entre l'ouverture attendue mais phénoménale sur War Pigs, les riffs plombés d'Into The Void, le quasi-décollage de la fosse sur la cultissimégajouissive Black Sabbath (Ozzy s'est vidé un seau d'eau sur la tête et en a balancé un dans la foule avant, pour nous mettre dans l'ambiance)... Le démarrage de la deuxième partie du morceau, soit le tout premier riff de l'histoire du metal, ravage le public d'une chair de poule qui vaut à elle seule les 73 euros qu'il a fallu débourser ce soir..


Impossible également de résister au groove effarant du duo de cordes de N.I.B. (un des pics du concert !), tout comme à celui de Fairies wear Boots (accompagnée de splendides créatures en cuir et masque à gaz). Et quiconque a déjà entendu (et non pas vu) Ironman, peut sans peine imaginer ce qu'elle peut donner en milieu de concert, devant une foule cannibale et qui hurle la mélodie à l'unisson. Autre moment proprement tuant, le riff martial de Children of the Grave, jouée juste avant le rappel histoire de nous scotcher au plafond, qui est pourtant fort haut ici. Pour un fan de metal, ou même juste un amateur comme le chroniqueur, voir Ozzy miauler, entouré de ses deux mythiques musiciens Tony & Geezer, c'est un peu comme voir le Père Noël, Batman et le Yéti en même temps. Un moment un peu surréaliste, où le temps s'arrête...


Le groupe fait semblant de sortir après un concert déjà très copieux et jouissif, pour revenir presque aussitôt jouer le dernier morceau sans lequel le bonheur n'aurait pas été complet : Paranoid, au riff de tronçonneuse ponctué de "hey" par un public en transe intégrale, voire en orgasme collectif, qui bondit dans tous les sens. Le groupe salue longuement à l'américaine et sort en clopinant : puisque tout le monde connait la set-list, inutile de continuer à s'égosiller. De toutes façons il n'a pratiquement rien manqué dans la liste des chansons jouées ce soir, pendant presque deux heures. Sabbath Bloody Sabbath, mille milliards de Céline Dion éviscérées, Bercy était bien the place to be, ce 2 décembre 2013, pour voir (ou revoir) enfin ce groupe de grands-pères indignes, et qui n'est vraiment, mais alors vraiment pas encore à l'article de la mort !!!

Pour celles et ceux qui n'ont pas pu y être, il n'y a plus qu'a espérer que le Black Sabbath pourra se produire dans d'aussi bonnes conditions de forme au Hellfest 2014, où il vient d'être annoncé.


Setlist :
War Pigs
Into the Void
Under the Sun
Snowblind
Age of Reason
Black Sabbath
Behind the Wall of Sleep
N.I.B.
End of the Beginning
Fairies Wear Boots
Rat Salad
Iron Man
God Is Dead ?
Dirty Women
Children of the Grave

Encore:
Paranoid
(Zeitgeist)

Photos - hélas seulement les miennes... 2 petites vidéos par ici !

> Réponse le 04 décembre 2013, par Paranoid

Concert inratable on s'est gavés ! presque total d'accord avec toi sauf sur morceaux "dispensables", j'aurais été encore plus méchant avec papi Ozzy (quelle vieille sorcière !) et par contre encore plus élogieuxc sur Tony Iommi dont les solos sont toujours des musts !et quel batteur de ouf... putain on les a vus, on peut mourir !  Réagir

> Réponse le 04 décembre 2013, par Linus

en effet, un concert d'anthologie ! Il faut avouer que pour la veille de son 65e anniversaire le sieur Ozzy, malgré quelques signes révélateur de son âge et sa démarche "papy en schloppeu", nous a fait profiter d'un énorme show et a su communiquer son apparente joie d'être là ! Merci aux (grands-)pères du Heavy metal pour ces 2 heures de bonheur !!! Je ne placerais cependant pas Snowblind dans les morceaux dispensables, à l'instar de Dirty Women qui aurait pu être avantageusement remplacée par Symptom Of The Universe ... mais là c'est une question de gout personnel ...   Réagir


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