Critique de concert Bruce Springsteen and the E Street Band

Je n’avais pas eu l’occasion de me rendre à un mega concert depuis plus de 2 ans et celui de Metallica à Lyon. Ah les joies d’un concert à 15 000 ! Les bouchons pour se garer, les mêmes pour repartir (même si on a évité le pire sur ce point), la foule, la loooooongue attente pour se faire servir à boire … Nous ne sommes donc pas là par hasard, mais bien parce que nous voulons absolument voir The Boss en concert au moins une fois dans notre vie. Et puis Montpellier n’est qu’à 2 heures, et tant qu’à faire, achetons des places qui valent 1 bras et demi, quitte à venir, autant être bien placés !

Commençons par l’immense point noir de la soirée, à savoir le son. Il est tout simplement inacceptable de faire payer de tels prix pour donner un son aussi minable. La saturation est quasi-constante, les larsens trop nombreux (une bonne demie douzaine au moins) et la qualité sonore de l’ensemble ne peut que s’en ressentir. Quand les pseudos ingénieurs du son comprendront-ils qu’il vaut mieux tout baisser d’un cran, plutôt que de tout mettre à fond en permanence ?! Résultat : les protections auditives seront les bienvenues, les nuances ne passeront pas et au lieu de ça, on aura parfois droit à une infâme bouillie sonore. Les titres les plus doux seront donc les bienvenus en grande partie pour enfin entendre distinctement les nombreux instruments. Et encore, les gentils organisateurs de la salle ayant décidé de ne pas prévoir de sécurité aux places de 1ère catégorie ; résultat : des petits malins ont compris le truc et passeront leur soirée à hurler et téléphoner à 2 pas de nous, profitant de la vue imprenable sur la scène, un peu moins de la musique pour le coup… Dernière question pour l’organisation : pourquoi allumer l’ensemble de la salle durant la quasi totalité du rappel ?! Était ce pour inviter les artistes à quitter la scène ? Toujours est il qu’ils ne reviendront pas et joueront le minimum syndical pour cette tournée, à savoir 3 heures pleines.
Et il faut être clair, même avec un son indigne de sa stature, Springsteen prouve qu’il est bien LE chef. A près de 63 ans, il nous gratifiera en effet d’un show exceptionnel à la hauteur de sa réputation. Accompagné de 16 ( ?!) musiciens constituant le légendaire E Street Band, il donnera de sa personne, passant et repassant dans le public, se laissant toucher de bon cœur, ravi de communier avec lui. Un concert de Springsteen c’est en effet un peu comme une grand messe du rock n’ roll. Tous les styles sont passés en revue, rock, ballade, twist, soul, irlandaise, country ou rap et on sent toujours la même énergie, le même plaisir partagé. Même s’il est la star incontestée de la soirée, il ne tire jamais la couverture à lui et on se délecte de la complicité ainsi que du respect qui règnent avec ses compagnons de route.
Wrecking ball, le dernier album sera joué allégrement avec pas moins de 7 titres. Même s’il n’est pas son meilleur à ce jour, il est parfaitement taillé pour les grandes salles et les stades. Alors que les paroles sont très dures, centrées sur la crise économique actuelle, les mélodies sont très entraînantes et donnent envie de taper du pied et de secouer la tête. Le public s’en donnera donc à cœur joie et sera debout dès le premier morceau joué. Il le restera la quasi totalité du concert qui passera très vite. Les opus précédents seront également bien représentés, y compris The rising avec le magnifique My city of ruins et le titre éponyme.
Les nombreux standards seront servis et délecteront le public présent, parmi lesquels un Prove it all night des familles, les géniallissimes Badlands et Out in the street et les inévitables Born in the USA et Born to run enchaînés en plus, de même que Dancing in the dark. En plus de satisfaire tout le monde, le boss régale les fans les plus pointus en jouant des titres rares, et pas moins bons, bien au contraire. Ce soir, nous aurons droit aux géniaux Spirit on the night et Growin’ up (première pour cette tournée pour ce titre) tirés du tout 1er album, ainsi qu’à un Fire d’anthologie. Une version aux petits oignons toute en respiration avec un Springsteen qui s’arrête et joue avec son public à plusieurs reprises, sera servie ce soir : un pur régal ! Il s’éclate avec son vieux pote 6 cordistes au bandana noir. L’ émotion sera également présente lors de l’enchaînement Point black et The river. Les reprises enfin sont enfin très loin d’être anecdotiques avec de géniaux Seven night to rock ou The Way you do the things you do, mettant en valeur l’immense groove qui habite la formation.
Il y a donc un vrai travail de renouvellement de répertoire, chaque concert différant sensiblement des autres. C’est assez rare pour être signalé, à l’heure où la plupart des groupes majeurs nous servent le même concert soir après soir… Le partage et le plaisir avec les musiciens est donc bien présent, chacun y allant de son petit solo, les danses à 2 ou 3 se multipliant également. Il est impossible de tous les citer, mais le jeune Jake Clemons remplaçant son oncle au saxophone est tout simplement bluffant, reprenant les soli à la note près, avec un feeling omniprésent. Les compères guitaristes Stevie Von Zandt et surtout Nils Lofgren, déjà présent au côté de Neil Young dans les années 70 sont en grand forme. Les parties solitaires du second sont particulièrement réussies et m’arrachent quelques frissons, notamment sur Jack of all trades. Bruce prendra également l’harmonica et n’oubliera pas de maltraiter sa Telecaster la majorité du concert.
Il impose donc un immense respect de part les kilomètres qu’il parcourt, ses talents de musicien, sa voix plus émouvante que jamais et surtout sa personnalité hors du commun. Suant à grosses gouttes, ses intonations cassées feront merveille tout le concert, il se ménagera des moments pour reprendre son souffle, s’allongeant par terre, s’adossant à son pied de micro (heureusement fixé au sol) sans que le show ne s’arrête une minute. Le show justement est parfaitement huilé, dosage idéal entre spectacle et émotion. Sur l’immense Tenth avenue freeze out, pour rendre hommage à son ami saxophoniste disparu l’an dernier, il se contente de chanter "And the big man joined the band" a cappella, puis de regarder une vidéo présentant Clarence Clemons et enfin de reprendre la chanson comme si de rien n’était. C’est ce qu’on appelle avoir la classe, tout simplement : pas de larmoyant, pas de blabla inutile, juste du spectacle avec ce qu’il faut d’émotion. Quand il fait monter sur scène une petite fille pour chanter avec lui ou une jeune femme pour danser, il le fait naturellement, sourit constamment et les met à l’aise, puis les raccompagne. Il fait par ailleurs l’effort de parler français à plusieurs reprises, expliquant notamment que sa femme (autre guitariste du E-Street Band) est "à la maison avec les enfants".
La sortie de scène sera à l’image du Monsieur : une fois que l’ensemble du groupe a à nouveau salué son public, Springsteen attend chacun de ses musiciens, le félicite et quitte seul la salle en remerciant une nouvelle fois la foule. Nous avons ainsi eu l’occasion d’assister au concert de l’un des derniers géants du rock n’ roll. Ce fut pour nous un immense plaisir et nous espérons que nous aurons l’occasion de revivre des concerts comme celui ci où 3 heures passent à vitesse grand V et où tout le monde ressort épuisé avec des étoiles plein les yeux et le sourire jusqu’aux oreilles.
Setlist :
We Take Care Of Our Own
Wrecking Ball
Badlands
Death to My Hometown
My City of Ruins
Spirit in the Night
Growin' Up
Jack of All Trades
Candy's Room
Prove It All Night
She's the One
Working on the Highway
Shackled and Drawn
Waitin' on a Sunny Day
Apollo Medley (The Way you do the things you do / 634-5789)
Point Blank
The River
The Rising
Out in the Street
Land of Hope and Dreams
Rappel :
Fire
Rocky Ground
Born in the U.S.A.
Born to Run
Bobby Jean
Seven Nights to Rock (reprise de Moon Mullican)
Dancing in the Dark
Tenth Avenue Freeze-Out

Commençons par l’immense point noir de la soirée, à savoir le son. Il est tout simplement inacceptable de faire payer de tels prix pour donner un son aussi minable. La saturation est quasi-constante, les larsens trop nombreux (une bonne demie douzaine au moins) et la qualité sonore de l’ensemble ne peut que s’en ressentir. Quand les pseudos ingénieurs du son comprendront-ils qu’il vaut mieux tout baisser d’un cran, plutôt que de tout mettre à fond en permanence ?! Résultat : les protections auditives seront les bienvenues, les nuances ne passeront pas et au lieu de ça, on aura parfois droit à une infâme bouillie sonore. Les titres les plus doux seront donc les bienvenus en grande partie pour enfin entendre distinctement les nombreux instruments. Et encore, les gentils organisateurs de la salle ayant décidé de ne pas prévoir de sécurité aux places de 1ère catégorie ; résultat : des petits malins ont compris le truc et passeront leur soirée à hurler et téléphoner à 2 pas de nous, profitant de la vue imprenable sur la scène, un peu moins de la musique pour le coup… Dernière question pour l’organisation : pourquoi allumer l’ensemble de la salle durant la quasi totalité du rappel ?! Était ce pour inviter les artistes à quitter la scène ? Toujours est il qu’ils ne reviendront pas et joueront le minimum syndical pour cette tournée, à savoir 3 heures pleines.
Et il faut être clair, même avec un son indigne de sa stature, Springsteen prouve qu’il est bien LE chef. A près de 63 ans, il nous gratifiera en effet d’un show exceptionnel à la hauteur de sa réputation. Accompagné de 16 ( ?!) musiciens constituant le légendaire E Street Band, il donnera de sa personne, passant et repassant dans le public, se laissant toucher de bon cœur, ravi de communier avec lui. Un concert de Springsteen c’est en effet un peu comme une grand messe du rock n’ roll. Tous les styles sont passés en revue, rock, ballade, twist, soul, irlandaise, country ou rap et on sent toujours la même énergie, le même plaisir partagé. Même s’il est la star incontestée de la soirée, il ne tire jamais la couverture à lui et on se délecte de la complicité ainsi que du respect qui règnent avec ses compagnons de route.
Wrecking ball, le dernier album sera joué allégrement avec pas moins de 7 titres. Même s’il n’est pas son meilleur à ce jour, il est parfaitement taillé pour les grandes salles et les stades. Alors que les paroles sont très dures, centrées sur la crise économique actuelle, les mélodies sont très entraînantes et donnent envie de taper du pied et de secouer la tête. Le public s’en donnera donc à cœur joie et sera debout dès le premier morceau joué. Il le restera la quasi totalité du concert qui passera très vite. Les opus précédents seront également bien représentés, y compris The rising avec le magnifique My city of ruins et le titre éponyme.
Les nombreux standards seront servis et délecteront le public présent, parmi lesquels un Prove it all night des familles, les géniallissimes Badlands et Out in the street et les inévitables Born in the USA et Born to run enchaînés en plus, de même que Dancing in the dark. En plus de satisfaire tout le monde, le boss régale les fans les plus pointus en jouant des titres rares, et pas moins bons, bien au contraire. Ce soir, nous aurons droit aux géniaux Spirit on the night et Growin’ up (première pour cette tournée pour ce titre) tirés du tout 1er album, ainsi qu’à un Fire d’anthologie. Une version aux petits oignons toute en respiration avec un Springsteen qui s’arrête et joue avec son public à plusieurs reprises, sera servie ce soir : un pur régal ! Il s’éclate avec son vieux pote 6 cordistes au bandana noir. L’ émotion sera également présente lors de l’enchaînement Point black et The river. Les reprises enfin sont enfin très loin d’être anecdotiques avec de géniaux Seven night to rock ou The Way you do the things you do, mettant en valeur l’immense groove qui habite la formation.
Il y a donc un vrai travail de renouvellement de répertoire, chaque concert différant sensiblement des autres. C’est assez rare pour être signalé, à l’heure où la plupart des groupes majeurs nous servent le même concert soir après soir… Le partage et le plaisir avec les musiciens est donc bien présent, chacun y allant de son petit solo, les danses à 2 ou 3 se multipliant également. Il est impossible de tous les citer, mais le jeune Jake Clemons remplaçant son oncle au saxophone est tout simplement bluffant, reprenant les soli à la note près, avec un feeling omniprésent. Les compères guitaristes Stevie Von Zandt et surtout Nils Lofgren, déjà présent au côté de Neil Young dans les années 70 sont en grand forme. Les parties solitaires du second sont particulièrement réussies et m’arrachent quelques frissons, notamment sur Jack of all trades. Bruce prendra également l’harmonica et n’oubliera pas de maltraiter sa Telecaster la majorité du concert.
Il impose donc un immense respect de part les kilomètres qu’il parcourt, ses talents de musicien, sa voix plus émouvante que jamais et surtout sa personnalité hors du commun. Suant à grosses gouttes, ses intonations cassées feront merveille tout le concert, il se ménagera des moments pour reprendre son souffle, s’allongeant par terre, s’adossant à son pied de micro (heureusement fixé au sol) sans que le show ne s’arrête une minute. Le show justement est parfaitement huilé, dosage idéal entre spectacle et émotion. Sur l’immense Tenth avenue freeze out, pour rendre hommage à son ami saxophoniste disparu l’an dernier, il se contente de chanter "And the big man joined the band" a cappella, puis de regarder une vidéo présentant Clarence Clemons et enfin de reprendre la chanson comme si de rien n’était. C’est ce qu’on appelle avoir la classe, tout simplement : pas de larmoyant, pas de blabla inutile, juste du spectacle avec ce qu’il faut d’émotion. Quand il fait monter sur scène une petite fille pour chanter avec lui ou une jeune femme pour danser, il le fait naturellement, sourit constamment et les met à l’aise, puis les raccompagne. Il fait par ailleurs l’effort de parler français à plusieurs reprises, expliquant notamment que sa femme (autre guitariste du E-Street Band) est "à la maison avec les enfants".
La sortie de scène sera à l’image du Monsieur : une fois que l’ensemble du groupe a à nouveau salué son public, Springsteen attend chacun de ses musiciens, le félicite et quitte seul la salle en remerciant une nouvelle fois la foule. Nous avons ainsi eu l’occasion d’assister au concert de l’un des derniers géants du rock n’ roll. Ce fut pour nous un immense plaisir et nous espérons que nous aurons l’occasion de revivre des concerts comme celui ci où 3 heures passent à vitesse grand V et où tout le monde ressort épuisé avec des étoiles plein les yeux et le sourire jusqu’aux oreilles.
Setlist :
We Take Care Of Our Own
Wrecking Ball
Badlands
Death to My Hometown
My City of Ruins
Spirit in the Night
Growin' Up
Jack of All Trades
Candy's Room
Prove It All Night
She's the One
Working on the Highway
Shackled and Drawn
Waitin' on a Sunny Day
Apollo Medley (The Way you do the things you do / 634-5789)
Point Blank
The River
The Rising
Out in the Street
Land of Hope and Dreams
Rappel :
Fire
Rocky Ground
Born in the U.S.A.
Born to Run
Bobby Jean
Seven Nights to Rock (reprise de Moon Mullican)
Dancing in the Dark
Tenth Avenue Freeze-Out
Signature : cabaskle 20/06/2012
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>> Réponse (le 22/06/2012 par Le Toulousain)

>> Réponse (le 22/06/2012 par Michel H) Excellent , The Boss , maintenant je comprend. Presque 3 heures de concert et une pêche d'enfer , bravo a lui et son groupe extraordinaire. > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 23/06/2012 par syrah)

>> Réponse (le 25/06/2012 par Genesis) Montpellier Park Arena - 19 Juin 2012
Trois petites remarques quand à la critique de Cabask : - J'étais à Montpellier, Bruce était fabuleux, fidèle à lui même, mais sur la réserve car le public était loin d'être aussi chaud que ce qui a été dit...Du moins nettement moins chaud qu'en Espagne ou en Italie (où j'étais aussi), ce qui n'a pas manqué de contrarier un peu l'ami Bruce qui a mis du temps à faire en sorte que les gens se bougent... Personne n'a réagi au premier hommage qu'il a fait aux disparus du E Street Band sur My City Of Ruins par exemple... Bilan, 3h de show "seulement" alors que ces derniers temps on était plutôt sur du 3h15 3h20... sans parler des 3h40 de Milan et des 3H48 de Madrid. - Le son n'était pas si dégueulasse que ça, mais je pense que c'est assez changeant en fonction de l'endroit ou on se trouve .../...
> La suite
le 26 Novembre 2012 - Vancouver - Rogers Arena (par Introl)






















