Critique de concert Crocodiles + Dee Dee (Dum Dum Girls)


Depuis la sortie d’Endless Flowers, le nouvel et 3ème album, il y a un "petit" buzz autour de Crocodiles. L’album a été bien accueilli dans les médias, avec à la clé de nombreux interviews et articles. Autant dire que cette unique date française de leur tournée européenne était attendue. Bizarrement, en arrivant au Nouveau Casino, pas de file d’attente, et il reste des billets à vendre. C’est sûr qu’en cette période, avant les festivals d’été, le public parisien est très sollicité par les concerts, il y en a beaucoup ! Il faut donc faire des choix.
Depuis quelque années, le son shoegaze/noisy pop a changé de continent. Entre 1985/1992, les groupes tel que Jesus & Mary Chain, Ride, My Bloody Valentine, Shop Assistants venaient d’Angleterre, maintenant c’est aux States entre New-York (Vivian Girls, A Place To Bury Strangers), San Francisco (Tamaryn), Austin (Ringo Deathstarr), et San Diego avec Crocodiles (pour ne citer que quelques noms), que ce son explose. Mais connaissant les Anglais, ils n’ont pas dit leur dernier mot, attendons un peu…
La première partie est assurée par la rockeuse Dee Dee, chanteuse guitariste du groupe féminin les Dum Dum Girls, pour un DJ set. Installée au milieu de la scène derrière sa console, la blonde Dee Dee vêtue d’une veste en cuir, à beaucoup de classe. Décontractée, elle passe les classiques du punk rock indé : Bauhaus, Nick Cave… et bien sûr les Ramones (d’où son pseudo Dee Dee). Cela fait drôle de regarder (et de prendre en photo) un DJ sur une scène, passer de la musique rock. D’habitude, le DJ est dans un coin, dans une cabine, et le public ne le regarde pas, car il danse.
40 minutes de DJ set pour chauffer la salle, une petite pose et hop Crocodiles débarque (sans sac !) sur scène. Au départ un duo (Brandon Welchez et Charles Rowell), le groupe est aujourd’hui composé de 5 membres (3 garçons/2 filles) et pour ce set Dee Dee est dans les chœurs. Dès leur entrée sur scène, on sent que le groupe a envie de tout donner et sans trainer. Le chanteur est excité, il gesticule pas mal (il est déjà presque en nage) et c’est parti pour 45 minutes de concert dans l’esprit indie noisy pop. Ayant vu de nombreux concerts dans ce style entre 1988 et 1994 (Jesus & Mary chain, Chapterhouse, Becketts, Boo Radleys, Teenage Fan Club, Moose…), voir en 2012 le groupe Crocodiles, me fait un effet tout bizarre, c’est un retour vers le passé, mais on sait très bien que le rock est un éternel recommencement. Rien à dire, ce groupe reprend avec une belle réussite, les codes de cette époque. Ils ont l’énergie, le style et bien sûr la musique et les instruments vintages. Le son du synthé de marque Farfisa (avec la musicienne assise sur un ampli Roland), ça le fait ! Le bassiste porte sur sa veste un badge de Patti Smith, la batteuse aux cheveux courts, frappe avec énergie son instrument, le guitariste transpire bien et le chanteur/guitariste a le "bon" look (lunette, veste et pantalon noire, Doc, chemise à fleurs et un petit tatouage d’une chauve souris sur le poignet). Donc sans trainer et sans set list, le groupe envoie la sauce avec leurs morceaux noisy teintés de pop garage. Pas mal de mélodies à fredonner sous les larsens. Sans être un mur du son, les amplis envoient la purée. Les oreilles fragiles ont besoin de boules Quiès ! Bien sûr, difficile de ne pas penser à Jesus & Mary Chain… La salle composée d'un public jeune, (qui a peut être été sevré par la scène "bébé rocker") est très enthousiaste au contact du groupe. On bouge pas mal dans la fosse. L’ambiance est tellement sympa, que l’on ne voit pas le temps passer, et après 45 minutes de concert, c’est déjà fini.
Heureusement, il y a un rappel, et pas des moindres, car Dee Dee vient chanter aux avants postes, et ainsi prendre contact avec le public. Le chanteur avec ses lunettes noires, et la blonde platine Dee Dee, ça vous rappelle quelque chose ? Lou Reed and Nico of course. A la fin du titre, le groupe fait venir le public sur scène, et c’est l’ambiance boom ! Ce rappel va convaincre tous les indécis de la qualité scénique du groupe. Le concert était court (à peine 1 heure) mais bon pour les jambes, les oreilles et les yeux. Après ce beau succès, le merchandising est pris d’assaut. Quand à moi, il ne me reste plus qu’à rentrer écouter le vinyle Crocodile d’Echo & The Bunnymen.
Photos, Robert Gil : Visionnez son site ici
Signature : paskal larsenle 06/06/2012
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