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Lundi 28 mai 2012 : 9032 concerts, 20891 critiques de concert, 4721 critiques de CD.

Critique de concert Féloche


Féloche en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime


Par principe, on a toujours une réticence vis-à-vis d'un artiste qu'on a découvert pour la première fois à la télé... Car bien souvent il s'agit d'un plan marketing plus que d'une carrière honnêtement montée et défendue dans la vraie vie. Cela étant le père Féloche a passé à l'épreuve de l'écoute de l'album promo (égaré depuis, hélas) : rien de complètement inattendu, mais un sens du groove et un certain exotisme, qui ne peuvent pas faire de mal à la chanson française. Comme environ 40 personnes ce soir-là, on a donc décidé de donner sa chance au chanteur et à sa bonne bouille de frisé lunaire (il a du être clown dans une carrière précédente, c'est sûr).


Il monte sur scène avec deux comparses : un grand contrebassiste à lunettes, impeccable à son poste quoique discret, et une jeune fille multi-instrumentiste (harmonica, trompette et accordéon jouets, claviers...), petite et assez gironde, dont le charisme et la voix originale en font un élément indispensable à la réussite du show. Il y a également une boîte à rythme avec une certaine personnalité (elle est souvent en human beat box), que pourrait toutefois remplacer un enregistrement de boucles en direct.


Le concert démarre sur un titre folk sautillant, à consonance un peu électro, la voix de Féloche est franchement sympa et il a une belle mandoline capricieuse (soi-disant tout le temps désaccordée, mais pas au point que ça gène l'oreille). La jeune fille qui l'accompagne a une voix magnifiquement nasillarde, parfaite pour lui donner la réplique. Du coup, le premier titre marquant, La Vie Cajun, funky et enlevée, nous fait un peu penser à Dionysos (avec la voix de la jolie Babet). Emilie, électro lunaire, fait ce coup-ci penser à l'organe de Gaetan Roussel, tandis que la fille joue du Korg et pousse des petits cris rigolos.


Un titre qui doit s'appeler Jette les Gants, sur un beat HBB pré-enregistré, hip hop peinard où c'est curieusement le contrebassiste jusque là impassible qui monte soudain en puissance. Grâce à un micro HF, Féloche peut descendre faire un tour dans son petit mais enjoué public, avant de nous entretenir d'histoires de chamans vivant dans le bayou, sur un blues sensuel (Bon Appétit Chaman ?), toujours un peu électroïde, suivi d'une valse joliment déglinguée. "Quelle température il fait pour que ça se désaccorde comme ça ?", se demande-t-il faussement au désespoir, bien content que l'ambiance soit si chaleureuse...


J'avoue avoir décroché un peu à ce moment-là, peut-être sur un enchaînement de 2 ou 3 titres un peu semblables et à cause d'une longue semaine - je reviens à moi pour Dr John, intriguant balloche folk cajun, original et assez groovy, d'incantation à un magicien - les musiciens se couvrent de grands masques d'animaux inquiétants à mi-parcours. Suivi du tube officiel, Darwin avait raison et sa chorégraphie marrante, toujours en mix blues/électro/cajun, où je me dandine de bon coeur : c'est une vraie, vraie bonne chanson, bien sûr boostée en live par l'assemblage un peu surprenant des trois musiciens. En outre, le break vocal assuré par la jeune fille est franchement superbe...


Suit un titre franchement pétaradant de java-punk-gitan, entre Pigalle et Kusturica, Eh Toi !, qui montre un vrai potentiel d'allumeurs de scènes ou même de rues, mais se finit hélas par la sortie de scène du groupe. Retour sur une reprise marrante et dansante de Singing in the Rain (je m'en souvenais sur disque, on y pense aussi très fort à Dionysos). Le trio a l'excellente idée de descendre se mêler au public, pour finir dans un swing d'enfer.


Après 1 h 10 de concert, qu'on a au final trouvée bien courte (on craignait pourtant vaguement de s'y emmerder à l'origine où l'on devait y accompagner quelqu'un !), force est de constater que Féloche a un vrai univers personnel, porté par de bonnes chansons (comme avant lui, Mathieu Boogaerts par exemple), et en plus de bons amis pour l'accompagner et le booster. Le tout est plus speed que sur disque où c'était déjà pas si mal : courte mais excellente prestation que je vous invite à aller découvrir s'il passe par chez vous, même si c'est pour le championnat du monde de mandoline !

Photos à venir, euh, peut-être.


 


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