Critique de concert Florent Pagny


Ah ouais quand même... Comme dirait ma Belle Brune: "Il rigole pas des genoux" le Florent ! Gros gros son, gros gros light show, grosse ambiance, orchestre béton, voix enorme ! Tout ça dans un Dôme comble (c'est à dire deux fois plus de gens que pour Obispo quelques jours auparavant...), et tout acquis à la cause de l'artiste avant même qu'il n'entre sur scène... en skate board !
En effet, après une première partie sur laquelle je ne m'étendrai pas, car Marie Espinosa a beau être un jolie brin de femme sympa et plein d'humour, le style qu'elle propose (cette nouvelle vague de chanteuses à texte genre Olivia Ruiz...) m'insupporte au plus haut point, et donc la demi heure allouée fut profondement ennuyeuse (impression apparement partagée par une majorité de la salle si je me fie au brouhaha constant lors des trois quart de sa prestation, malgré des applaudissements polis à chaque fin de morceau), ben après cette première partie donc, le grand rideau tombe, et nous découvrons déjà un bien beau décor sur plusieurs niveaux. Chacun etant occupé par plusieurs musiciens, 14 au total ! Il y a la section cuivre et le bassiste en haut à gauche, la section cordes au milieu à droite, un piano à queue et un gratteux en bas à gauche, un autre gratteux et la choriste en bas à droite, un clavier en haut à droite, et enfin la batterie plein centre tout en haut. Avec en fond un décor de bibliothèque, surplombé d'une toile géante pour y balancer images et lumières.

Les premières notes d'un des titres du dernier album en espagnol s'egrènent, les instruments se rajoutent un par un, puis Pagny entre par dessous le batteur sur un skate, qu'il va diriger deux bonnes minutes sur toute la largeur de la scène tout en chantant.
D'emblée nous pouvons apprecier la qualité du son, clair et puissant, titillant même le trop fort sur les compos les plus electriques, comme le final de "Chatelet les Halles" (superbe), "Le mur" ou "Bienvenue chez moi".
Nous pouvons aussi admirer tout du long un très bon jeu de lumières, vraiment varié et complet. Les tons chauds sur les rythmes hispaniques, les beaux bleus sur les morceaux plus lents ou intimistes, les lasers mauves qui balayent les gradins, etc etc... Vraiment réussi.
Et que dire des zicos accompagnant l'artiste ! Top top top. Avec des réorchestrations parfois bien pensées, ils donnent une dimension supplementaire à des classiques comme "N'importe quoi" ou "Ma liberté de penser", et nous donnent envie de suivre avec attention des chansons que nous ne connaissons pas. Certains sont polyvalents, tapant dans l'accordéon, la contrebasse... Costauds et plein de feeling les garcons (et filles).
La choriste n'est pas omniprésente mais fait un bon boulot de soutien, sans oublier un bien beau duo lyrique qui donne la pleine mesure de son talent.

Et puis il y a Môsieur Pagny. Un vrai et grand chanteur. Pas une défaillance, pas une hésitation. Que ce soit dans un registre populaire, comme dans le registre baryton, en passant par le débit impossible de Brel (un "Vesoul" d'enfer hyper pêchu) ou la langue espagnole pratiquée avec aisance, il excelle. Sacré coffre, sacré puissance vocale. Rien à dire, il en impose.
Le live aura duré "seulement" 1h50, mais c'etait franchement intense. Décontracté et intense, en fait. Car sur les planches, le maitre de cérémonie apparait naturellement à l'aise. Pas à la cool ou débonnairement je m'en foutiste. Non. Vraiment décontract', à l'aise de chez à l'aise. Dès la fin du titre d'intro, il nous sort un laius sur la musique,, tranquille, puis nous décrira le voyage auquel nous sommes conviés ce soir, en résumant ce qui nous attend. Puis il nous présentera les musiciens au gré des interprétations, puis il nous invitera à tous se lever et venir devant la scène, puis ils repartira en saluant et remerciant sincèrement la foule. Classe ce mec.

Et enfin il y a eu ce public justement. De tous ages, de tous bords, hétérogène et pourtant si homogène le temps d'un show. Déjà qu'il etait brûlant à la base, l'ambiance est allée crescendo dès le second morceau, "Ma liberté de penser", montant d'un cran lors d'un "Caruso" puissant, pour atteindre le paroxysme à l'heure de set, quand il a enchainé un "N'importe quoi" excellentissime, et un "Bienvenue chez moi" choral, puis un "La Bamba" terrible, avec des musiciens en folie et un Dôme itou !
Bizarrement c'est le rappel qui sera le plus calme, avec un lent titre de Baryton suivi d'un lent titre en espagnol, avant de conclure par le magnifique "Savoir aimer", rallongé pour mon/notre plus grand plaisir.

Comme il y a eu une bonne huitaine de chansons hispaniques, pour la plupart agréable car entrainantes, deux covers de Brel, trois Baryton, forcément ca dégage quelques morceaux anciens, tels "Presse qui roule", "L'aigle noir", et surtout "Dors"...
Mais je ne vais pas bouder mon plaisir, moi qui suis allé par curiosité sans rien attendre de précis, histoire de le voir au moins une fois, depuis 23 ans que je l'ai découvert un soir de Top 50 avec "N'importe quoi"...
Une excellente prestation, à tous les niveaux, et un grand chanteur. Tres grand.
Signature : gandalfle 31/03/2010
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Photographe : yann b
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>> Réponse (le 06/04/2010 par Franck)

Dôme de Marseille


le 11 décembre 2011 - le Dome - Marseille (par Pirlouiiiit)
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