Critique de concert IAM + Radio Radio (Festival Chorus)

C’est dans le cadre exceptionnel du Magic Mirrors, le désormais célèbre chapiteau ambulant, posé sur l’Esplanade de la Défense à l’occasion du festival Chorus des Hauts-de-Seine, que se déroulait ce concert qui marquait le grand retour du groupe IAM sur scène. Résultat : l’évènement se jouait à guichets fermés et une longue file d’attente grelotait dans la pluie pour pénétrer sous la toile.
En première partie, l’organisation avait programmé le jeune trio canadien Radio Radio, relativement inconnu de ce côté de l’Atlantique. Avec leur physique plutôt méditerranéen, les trois compères (essentiellement deux à l’avant de la scène), lunettes de soleil vissées sur le nez, débutent sur un hip-hop hypnotique, teinté de dub, à la Ramallah Underground. Mais cette entame est un leurre puisqu’on s’aperçoit rapidement que le groupe est plutôt du côté de la dérision et d’une musique ouverte à de multiples influences, notamment au disco. Avec des textes parfois à la limite de la blague (on aura retenu leur prose sur un jacuzzi, sur des valises ou sur des chaussures bateau…) et un accent québécois à couper au couteau, le combo revendique son décalage.
Cela n’enlève rien au groove dévastateur qui déferle des enceintes : beats jouissifs, flow ultra-efficace, et ces petites touches délirantes qui produisent un résultat à la fois bourré d’humour et musicalement irréprochable, non sans rappeler les excellents Puppetmastaz ou le Bloodhound Gang, en moins rock et en moins trash. Une très belle entrée en matière, parfaite pour chauffer le public et faire monter la pression. Une prestation unanimement saluée par un Magic Mirrors conquis.
Après une petite demi-heure de changement de scène, voici enfin le moment attendu de tous : l’arrivée des stars marseillaises en terre parisienne. La salle est en ébullition alors que débute l’intro théâtrale du concert, le public est à bloc avant même que le groupe n’entre en scène. Sans laisser le temps à qui que ce soit de douter de ce qu’il était venu voir, le combo enchaîne ses plus grands tubes : L’Ecole du Micro d’Argent, Samouraï, Bad Boys de Marseille, Ca Vient de la Rue, Chez le Mac, Un Cri Court dans la Nuit, Nés Sous la Même Etoile… On avait presque oublié le nombre incroyable de classiques qu’IAM a offert au hip-hop français en (déjà) 22 ans de carrière !
Le concert tourne rapidement à la démonstration, à la fois du palmarès hors norme du groupe et de son incroyable maîtrise technique. Quelques morceaux un peu moins connus du répertoire ne suffisent à calmer ni les ardeurs d’un public conquis d’avance, ni le sentiment de trop grande facilité dans laquelle la bande se complait. L’exercice a l’air trop simple pour eux et ils ne cherchent pas à se confronter à la difficulté, en assénant (avec brio, c’est incontestable) des tubes dont l’effet est garanti.
Mais cette petite réserve, il faut bien le dire, est réservée aux esprits chagrins et aux critiques tatillons, le public se lançant pour sa part à corps perdu dans la ronde échevelée de ces classiques qu’il reprend en chœur. Seule petite prise de risque, la présentation par Akhenaton de son nouveau projet, We Luv New-York, en duo avec Faf Larage, qui le rejoint sur scène. Prise de risque payante puisque le morceau, irrésistible avec son texte à la fois léger et mordant, fait un vrai carton. L’intermède passé, IAM revient en scène au complet et lorsque retentissent finalement les premiers accords, reconnaissables entre mille, du Mia, le vacarme devient tellement assourdissant qu’on peine presque à distinguer le morceau, joué dans une version rallongée et couronné d’un véritable déluge d’applaudissements.
C’est le moment du rappel, alors que le groupe a déjà servi plus d’une heure de concert. Lancés sur le thème mythique de Star Wars, Akhenaton et sa bande reviennent sur scène armés de sabres lasers dont l’effet est aussi kitch qu’immédiat. C’est bien-sûr une introduction (à peine pompeuse) à L’Empire du Côté Obscur, transcendé par la mise en scène. Le groupe poursuit alors avec un autre tube de sa collection : Petit Frère, avant de finir en roue libre sur l’inépuisable Demain, c’est loin.
Finalement, après une heure et demie de show, les Marseillais quittent la scène. Ils auront livré un show sans erreur, une accumulation de tubes qui fait peut-être un peu "concert best-of", et à l’image d’une compilation, si l’on est heureux de retrouver tous les classiques que l’on connaît par cœur, on reste un peu frustré par une inévitable impression de déjà vu. IAM est impressionnant de maîtrise, mais la partie était jouée d’avance… C’est bien le seul bémol qu’on pourra trouver.
En première partie, l’organisation avait programmé le jeune trio canadien Radio Radio, relativement inconnu de ce côté de l’Atlantique. Avec leur physique plutôt méditerranéen, les trois compères (essentiellement deux à l’avant de la scène), lunettes de soleil vissées sur le nez, débutent sur un hip-hop hypnotique, teinté de dub, à la Ramallah Underground. Mais cette entame est un leurre puisqu’on s’aperçoit rapidement que le groupe est plutôt du côté de la dérision et d’une musique ouverte à de multiples influences, notamment au disco. Avec des textes parfois à la limite de la blague (on aura retenu leur prose sur un jacuzzi, sur des valises ou sur des chaussures bateau…) et un accent québécois à couper au couteau, le combo revendique son décalage.
Cela n’enlève rien au groove dévastateur qui déferle des enceintes : beats jouissifs, flow ultra-efficace, et ces petites touches délirantes qui produisent un résultat à la fois bourré d’humour et musicalement irréprochable, non sans rappeler les excellents Puppetmastaz ou le Bloodhound Gang, en moins rock et en moins trash. Une très belle entrée en matière, parfaite pour chauffer le public et faire monter la pression. Une prestation unanimement saluée par un Magic Mirrors conquis.
Après une petite demi-heure de changement de scène, voici enfin le moment attendu de tous : l’arrivée des stars marseillaises en terre parisienne. La salle est en ébullition alors que débute l’intro théâtrale du concert, le public est à bloc avant même que le groupe n’entre en scène. Sans laisser le temps à qui que ce soit de douter de ce qu’il était venu voir, le combo enchaîne ses plus grands tubes : L’Ecole du Micro d’Argent, Samouraï, Bad Boys de Marseille, Ca Vient de la Rue, Chez le Mac, Un Cri Court dans la Nuit, Nés Sous la Même Etoile… On avait presque oublié le nombre incroyable de classiques qu’IAM a offert au hip-hop français en (déjà) 22 ans de carrière !
Le concert tourne rapidement à la démonstration, à la fois du palmarès hors norme du groupe et de son incroyable maîtrise technique. Quelques morceaux un peu moins connus du répertoire ne suffisent à calmer ni les ardeurs d’un public conquis d’avance, ni le sentiment de trop grande facilité dans laquelle la bande se complait. L’exercice a l’air trop simple pour eux et ils ne cherchent pas à se confronter à la difficulté, en assénant (avec brio, c’est incontestable) des tubes dont l’effet est garanti.
Mais cette petite réserve, il faut bien le dire, est réservée aux esprits chagrins et aux critiques tatillons, le public se lançant pour sa part à corps perdu dans la ronde échevelée de ces classiques qu’il reprend en chœur. Seule petite prise de risque, la présentation par Akhenaton de son nouveau projet, We Luv New-York, en duo avec Faf Larage, qui le rejoint sur scène. Prise de risque payante puisque le morceau, irrésistible avec son texte à la fois léger et mordant, fait un vrai carton. L’intermède passé, IAM revient en scène au complet et lorsque retentissent finalement les premiers accords, reconnaissables entre mille, du Mia, le vacarme devient tellement assourdissant qu’on peine presque à distinguer le morceau, joué dans une version rallongée et couronné d’un véritable déluge d’applaudissements.
C’est le moment du rappel, alors que le groupe a déjà servi plus d’une heure de concert. Lancés sur le thème mythique de Star Wars, Akhenaton et sa bande reviennent sur scène armés de sabres lasers dont l’effet est aussi kitch qu’immédiat. C’est bien-sûr une introduction (à peine pompeuse) à L’Empire du Côté Obscur, transcendé par la mise en scène. Le groupe poursuit alors avec un autre tube de sa collection : Petit Frère, avant de finir en roue libre sur l’inépuisable Demain, c’est loin.
Finalement, après une heure et demie de show, les Marseillais quittent la scène. Ils auront livré un show sans erreur, une accumulation de tubes qui fait peut-être un peu "concert best-of", et à l’image d’une compilation, si l’on est heureux de retrouver tous les classiques que l’on connaît par cœur, on reste un peu frustré par une inévitable impression de déjà vu. IAM est impressionnant de maîtrise, mais la partie était jouée d’avance… C’est bien le seul bémol qu’on pourra trouver.
Signature : fredcle 31/03/2011
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Photographe : julyzz
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