Pendant que José(ph) Arthur joue devant un Poste blindé, nous sommes tout de même relativement nombreux à fumer des clopes devant le Lounge pour ce plateau de trois artistes français-anglophones-à-effectifs-réduits (duo au max-crise oblige?): Johnny Hawaï, Lawn Factory et Benjamin Fincher.
Je ne verrai que le premier, ayant d'autres obligations ce soir là, désolé pour les autres-je laisse le soin à un collègue de rédiger un rapport. A la bourre j'ai le temps d'apercevoir le Kid Francescoli et le tigre de la montagne (une bière dans chaque main?) dans une discussion bien animée, et de sentir plein de bonne vibrations - ça tombe bien, je suis plutôt stone, mode semi-parano...Johnny allait vite me mettre à l'aise.
Autant le dire tout de suite, on a affaire à un dude, un vrai, slacker jusqu'au bout des ongles. Teenager tardif, lunaire, grosse casquette trucker, guitare vintage fatiguée et casio cheap de rigueur, le gars marmonne dans un micro traffiqué disto/slap-back du plus bel effet des chansons blues lo-fi où l'on distingue une obsession pour le reigne animal (poulets, raton-laveurs, le genre...) et les explicit lyrics (plein de gros mots, c'est rigolo). La guitare flemmarde aussi, très classe, dans le pure esprit des patrons 90's de la glande et des dessins au crayola...Car la claque avec ce marseillais c'est que chez nous, il est là-bas: à Olympia avec le crew K-records, à Glasgow avec les Pastels, à Portland avec les gourous Pavement. Le sono est à un volume sonore qui m'évoque la toux d'un poux anémique-tu te grattes, tu rate un couplet- mais c'est indéniablement ROCK.
Mieux encore, le dude me réconcilie avec l'auto-sampling! Il se paye quelques longues plages velvetiennes, met de la musique débile quand il s'accorde, confie être mal à l'aise avec nonchalance. Je réalise que ce type est vraimment à fond dans le trip, comme les mecs des Hatepinks, comme Jonathan Richman...Premier degrés absolu royal et réconfortant. Dead on, Johnny.
Signature : TGR le 25/10/2009 |
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