Accueil Chronique de concert Jon Spencer and the Hitmakers + The Devils
Jeudi 12 décembre 2019 : 10385 concerts, 25839 chroniques de concert, 5280 critiques d'album.

Chronique de Concert

Jon Spencer and the Hitmakers + The Devils

Jon Spencer and the Hitmakers + The Devils en concert

La Maroquinerie - Paris 17 mai 2019

Critique écrite le par



Chapitre 1 : "Il y a plus de rockers, faut être honnête, il reste qui ? Johnny. Billy Idol. Scorpions. Voila, il y a quatre groupes. C'est pas Calogéro, Whitney Houston, c'est pas du rock ça"

C'est quoi le Rock ? Je vais même aller plus loin, c'est quoi le rock en 2019 ? A l'heure ou les grands festoches estivaux programment en tête d'affiche des choses comme Macklemore, Christine and the Queens ou Angele, ou est aujourd'hui la place des guitares ? Est-elle avec les métalleux du Hellfest ? Est-elle avec les dinosaures des 60's et 70's encore en activité ? Est-elle avec les grosses machines de stade à la U2 ou Muse? Vu que les jeunes ont l'air d'être passé à autre chose, au final, le rock n'est il pas un astre mort, dont nous percevons encore la lumière, mais avec un coeur éteint depuis longtemps.



Jon Spencer fait partie de mes légendes du rock. Un nom qui revient avec insistance depuis plus de vingt ans au sein de formations toutes plus énervées les unes que les autres : Pussy Galore, Boss Hog, Blues Explosion, Heavy Trash. S'il existe pour moi un émissaire de ce que peut représenter le rock aujourd'hui, c'est lui. Pas une musique tournée vers le passé comme le font (très bien) des groupes comme Rival Sons ou Stray Cats. Spencer, c'est un rock garage, pur, dans l'esprit des pionniers, mais impossible à dater. Ses chansons sont des 60's, des 70's, du punk, d'hier, d'aujourd'hui, de demain, un peu à l'instar de Jack White. Mais en moins arty, moins perchouille, plus proche de l'os.
En fait Jon Spencer c'est un peu le Didier Wampas américain. Et vu que Didier Wampas, c'est un peu le Iggy Pop français, c'est vous dire le niveau auquel je situe Spencer.

Chapitre 2 : "Ce soir tu vas jouer, peut être que ton batteur il va pas venir. Mais toi il faut que tu assures. Tu as 10000 personnes ce soir, elles t'attendent, elles te feront pas de cadeau"

La Maroquinerie recevait le vendredi 17 mai 2019 le dernier avatar musical de la carrière de l'américain : Jon Spencer and the Hitmakers. Sorte de projet solo dont l'excellent album sorti l'an dernier porte un nom qui me fait bien rigoler : "Spencer sings the Hits". C'est une très bonne idée pour un nouveau groupe : commencer par son best-of. Tout d'abord il faut signaler que, de mon point de vue, la Maroquinerie reste une de mes salles préférée, surtout au printemps. Une chouette terrasse ouverte à tous pour l'apéro, un resto, bref, de quoi se mettre bien avant de rentrer dans la cave, dont la jauge (à la louche 300 personnes) et la disposition permettent à tous d'avoir une vision parfaite et une ambiance très chaude.



C'est le groupe The Devils qui ouvrait. Le duo italien, justement défini comme "Blasphemic trash rock'n'roll", a littéralement mis le feu à la Maro. Madame à la batterie et voix, monsieur guitare et voix. Bénéficiants tous les deux un look impeccable et d'un goût prononcé pour la provoque ils se sont insérés parfaitement à la programmation de la soirée, en proposant plus qu'une mise en bouche pour la tête d'affiche. Ils passent à la rentrée au Molotov, il va falloir surveiller ces gens là.



Mais bien évidemment le gros morceau c'était Jon Spencer himself et son groupe. Lui à la guitare, accompagné d'un batteur, d'un synthé épileptique, et d'un genre de percussionniste qui tapait avec des outils sur des cuves en métal (tout un programme).
Ce que je trouve dingue quand je vais voir ce mec là, c'est le fait de ressentir des sensations que j'imagine proche de l'esprit techno, limite rave. En gros, tu ne reconnais pas la moitié des morceaux joués. Ceux ci s'enchaînent du début à la fin sans temps mort, et tu es emporté par cette énergie, quasi hypnotique, qui te plonge peu à peu dans un état second. Ca monte: tu montes, ça descend: tu descends, ça s'énerve: tu pogottes.



Sur scène le groupe est une machine de guerre, et l'animal Spencer hurle, feule, bave, mange son micro, tout en gardant sa veste et une classe de tous les instants : un prodige je vous dit ! La majorité des chansons de l'album seront jouées, ainsi que quelques morceaux du Blues Explosion, notamment un extrait de Bellbottoms remise en lumière l'an dernier dans le fantastique Baby Driver du non moins fantastique Edgar Wright. Un vrai bon moment qui a duré plus longtemps que je pensais (mais je n'ai aucune idée de la durée précise) et au terme duquel Spencer est venu gentiment rencontrer son public et se prêter au jeu des dédicaces et des photos. Il ne nous restait alors plus qu'à sortir heureux de la salle, et profiter à nouveau de ce super bar et de sa terrasse.



Chapitre 3 : "Il y a en ils sont pas capables. Regarde les Doors, ils ont pas pu supporter, ils sont tous morts. Regarde Elvis il est devenu tout bouffi, parce que c'est des personnes à la base elles étaient pas faites pour ça"

Steve Van Zandt, guitariste et caution rock du E Street Band (je vous conseille d'ailleurs très fortement sa web radio Little Steven Underground Garage) définissait le Garage Rock de la façon suivante : des blancs essayant de jouer de la musique de noirs et échouant lamentablement. J'adore cette définition si imagée, elle correspond parfaitement à la musique de Jon Spencer. Cet homme gagne à être connu, tous ses projets sont intéressants (je râle encore d'avoir raté la tournée de Boss Hog l'an dernier) et sur scène c'est une expérience toujours très intense. Mais ce qui me touche, c'est ce qu'il représente : il est peut être le secret le mieux gardé du rock, le maître des clés, le cerbère de la porte, le gardien du temple.

Bref, quand on me demande aujourd'hui "c'est quoi le rock ?", ma réponse est simple : "BLUUUUUUUUUUUUUUUUUUUES EXPLOSION!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

Photos : Laurent Bruguerolle


Jon Spencer : les dernières chroniques concerts

The Fleshtones, Jon Spencer and the Hitmakers, Thomas Mascaro en concert

The Fleshtones, Jon Spencer and the Hitmakers, Thomas Mascaro par Fred Boyer
Ninkasi Kao - Lyon, le 07/11/2019
Double programme ce soir au Ninkasi Kao, aux abords du mythique Stade de Gerland qui a vu s'écrire certaines des plus belles pages de l'histoire du foot français (notamment une... La suite

Jon Spencer And The HITmakers en concert

Jon Spencer And The HITmakers par Samuel C
La Maroquinerie - Paris, le 17/05/2019
Retrouver Jon Spencer à la Maroquinerie, en pleine forme, cela ravive forcément des souvenirs. C'est en effet une histoire qui dure depuis près de 25 ans : sur cassette, vinyle et... La suite

Jon Spencer And The HITmakers en concert

Jon Spencer And The HITmakers par Pierre Andrieu
La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, le 15/05/2019
Pas la peine de tourner deux heures autour du pot, en 2019 Jon Spencer est toujours le numéro 1 du rock and roll, sa prestation jubilatoire à La Coopé avec son nouveau groupe... La suite

The Devils + Jon Spencer And The Hitmakers en concert

The Devils + Jon Spencer And The Hitmakers par Jérôme Justine
Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, le 15/05/2019
Ô punaise mes aïeux, j'en ai vu dans ma vie de rat de concert, mais ce qu'est j'ai vu hier à la Coopérative de mai, en première partie de Jon Spencer, je ne l'avais encore... La suite

The Devils : les dernières chroniques concerts

The Devils + Jon Spencer And The Hitmakers en concert

The Devils + Jon Spencer And The Hitmakers par Jérôme Justine
Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, le 15/05/2019
Ô punaise mes aïeux, j'en ai vu dans ma vie de rat de concert, mais ce qu'est j'ai vu hier à la Coopérative de mai, en première partie de Jon Spencer, je ne l'avais encore... La suite

The Devils + The Sonics en concert

The Devils + The Sonics par Gilles Borgogno
EspaceJulien, Marseille , le 18/02/2018
GARAGE-ROCK SONIQUE. - The Devils qui ouvrent le bal, sont un duo italien : batterie / guitare. Comme The White Stripes... Avec une fille (Erica) à la batterie et un garçon à... La suite

The Sonics +The Devils en concert

The Sonics +The Devils par Lb Photographie
Espace Julien, Marseille, le 18/02/2018
Comment ne pas être là ce soir ? Le groupe The Sonics est en concert à l'Espace Julien. Oui, les Sonics. Inventeurs du garage rock, précurseurs du punk, sans eux pas de Stooges et... La suite

La Maroquinerie - Paris : les dernières chroniques concerts

New Model Army en concert

New Model Army par lol
La Maroquinerie, Paris, le 09/10/2019
Comme tous les ans, Justin Sullivan et son groupe New Model Army viennent rendre visite aux Parisiens. Cette année, c'est à la Maroquinerie que le public fervent d'habitués qui... La suite

Zebrahead en concert

Zebrahead par Lebonair
La Maroquinerie, Paris , le 24/09/2019
Les Américains de Zebrahead étaient de passage à Paris à la Maroquinerie, dans le 20ème, pour leur unique date en France le mardi 24 septembre. En pleine tournée européenne,... La suite

J Mascis en concert

J Mascis par Samuel C
La Maroquinerie - Paris, le 06/07/2019
Il a souvent été décrit comme une personne oisive voire adepte du "jemenfoutisme". Avec son air d'éternel slacker... de 55 balais, sa casquette de base-ball et son t-shirt informe,... La suite

Jon Spencer And The HITmakers en concert

Jon Spencer And The HITmakers par Samuel C
La Maroquinerie - Paris, le 17/05/2019
Retrouver Jon Spencer à la Maroquinerie, en pleine forme, cela ravive forcément des souvenirs. C'est en effet une histoire qui dure depuis près de 25 ans : sur cassette, vinyle et... La suite