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Mercredi 19 juin 2013 : 10508 concerts, 22026 critiques de concert, 4866 critiques de CD.

Critique de concert François Virot + the Wave Pictures + Jeremy Jay + Skeleton$ (MIDI festival 2009 - jour 3)


François Virot + the Wave Pictures + Jeremy Jay + Skeleton$ (MIDI festival 2009 - jour 3) en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime


Je comptais d’attendre d’avoir fini un article (beaucoup plus) scientifique avant de m’attaquer la narration de ce troisième jour du festival MIDI, mais je suis tombé sur les vidéos postées par la Blogothèque qui malgré un montage curieusement anachronologique et des cadrages trop tendance pour moi m’ont quand même replongé dans l’ambiance si particulière de ce mini gros festival qui m’a permis de revoir deux groupes que j’avais déjà vu the Wave Pictures et François Virot et d’en découvrir deux nouveaux Jeremy Jay et surtout Skeleton$.


Nous arrivons donc à la Villa Noailles sur les hauteurs de Hyères après un mariage bien sympathique à Nice … Micro tour dans la villa en attendant que la billetterie ouvre mais nous oublions de monter dans les étages (qui la dernière fois que nous étions venus étaient vides) … puis on s’installe non loin de la scène dans les fourrés avec le tapis de plage qui nous est fourni à l’entrée. On tombe forcement sur des têtes connues ce qui aide à patienter agréablement jusqu’au premier des 4 groupes de cette troisième soirée.


François Virot je l’avais déjà vu au Baby il y a quelques mois mais honnêtement je n’avais pas eu la force de rester plus d’un morceau (je parle de fatigue physique là pas d’inconfort musical) et donc n’avait pas réussi à décidé si c’était du lard ou du cochon. "imposteur du chant et de la guitare" pour certains (je l’ai entendu dire), artiste audacieux pour d’autres (puisqu’il est régulièrement programmé). J’avoue ne pas être tout à fait capable de répondre (entre les deux en penchant plutôt vers la seconde option).


Mais reprenons d’abord tous les points "irritants" du jeune homme, ou en tout cas qui m’ont fait me méfier. Ecrit comme certains vont trouver que j’exagère et que ça n’a rien à voir avec la musique mais dans un concert (par rapport au disque) l’attitude et parfois même la tenue ont parfois une importance capitale (sinon expliquer moi pourquoi on assiste depuis plus de 5 ans au Etats-Unis et donc aussi en France au grand retour des barbes et chemises à carreau cradoques plutôt que d’autre chose). François Virot se présente donc seuls sur scène comme au Baby avec sa guitare, et … je me focalise tout de suite dessus ses chaussettes assorties mais de différentes couleurs.


J’essaie de ne pas me braquer dessus mais rien n’y fait … je ne trouve pas ça cool, pas plus que son short coupé à la main qui laisse entrebâiller à chaque mouvement de jambes son caleçon et … j’ai préféré continuer à prendre des photos debout) mais trop calculé au contraire. Ses mouvements répétitifs de jambe genre hyper timide en pleine crise et ses mimiques faciales outrancielles ou en tout cas qui paraissent exagérés aussi … Ne serait il pas en train de masquer un manque d’inspiration ou de talent par des artifices un peu gros (pour les fans je vous rassure je dis la même chose de Nosfell).


Mais pour sa défense (bien que je ne sois pas en train de l’attaquer) je reconnais qu’il essaye des trucs. Sa façon de chanter entre couinement, cri et parfois véritable chant (je crois avoir pensé à Buckley ou Radiohead à un moment) est vraiment originale (en tout cas je ne connais personne qui chante comme ça). Je resterai un moment au pied de la scène a essayer de trancher (j’aime ? j’aime pas ?) et continuerai finalement à l’écouter de ma tapis de plage. J’attendrai un prochaine rencontre ou un prochain disque pour me prononcer, mais il m’a fait passer un bon début de soirée.


Le groupe suivant est le très sage trio des Wave Pictures que j’avais vu de façon trop brève en première partie Stanley Brinks cette année au Poste à Galène. Les cheveux du chanteur ont poussé depuis ce qui lui donne un côté un peu plus … décoiffé … mais son visage angélique prend quand même le dessus. Je ne me souviens plus très bien des morceaux qu’ils ont joué ce soir et commence à être sérieusement influencé par les morceaux que je réécoute sur la Blogothèque (qui sont finalement les plus calmes). Je me souviens de sa diction parfaite permettant de saisir les textes (plutôt décalés) des chansons.


Je le souviens aussi de morceaux plus péchus / nerveux, je me souviens d’accents à la Nick Cave, de solos de guitare peut être un peu trop nombreux mais quand même bien sympathiques et montrant un maitrise technique (qui m’a parue) parfaite (mais n’étant pas musicien… ). Pop, rock, résolument british, quelque chose de Jarvis Cocker dans l’esprit. Après leur court set – en effet les sets sont relativement courts 30-45 min maximum – ils reviendront dans le public (pas trop loin de là où nous étions installés pour enregistrer deux morceaux – dont un figure ici).


Ah oui j’ai oublié de dire qu’à plusieurs reprises ils ont été rejoints sur scène par un des gars de Jeffrey Lewis si je ne me trompe pas, qui arborait un magnifique t-shirt Herman Dune et un barbe hirsute, qui est venu cognait sur les cymbales ou faire des chœurs avec le bassiste. Sympathique.


Après un nouveau changement de plateau raisonnablement court, d’autant qu’entre la buvette, et comme je le disais les gars de la blogothèque qui filment des trucs "dans le public" il y a de quoi se distraire, c’est au tour de Jeremy Jay (guitare / chant) accompagné d’un batteur et d’un basiste de venir fouler les planches de la scène dont les rebords sont maintenant difficilement accessibles. Venu de Los Angeles, c’est celui que j’aurais finalement le moins suivi de la soirée.


Trop pop peut être ? Avec des influences Cure (Joy Division diront les plus érudits que moi en la matière) qui ne me touchent pas vraiment. Assez réservé, en tout cas dans ses interventions entre les morceaux, les abords de la scène en désempliront pas et il récoltera même un rappel à la fin, que j’écouterai de loin en regardant la mer au bord de laquelle un deuxième feu d’artifice vient de commencer (le 3ème en deux soirs … curieux !).


Le groupe qui a la responsabilité de fermer la soirée (et du coup le festival) vient lui de New York (Brooklyn devrais surement dire plutôt). Présenté comme expérimental au dissonant, je suis sur mes garde (mais au pied de la scène) quand les 4 Skeleton$ arrivent enfin. 3 guitares et un batteur. Le guitariste de gauche me fait semble sorti du film Warriors (avec un côté assez nerd), le guitariste de droite semble échappé de MGMT pour le côté hippie / bandeau dans les cheveux et celui du milieu guitare remontée jusque sous les bras (qui est aussi le chanteur) est tout simplement inquiétant avec son short très court sa chemise à carreaux et son regard … inquiétant justement.


Ils commenceront ils me semblent pas un long morceau (je ne me mouille pas trop car tous leurs morceaux sont longs) très instrumental (là aussi même remarque). Comme dans un groupe de jazz chacun semble faire son truc dans son coin sans payer attention aux autres (ce qui est bien sûr faux) et de l’apparente cacophonie se dégage finalement une grande homogénéité.


Des passages très calmes succèdent à des moments endiablés où chacun se balance tel un pendule perdant parfois l’équilibre (voire ses lunettes ou le jack de sa guitare). Visages tendus, sueur, grimaces, hurlements, murmures … la performance de Skeleton$ est très physique. Ils semblent ne pas trop se soucier de ce que le public pense de leur musique, public qui est à moitié subjugué (comme moi, ça a mis un moment à prendre mais j’ai fini par rentrer dedans) à moitié proche de la transe (ceux qui les connaissaient déjà ?).


En fait je finis par faire le rapprochement qui me titillait dans ma tête. Ils me font penser en beaucoup de points à Akron/family que j’avais eu la chance de voir au Tonic avant que celui-ci ne ferme. La même énergie, la même folie, la même apparente déstructuration mais en moins hippie et en plus noise. Ils seront logiquement rappelés plusieurs fois et rempliront leur mission à merveille. Clore en beauté ce magnifique festival auquel on essaiera de revenir l’année prochaine avant qu’il ne soit dépassé par son inévitable succès (la plupart des musiciens ont dit à un moment ou à un autre que c’était la sinon en tout cas un des festivals les plus agréables où ils aient joué jusque là).

Plus de photos par Pirlouiiiit en cliquant ici

Bonus vidéo :


et une petite de François Virot : ici
et une petite de Jeremy Jay : ici
et une petite de Skeleton$ :



 


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