Accueil Chronique de concert Mount Kimbie + Jam City
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Chronique de Concert

Mount Kimbie + Jam City

Mount Kimbie + Jam City en concert

Le Cabaret Aléatoire - Marseille 19 novembre 2017

Critique écrite le par

Le duo Mount Kimbie, signature électro chez le prestigieux label anglais Warp Records, passait à la Friche la Belle de mai ce dimanche 19 novembre, pour une date marseillaise, première de la tournée française, excusez du peu.

Difficile donc de résister à cette proposition alléchante du Cabaret Aléatoire quand on connaît la classe avec laquelle les anglais assurent des live qui ont su évoluer depuis un premier album peut être plus difficile d'accès, jusqu'au presque très rock et dernier en date "What love changes".

Pour ceux qui aiment les chapelles, sachez que Mount Kimbie avait été intronisé par les médias anglais friands d'étiquettes et prompts à sortir un nouveau "meilleur groupe de l'année" toute les semaines, chef de file de la scène post-dubstep. Mais leur son a évolué, passant de collages et de boucles répétitives à quelque chose de plus "pop" avec l'album "Cold Spring Fault Less Youth", jusqu'à confirmer cette mutation musicale avec un nouvel album qui lorgne quasiment vers l'indie rock.

Bref, la perspective de découvrir le nouveau show de Dominic Maker et Kai Campos avant Montpellier, Biarritz, Lille et Paris avait de quoi assurément réchauffer des clubbers qu'un mistral vicieux promettait pourtant de frigorifier. Et en effet, ni le froid, ni un concert dominical n'auront dissuadé un public éclectique venu en nombre, si l'on en juge par le remplissage jusqu'à la gueule d'une salle bondée comme au premier jour. Pari réussi pour l'équipe du cabaret donc ! Restait à remplir celui de la qualité attendue et promise...


Une première partie qui m'aura laissé sur ma faim...Jam City, seul sur scène, ouvre les hostilités devant un public qui n'ose pas ( ?) s'approcher des crash bar. Pourtant son univers n'est pas sans rappeler les débuts de Mount Kimbie, justifiant pleinement le choix de lui faire ouvrir le set du duo londonien. Des ruptures de rythme qui font retomber quelques montées prometteuses, une voix un peu en retrait, Jam City ne semble pas convaincre, laissant presque indifférent un public qui bouge peu. Ceci expliquant cela ( ?) le set ne dure qu'un grosse quinzaine de minute et Jack Latham disparaît si rapidement après un "Thank you. Peace" que nous sommes plusieurs à nous interroger du regard, étonnés. Le garçon aurait sans doute du persister pour convaincre, qui sait.

Bref, une première partie un peu étrange. Mais ce sentiment est vite évacué par le changement de plateau rapide et l'arrivée attendue de Mount Kimbie, dans une atmosphère très sombre.


Sur scène, le duo a été rejoint par un batteur et une chanteuse/clavieriste qui passe d'un instrument à l'autre, comme Dominic et Kai échangent aussi guitare et basse... quand ils n'alternent pas au clavier ! Ce soir, on est clairement dans une configuration que ne renierait pas un groupe rock classique. Certes les Korg et autres claviers dégueulant de câbles sont bien présents, mais ils seront associés pendant tout le show à une section rythmique implacable.


Le son de basse est énorme, comme la batterie, impressionnante de clarté dans une salle pourtant pas réputée pour disposer d'une acoustique imparable (comme quoi les a priori...). Les guitares font parfois penser à Ride ou Pavement. La plupart des morceaux de "Love what survives" s'enchaînent pour mon plus grand bonheur, délaissant un temps les sonorités electronica de leurs débuts, même si la patte est toujours là. Quelques morceaux des albums précédents s'intègrent dans un set finalement bien ciselé malgré des sonorités assez différentes.


Le résultat est bluffant, ça colle parfaitement. Alors bien sûr pas de king Krule ou de James Blake en guest ce soir, pourtant au featuring de l'album, mais un show convaincant qui plonge dans une ambiance hypnotique pendant plus d'une heure.rnrnLe public est chaud bouillant, le rappel obligatoire. Les quatre reviennent pour un retour au retour aux sons électroniques et aux collages de "Crooks & Lovers", avec un des premiers morceaux écrit par le duo, achevant de mettre le feu et faire danser la salle. Ce dimanche Mount Kimbie a bel et bien donné un concert à la hauteur d'un dernier album de haute volée. Quatre autres villes françaises seulement pourront en profiter, ne passez pas à travers !



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