Critique de concert Olivia Ruiz

"Vous avez un portable ?
Pas de photo où on vous met dehors, c’est compris ?"
C’est sur ce charmant accueil que je franchissais le seuil de l’Usine à Istres pour assister à la prestation d’Olivia Ruiz, a laquelle je me rendais, je l’avoue, par pure curiosité, excitée il est vrai par des échos positifs proférés dans mon entourage par des personnes à qui je voue une confiance sans borne. Ils se reconnaîtront.
C’est donc en parfait novice à l’œil et l’oreille candide que je me présentais à 21 h pour profiter, comme annoncé avant le show de la principale intéressée, de la présence de Corleone. Je ne vous en dirai donc absolument rien, étant donné que 21h était l’heure à laquelle leur concert finissait et non pas à laquelle débutait la soirée. Je n’en n’ai, vous vous en doutez, pas vu grand chose. J’ai juste pu voir qu’ils étaient trois. C’est peu comme indication. Et pour les photos prohibées, partie remise.
Bon, a peine le temps de faire marcher le commerce et le bar par la même occasion qu’Olivia Ruiz rentrait en scène.
Très jolie, la scène d’ailleurs, reprenant le concept de son dernier album avec cages à oiseaux rétro pendues sur fond de ciel étoilé, et roses rouges sur les différents pieds de micro.
Très jolie, Olivia Ruiz aussi. Belle comme un cœur, avec une robe au jupon rouge, assortie à l’ambiance installée sur scène.
Et rouge comme les lights en ce début de show, inondant le groupe à son arrivée, renforçant le coté onirique dans lequel Olivia Ruiz et ses acolytes ne vont avoir de cesse de nous emmener au cours des deux heures que vont durer le spectacle.
Le groupe, justement, parlons en. Composé d’une part, si j’ai bien compris, de compagnons de route fidèles depuis ses débuts tel le multi-instrumentiste Frank Marty (guitare, violon, autoharp, ukulélé) ou encore de sa comparse féminine à l’accordéon et au clavier, et d’autre part de collaborateurs plus récents, il participe totalement au spectacle dans son aspect musical évidemment, mais aussi visuel, de part la dynamique qu’il apporte au gré des changements d’instruments, mais aussi par sa présence et son aisance scénique. Il faut également souligner le coté rock’n’roll des musiciens dans le look tout d’abord, tel le bassiste/contrebassiste psycho tatoué aux rouflaquettes, ou Robin à la guitare Gretsch rockabilly, mais surtout dans le son très inspiré par les années 60 Anglaises. Comment ne pas penser au Shadows sur des titres tel que Quedate ?
Le show d’Olivia va faire la part belle à son dernier album, interprété dans sa quasi totalité, et dont le single Les crêpes aux champignon va lancer la soirée, suivi du Quedate susnommé au accent 60’s, de Spit the devil et ses relent country squelettique et de Peur du noir sorte de bande son de film d’animation à la Tim Burton.
Dur, en effet, de ne pas penser à l’Etrange Noël de Mr Jack pendant la prestation d’Olivia Ruiz ou Alice au pays des merveilles, tant l’univers développé pourrait y coller comme B.O. Il rappelle à la fois les gentilles frayeurs de l’enfance au travers d’orchestrations teintées d’une gentille noirceur et des attitudes d’ado par des textes à la saveur décalée (La mam, J’aime pas l’amour)
Olivia Ruiz joue ainsi la petite fille tour à tour schizophrène, fragile, effrayée, frondeuse et surtout dotée d’un sympathique sens de l’humour et d’une répartie assez tranchante, s’appuyant volontiers sur les interpellations venues du publics pour chambrer et mettre en boîte les petits malins présents dans la foule.
La troupe va également jouer le "tube" qu’est Elle panique, When the night comes si mes souvenirs ne me trahissent pas ainsi qu’une ou deux chansons en anglais dont les titres m’échappent mais dont l’esprit me semble se rapprocher des comédies musicales anglaises et plutôt agréable à écouter.
Un Météores tout en douceur puis un Gouttez moi, influencé par le rock indépendant français des 80’s, tentera ensuite de faire réagir un public dont je n’ai pas encore parlé mais qui, à l’exception des premiers rangs et de quelques fans die hard disséminés ça et là dans la salle, m’a paru bien mou. Et c’est à juste titre qu’Olivia Ruiz nous a chambré à ce sujet et il faut lui reconnaître le mérite de ne pas avoir lâché le morceau pour essayé de nous faire remuer un tant soit peu. Peine perdu m’a t’il semblé. C’était à croire que tout le monde était venu en curieux, conseillé par des amis eux aussi.
Thérapie de groupe, avec son thème de la famille déglinguée tout droit sorti du Happy Family des Ramones, et dans le style Mano Négra, ne parviendra guère plus à faire remuer les fesses d’une bonne partie du public de ce soir (public familial mais ça n’empêche rien…).
Bon, le hit Belle à en crever viendra un peu ranimer la foule, suivi de Le saule pleureur et d’une chanson interpréter en Espagnol qui sonnera l’heure du premier rappel durant lequel Olivia présentera son groupe et ses musiciens et offrira deux beaux moments d’émotion, le premier étant l’interprétation de La Llorona de Lhasa, artiste mexicano-américaine décédée cet été, et le second correspondant à un joli tableau final au son d’un orgue de barbarie, le groupe restant figé dans un beau jeu de lumière.
Ces deux heures de concert ne pouvaient toutefois se clôturer autrement qu’avec La femme chocolat, bien que, personnellement, je m’en serais passé car un peu trop entendu sur les ondes radio celle là…mais enfin, je suppose que c’était inévitable.
Ce titre est donc venu mettre un terme à cette soirée et ainsi libérer notre souriant agent d’accueil zélé parti en chasse contre les téléphones-appareils-photos-ipods-portables et dont j’ai oublié de vous parler, mais qui n’a eu de répit de traquer les contrevenants tout au long du concert. Sans trop de succès je crois bien, vu le nombre de photos que j’ai vu prendre autour de moi. Bon, à sa décharge, il avait sûrement des consignes très strictes…mais enfin, c’est vraiment complètement décalé avec la réalité d’aujourd’hui…
Au final, et bien que je trouve son univers et l’ambiance de ses chansons un peu trop enfantin pour mes goûts personnels et par là même un peu lassant, la prestation d’Olivia Ruiz et de son groupe m’a réellement convaincue. Pour peu qu’on apprécie ses albums, il me paraît impératif d’aller rêver avec elle dans son monde.
Pas de photo où on vous met dehors, c’est compris ?"
C’est sur ce charmant accueil que je franchissais le seuil de l’Usine à Istres pour assister à la prestation d’Olivia Ruiz, a laquelle je me rendais, je l’avoue, par pure curiosité, excitée il est vrai par des échos positifs proférés dans mon entourage par des personnes à qui je voue une confiance sans borne. Ils se reconnaîtront.
C’est donc en parfait novice à l’œil et l’oreille candide que je me présentais à 21 h pour profiter, comme annoncé avant le show de la principale intéressée, de la présence de Corleone. Je ne vous en dirai donc absolument rien, étant donné que 21h était l’heure à laquelle leur concert finissait et non pas à laquelle débutait la soirée. Je n’en n’ai, vous vous en doutez, pas vu grand chose. J’ai juste pu voir qu’ils étaient trois. C’est peu comme indication. Et pour les photos prohibées, partie remise.
Bon, a peine le temps de faire marcher le commerce et le bar par la même occasion qu’Olivia Ruiz rentrait en scène.
Très jolie, la scène d’ailleurs, reprenant le concept de son dernier album avec cages à oiseaux rétro pendues sur fond de ciel étoilé, et roses rouges sur les différents pieds de micro.
Très jolie, Olivia Ruiz aussi. Belle comme un cœur, avec une robe au jupon rouge, assortie à l’ambiance installée sur scène.
Et rouge comme les lights en ce début de show, inondant le groupe à son arrivée, renforçant le coté onirique dans lequel Olivia Ruiz et ses acolytes ne vont avoir de cesse de nous emmener au cours des deux heures que vont durer le spectacle.
Le groupe, justement, parlons en. Composé d’une part, si j’ai bien compris, de compagnons de route fidèles depuis ses débuts tel le multi-instrumentiste Frank Marty (guitare, violon, autoharp, ukulélé) ou encore de sa comparse féminine à l’accordéon et au clavier, et d’autre part de collaborateurs plus récents, il participe totalement au spectacle dans son aspect musical évidemment, mais aussi visuel, de part la dynamique qu’il apporte au gré des changements d’instruments, mais aussi par sa présence et son aisance scénique. Il faut également souligner le coté rock’n’roll des musiciens dans le look tout d’abord, tel le bassiste/contrebassiste psycho tatoué aux rouflaquettes, ou Robin à la guitare Gretsch rockabilly, mais surtout dans le son très inspiré par les années 60 Anglaises. Comment ne pas penser au Shadows sur des titres tel que Quedate ?
Le show d’Olivia va faire la part belle à son dernier album, interprété dans sa quasi totalité, et dont le single Les crêpes aux champignon va lancer la soirée, suivi du Quedate susnommé au accent 60’s, de Spit the devil et ses relent country squelettique et de Peur du noir sorte de bande son de film d’animation à la Tim Burton.
Dur, en effet, de ne pas penser à l’Etrange Noël de Mr Jack pendant la prestation d’Olivia Ruiz ou Alice au pays des merveilles, tant l’univers développé pourrait y coller comme B.O. Il rappelle à la fois les gentilles frayeurs de l’enfance au travers d’orchestrations teintées d’une gentille noirceur et des attitudes d’ado par des textes à la saveur décalée (La mam, J’aime pas l’amour)
Olivia Ruiz joue ainsi la petite fille tour à tour schizophrène, fragile, effrayée, frondeuse et surtout dotée d’un sympathique sens de l’humour et d’une répartie assez tranchante, s’appuyant volontiers sur les interpellations venues du publics pour chambrer et mettre en boîte les petits malins présents dans la foule.
La troupe va également jouer le "tube" qu’est Elle panique, When the night comes si mes souvenirs ne me trahissent pas ainsi qu’une ou deux chansons en anglais dont les titres m’échappent mais dont l’esprit me semble se rapprocher des comédies musicales anglaises et plutôt agréable à écouter.
Un Météores tout en douceur puis un Gouttez moi, influencé par le rock indépendant français des 80’s, tentera ensuite de faire réagir un public dont je n’ai pas encore parlé mais qui, à l’exception des premiers rangs et de quelques fans die hard disséminés ça et là dans la salle, m’a paru bien mou. Et c’est à juste titre qu’Olivia Ruiz nous a chambré à ce sujet et il faut lui reconnaître le mérite de ne pas avoir lâché le morceau pour essayé de nous faire remuer un tant soit peu. Peine perdu m’a t’il semblé. C’était à croire que tout le monde était venu en curieux, conseillé par des amis eux aussi.
Thérapie de groupe, avec son thème de la famille déglinguée tout droit sorti du Happy Family des Ramones, et dans le style Mano Négra, ne parviendra guère plus à faire remuer les fesses d’une bonne partie du public de ce soir (public familial mais ça n’empêche rien…).
Bon, le hit Belle à en crever viendra un peu ranimer la foule, suivi de Le saule pleureur et d’une chanson interpréter en Espagnol qui sonnera l’heure du premier rappel durant lequel Olivia présentera son groupe et ses musiciens et offrira deux beaux moments d’émotion, le premier étant l’interprétation de La Llorona de Lhasa, artiste mexicano-américaine décédée cet été, et le second correspondant à un joli tableau final au son d’un orgue de barbarie, le groupe restant figé dans un beau jeu de lumière.
Ces deux heures de concert ne pouvaient toutefois se clôturer autrement qu’avec La femme chocolat, bien que, personnellement, je m’en serais passé car un peu trop entendu sur les ondes radio celle là…mais enfin, je suppose que c’était inévitable.
Ce titre est donc venu mettre un terme à cette soirée et ainsi libérer notre souriant agent d’accueil zélé parti en chasse contre les téléphones-appareils-photos-ipods-portables et dont j’ai oublié de vous parler, mais qui n’a eu de répit de traquer les contrevenants tout au long du concert. Sans trop de succès je crois bien, vu le nombre de photos que j’ai vu prendre autour de moi. Bon, à sa décharge, il avait sûrement des consignes très strictes…mais enfin, c’est vraiment complètement décalé avec la réalité d’aujourd’hui…
Au final, et bien que je trouve son univers et l’ambiance de ses chansons un peu trop enfantin pour mes goûts personnels et par là même un peu lassant, la prestation d’Olivia Ruiz et de son groupe m’a réellement convaincue. Pour peu qu’on apprécie ses albums, il me paraît impératif d’aller rêver avec elle dans son monde.
Signature : jorma
le 08/04/2010
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le 08/04/2010
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Photographe : -clo-
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