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Mercredi 30 mai 2012 : 9396 concerts, 20898 critiques de concert, 4722 critiques de CD.

Critique de concert Paolo Fresu Devil Quartet


Paolo Fresu Devil Quartet en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime

Une fumée est diffusée, joliment colorée par les projecteurs de l’immense scène du Grand Théâtre de Provence. Un quartet prend place, pour moitié conforme au Devil Quartet habituel. Entre le guitariste Bebo Ferra malade, un trajet aérien improbable Pise/Munich/Marseille qui a fait atterrir Paolo Fresu deux heures seulement avant le début du spectacle et d’autres péripéties que se plaît à nous narrer le trompettiste, ce concert a bien failli ne jamais avoir lieu.
La formation est inédite donc, et les répétitions ont été quasi inexistantes. C’est peut-être la raison de la loquacité du Sarde. Meublerait-il pour parvenir à l’heure et demi prévue ?
De diabolique, ce quartet n’a que le nom. Il suffira de deux notes de trompette accompagnées par la guitare pour nous en convaincre. Une ballade de l’alité Bebo Ferra. Encore une fois, l’acoustique de cette salle fait merveille. La trompette semble surgir des fauteuils qui me cernent.

Paolo Fresu By McYavell - 110208c

La gestuelle du trompettiste ajoute à la magie : verticalité de la trompette vers le haut tel un loup qui hurle à la mort, vers le bas comme pour souligner son attachement à Miles Davis.
Moins prenantes sont les plages où il use / abuse de boîtes à effets et où son bugle se fourvoie dans la fusion.
Les effets sont cependant du plus bel dans Mimi de Paolino Dalla Porta, tout comme les cliquetis de batterie et la dernière note de bugle qui dure une trop courte éternité.
D’autres ballades (Ninna Nanna, et un Hymne à la Vie) nous confortent dans l’idée que l’appellation de son quartet il y a une dizaine d’années – Angel Quartet - est plus significative du contenu que la nouvelle.

Lors de ses longs monologues, Paolo Fresu évoque un documentaire sur un groupe de Palestiniens et d’Israëliens qui ont essayé de vivre ensemble 15 jours et pour lequel il a composé Moto Perpetuo puis nous fait partager la tristesse qui fut la sienne lors de la mort de Fellini. Le titre qui en résulte, écrit dans le train Florence – Bologne le soir-même de la disparition du "Maestro" fait pleurer conjointement la contrebasse et une trompette assourdie pour la seule fois de la soirée.

Paolo Fresu Devil Quartet :
Paolo Fresu : bugle, trompette / Roberto Cecchetto : guitare / Paolino Dalla Porta : contrebasse / Joël Allouche : batterie.


Paolo Fresu By McYavell - 110208h



 


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