Lundi 28 mai 2012 : 9085 concerts, 20891 critiques de concert, 4722 critiques de CD.
Big Band de Pertuis
Pertuis (84) du 1er au 6 Août 2011 Dans ces mélanges de sons, de rythmes se font entendre des styles différents comme le swing, des répertoires dits de création ou encore plus festif avec une soirée salsa.
(critique écrite le 18/09/2010 par Mcyavell) New Bumpers Revival Jazz Band
A ce niveau-là, ce n’est plus de la nostalgie. Aucun des spectateurs présents n’était né lorsque Duke Ellington a créé la pièce la plus récente jouée ce soir (Jubilee Stomp). Parlons plutôt d’Histoire du Jazz mise en musique par le New Bumpers Revival Jazz .../...
A ce niveau-là, ce n’est plus de la nostalgie. Aucun des spectateurs présents n’était né lorsque Duke Ellington a créé la pièce la plus récente jouée ce soir (Jubilee Stomp). Parlons plutôt d’Histoire du Jazz mise en musique par le New Bumpers Revival Jazz Band.
Le souci du détail est poussé à l’extrême pour interpréter ces bijoux dénichés par Fred Dupin, trompettiste et créateur de cette formation voilà dix ans. Tout d’abord, les titres sont joués dans l’ordre chronologique avec une petite explication en prime. Et puis il y a ce son qui nous plonge dans les années 20 sur les bords du Mississippi :
Le banjo, la washboard et un tubaïste du cru ramené par Fred Dupin lors de son dernier voyage à la Nouvelle-Orleans assoient une rythmique revival ; Jérôme Gatius a déniché un C-melody sax, instrument rare qu’utilisait Frank Trumbauer. Il le dépoussière pour interpréter son Singin’ The Blues ;
Les souffleurs nous font partager la joie manifeste qu’ils affichent à prendre le relais l’un de l’autre ou à rendre plus festif encore le chorus du voisin ;
Le son du piano en arrive à nous sembler métallique. Ne manquent que les grésillements d’un disque trouvé dans le grenier des grands-parents.
Une petite décennie défile en 70 trop courtes minutes : des reprises de légendes du jazz comme Louis Armstrong (Struttin’ With Some Barbecue, Hot Five And Hot Seven, Perdido Street Blues), Duke Ellington (Jubilee Stomp) ; d’autres de jazzmen méconnus : Jerry Roll Morton (King Porter Stomp, The Chant), William Christopher Handy (Careless Love), Paul Whiteman (King Chanticleer), Charley Patton (Shake It & Break It).
Anachronique est le rappel puisque Petite Fleur de Sidney Bechet, pièce qui n’a même pas 60 ans, vient clore ce plateau, le plus émouvant de la semaine.
New Bumpers Revival Jazz Band : Olivier Lancelot : piano / Jérôme Gatius : clarinette, saxophones / Laurent Mastella : banjo / Suzanne Barthez : washboard / Fred Dupin : trompette / Jérôme Laborde : trombone / Tom Sanders : tuba.
Bonus vidéo : Singin’ The Blues
Côte Ouest Big Band
Œillet rouge à la boutonnière, costume noir, chemise blanche, nœud pap’ noir, voilà les classieux musiciens du Côte Ouest Big Band. Ce jazz band fut créé en 1982 par amour de la West Coast et des années 50. Ne pas confondre avec le West Coast Big Band qui se produira ici-même le surlendemain. Sur le papier, ce n’est pas mon jazz préféré. Mais dans la pratique, Dizzy Gillespie, Duke Ellington et Count Basie sont à l’honneur, de même qu’un Brésilien, un Portoricain et des Anglais de Liverpool, côte Ouest du Royaume-Uni il est vrai.
Mais les arrangements font sonner le tout très West Coast dans une setlist où Hollywood est omniprésente :
1 ? (Count Basie) / 2 Four Brothers (Woody Herman) /
3 When You’re Smiling (Tom Kubis) / 4 Can’t Buy Me Love (Beatles) /
5 A Night In Tunisia (Dizzy Gillespie) / 6 The Girl From Ipanema (Antonio Carlos Jobim) /
7 It Had Be Better Tonight (Henry Mancini) / 8 I’ve Got You Under My Skin (Cole Porter) /
9 Perdido (Juan Tizol) / 10 I’ve Got The World On A String (Les Brown) /
11 The Lady Is A Tramp (Richard Rogers & Lorenz Hart) /
12 Medley (Mannix, *voir vidéo, Mission : Impossible, James Bond) /
13 Fly Me To The Moon (Bart Howard) / 14 ? /
15 Li’l Darling (Count Basie, paroles d’Henri Salvador) /
16 I’m Beginning To See The Light (Duke Ellington) / 17 One Note Samba (Antonio Carlos Jobim) /
18 Have You Met Miss Jones (Richard Rogers & Lorenz Hart)
Rappels : 19 New York, New York (John Kander / Fred Ebb) / 20 All Of Me (Gerald Marks & Seymour Simons)
* bonus vidéo : retrouvez le titre.
J’offre personnellement une place aux soirées du lundi, mardi, mercredi et vendredi de l’édition de l’année prochaine aux trois premières bonnes réponses (à condition que ce merveilleux festival reste gratuit).
La chanteuse de ce soir se nomme Veronika Rodriguez. Elle est dotée d’un joli brin de voix et d’un bon sens du rythme comme sur ce très réussi duo scat / saxo avec Jean-Philippe Vidal - créateur et directeur du COBB - sur A Night In Tunisia. Mais la justesse de sa voix s’étiole quelque peu en fin de soirée et encore une fois, je préfèrerai les pièces 100 % instrumentales : le medley fut un pur bonheur de même que les cuivres qui se succédèrent au micro pour effectuer d’exquis tuilages. La côte Ouest a tout de même du bon…
Le jeudi étant le jour de la salsa, je ne reviendrai qu’après-demain pour peut-être me faire définitivement conquérir par ce jazz-là avec leurs presque homonymes du West Coast...
(critique écrite le 31/08/2010 par Mcyavell) Quartet Kempachy
La moyenne d’âge la moins élevée – et de loin – de ce festival. Le Quartet Kempachy est issu de l’Institut Musical de Formation Professionnelle de Salon-de-Provence. Se succèdent ballades et jazz moderne, reprises de standards et compositions personnelles. Dans la première .../...
La moyenne d’âge la moins élevée – et de loin – de ce festival. Le Quartet Kempachy est issu de l’Institut Musical de Formation Professionnelle de Salon-de-Provence. Se succèdent ballades et jazz moderne, reprises de standards et compositions personnelles. Dans la première catégorie, Someday My Prince Will Come vous surprend par son originalité si vous ne connaissez que la version chantée par la voix de Blanche Neige ou susurrée par la trompette de Miles Davis. Ici, c’est le saxo d’Olivier Chaussade qui en joue brillamment le thème. Une invitation à trouver une place plus près de la scène. Plus tard seront adaptées avec autant de brio une composition de Wayne Shorter, Impressions de John Coltrane et Empty Pocket Blues.
Dans la seconde catégorie, une pièce résume à elle seule le quartet : Psycho Groove est son nom. Groove ? La contrebasse et la batterie s’en chargent. La rythmique est en effet telle que votre corps tressaute en rythme sans que vous ne puissiez rien maîtriser. Psychos ? Le saxophoniste et le pianiste le sont. La main droite de Ludovic Pradarelli semble possédée et parcourt à vive allure toute la largeur du clavier. Le solo d’Olivier est impressionnant à double titre : par sa maîtrise tout d’abord, par l’impression qu’il donne de ne pas forcer ensuite. Là où la plupart des saxophonistes se contorsionnent pour extirper les notes les plus folles de leur instrument, lui se tient bien campé sur ses jambes et obtient le même résultat. On se demande alors ce qu’il adviendrait s’il venait à se transcender. Il n’a que 20 ans et un grand avenir lui est promis. A revoir d’urgence.
Le petit discours de Léandre Grau pour essayer d’endiguer les trois nuisances du festival (déplacements pendant les pièces, buvette bruyante, gamins non contrôlés par les parents) est subtil et plutôt efficace.
Le Bandol Jazz Orchestra sous la direction de Denis Gautier subira en effet moins d’allées et venues que le Big Band de Pertuisla veille.
C’est une formation dans la plus pure tradition des big bands classiques. Pour preuve, la constitution de leur setlist :
1 Satin Doll (Duke Ellington*) / 2 Jumpin’ At The Website (Lenny Stack) /
3 I’m Beginning To See The Light (Duke Ellington*) / 4 Cry Me A River (Arthur Hamilton) /
5 How High The Moon (Morgan Lewis) / 6 Freckle Face (Count Basie) /
7 Love For Sale (Cole Porter) / 8 All Of Me /
9 A Night In Tunisia (Dizzy Gillespie) / 10 Jumpin’ At The Woodside (Count Basie) /
11 Summertime (George Gershwin) / 12 Too Close For Comfort /
13 Fever (John Davenport) / 14 Take The ‘A’ Train (Duke Ellington*) /
15 Perdido (Duke Ellington*) / 16 Douce Ambiance (Django Reinhardt) /
17 Caravan (Duke Ellington*) / 18 Mack The Knife (Louis Armstrong)
Rappels : 19 In The Mood (George Gershwin*) / 20 April In Paris
*Le musicien entre parenthèses, notamment Ellington, n’est pas toujours le compositeur mais celui qui a rendu la pièce célèbre.
Bref, que du lourd, des thèmes joués par les plus grandes formations de l’histoire du jazz. Ca vous fait saliver, hein ? Le hic c’est qu’une voix intervient sur la majorité des titres. Une chanteuse dans un big band doit apporter un plus. C’est loin d’être le cas pour celle-ci qui a paraît-il été très bonne pendant les balances. Je veux bien le croire. Le trac est peut-être la cause de sa "prestation". Je préfère garder en mémoire les arrangements de Denis Gautier sur Perdido et Love For Sale, ses beaux soli de bugle sur ce dernier titre et sur Freckle Face, l’originale teinte latino donnée à Summertime avec les quatre trompettes sur le devant de la scène, la prestation du guitariste Emile Mélenchon sur Douce Ambiance et surtout la superbe interprétation de Jumpin’ At The Woodside.
Les enchaînements sont sobres et instructifs. J’étais depuis toujours persuadé qu’In The Mood avait été composé par Gershwin, j’apprends que c’est un certain Joe Garland qui l’a écrit. Prochaines découvertes demain…
(critique écrite le 27/08/2010 par Mcyavell) Ah non ! Pas ce soir ! Le temps ne va pas s’en mêler !! C’est LE jour de l’année où la pluie est interdite à Pertuis. Jusqu’au dernier moment, le doute rôde et les infos circulent par téléphone :
"- Il vient d’y avoir une grosse averse à Grambois !
- A Aix , il a plu toute la journée !"
Mais .../...
Ah non ! Pas ce soir ! Le temps ne va pas s’en mêler !! C’est LE jour de l’année où la pluie est interdite à Pertuis. Jusqu’au dernier moment, le doute rôde et les infos circulent par téléphone :
"- Il vient d’y avoir une grosse averse à Grambois !
- A Aix , il a plu toute la journée !"
Mais les dieux du Big Band veillent. Les nuages contourneront leur fief en cette première semaine d’août.
TartÖprunes
Comme chaque année, ce sont les petits jeunes du cru qui ouvrent le Festival. La bonne humeur est toujours présente, la preuve sur la présentation du programme : "figures de poulpe du Ska-Jazz en Luberon, modèles de réussite de l’ascenseur anti-social… Savourez sans modération les derniers crus de la new musique, de Vivaldi à Daniel Guichard…" C’est davantage délirant encore sur leur espace.
De Vivaldi à Daniel Guichard est à peine exagéré. Leur palette est grande avec la part belle au reggae. Je les préfère de loin dans les reprises de Black Trombone de Gainsbourg ou de Dave Brubeck qu’en rastafaristes ou en Englishmen in New York. D’autant que le chant n’a jamais été un des points forts de TartÖprunes et que cette année ne déroge pas à la règle.
Un bon bol d’air frais en tout cas et un tremplin pour ces jeunes tous issus de l’Ecole de Musique de Pertuis. On retrouvera Romain et Hugo (trombonistes), Maxime (batteur) et Clément (guitariste) après la pause dans le BBP. L’ambiance bon enfant du festival se retrouve année après année à la buvette ou dans les gradins.
Big Band de Pertuis
Par exemple à l’issue de la traditionnelle remise des prix pour récompenser les lauréats des plus belles affiches : lorsque Bruno (bassiste du Big Band et organisateur dudit concours) est présenté en ces termes par Léandre Grau : "Instituteur à la retraite qui s’est reconverti agriculteur", une voix s’élève dans la foule : "- Eh bé au moins maintenant, tu travailles !" Une autre voix (ou peut-être la même ?) sera, elle, lourdingue le reste de la soirée, réclamant que le festival devienne payant pour se débarrasser des gens qui vont et viennent dans les gradins. Discutable tant sur le fond que sur la forme : sur le fond d’abord, le Festival payant du village voisin de la Tour d’Aigues la semaine suivante a pâti des mêmes nuisances sonores (avec des gradins plus bruyants encore) ; sur la forme ensuite, ses remarques dérangeant autant que les allées et venues et s’adressant même à des personnes assez courtoises pour patienter jusqu’à la fin de la pièce jouée avant de se déplacer.
Mais venons-en à la musique. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre dans les gradins : le nouveau chanteur du Big Band de Pertuis serait exceptionnel. Une dame me confie même qu’elle est venue exprès pour lui d’Avignon et qu’elle le suit à chacun de ses concerts. "Il a la voix de Joe Cocker" dit-elle.
Il n’est pas encore en scène pour les deux premières pièces écrites par Sammy Nestico dont Freckle Face. Les six saxos, quatre trombones et six trompettes renvoient les derniers nuages à peine menaçants au nord du Luberon. Et les premiers soli retentissent (trompette, piano), brillants comme toujours.
Voilà donc Fred Messadi sur Come Fly With Me. Belle voix effectivement, à mi-chemin entre Sinatra et Cocker avec un bémol toutefois : son utilisation fréquente de l’anglais yaourt. C’est systématique dans les chansons rythmées (I’ve Got You Under My Skin, Let The Good Times Roll), ça l’est moins dans les ballades (merveilleuse My Funny Valentine). Il nous fera même du français yaourt sur Vieille Canaille.
Dans tous les cas, l’accompagnement est irréprochable. Le Big Band ose être plus avant-gardiste qu’à son habitude en reprenant deux titres d’Ivan Jullien présent l’année dernière dans ce festival : Auntie Malibran et une mazurka. Pari réussi.
Le reste est très classique : Fables of Faubus de Charles Mingus, Love For Sale de Cole Porter, Whirly Bird de Count Basie…
Après l’indispensable In The Mood final, tout le monde semble être d’accord pour dire qu’ils n’ont jamais été aussi bons. Pour ma part, je préfère rester sur le souvenir de la prestation de l’année dernière dans laquelle les soli me semblaient plus réussis. Ma femme me dit que je deviens difficile…