A notre arrivée à la
Fiesta Des Suds, un dilemme insolvable se présente à nous : Venus principalement pour entendre deux artistes ... Il va falloir choisir entre
Dionysos et
Frédéric Nevchehirlian, puisqu’ils jouent quasiment en même temps, le premier sous le chapiteau et le second dans la Salle des Sucres. C’est juste la loose, surtout que nous le découvrons en arrivant (vu qu’il n’est pas possible de voir les horaires de passage sur leur site avant ... Point largement perfectible selon moi). Donc, une fois n’est pas coutume et nous allons devoir nous couper en deux et de pas assister à l’intégralité des deux concerts (l’option de nous séparer pour faire deux chroniques en parallèle ne nous emballant pas). Et il faut reconnaitre que ce choix va s'avérer plutôt judicieux ...
On commence donc par
Dionysos (3 premiers morceaux seulement autorisés pour les photos obligent) et puis nous prévoyons de faire quelques allés-retours, pour voir un maximum de chaque, pour capter et humer l’atmosphère au mieux.
Les lumières sont encore allumées que l’on entend déjà des chants d’oiseaux ... Sans aucun doute annonceurs de nos drôles d’oiseaux. Puis cassure de cette apparente poésie par la musique de
Dark Vador et des spots qui se mettent à tournoyer. Ils entrent tous en scène au pas cadencé, en se suivant.
Mathias en gros oiseau rouge, costumé de noir (relayé sur un écran géant à droite de la scène) et tous les mecs en costards noirs cravates rouges ... Les mains se lèvent. Il monte sur son retour et tombe la tête de piaf, avec
Bird’n’Roll qui apparait en lettres blanches sur le fond de scène. Le tout devant un public qui hurle déjà et danse sur place à tout va.
La batterie est toute en hauteur et bien mise en valeur sur la gauche. Idem pour le clavier au centre. Le duo chanté de
Mathias et de
Babet (qui a revêtue une robe froufroutante à poids et mis des plumes rouges dans ses cheveux attachés) est très théâtralisé (ce qui ne m’étonne pas), à renfort de petits zoziaux, de port de bras façon Lac des Cygnes et tous deux nous disent
"Bonsoir" en sifflotant. On en est qu’à la première et déjà il se jette dans le premiers rangs ... Que nous réserve la suite ?!!
June Carter En Slim démarre et en un clin d’œil
Mathias passe de à genoux à un énergique Marsupilami (même le p’tit mec en noir qui remet les fils des micros en place en 2/2 sur la scène est speed !) Ses genoux s’entrechoque. Il fait signe de la main pour faire monter la sauce encore un peu plus. Le duo infernal nous fait un passage quasi à capella et joue sur ces deux voix qui se répondent en canon, avec une batterie qui se fait de plus en plus présente ... C’est plutôt top !
Mathias attrape les instruments et les lance un par un.
Babet chante et violonne, pendant que lui se plie sur son micro pour crier à son cœur de se taire dans un jeu de scène qui se trouve être très fort et assez intense. Petite musique qui commence ... Avec un tout petit banjo. Et quelques mots parlés, pour une fin toute en poésie.
Pour respecter notre timing et jouer le jeu de la multi scène, nous partons après ces trois premiers morceaux pour la Salle des Sucres, en espérant ne pas trop perdre le fil de la soirée et retrouver nos démons de la scène sur la même folle énergie ...
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On quitte donc sur les chapeaux de roues
Mathias pour aller retrouver
Frédéric ... en route. On quitte le star système de
Dionysos pour une salle beaucoup moins remplie ... Dommage. Pas du tout convaincue pour ma part que ce choix de programmation soit judicieux, mais bon, je pense que mon avis importe bien peu à la prog. Et en plus, il semble que notre chanteur-poète a essuyé en début de set des problèmes techniques (à ce que nous comprenons en arrivant). Ce qui va être la marque de fabrique de la soirée, puisque sous le chapiteau que nous avons quitté il va en être de même (mais nous ne le découvrirons que plus tard) !!
"Nous, on est dans une apocalypse ici !" Qu’à cela ne tienne, il nous raconte comment a commencé son projet de mettre en musique des textes de
Prévert. Il était une fois ...
La Lettre A Janine. Le son est superbe, quoi qu’il se soit passé avant. La configuration de scène est peu banale (mais Monsieur
Nevchehirlian nous a déjà habitué à quelques fantaisies au
Théâtre des Salins !!) : La batterie est de profil sur la droite et le guitariste nous fait face aux côtés du bassiste et de
Frédéric. Ce dernier commence à gratter son instrument pour lui donner un soupçon d’andalou et se met à chanter hors micro ... Pour terminer par ces mots magiques :
"Je t’embrasse joli corps. Embrasse-moi. Jacques".
Et puis, à côté, il y avait un autre texte. C’est celui de
Citroën, qui commence par une guitare très électrique et son regard noir quand il nous parle des ouvriers du magnat de l’automobile. L’instrument s’affole sur
"Millions Millions ... Citron Citron" Une chanson incroyablement d’actualité. Qui parle fort par les temps qui courent et qui va même se terminer par un
"Vive la grève !" crié le poing levé.
Il continue en sifflant, en tapant du pied et en frappant du poing sa guitare, dans une marche fière. Tout en continuant à nous jeter un œil terrible. Criant son texte plus qu’il ne le chante. L’articulant à l’extrême, presque de manière exagérée (et toujours très loin du micro). Son talon rageur entre dans le sol. Il hurle à présent après ce Professeur
"du tableau noir du malheur" ... Morceau fort et unique s’il est est.
"Le Soleil Brille Pour Tout Le Monde. Il ne brille pas ..." Julien Lefévre est passé au violoncelle et
Frédéric nous parle de ses oubliés du bonheur, sous les coups de métronomes de ses cordes et le regard rivé sur l’horizon. Il se met à chanter sa complainte dans le corps même de sa guitare qui lui fait écho. Le violoncelle passe de la corde nue à l’archet et
Nevchehirlian termine un genou à terre et le poing fermé, dans une raie de lumière ... Que dire, sinon que je suis juste scotchée et que
Dionysos va devoir m’attendre. Désolée, mais je ne peux vraiment pas lâcher un truc pareil !
La guitare sèche à
Marche Ou Crève donne un rendu beaucoup plus folk, ce qui va tellement bien aussi à sa voix qui peut vous faire passer du froid dans le dos de ces textes criés, au chantant (tout sourire) selon ses envies. Le public se met à chanter et cela semble à son goût. Il vient taper du pied devant nous, improvisant même quelques pas de danse, guitare à la main.
"Il reste 10 minutes. On va changer le programme ..." Ça commence par
Tout (de
Monde Nouveau Monde Ancien, son album précédent), qu’il va dédicacer à
Jacques Prévert (selon lui la moindre des choses pour tous ses textes). Il tient des feuillets à bout de bras gauche, pendant que sa main droite semble dessiner des volutes mystérieuses. Il y a bien ce fond de guitare, de basse et de batterie mêlées, mais ses paroles sont musicalité à elles seules. Et il y a presque un regard pour chacun de nous. Les feuilles tombes une à une et le rythme devient de plus en plus rapide, tout en montant en intensité. Elles volent à présent et ses mots se perdent dans un véritable tourbillon. Ça déchire grave. Il vit tout cela avec une force inouïe. C’est juste poignant. Le public crie, siffle, clappe ... Lui est touché de ce retour et lâche un
"Trop bien ... Merci, c’est trop bien" presque rougissant de plaisir.
Pour terminer, ce sera une nouvelle chanson, pour faire quelque chose de spécial ce soir. Après l’ouverture faite par
Gari Greu et son titre officiel pour
Marseille 2013 :
Export Import,
Nevchehirlian propose celle-ci pour devenir l’hymne de
Marseille 2014 :
Rendez-nous L’argent (qui sera sur son prochain album). Ils se mettent donc à crier tous les quatre des
"Rendez-nous l’argent !" en décalés, en s’acharnant sur leurs instruments. Un texte extrêmement fort et culotté, avec ce refrain improbable ... Moi je vote pour Monsieur
Nevchehirlian en 2014 !! (et vive la polémique. Raz-le-bol des biens pensants et des projets fumeux à je ne sais combien de million d’euros, quand tout le monde est dans la merde !) La chanson tourne bientôt au slogan, repris par une bonne partie de la salle (du moins dans les premiers rangs, je vous le garantis !) Lui est content de son effet (et même carrément ravis je devrai dire !)
Il va nous quitter non sans saluer, le corps plié en deux. La scène est en train d’être démontée, mais qu’à cela ne tienne ... Ils reviennent quand même saluer une seconde fois, sous des bravos plus que mérités et une salle pour le moins retournée par toutes ces émotions !!
Mais le programme reprend les rênes de notre soirée et a peine remis de la déferlante
Nevchehirlian, il nous faut retourner vers la tornade
Dionysos ... Pour une soirée de
Fiesta, c’est une soirée de fiesta !!
Frédéric Nevchehirlian : Chant - Guitare & Percussion
Julien Lefévre : Violoncelle & Guitare
Stéphane Paulin : Basse
Gildas Etevenard : Batterie
Setlist
1 - Intro : Liftier
2 - Paroles Prévert
3 - J’ai Grandi
4 - Attendez-moi Sous L’orme
5 - La Lettre A Janine
6 - Citroën
7 - Le Cancre
8 - Le Soleil Brille Pour Tout Le Monde
9 - Marche Ou Crève
10 - Tout
11 - Rendez-nous L’argent
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Après notre excursion, plus que riche en émotions, au pays de
Nevchehirlian, nous voici de retour sous le chapiteau de
Dionysos. Et c’est en retrouvant des amis au passage que nous apprenons que nous n’avons pas louper tant que ça de leur prestation, puisqu’ils ont fait les frais d’une coupure de son. Alors, vous connaissez comme tout le monde (j’imagine) la capacité d’adaptation, l’énergie et l’humour de Mr.
Malzieu ... Après avoir fait des mimiques de playback et joué l’andouille (pensant que tout allait rentrer dans l’ordre en quelques minutes à peine), il s’est lancé dans un crowd surfing avec tous ces petits camarades, pour occuper un public qui n’a pas boudé son plaisir, malgré la contrariété de voir le concert interrompu. Mais cet intermède n’ayant pas suffit à meubler l’espace suffisamment longtemps, ils ont dû se résigner à abandonner la scène ... Le temps nécessaire pour les techniciens au taquet de
La Fiesta de remettre tout cela d'aplomb. Bref, on a bien fait de profiter tout notre saoul du concert de la Salle des Sucres et nous revenons à temps pour assister à la fin de ce Set musclé et épique (quelle soirée décidément !).
A peine arrivés, on assiste à la proposition de
Mathias de faire monter le public sur scène, mais pour ce faire, il n’a que 8 secondes chrono ! Le décompte commence et se termine sur une pluie de confettis. Une belle ambiance de saltimbanque, avec le public qui le porte comme une danseuse du
Moulin Rouge ... Ça c’est du show !! Il se remet même de ses émotions en s’exclamant :
"On peut les applaudir, mais elles m’ont tout débraillé !!".
Le rythme ne se relâche pas et ils se mettent tous à danser comme des fous pour
Jedi, avec le public qui en fait de même, tous les bras en l’air (tant est si bien qu’il est difficile de dire qui s’éclate le plus).
Babet est véritablement montée sur ressorts.
Mathias commence les phrases que le public, qui s’est transformé en une mer de mains levées sautillantes, termine. Le sol en bouge sous mes pieds et le tout se termine guitare sur la tête !!
"Merci !! Normalement on fait le coup du rappel, mais on va gagner 1/4 d’heure !" il prend quand même le temps de nous présenter toute la troupe ... Avec spéciale dédicace à
Stéfano (
Stéphane Bertholio), grâce à qui le courant est revenu, qui nous offre un solo de
"perceuse" façon tondeuse à gazon qui démarre et un public qui ponctue le tout par des
"Olé !" Pour un peu, on se croirait dans un jeu vidéo avec leurs bidouillages de sons ;) !!
Ce rappel, qui n’en est pas un, commence avec des bruits de vinyle qui crisse et un
Mathias qui frôle le grand écart. Des rayons lasers rouges balayent la scène et le public. Il jette sa veste en l’air et demande des encouragements pour tomber la cravate, puis saute encore dans le public, mais cette fois sous une pluie de confettis. On croit voir un plongeur qui remonte le torrent du public à contre courant. Il s’arrête juste avant la table de mixage pour recommencer à chanter dans un mégaphone, puis reprend sa traversée dans l’autre sens, pour se faire cueillir comme une jeune mariée par son clavieriste ! S’en suivent saut de carpe, rondade arrière et poirier (je pense qu’il est fin prêt pour l’équipe de France de gym), avec retour sur ses pieds au bord du déséquilibre. Pour accompagner sa grosse voix, éclairs et tonnerre sont au rendez-vous, avec son cœur qui bat et accélère au rythme de la guitare et de la batterie. Il remet sa tête d’oiseau (j’imagine que la boucle est bouclée) et il annonce :
"Mon nom est Tom. Le plus mauvais cascadeur de la galaxie !"
Le public est totalement enflammé. Ils s’alignent tous pour saluer (toujours sur la musique) ... C’est une véritable ovation, toutes les mains levées (si grand tous les 6, avec la toute petite Babet ;) !!)
Ils vont rester longtemps ainsi, penchés en avant vers nous ... Joli salut, avec plus un poil de sec ! Presque aussi long qu’un morceau, avec comme une hola, mais de tout le monde en même temps.
Mathias reste un peu seul. Il reprend quelque chose sans micro avec son harmonica ... Mais il n’y a que les premiers rangs qui peuvent l’entendre. En tout cas, ça fait taper des pieds un max !!
Mathias Malzieu : Chant - Guitare & Banjo
Elisabeth Maistre : Chant & Violon
Michaël Ponton : Guitare
Guillaume Garidel : Basse & Contrebasse
Stéphane Bertholio : Clavier
Eric Serra-Tosio : Batterie
Setlist
1 - Bird’n’Roll
2 - June Carter En Slim
3 - Tais-Toi Mon Cœur
4 - Dreamoscope
5 - Le Grand Cheval Aux Yeux ...
6 - Coccinelle
7 - Miss Acacia
8 - Mac Enroe’s Poetry
9 - Cloudman
10 - Jedi
11 - Spidergirl
12 - Wet
Chronique réalisée par l’équipe de
Concerts en Boîte