février/mars 2010 - France La nouvelle édition de ce festival dédié à la musique blues sous toutes ses formes continuera à sillonner les routes de France avec des artistes émergents et indépendants... Chaque année, Les Nuits de L’alligator permettent aux amateur de blues et de rock 'n roll de découvrir moult groupes classieux.
Ve 19 février 2010 (20h) Les Nuits De L'alligator : One Man Superstars + Reverend Beatman + Bob Log III + Honkeyfinger + King Automatic + Hound Dogg Rec Sound System
Avis de tempête blues rock 'n roll world sur l'Auvergne en ce samedi soir, après un vendredi plutôt chaud avec Araban & Friends... Pour le passage de la caravane 2010 de l'excellent festival itinérant Les Nuits de L'Alligator à Clermont-Ferrand, le public a eu l'occasion de découvrir en live le one man band de trash blues Honkeyfinger, le blues world de Vieux Farka Touré, le duo rockabilly The Agitator et les démoniaques bluesmen très rock 'n roll de Henry's Funeral Shoe... Dehors, le vent soufflait très très fort, mais à l'intérieur de la Coopé, il y avait également de quoi être décoiffé par la tornade de musiques dérivées du blues... Jugez plutôt :
Honkeyfinger, un blues sacrément authentique, joliment dégueulasse et hyper rock 'n roll...
Seul avec son micro, sa guitare, sa loop station (pour se sampler), son harmonica et sa batterie jouée au pied, le terrifiant barbu se cachant sous le pseudo de Honkeyfinger fait immédiatement plaisir à tous les fans de blues joué en dépassant le mur du son et la barrière des convenances trop propres. Les autres membres de l'auditoire partent en courant, effrayés par le raffut de tous les diables que fait ce monsieur pour le moins en colère. Toute la musique qu'il aime, lui aussi, elle vient du blues. Mais un blues sacrément authentique, joliment dégueulasse et hyper rock 'n roll. Avec sa voix de Belzébuth en pétard, ses riffs tétanisants de guitare ou d'harmonica sursaturés et ses rythmes saccadés délivrés à l'aide de sa grosse caisse, Honkeyfinger envoie du lourd, du très lourd. Il faudrait juste penser à enchainer plus ou à raconter des blagues salaces comme Bob Log III pendant les temps morts et ce serait absolument parfait !
Vieux Farka Touré, de bien belles invitations à la transe et à la danse !
Aperçu brièvement au festival Roskilde sur une grande scène, on savait déjà que le fils du regretté Ali Farka Touré, Vieux Farka Touré était un as du mélange blues du désert n' world reggae zouk... Mais, là dans le Club de la Coopé, il nous a carrément transporté au paradis avec un set, certes trop court, mais truffé de morceaux enlevés, pittoresques, versatiles et fleurant bon la vraie Afrique. Souriant, enthousiaste, en forme olympique et accompagné par un excellent groupe (calebasse, batterie, basse, guitare sèche) Vieux Farka Touré fait montre d'un indéniable talent pour chanter une sorte de blues gai, jouer de la guitare électrique (avec une virtuosité au service des morceaux) et partir de manière épatante en vrille dans tous les styles abordés : blues du désert, reggae, world, zouk etc etc. De bien belles invitations à la transe et à la danse ! La joviale énergie et les ondes positives dégagées sur scène irradient en effet toute la salle, qui n'a de cesse de bouger son corps et de sourire. Ravi par l'accueil, Vieux Farka Touré se fendra, entre deux francs éclats de rire et autres facéties chorégraphiées avec ses acolytes, d'une phrase de sincères remerciements disant en substance : "Tous ces sourires en face de soi, ça donne envie de jouer !" Une telle décontraction, une telle joie de vivre et un tel talent, ce n'est franchement pas commun ! Et ça fait du bien...
The Agitator, va parfois taquiner Elvis sur son trône de king of rockabilly...
Juste après, The Agitator aura du mal à convaincre autant le public, qui commence un peu à s'éparpiller ou à partir... Il faut dire que la formule du duo anglais The Agitator - un chanteur + un batteur, et rien d'autre - est un peu répétitive ; malgré le talent vocal, mélodique et rythmique des deux hommes, au bout de quelques chansons, on se lasse un tout petit peu. Il faut néanmoins signaler de très nombreux morceaux bien foutus - déjà remarqués aux Transmusicales de Rennes en décembre 2009 - où The Agitator va taquiner Elvis sur son trône de king of rockabilly : dans ces moments-là, la voix puissante, pleine d'aspérités et gorgée de vie se lance dans de très impressionnantes acrobaties, boostée qu'elle est par un batteur aussi infatigable que remonté comme une pendule. A suivre...
Henry's Funeral Shoe, à faire se damner un fan des Black Keys.
La soirée se termine par un set high energy de Henry's Funeral Shoe, un duo anglais sacrément doué pour délivrer des blues rock songs à faire se damner un fan des Black Keys. Le chanteur guitariste affublé d'un haut chapeau melon et d'un t-shirt rouge (on dirait un roadie ultra looké des White Stripes, c'est un compliment) a un gros matou dans sa gorge et un turbo dans sa guitare ; ses parties vocales rocailleuses à souhait et ses riffs de guitare blues à réveiller un mort sont propulsés au firmament rock 'n roll par une batteur faisant partie du gang des cogneurs hurleurs sans micro. Ahhhhhhhhhhhhhh ! La belle équipe que voilà ! La musique basique et insoumise de Henry's Funeral Shoe fait vraiment du bien par où elle passe... Chaque titre défonce plus que le précédent, laissant le public exsangue à la fin d'un concert couronné par un rappel expéditif. Le duo, concentré et sobre dans ses interventions au micro, aurait gagné à être boosté par une assistance plus énergique, mais lorsqu'on passe en dernier lors d'une soirée au cours de laquelle des artistes très différents se sont succédés, certains spectateurs déclarent forfait. Qu'importe, ce jeune combo a le feu sacré et reviendra à nouveau nous botter les fesses un jour ou l'autre...
Etape clermontoise aussi courue (le club de la Coopé est bondé) que réussie au niveau artistique pour les Nuits de L'Alligator 2009, avec par ordre d'apparition sur scène, le folk psyché de The War On Drugs, le blues 'n soul de Black Diamond Heavies et le rock 'n roll garage de The Jim Jones Revue...
The War On Drugs : décollage immédiat.
La soirée commence avec le folk psychédélique des Américains de The War On Drugs, qui proposent une longue ode aux paradis artificiels entre folk dylanien, envolées lyriques à la Flaming Lips/Mercury Rev et passages expérimentaux légèrement bruitistes. La voix, évoquant un croisement entre Bob Dylan et Jonathan Donahue, est parfaitement assurée, les parties de guitare invitent au décollage immédiat et les rythmiques (basse, batterie) sont captivantes. Idéal pour tripper, ce combo encore peu connu est une véritable découverte, à savourer sur scène donc... et sur disque (cf l'excellent Wagonwhell Blues) !
Black Diamond Heavies, bien doté par la nature...
Juste après, les Black Diamond Heavies ont littéralement mis le feu avec leur blues 'n soul rock servi avec des litres de sueur, une bonne dose de virtuosité et une sacrée foi. L'organiste/chanteur entre en transe dès les premières secondes du show et ne fait qu'un avec son instrument de prédilection et son micro. Sa voix rocailleuse de gros matou enrhumé fait immédiatement penser à un croisement entre Louis Armstrong (elle est très très basse), Tom Waits (elle ne s'embarrasse pas de fioritures inutiles) et Lemmy Kilmister de Motorhead (ça gueule à souhait !), cet homme là - sans doute déjà bien doté par la nature au niveau cordes vocales - semble avoir sculpté son organe avec force clopes et bouteilles de Jack Daniels : quelle VOIX !
Comme celle-ci est accompagné par une un jeu d'orgue jouissivement frénétique et des parties de batterie très classieuses, l'effet est totalement réussi : l'on se croirait dans un club de blues à la Nouvelle Orléans... Après avoir honoré son public avec moult saillies blues ' soul finalement très rock 'n roll, Black Diamond Heavies ralentit la cadence le temps d'un slow... avant d'embrayer aussi sec pour le feu d'artifice final, orgasmique. Tout cela est très bien envoyé !
The Jim Jones Revue : A Wham Bam Whop Bop-A Lu A Whop Bam Bu !
Tout le monde est bien chauffé à blanc, il ne reste plus qu'à "finir le travail" pour la tête d'affiche du soir, les anglais sous influences Little Richard, Jerry Lee Lewis, Jon Spencer Blues Explosion de The Jim Jones Revue... Auteurs d'un album proprement hallucinant d'énergie rock 'n roll brute, le combo entre immédiatement dans le vif du sujet avec l'un de ses titres infernaux. La voix de Jim Jones est un véritable bonheur pour qui aime entendre des cris de loup garou en rut passant par un micro sauvagement saturé. Et cela tombe bien : c'est notre cas, et celui du public aussi ! Après un léger temps de chauffe, le deuxième titre, la reprise de Little RichardHey hey hey hey, est une très bonne occasion de donner envie de bouger son corps de manière hystérique, en headbangant comme un benêt.
Sorte de cure de jouvence couplée avec un puissant euphorisant, un set de The Jim Jones Revue rendrait le sourire à n'importe quelle personne venant d'apprendre une (très) mauvaise nouvelle. Le piano sauvagement martelé, les guitares qui hurlent leur riffs à qui mieux mieux et les rythmiques surexcitées contribuent à faire oublier tout le reste. Sans être une seule seconde original, ce groupe botte le cul, tout simplement. Seuls petits bémols, les harangues incessantes de Jim Jones (say yeahhhhh ! yeahhhhhhhh ! ) sonnent moins justes que celle de Jon Spencer, et le groupe manque un peu de générosité (par rapport aux insurpassables Heavy Trash par exemple) : la set list est terminée, le public est chaud bouillant mais on n'accorde pas de deuxième rappel ! Sacrés branleurs d'Anglais tout de même !
On passera toutefois l'éponge (pour cette fois, hein !), le rappel de trois titres - avec au milieu une version réjouissante de Good Golly Miss Molly - permettant de passer une bonne soirée par la suite. Avec en tête cette grande folle géniale de Little Richard en train de vociférer le texte de Tutti Frutti : A Wham Bam Whop Bop-A Lu A Whop Bam Bu. Si ces Messieurs de The Jim Jones Revue veulent remettre le couvert sous peu, ce sera évidemment avec le plus grand plaisir que l'on se déplacera !
Les Nuits De L’alligator : Uzi & Ari + Kill The Vultures - 17 Février 2009. - Cabaret Aléatoire, Marseille Les Nuits de L'alligator est un festival itinérant qui traverse plusieurs villes de France en ce mois de Février avec des groupes encore peu connus mais qui valent le détour.
L'étape Marseillaise n'a hélas pas attiré foule mais les quelques âmes présentes ont réservé un accueil plus que chaleureux .../...
Les Nuits de L'alligator est un festival itinérant qui traverse plusieurs villes de France en ce mois de Février avec des groupes encore peu connus mais qui valent le détour.
L'étape Marseillaise n'a hélas pas attiré foule mais les quelques âmes présentes ont réservé un accueil plus que chaleureux aux artistes présents.
A commencer par Franklin que j'ai malheureusement raté, puis Uzi & Ari dont je ne connaissais pas les disques mais qui semble avoir une certaine fanbase.
Ils sont six sur scène et jouent une pop farouchement indé aux contours difficiles à définir, au fil du concert on navigue aussi bien dans le folk le plus apaisé que le post rock le plus bruitiste et ça fait du bien aux oreilles.
Entre chaque titre on sent une complicité entre les membres du groupe emmené par Ben Sheppard qui s'échangent leurs instruments assez régulièrement, et une vraie passion palpable qui habite leurs chansons.
On est séduit par la richesse et la variété des sons (claviers, accordéon, violon...) et la mélancolie jamais pesante de l'ensemble.
Et l'on se dit que quand même, avec une prestation aussi décomplexée et des influences ratissant large (on pense autant à Arcade Fire qu'à Subtle) ils auraient mérité une toute autre affluence.
Une bonne surprise donc, d'autant qu'à la base je m'étais d'avantage déplacé pour Kill The Vultures.
Le groupe de Minneapolis m'avait secoué à la sortie de leur premier album il y a une paire d'années, je m'attendais à l'être autant mais ce ne fut pas tout à fait le cas.
On s'attend à voir débarquer une horde sauvage à la Tv On The Radio mais sur scène ils ne sont que deux, un mc et un beatmaker, certes talentueux mais pas aussi impressionnant que le laissait suggérer leur disque terrassant.
Le rappeur a un bon flow bien hargneux mais moins de charisme qu'un Dalek ou un Sage Francis auquel on pense parfois.
Son comparse aux machines est assis et martèle manuellement des rythmes concassés qui se marient bien avec les samples noisy et free-jazz (comme sur l'énorme "Moonshine") mais finissent par être un peu répétitif.
Rien de honteux pour autant dans ce set carré, mais j'en espérais plus.
En tout cas on soulignera une certaine générosité à jouer quelques titres en plus de prévu sur les coups d'une heure du mat alors que le public encore présent doit se résumer à une vingtaine de curieux, groupe précédent inclus.