4 avis et critiques de concert
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Festival Strie Dent : Dupek + Masakari + Le Club des Gens Speciaux - 6 Juin 2010 - Embobineuse - Marseille (critique écrite le 08/06/2010 par missjwl333) Je passe sur les circonstances qui me font embarquer du monde pour la traversée de la Belle de Mai à bord de mon bolide borgne, et la il est très tôt, par contre, et le temps est interminable devant l'Embobineuse (l'Embobinoize). L'affiche de ce soir (Dupek, le Club des Gens Spéciaux et Masakari), .../...
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Je passe sur les circonstances qui me font embarquer du monde pour la traversée de la Belle de Mai à bord de mon bolide borgne, et la il est très tôt, par contre, et le temps est interminable devant l'Embobineuse (l'Embobinoize). L'affiche de ce soir (Dupek, le Club des Gens Spéciaux et Masakari), c'est un peu le clou de ce Festival très strident, et même à bout de souffle et à la limite du total épuisement terrible, hors de question que je rate ça!
Je sais pas pour vous, mais pour moi, il est inimaginable d'assister à un concert du fond de la salle. Ca se passe DEVANT !
Ou ça se passe pas. Malgré cette profonde philosophie, je commet encore une fois l'erreur de me pointer à un concert hardcore en talons hauts, bien pour marcher et danser, mais qui rendent hasardeuse voire périlleuse toute autre démarche, surtout dans le style de danse hardcore-pogo. Tant pis! fuck la vie et la prudence.
D'ailleurs, pour les deux premiers groupes, c'est pas encore franchement la furie dans la salle. Tiens, d'ailleurs, un mot sur ces groupes là, tout de même. Dupek, qui a l'honneur de débuter les hostilités, c'est trois mecs au crane tout lisse, batterie/chant, basse et guitare, qui délivrent un truc à cheval entre la noise et du mélodique très doux. Curieux mélange, qui permet de danser et de rêvasser, aussi. Très expérimental. Le bassiste tire souvent la langue et ils aiment bien faire des grimaces.
Le Club des Gens Spéciaux, c'est deux batteurs à cheval sur une double batterie, ou deux demi batteur sur une batterie multipliée qui s'amusent à faire jouer un guitariste et un bassiste qui font les fous pendant plus de vingt minutes, peut être même beaucoup plus et font une sorte de krautrock violent et progressif , enfin ce style et j'attends toujours que le chanteur arrive et c'est déjà fini parce qu'il n'y a qu'un seul titre (!)
Il fait chaud, tout de même et du coup, on va boire un tout petit peu au long comptoir stylé de l'Embob, histoire de faire le plein d'impressions des autres spectateurs. La salle est plus qu'honnêtement remplie, et des stands proposent des produits dérivés, saucissons, beurre de cacahouette, heu! non! plutôt des disques et des affiches, stickers, tee shirt, même un disque gratos et j'oublie de le prendre en passant, tant pis!
Masakari va commencer. Ils se refont un petit soundcheck, tout le monde trépigne d'impatience. Ca va être sauvage.
Et c'est sauvage! un pogo débute dès le premier titre, et tout le monde part en live, je me paie une gamelle, traitrise de mes talons hauts, pas grave, on se relève et Rhaaa! c'est des furieux! Bon sang! ça envoie!
Le chanteur pilonne le devant de scène et harangue le public, se jette sur nous, tombe lui aussi, je me ramasse un coup de boule, évite des coups de pieds, c'est fabuleux, cette unité qu'on peut trouver lorsque le son vous tombe parfaitement dans les oreilles et le cortex cérébral, et vous envahit, nous envahit tous ensemble, des moments ou chacun est une part d'une entité qui bouge et vibre et remue. Le feu à l'enfer. Du parfait hardcore qui vous incite à l'intensité, qui vous fait vivre chaque seconde pleine, cosmique. Après plusieurs rappels, ils nous abandonnent, encore tremblants sous l'orage métallique qui vient de nous passer dessus. Voila un festival, un soir, ou la vie n'est pas vaine, le temps ne passe plus, il est au présent, et c'est bien parce que j'ai charge d'âmes, ce soir, que je m'arrache à la compagnie de ces gens à la jeunesse sonique.
Comment vous dire autrement que ce festival a été une tuerie, qu'on peut applaudir très fort -standing ovation!- l'initiative, et remercier profondément tous ces gens, groupes y compris, bien sûr. Réagir à cette critique |
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Festival Strie Dent : Conger! Conger! + Pord + Nitwits - 5 juin 2010 - Enthröpy - Marseille (critique écrite le 10/06/2010 par Senti) Strie Dent. Le contact du fer glacé sur l'émail tiède. Un truc qui ne t'arrive pas tous les jours et que tu n'oublies pas. C'est un peu ce que j'attends de cette soirée à Enthröpy.
Je vais le dire, le redire et le re-redire mais Conger! Conger! c'est la chose la plus instable, magnifique, .../...
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Strie Dent. Le contact du fer glacé sur l'émail tiède. Un truc qui ne t'arrive pas tous les jours et que tu n'oublies pas. C'est un peu ce que j'attends de cette soirée à Enthröpy.
Je vais le dire, le redire et le re-redire mais Conger! Conger! c'est la chose la plus instable, magnifique, bancale, superbe, originale et inspirée que j'ai pu entendre/voir en matière d'indie rock au sens large depuis un bon bout de temps. C'est d'ailleurs au power trio marseillais qu'incombe la tâche de balancer les premières salves. Soulignant d’emblée leur(s) différence(s) de part la présence d'un batteur/chanteur en première ligne, Conger! Conger! entame sa cavalcade aliénante et aliénée. Il est totalement vain de chercher dans quels registres les gaziers mettent les doigts. Ils s'en branlent, et nous aussi. Conger! Conger! ne doit rien à personne et la teneur des compositions est là pour en témoigner. Ce soir, on aura droit aux morceaux les plus nerveux (tant pis pour "Haunted", que j'adore), ceux qui savent faire le pas entre le suave et une énergie quasi hardcore, entre les notes discrètes d'un xylophone et un chant arraché des tripes, entre un riffing évident et une rythmique tribale à la violence exacerbée. Tout surprend, tout te saute à la gorge. CConger! Conger! prend à contre-pied avec une aisance et un tact rares. Le public ne s'y trompe pas, clairsemé au début, ce dernier ne cessera de croitre jusqu'au fracas final, qui laisse le trio lessivé par la performance et la chaleur étouffante. J'aurais tellement aimé qu'ils déroulent leur rock versatile et poignant pour conclure la soirée. Quoi qu'il en soit, Conger! Conger! est un groupe passionnant, qui littéralement offre et s’offre sur scène. On espère seulement que leur excellent mini-CD sorti sur XCROCS Records est l’étincelle qui fera naitre un brasier.
En Lozère, quoi de mieux à faire que de monter un groupe de noise virulent et cramé pour occuper les longues nuits d'hiver et les longues journées d'été ? Pord a déjà sous le bras une demo renversante. Quelque part entre Unsane, Dazzling Killmen et Tantrum ? Enfin, noise hardcore 90's way. Le truc complètement tendu et crispé, balafré par une rythmique en béton-armé. Il faut d'ailleurs voir comment le batteur de Pord tient la baraque sur scène. Le genre de bastonnade qui donne le sourire jusqu'aux oreilles pendant tout le set. Pord ne baisse jamais d'un ton, tout s'enchaine très vite, tout converge vers le point G de l'intensité, et ce même si la guitare s'autorise des passes hyper-tordues. Quelque chose dans le chant, comme jeté en pâture, et dans le son à proprement parlé m'évoque les italiens de Dead Elephant sous speed. Tu vois le tableau ? Le set est court, dans les 30 minutes. Un temps très largement suffisant à Pord pour te plaquer la tête sur le bitume.
"Nitwits !". Essaye de le répéter très très vite. Pas évident hein ? Un peu comme les enchainements un peu laborieux du quatuor punk rock'n roll marseillais. Il faut dire qu'un batteur qui met 10 minutes à se foutre à poil entre 2 morceaux ça n’aide pas des masses. Nitwits, c'est pas forcement ma came, mais force est de constater qu'ils en ont sous les pédales. Dans le style, on a vite fait de tomber dans le banal ou le racoleur. Là, c'est la sueur qui parle, et du coup ça passe à l'aise. Sans compter que Nitwits se fend de compositions foutrement bien branlées, entre énergie primaire et mélodies sinueuses. Ca chante en français, en anglais, en singe (sans rire), avec des effets ou sans. Tu veux du solo à la Thugs, t'en as. Tu veux des attaques punk punk punk, t'en as aussi. En filigrane il y a toujours ce calque grunge cadro en provenance directe de Seattle qui fait toute leur personnalité marécageuse et taciturne. Good job ! Réagir à cette critique |
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Festival Strie Dent : Antiforfora + Yokozuna + Cherry But No Cake + Conger! Conger! + Pord + Nitwits - 4 & 5 juin 2010 - Enthröpy - Marseille (critique écrite le 07/06/2010 par Missjwl333) Strie Dent Festival : 3 soirs Experimental Punk Noise Alternatif Hardcore!!!!
Par L Embobineuse, Enthropy, Assos Y Song et Katatak
Vendredi 4 juin, Enthropy 21h : Antiforfora (punk Expe.),
Yokozuna(Post Punk Noisy, Londres),CherryButNoCake(IndiePunk Rock, Paris Londres)
Samedi 5 juin, Enthropy .../...
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Strie Dent Festival : 3 soirs Experimental Punk Noise Alternatif Hardcore!!!!
Par L Embobineuse, Enthropy, Assos Y Song et Katatak
Vendredi 4 juin, Enthropy 21h : Antiforfora (punk Expe.),
Yokozuna(Post Punk Noisy, Londres),CherryButNoCake(IndiePunk Rock, Paris Londres)
Samedi 5 juin, Enthropy 21h : Nitwits (Pop Punk Indie), Pord (Rock Hardcore), Conger!Conger! (Alternatif Rock)
Dimanche 6, L Embobineuse : Dupex (Rock Post Noise), Masakari (Punk HardcoreMetal), Le Club des Gens Speciaux (NoiseRock)
Après un début de semaine assez lourd à gérer, voila que commence le Festival Strie Dent (2#Edition). The most secret Festival in Marseille City. De quoi faire un peu d'ombre au Festival de soleil que nous promet Noailles et l'été.
La première soirée devrait être assez paisible, oui, de la kitchen music indé, celle qu'on fait tourner en boucle pendant qu'on fait cuire ses nouilles. Bon. Arrivée devant la salle, à l'Enthröpy, il y a un peu de monde devant, dont un prêtre. C'est pour les derniers sacrements, ou bien la salle a besoin d'être passée à l'eau bênite? en tout cas, bravo, car la chaleur et son vêtement ne s'accordent pas trop. Si il y a du monde devant, je ne vais pas tarder à comprendre pourquoi : il fait à l'intérieur une chaleur moitifiante, un peu comme dans un sauna finlandais.
Dedans aussi, un peu de monde, pas trop les mêmes visages que d'habitude, à l'exception de quelques piliers indéboulonnables, et encore, il en manque un peu, pour le moment mais il est encore tôt. Enfin, le premier groupe commence, il faut bien. Ils ont une drôle de dégaine, un peu comme des touristes du centre de la France qui viendraient se promener à Marseille et plus particulièrement à Endoume dans le petit train. Doivent pas être bien féroces, ceux là. Et bien, détrompe toi, Ginette! ils font dans le vacarme, le gros, même si par moment ça ralentit dans la déstructure au point que notre amie Delphine s'endort au comptoir, c'est assez énorme et jouissif. De temps en temps, le bassiste s'empare d'un espèce de sax et en tire des sons d'un funk qui fusionne dans cette power punkypop tambouille. Même un titre assez ska, qui fait un peu plus décoller le public ah, les gens aiment ça, le ska à sax! étrange, hein. Ceux là, c'est Antiforfora, nous disent ils, presque au moment de finir leur set.
Malgré leur dégaine à chier, ça en jette. Je dis ça, parce que en fait, il y a comme un laisser aller, dans la sape, chez tous ces groupes indé, en général, mais ce soir, c'est une apothéose! un feu d'artifice. On se croirait chez les bohèmes new yorkais en 72 ou 75,ou même de toujours, plutôt (si, si j'y étais, de quoi?, vous me croyez pas???) et c'est certainement un effet soigneusement étudié, ou alors il faudrait qu'ils vendent plus de disques pour s'acheter au moins des shoes.
Pas grave.
On a à peine le temps de se faufiler au comptoir récupérer un peu de liquide, que sans sourciller ça reprend, alors là, ma mémoire me fait défault, je ne sais plus si c'est Cherry But No Cake ou Yokozuna, tout ce que je peut dire, c'est que à partir de là, tout le monde est bien hot, et que ça démarre en trombe. Cherry but no Cake, c'est assez hardcore mais dans le style grungy américain, avec un mec en slip et les autres, Yokozuna, il me semble quand même que c'est eux qui ont terminé la soirée, ils nous laissent sur les rotules, le chanteur, qui ressemble un peu vaguement à Fat Freddy des Freaks Brothers mais sans la barbe fait même des pointes grind, et c'est trop puissant.
On est bien obligés, après ça de rester un moment pour se réhydrater, avant de reprendre la route vers la maison, parce que les organisateurs n'ont pas prévu de camping. A demain pour le second volet.
Qui a lieu le samedi. Durs moments que ces matinées où l'on est obligés d'être actifs dans une vie parallèle, de se lever et de manger le midi, par exemple, puis d'aller voir des trucs, styles des showcases de rock chez des disquaires, faire des aller retour en
voiture un peu dans le flou, limite de la rupture du conscient.
Bref, il est tout de même plus de 22h lorsque j'arrive en vue d'Enthröpy, puisque c'est là où le Festival a élu domicile, et moi aussi, pour ces 2 premiers soirs. Je me dis que ces gens, que ce soit Enthröpy ou Assos Y Song ou Katatak, organisateurs de cette fulminante programmation, ne manquent pas d'estomac, de balancer, en début d'été, un festival Indé Hardcore dans la ville de la pétanque et du AreuNbee, la ville où le rock, c'est Massilia Sound System, pour les indigènes. Vous ne vous rendez pas compte, peut être, mais ça relève d'un sacré courage ou d'une bonne dose d'inconscience! En tout cas, ce soir, le ciel est comme une chappe de plomb, lourde et ténébreuse, qui vous pèse sur les épaules et vous inonde, même sans bouger. Dans les murs d'Enthröpy, c'est un enfer plutôt sympathique qui m'accueille, avec les Conger !Conger! dont j'ai raté la moitié du set et une salle bondée et frémissante. Une bonne chaleur humaine se dégage et de la scène et du public en ovation et je décide de rester là toute ma vie. Le batteur chanteur du groupe ressemble à un étrange animal lunatique et change de voix et de tête à volonté et leur musique est pleine de variations et de finesse qui vous font larguer les amarres, quelques part, vers l'Ouest.
Vite vite, direct derrière, Pord enchaîne, sans qu'on puisse reprendre son souffle, ce soir, le curé est en civil et il ne pourra pas donner d'extrême-onction. Grave! tout le monde tripe, en transe est toute l'avant scène remue comme un seul homme dans des jets de bière à tirs constants.
Lorsque les Nitwits commencent, juste derrière, plus personne, je crois, n'a un poil de sec, et c'est encore pire à la fin de ce fuckin good set of fire. Je ne les avait pas vu depuis un moment et j'avais oublié comme ils étaient bons, c'est rêche, râpeux et voluptueux à la fois, limite noise, qui fait bondir et danser dans tous les sens. Il faudrait prévoir des vestiaires, porter des maillots de bain, se jeter dans la fontaine des Réformés et y faire des soirées bain moussants pendant que des fanfares de grind core pousseraient des hurlements stridents.
Comme on se fait éjecter, tant pis, je me fond dans la nuit noire et paisible. Demain, dans d'autres lieux, ma vie élira domicile.
Demain, c'est tout de suite. Réagir à cette critique |
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