
Heureusement que j’avais un peu économisé mes forces en prévision de ce dimanche soir. Sur le papier tout était nickel. Concert de
David Merlo & Gildas Etevenard et de
Rorschach dans le cadre du festival Chhhhhut à l’Enthropy à 18h et ensuite
Méandres précédés de DJ
Tony Sdans le cadre du festival Jazz sur le Ville à la Meson à partir de 20h. C’était sans compter que l’anniversaire des deux ans de l’Enthropy et des 15 ans de
Zbeb allait mal tourner. N’y étant pas je me contenterai de répété ce qui m’a été rapporter. Vers minuit une descente de police s’est soldée par une fermeture administrative de durée indéterminée. Quand on voit les efforts qu’a pu faire cette salle depuis son ouverture (notamment par rapports aux horaires d’ouverture et pour lutter contre les nuisances sonores avec le voisinage) cela parait un peu sévère pour ne pas dire carrément injuste …

Du coup le concert de Chhhhhut, plutôt que d’être annulé par le Bureau Détonnant (qui produit la date) est déplacé au dernier moment à l’Embobineuse (heureusement que j’ai mon vélo !) que l’on peut remercier pour leur réactivité. Lorsque j’arrive là bas, on m’ouvre la grille du jardin pour que j’y gare mon vélo et lorsque je rentre enfin dans la salle le premier groupe est déjà sur scène. Je passe donc vite dans le nouveau sas d’entrée sans m’extasier (je le ferai entre les deux groupes). Je ne sais pas si toutes les personnes qui comptaient venir à l’Enthropy sont là (j’en doute), mais dans la grande salle de l’Embobineuse nous ne sommes pas nombreux pour ce concert "prix libre".

Sur scène
Rorschach, quartet suisse qui sort d’une petite semaine de résidence dans les studios de l’AMI à la Friche Belle de Mai et qui nous propose ici le résultat de leur travail. C’est sans doute pour cela que tous les musiciens sauf le bassiste jouent avec des partitions. Je vous avoue que de les voir tous les 3 derrière leurs pupitres pour un résultat entre noise et jazz (eux appellent cela du "metal free-core") ça surprend.
John Menoud (guitare, sax alto, machines),
Laurent Waeber (saxo baryton et alto) et
Francesco Miccolis interprètent à merveille les compositions de
Louis Schild (lui à la basse) qui trône en arrière scène sur sa chaise. Avant d’apprendre qu’il était le compositeur des morceaux j’étais déjà frappé par son jeu remarquable.

Je m’interroge sur l’origine du non et internet m’apprend que
Rorschach j’opte pour la référence scientifique ("Le test de Rorschach ou psychodiagnostic est un outil clinique de l'évaluation psychologique de type projectif élaboré par le psychiatre et psychanalyste Hermann Rorschach en 1921. Il consiste en une série de planches de taches symétriques et qui sont proposées à la libre interprétation de la personne évaluée" Wikipedia) plutôt que comics (Watchemen) ("Fils non désiré d'une prostituée, Walter Joseph Kovacs est un personnage traumatisé par son passé d'enfant maltraité. Particulièrement agressif et fort peu aimé de sa mère […]" wikipedia).

Pendant tout le concert alors que je me demande comment je vais mettre des mots sur cette musique particulièrement entrainante je repense au Pinguin en train d’expliquer sur LCM ce que c’est que la noise à un monsieur qui ne doit fréquenter beaucoup de salles de concerts (
voir ici) et qu’il lui explique que c’est "jubilatoire", "chamanique", "obsessionnel" … c’est vrai que ce n’est pas facile à décrire. En tout cas ce soir on sent bien que les musiciens ont plus d’une corde à leur arc et comme je le disais ailleurs, cette date aurait pu tout aussi bien faire partie du festival Jazz sur la Ville qui a lieu en même temps.

Sur scène ça joue, en douceur puis en force, en calme puis en tempête, tout en restant chacun à sa place. Ca transpire aussi beaucoup. Si les musiciens sont concentrés ils prennent tout de même beaucoup de plaisir … il y a des petits signes et regard qui ne trompent pas. Et puis quand on est capable de donner un concert d’une telle intensité devant si peu de monde c’est qu’il n’y a pas de triche. Le groupe n’oubliera pas de remercier le Bureau Détonnant, l’AMI, l’Embobineuse, l’Enhtropy et la Meson, ni d’annoncer le groupe suivant, le duo
Gildas Etevenard /
David Merlo.

Je profiterai du changement de set pour aller regarder de plus près les nouveaux aménagements. Je ne sais pas si c’est ça où le fait qu’il y avait beaucoup moins de monde que lors de mes précédentes venues, mais l’Embobineuse dégage quelque chose calme et reposant cette fois. C’est plaisant. Je vois deux de mes photos (expo Jazz sur la Ville 2010) qui sont derrière le bar,
Akosh sur le frigo avec un espcèe de chaussette fourrées dessus et
Fantazio derrière une Vierge en plastique. Amusant car ce deux photos ont été prises à la Meson lors de duo ou trio avec
Gildas Etevenard justement.

Alors que je commençais à surveiller mon portable avec inquiétude (Mardal devant m’avertir lorsque
Méandres attaquait), le duo commence. A gauche
David Merlo grand, tout de jean vêtu avec des cheveux en bataille, assis sur une chaise avec sa basse posée sur ses genoux. A droite, qui lui fait face,
Gildas Etevenard derrière sa batterie avec tout son attirail (trompette, cornet, et divers objets sonores).

Ils commencent en douceur, se faisant face mais sans se regarder vraiment, chacun concentré ou replier sur son instrument. L’un comme l’autre tapent dessus (ce qui est mon surprenant de la part de
Gildas que
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