Dès le départ, je trouvais que ce gamin gagnant de
Nouvelle Star avait du talent, de la musicalité et cela me tentait de voir ce qu'il donnait sur scène.
Verdict :
D'abord la salle : Bourse du Travail à Lyon. Bonne acoustique, le son était au rendez-vous. Mais cette salle est faite avec des places assises et autant vous prenez beaucoup de plaisir à aller voir certains artistes en restant tranquillement assis sur votre fauteuil rouge, autant pour d'autres, vous n'avez aucune envie d'être debout, seulement de bouger, de danser et d'être le moins statique possible...
Hier soir, cela n'a pas dérogé à cette règle : quand on va voir
Julien Doré, ce n'est pas pour rester assis !
Heureusement donc qu'il a incité dès les premières minutes à venir le rejoindre près de la scène, car sinon, je pense que cela aurait été sacrément ennuyeux ! Il aura fallu donc 2 chansons pour que cela ressemble à un vrai concert tel que le rythme de la soirée le nécessitait.
Et alors, qu'est-ce qu'il donne le
Juju sur scène ?
Eh bien...il m'a fallu du temps pour "rentrer" dans l'ambiance. Et j'ai trouvé que lui aussi, voire même qu'il s'est ennuyé. Explication : le public lyonnais était... particulier... J'ai eu l'impression d'être à Baltard (la scène de la Nouvelle Star) et ce n'est pas ce que j'étais venue voir. Certes, il est issu de la télé-réalité mais malheureusement, le public, lui, n'en était toujours pas sorti...
Dès la 1ère chanson, des groupies en furie se sont mises à taper des mains (je maudis encore celle qui a allumé un briquet) et cela gâche tout le plaisir. D'abord, parce que la chanson ne le nécessite pas, ensuite, parce que la plupart tape à contresens, et enfin, parce qu'on entend plus rien ! Pour la musicienne que je suis, cela gâche tout le plaisir.
Il y avait une majeure partie de femmes dans la salle, excitées comme des puces, l'interpellant tel une furie de
Patrick Bruel (Jujuuuuuuuuuuu), se déhanchant et chantant comme au karaoké, comme s'il fallait prouver qu'on avait appris par coeur chaque mot de l'album. Je dois avouer que cela n'a pas contribué à chauffer l'ambiance. Et malgré des moments de son archi-bons, ces groupies m'ont fait espérer que
Julien Doré se mette rapidement à faire de la musique moins "grand public" comme il a déjà prouvé qu'il savait le faire afin que le public "s'épure" et que l'on puisse assister à quelque chose qui ressemble davantage à un concert qu'à une énième représentation de la nouvelle star.
Quelques blancs entre les morceaux n'ont pas vraiment aidé l'ambiance, le Juju n'étant pas des plus expansifs pour communiquer avec son public. Franchement, on aurait dit qu'il faisait le show, mais sans grande conviction, tant l'ambiance de la soirée n'était pas à la hauteur de la musique que lui et ses musiciens étaient en mesure de fournir. Car, attention, musicalement, il y avait du lourd sur scène !!! Les musiciens sont tout sauf des amateurs et quand ils envoient, ouahhhhhhhhh, là, c'était bon !!!!!
Après, j'ai entendu des morceaux que j'adore comme "Bouche Pute" ou "SS Uruguay", "Les limites", tout çà, tout çà. Mais vraiment, vraiment, qu'avait-il besoin de nous faire 2 chansons sur 4 en anglais + 1 en italien ???? J'attendais qu'il "trashe" un peu son album, qu'il en fasse un numéro de haute voltige, de la scène quoi !!!!
Avait-il besoin aussi de s'adonner à un roulage de pelles comme je n'en avais pas vu depuis le collège avec une gamine de 19 ans qu'il a fait monter sur scène ? Mouais, pas convaincue... (mais que fait
Louise Bourgoin ?) Il est capable de tellement plus...
Conclusion : j'aime toujours autant
Julien Doré. J'ai passé un bon moment. Mais je resterais avec la sensation d'avoir eu devant moi un grand cru d'une bouteille de vin de garde qu'on aurait débouché trop tôt... et cela me confirme qu'à Lyon, à part dans les petites salles, dur de trouver une ambiance de concert, une vraie !!!
Heureusement, la cuvée
Julien Doré promet encore de très très bonnes bouteilles, encore un peu de patience et suis persuadée que lorsqu'il se sera allégé de ce passif "nouvellestarien", j'entendrais enfin de la musique et du lourd, à l'image de l'intelligence artistique que le bonhomme PEUT avoir...
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