Accueil Chronique album : Nicolas Sauvage - Life From A Window, Paul Weller et ..., par Phil2guy
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Critique d'album

Nicolas Sauvage : "Life From A Window, Paul Weller et ..."

Nicolas Sauvage :

Pop - Rock

Critique écrite le 01 mars 2020 par Phil2guy

" Life from a Window, Paul Weller et l'Angleterre pop" est la première biographie française, publiée aux éditions du Camion Blanc, consacrée à Paul Weller. Nicolas Sauvage y retrace le parcours musical hors norme de l'ex-leader des Jam et du Style Coucil, à travers l'évolution de la pop britannique pendant plus de quatre décennies. Très populaire et véritable institution en Angleterre, Paul Weller est finalement assez mal connu en France, en dehors d'une poignée d'aficionados, et a fréquemment été l'objet d'un malentendu. Apparu à la faveur de l'explosion punk avec The Jam, il s'est assez vite détaché du mouvement en adoptant une position de franc-tireur en raison de ses références à la culture mod et en clamant haut et fort l'héritage des Kinks, des Who ou des Small Faces. Affublé d'ailleurs du surnom de " modfather " dans les années 90, et aussi à cause de l'influence qu'il a pu exercer sur les groupes de la vague brit pop comme Oasis, Blur ou Supergrass, il a souvent été perçu comme le tenant d'un " classic rock " bloqué sur ses glorieux ainés cités plus haut. Il serait donc bien sûr extrêmement réducteur de le résumer ainsi et Nicolas Sauvage vient rectifier cette image en nous rappelant que Paul Weller est certainement l'un des musiciens anglais les plus originaux et importants d'outre-manche apparu depuis plus de quarante ans et qui, à l'instar de David Bowie ou Damon Albarn, a toujours su se remettre en question et se renouveler. Le titre d'une de ses chansons " The Changing Man " (titre qui est également celui de sa biographie anglaise) est à cet égard révélateur. Refusant de se répéter, de rester sur une formule toute faite et de se retrouver malgré lui le porte parole d'une génération, Paul Weller avait sabordé The Jam en plein succès afin de donner libre cours à sa passion pour le jazz et la soul en créant The Style Council. Il a poursuivi sa carrière sous son nom avec une flopée d'albums dans lesquels il ne s'est pas seulement illustré dans le rock ou la pop, il a également puisé son inspiration dans le folk anglais d'un Nick Drake ou chez le groupe Traffic (qui avait en son temps fait fusionner plusieurs genres) et a même produit des disques franchement plus expérimentaux, flirtant avec le krautrock ou l'electro. Bien qu'il soit fan, Nicolas Sauvage ne tombe jamais dans l'hagiographie ou l'éloge béate, il n'épargne pas Paul Weller quand il s'agit de mentionner ses faux-pas ou ses égarements car celui-ci a évidemment connu durant sa longue carrière des ratés et des passages à vide. Mais quoiqu'il en soit, suivre le récit de ce parcours, avec ou sans ces échecs, est toujours passionnant car un des grands mérites et intérêt de cette biographie, en plus de son exhaustivité, est de toujours relier ce cheminement au contexte musical d'outre-Manche. Il est très intéressant de voir quel était le positionnement ou la place de Paul Weller par rapport aux différents courants musicaux qui se sont succédés depuis ses débuts. Parfois en retrait, souvent impliqué, il a toujours été attentif aux nouveautés et ouvert à différents genres ou collaborations diverses (avec des musiciens aussi différents que Robert Wyatt, Graham Coxon de Blur ou même Boy George, parmi tant d'autres). Par exemple, en bon fanatique de la soul d'un Curtis Mayfield, il a été mêlé, un peu après la période Style Council, à l'effervescente scène acid jazz du début des années 90. Et il s'est surtout par la suite retrouvé malgré lui le " parrain " des groupes brit pop. Nicolas Sauvage vient rappeler que les acteurs de ce mouvement, en revendiquant fièrement leurs racines britanniques, à la fois culturelles et musicales (celle des Kinks, des Smiths et bien sûr des Jam) s'étaient positionnés en réaction au grunge alors tout puissant. Les musiciens de Blur ou Oasis et bien d'autres ont revendiqué haut et fort la dette qu'ils avaient envers Paul Weller, aussi bien musicalement qu'esthétiquement, ce qui avait non seulement galvanisé ce dernier d'un point de vue artistique mais aussi permis de relancer sa carrière et de retrouver la reconnaissance.rnNicolas Sauvage a une parfaite connaissance de la discographie du musicien mais aussi de tous les différents courants musicaux qu'il a traversés et analyse minutieusement et brillamment son cheminement, sans s'attarder sur sa vie privé (très peu abordée) et montre à quel point son œuvre est polymorphe. Tout cela donne donc envie de (ré)écouter ou de (re)découvrir ces albums pour la plupart d'une grande richesse et d'une grande diversité. Il s'attache ainsi à montrer l'importance et l'impact de Paul Weller dans l'histoire du rock, qui, à plus de soixante ans, reste un musicien toujours aussi actif qui n'a rien perdu de son enthousiasme pour les nouveautés ou les jeunes groupes ; la preuve, il a convié l'excellent groupe français d'electro-pop Le SuperHomard sur sa prochaine tournée européenne au printemps prochain.r

juin 2019 (Camion Blanc)

 Critique écrite le 01 mars 2020 par Phil2guy
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