Accueil Chronique album : Steeve Estatof - A L'ENVERS, par Philippe
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Critique d'album

Steeve Estatof : "A L'ENVERS"

Steeve Estatof :

Pop - Rock

Critique écrite le 02 novembre 2004 par Philippe

Steeve Estatof est ce p'tit gars qui a touché le gros lot, l'an passé : gagner une émission de radio crochet (Nouvelle Star, M6) où il se serait présenté par hasard (laissons-lui le bénéfice du doute). J'ai souvenir d'avoir eu, malgré toute la méfiance qu'inspire ce type d'émissions, un grand plaisir (voire une légère érection), à entendre du AC/DC et du Nirvana chantés live en prime-time, une fois dans l'histoire ! Par ailleurs, pourquoi le taire, avec sa belle gueule qui me rappelle Renaud il y a vingt ans, sa dégaine de mec jamais vraiment remis de sa première écoute de Smells like Teen Spirit, il m'est plutôt ... sympathique. Il peut certes inspirer de la jalousie, mais il n'y a aucune raison de le mépriser a priori. Pas sans avoir, au moins, écouté son album. Cela dit , j'hésitais quand même à lui donner mes sous. L'honneur est sauf, j'ai pu emprunter le disque à la bibliothèque ! Et sans à priori, contrairement au type idiot, ou sectaire, de la BMVR de Marseille qui, tel un abruti de la FNAC, l'a classé en 'variété française', sans même lui laisser le droit - mérité quoi qu'on en dise - de figurer dans le rayon 'rock français'. Ce qui lui rendrait davantage service pour la mission la plus dure qu'il lui reste à remplir : se trouver un vrai public. Toute la problématique de Steeve E tient en effet dans son premier single, Garde moi. Ce qu'il y a de con, avec Steeve E, c'est qu'il aime David Hallyday (il le remercie) et du coup, il chante parfois un peu comme lui, comme sur les couplets dudit single. Ou encore sur la balade regrettable de David H, Là où je vais, parfaitement grotesque (sans conteste, le pire moment de l'album). Heureusement, et c'est là qu'il prend sa valeur ajoutée, Steeve E, fan de Kurt Cobain, aime aussi à hurler avec toutes ses tripes d'ex-RMIste bien décidé à se faire sa petite place au soleil. Le refrain de Garde-moi remet donc les pendules à l'heure : qu'on aime ou pas sa voix, la démarche est sincère. Personnellement je suis un peu touché quand même. Quand il hurle " On fait quoi de sa rage ? Du pognon" (Le succès rend con), on sent toute la difficulté qu'il a, lui-même, à accepter son nouveau statut, tout en reconnaissant dans cette très bonne chanson : "crois-tu que j'aurais le courage de dire non ?". Quand on en a chié jusqu'à trente balais passés, dans le rock, on ne refuse pas le succès, dusse-t-il rendre con, ou alors on fait autre chose. Et alors par contre, ce qu'il y a de vraiment bien, avec Steeve E, c'est qu'il aime aussi Alice in Chains ou encore Porno for Pyros (qu'il remercie aussi) et du coup, il y a tout au long de l'album, toujours dans ce single et pratiquement dans chaque chanson, des lignes de basse sympas (Je n'entends rien ) et/ou des riffs tout à fait ... bandants (par exemple, sur la chanson Enfin ). On sent qu'il a du ruer dans les brancards, et aller aussi loin vers un son 'rock' que ses bienfaiteurs l'ont laissé faire (c'est-à-dire pas tout à fait assez loin). Il assume son amour pour le hard-fm aussi : il y a aussi des riffs qui font penser à du Guns n'Roses ou du Pearl Jam (ce qui est à moitié flatteur tout de même, pour un type qu'on veut nous vendre comme chanteur de varièt'). La dernière chanson, 1977, donne une petite idée de ce que pourrait donner Steeve E, avec l'argent gagné, sur un prochain album autoproduit : un truc tout à fait sympa, un riff nirvanesque et efficace, des pétages de plombs vocaux, un son bien produit... très prometteur, enfin de compte. Alors ouais, j'irai bien voir son concert, et tant pis si je suis entouré de gamines, moi Steeve c'est décidé, j'l'aime bien, disons que ce sera ma p'tite faiblesse, même s'il a pas encore tout prouvé, je voudrais le voir grandir, et je suis sûr que comme tous ces français un peu trop sages sur disque (M, FFF, Dionysos ...), sur scène il va tout déchirer !
(2004)
Vignette Philippe

 Critique écrite le 02 novembre 2004 par Philippe
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