Accueil Chronique de concert Ben Harper and The Innocent Criminals + Selah Sue + Denaï Moore (Festival de Nîmes 2015)
Mardi 11 mai 2021 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

Ben Harper and The Innocent Criminals + Selah Sue + Denaï Moore (Festival de Nîmes 2015)

Ben Harper and The Innocent Criminals + Selah Sue + Denaï Moore (Festival de Nîmes 2015) en concert

Arènes de Nîmes 4 Juillet 2015

Critique écrite le par

Les Yeux Dans Les Cieux...


Interrogation du soir, concernant la prochaine venue sur scène du sieur Harper suite au beau concert donné la veille au soir à Belfort et retransmis sur France Inter - quoique entaché de trop de blabla empiétant sur les morceaux, comme toujours en France... - savoir s'il allait, d'une façon ou d'une autre, marquer le coup niveau Fête Nationale Américaine, le fameux 4th Of July ! Ce matin, dès le réveil, j'avais misé sur une intro solo, revisitant, Weissenborn bien calé sur genoux, l'hymne US façon Hendrix, avant que l'ensemble ne se lance sur l'imparable Like A King/I'll Rise : rapport à la dernière mode policière, outre-Atlantique, consistant à tirer lâchement du "nègre" comme du lapin en battue ou de l'esclave en fuite (au XXIe siècle, putain...). En fan ultime du "Boss", mon pote "JL" avait lui pronostiqué une reprise de son Independance Day, sachant que le Californien du soir est hypra fan de Springsteen, qu'il l'a déjà repris sur disque ou bien joué sur scène à ses côtés. J'avais même reçu depuis Mulhouse, dès les premières lueurs de l'aube (mon pote "JC") un pari stupide concernant une possible relecture de l'acide I'm A Patriot (Little Steven Van Zandt : Silvio des Soprano & Mister Lilyhammer) ceci afin de bien montrer aux présents qu'il est doté d'un aiguisé sens critique et actif, politiquement parlant. J'y repense en souriant, amusé, tandis que l'on s'affaire sur scène et que la tension gonfle petit à petit de "ola" en "ola".


Deux minutes chrono, plus loin...
Suite à l'accueil triomphant qui lui est fait, il salue longuement la foule, happe le premier Weissenborn tendu et lance, déjà "dedans" : "Listen Mister, Brother, Sister / Family and Friend / I Fear With Each Day Pass / Our Time Grows Closer To The End..." ("Écoutez, monsieur, frères et sœurs, famille et amis / Je crains à chaque jour qui passe / Que notre temps s'approche de sa fin..."). Première gemme extraite de la vitrine aux souvenirs, mais choix curieux pour entamer une telle soirée, néanmoins, reste que, cela semble fonctionner à "donf". De toutes façons, depuis le début de cette surprenante tournée "reformation" (qui sera fort logiquement suivie d'un album studio tout bientôt, enfin, dans pas très longtemps) ils changent en permanence l'ordre des chansons et les chansons elles-mêmes, comme s'ils en avaient été privés trop longtemps et qu'ils ne pouvaient se résoudre à n'en jouer que certaines. Une interprétation en effectifs réduits qui fait monter la sauce sans efforts apparents, avant que Jason Yates (claviers) et Michæl Ward (guitare) ne s'en viennent les rejoindre pour entamer un rêche et sec Burn To Shine(99), nanti d'un solo senti du nouvel arrivant.


Dès l'intro caractéristique de Glory & Consequences ("J'ai bien plus peur de vivre / Que je ne le suis à l'idée de la mort / Je suis plus effrayé à l'idée de la chute / Qu'à celle de voler au plus haut ") l'on se rend compte de ce qui manquait au gars (en sus des compos) au niveau de son "son" Live, au cours des dernières années ; ses escapades avec Fistful of Mercy, Relentless 7, Charlie Musselwhite, ou sa récente collaboration avec sa mère Ellen, exceptées. Ce Weissenborn qui scie et ces percussions qui pulsent (l'épastrouillant Leon Mobley !) sur un tapis épais de basse (l'immense Juan Nelson !) c'est SA marque de fabrique à jamais : laissée volontairement "derrière" dès 2008 (par logique lassitude ?) pour pouvoir s'en aller chasser sur d'autres espaces vierges, défricher des territoires lointains, enregistrer le sans saveur Give Till It's Gone (2011) puis multiplier les collaborations (The Blind Boys of Alabama, Charlie Musselwhite, Rickie Lee Jones) ; une remise en compte qui l'aura finalement reconduit, après une première prise de contact à but humanitaire destinée à réenregistrer Jah Work (2013) à revenir vers le vaisseau "mère" portant haut les couleurs des Innocent Criminals ; la quadrature du cercle, en somme. Ce qu'aura bien saisi le public, qui chante comme jamais à l'unisson et saute de tous côtés pour exprimer au mieux la joie qui l'habite de nouveau à cette vision ; ce qui a le don de faire encore monter la température du lieu antique et imprégner la pierre de son/leur retour enflammé.


Après un, un rien "meuble", Brown Eyed Blues - rehaussé d'un premier solo slappé du monolithe Juan et d'un solo très "funky de Jason Yates, qui entraine le tout vers d'autres contrées... - c'est au tour du Riff particulier du très revendicatif Excuse Me, Mr., de raviver l'ancienne flamme. Durant icelle, il chante frénétiquement à l'intérieur de la caisse de sa guitare, suivi d'une attaque en règle de tambours qui fait rougir les yeux d'amour rétrospectif, tellement cela aura manqué, toutes ces années... "sans" ! "Excuse-moi, monsieur, mais / Ne vois-tu pas tous ces enfants qui meurent / Tu prétends que tu ne peux rien y faire / Alors que tu n'essaies même pas... / Je raye la mention "monsieur" devant ton nom / Parce que c'est à cause de gens comme toi / Que nous vivons tous dans la honte d'être...".


Une sèche diatribe envoyée (en la lointaine 1995) aux puissants, élus et "autoproclamés" maîtres du monde, qui dérive logiquement vers le brûlot des Wailin' Wailers, Burnin' and Lootin' : "Ce matin, je me suis réveillé sous un couvre-feu / Mon dieu, j'étais moi aussi prisonnier / Je ne reconnaissais pas les visages qui me fixaient / Tous revêtus de leurs costumes de brutalité..." (1973) ; sa façon à lui de fêter le 4th of July, vu les tensions intra-communautaires régnant actuellement au pays de l'Oncle (blanc) Sam ? Qui sait...


Suite au plus "faible" In The Colours (Lifeline/2007, le chant du cygne avec ses Innocent Criminals, assurément !) il se fend du très logique : "Celle-ci a été enregistrée en France !", avant de prendre appui sur la rythmique bondissante du très attendu (vu les cris récoltés, céans) Steal My Kisses, nimbé de subtiles mais présentes lignes de basse et accompagné, tout du long, des frappes de mains passionnées des Arènes (en rythme ! Plutôt rare, en France, c'est à noter).
Quelques poignées de secondes plus loin, après avoir remercié les présents et absents ayant contribué à son actuelle présence sur cette scène : "c'est l'un des endroits les plus incroyables qui soient sur cette terre, je vous remercie de m'avoir donné l'opportunité d'y jouer...", il lance le groupe dans une énergique version du Reggae "roots" With My Own Two Hands, qui émarge de façon troublante au patrimoine génétique de première classe du Burnin' de Bob Marley & The Wailers (1973) : un orgue qui nappe élégamment, une guitare qui "tchick-ik, tchick-ik, tchick-ik !" sèchement, et une ligne de basse omniprésente, belle à sniffer sans fin et sans retenue jusqu'au bout de la nuit Nîmoise...
Manifestement satisfait par la version offerte, quoique amputée du traditionnel ajout de War en son centre (ça aurait fait, un rien trop, niveau hommage à Marley, pour un même soir...) il convoque le vibrant Diamonds On The Inside : moins "pousse au cul" que sa devancière, soit, mais néanmoins dotée de plus d'ADN "Soul" que la totalité des deux prestations cumulées offertes plus tôt par la paire de jeunes filles invitées à ouvrir cette rare soirée... une chanson dotée, en sus, d'un beau solo de guitare bien vrillé en bas de manche, et de quelques notes éparses de Glockenspiel.


Sentant le public à sa pogne, il égrène patiemment les premières notes de l'inédit Masterpiece : offert puis enregistré aux côtés de la renversante Rickie Lee Jones sur le très récent The Devil, You Know (2012) - par ailleurs produit par le sieur Harper et sur lequel il se démultiplie (multiples instruments joués et plein des voix).


Réalisant qu'il lui faut rapidement en remettre une double couche afin de maintenir la tension extrême créée en amont, il cueille un nouveau Weissenborn et glisse de pulpe une intro dont il a le secret, puis descend, sans faiblir jamais, le fameux Roses From My Friend (The Will To Live/97) : "Il me semble parfois que je comprends mieux les étrangers / Que mes propres amis... / Les pierres lancées par mes ennemis / Causent des blessures qui se refermeront / Mais je ne peux survivre aux roses de mes amis...". C'est le moment choisi par la couverture nuageuse posée au-dessus des Arènes pour s'éclipser et laisser ainsi la voûte céleste baigner nos nuques étoilées. Un moment de poésie qui s'effrite aussitôt pour cause de version cataclysmique de Ground On Down (Fight For Your Mind/1995) ; un mur du son qui saisi, un duel de percussions lancé d'intensité entre Oliver Charles (batterie métronomique) et Leon Mobley (percussions), un Ben qui joue un court instant de ses dents sur cordes... une version qui ne cesse d'onduler et monter pour finalement dévaler ventre à terre jusqu'à son terme logique, poussé par un groupe uni comme jamais qui colle à son leader, assis, lui, mais encore et toujours désireux d'en découdre. Ce qu'il ne manque pas de faire, par ailleurs, en allant puiser le scintillant Don't Take That Attitude To Your Grave en la malle aux trésors et souvenirs (Welcome To The Cruel World/1994).


Un album qui avait alors déboulé sur nous tel un OVNI engagé et sans concession (How Many Miles, Must We March ?, Welcome To The Cruel World, Like A King), teinté de Blues moderne (Whipping Boy, Pleasure &Pain) et Folk boueux, de morceaux inspirés ou/et illuminés (Forever, Waitin' On An Angel, Walk Away), hanté par la poésie revendicatrice de la grande Maya Angelou (I'll Rise). Tandis que je revois défiler les années à rebours, un nouveau duo de percussions (qui m'ennuient profond chez Carlos Devadip Santana, tellement elles paraissent systématiques et obligées) vient me tirer net hors de ma rêverie nostalgique et me fait réaliser que la version de ce soir n'a rien à envier à ses devancières, ni aux mythiques millésimes "96", "97", "99", "2000", "2003", ou... "2015" : inattendu et bluffant à la fois. Si, si.


L'on pense logiquement que cela va se calmer un brin, et "paf", v'la qu'on se prend un Forgiven pleine tronche : "Je recueillerai les larmes de tes yeux / Jusqu'à ce qu'elles débordent de mes mains / Tu peux t'en aller et me laisser ici, abandonné / Je serai toujours là si tu te repointes..." ; au cas où "ça" pourrait ramollir du jarret dans la fosse, en face, juste. Une sorte d'ascension enchaînée des "cinq cols mythiques" - on verra bien combien seront encore dans sa roue à quelques hectomètres du sommet ! - qui se termine par le fumeux "appel à Jah" qu'est Burn One Down, bâti sur tambours et détournement de Riff du Redemption Song de Marley... Bob ! Un "appel" manifestement bien reçu par mes voisins en "herbe".
Initialement lancé à deux, en mode miroir, avec les ivoires du piano de Jason Yates posées en contrepoint du nylon des cordes, Amen/Omen s'en vient rappeler, en habits de Gospel, aux âmes défuntes, qu'il fut un temps où les chrétiens qui hantaient ces lieux n'en menaient pas large face aux crocs acérés et griffes sans merci postées en face. Un nouvel extrait (le quatrième) du plutôt pas mal réussi "Diamonds From The Inside, que j'avais à l'époque (2003) trop rapidement réduit à une superbe chute de reins posée sur pochette et sable, et un quarteron de grands morceaux (With My Own Two Hands, When She Believes, Blessed To Be A Witness, She's Only Happy In The Sun) avant que de le réhabiliter rapport à tout ce qui aura suivi (mais non "précédé") par la suite sous le label Innocent Criminals ; une grande et belle version oscillant sans cesse entre dévotion et transe.


Voyant que le public n'en a pas assez, en redemande, il s'en revient aux "affaires" équipé d'une simple acoustique et du séminal Walk Away ; tenant l'assistance de ses seules deux mains, il se rappelle qu'il fut un temps béni où il jouait d'excellence durant l'instrumental Mutt : un régal absolu de Slide, mélodieux et senti, qui s'anime soudain d'orage, gronde tel le tonnerre sur la montagne sacrée puis éclate brusquement de violence avant de redescendre lentement jusqu'à s'éteindre de silence apaisé, à... écouter les "yeux dans les cieux", assurément...

*

"C'est peut-être bien la dernière fois que je te vois / Mais si tu me gardes au plus profond de ton cœur / Ensemble, nous deviendrons éternels / Si tu y crois / Nous ne nous séparerons jamais..." (Roses From My Friend (The Will To Live/97).


Neuf Heures Moins Le Quart Avant Ben...
(Quelques heures plus tôt, en ce même lieu chargé d'histoire)


À pouces baissés...
Le reste de la soirée, enfin ce qui aura précédé, ne fût malheureusement pas au niveau de la prestation de la tête d'affiche du soir. Nope. Un début sans saveur, ni hargne, sans appétit ou presque, un peu à l'image de cette étouffante et ralentisseuse de sens journée de canicule en avance sur son propre temps/période.
Annoncée comme une véritable "révélation", Denaï Moore m'a surtout semblée pas du tout à sa place sur la grande scène, parce que lancée trop tôt, ou bien peut-être plus à son aise en une salle plus "modeste", à l'image de sa prestation gauche. Repérée sur la toile en 2012 (sa chanson Flaws, pas originale pour une Livre, mais pas désagréable non plus) elle a depuis sorti l'album Elsewhere/2015 ; un album uniforme dans lequel je n'aurais jamais réussi totalement à entrer sans penser à autre chose ou/et bailler à l'occasion. Impression confirmée ce soir, ce qui m'aura permis de bien observer les Arènes, de me demander si le son allait rester aussi "brouillon et sourd" jusqu'au bout, de voir que peu de "compatriotes de fortune" semblait y prendre goût et de finalement me réjouir que le lieu n'ait pas été correctement garni (à c't'heure) pour son passage transparent. Cela laissera moins de traces, fort heureusement ; sans compter qu'en une lointaine époque, on se serait fait "bouger" ou "virer" de scène pour bien moins que cela, ou bien encore jeter aux lions de la légende... sous une forêt épaisse de pouces baissés et cœurs sans merci !


Concernant l'attraction Selah Sue - un premier EP salué par la critique Belge, un album éponyme qui aura superbement "cartonné" en 2011, aussi bien au niveau du public, que de la critique, des articles élogieux, de prestigieuses premières parties, et tout le toutim, jusqu'à la sortie du second... - rien de commun avec la "jeunesse" évoquée au préalable, pour un résultat tout aussi mitigé, me concernant (je précise).
À tel point, que, voyant combien j'étais en décalage avec une partie du public (une partie seulement, l'autre semblant partager ma vision des choses, surtout en tribunes) je me bornerai ici à dresser une sorte de liste non exhaustive des sempiternels "pour", et "contre"... c'est lâche, je sais, mais ô combien plus "rond" et proche de la réalité ressentie en "collectif", que ce que j'avais écrit de lapidaire... pendant !

Ça est... parti !
Au registre des "Pour", donc, l'entrée en scène sur fond de choristes en place et d'un groupe qui pulse dès l'entrée énergique de la Belge sur Alive (concluant) avant qu'elle n'annonce que la soirée sera l'occasion de tester "beaucoup de nouvelles chansons !", extraites du tout nouveau Reason (03/15) ; une chanson "titre" qui sonne comme du sous Portishead à mes sens et qui peine à décoller ou séduire pour autant.
Côté "Contre", la formation basique (sur scène) des "prétendants" actuels au renouvellement de la scène Soul (ou Nu Soul, ou Trip Hop Soul, ou, bref... peu importe le flacon, en fait !) avec clavier + sons & samples, guitare électrique qui enchaîne encore et toujours les mêmes plans usés depuis des lustres, une basse sous-mixée et un batteur trop lourd (ou trop en avant, ou les deux à la fois) pour permettre au reste d'exister de sautillant ou moelleux, et, dénué de cuivres, bien entendu, vu que ça pourrait relever ou colorer le tout...


Niveau "Pour", une volonté affichée de relever le défi de la disparition de feu Amy (dont le documentaire polémique sort tout prochainement) et, à travers elle, toutes celles qui l'auront précédée dans ce même registre depuis la seconde partie du siècle dernier, peu ou prou : comme lorsqu'elle attaque Black Part Love, qui, après un bon début, se range rapidement tout au fond de la case "Contre", tant elle est noyée de lourdes nappes de synthés peu utiles (façon tsunami) d'une attaque "caisse claire + grosse caisse" trop présente et hors propos, d'une voix qui tente d'en faire des tonnes, sans que cela soit réellement justifié. Une constante de la soirée, à ce niveau ; ceci ajouté au fait que son organe reste encore aujourd'hui un "mystère" pour moi (et mes voisins de droite, et mes amis du vomitoire, et mes voisins inconnus avec lesquels j'aurais pu converser le soir, à deux pas des Arènes, à la table d'après concert !) tellement elle est surchargée d'effets en tous genres et d'une réverb' plus présente que celle hantant la fameuse Abbaye de Westminster "from London", depuis la toute fin du XIIIe. Il y aura même eu des moments durant lesquels l'effet posté sur sa voix aura carrément failli l'emporter sur sa voix à "elle" : ce qui aura surtout chez-moi suscité l'envie de l'entendre un jour en mode "Unplugged", to-ta-le-ment, "Unplugged", juste posté à côté, pour voir et... entendre !
Au registre des "Pour", cette volonté manifeste de créer quelque chose comme du lien avec ses Fans, lorsqu'elle s'empare d'une simple acoustique pour se lancer sur Fyah (une autre grosse différence d'avec Amy la disparue, vu que son propre groupe passait son temps à lui dissimuler sa guitare, sur scène, pour ne surtout pas qu'elle s'en empare, taux constant et indécent d'alcoolémie, oblige !). Reste, que, comme elle n'est pas Ani Difranco, niveau six cordes, et qu'elle en fait là encore trop, niveau vocaux, ben... c'est "Contre", quoi. Mais raté de très peu. Et puis, c'est certain que, lorsque l'on a en face de soi un public dense, dans un cadre aussi majestueux, on a sûrement envie d'en rajouter, d'en faire des tonnes, c'est humain...


Pour en revenir un tantinet vers les "Pour", elle aura réussi à fédérer de l'enthousiasme à "donf", comme sur le communicatif Won't Go For More, qu'elle fini par bien amener (Arènes collées à l'unisson derrière) en dépit des réserves déjà citées ci-dessus au niveau de son groupe de scène et de choristes sous mixées tout du long.
Niveau tout "Contre", lorsqu'elle "Rappe" et scande, tout en martelant le sol du lieu de ses pieds, elle peine à faire croire que c'est bel et bien issu de son patrimoine génétique (lorsque c'est la bombe en fusion Neneh Cherry, aperçue à Marseille sur scène il y a peu, qui s'y colle, par contre, le résultat est tout autre, ça emporte tout et tombe sous le sens... de même, au niveau de deux autres de ses influences revendiquées, nommées Lauryn Hill & Erykah Badu) ; sans pour autant lui dénier cette envie certaine de faire bouger et suer alentours, qui la rend forcément sympathique.
"Pour", a contrario, cette facilité à pulser, sautiller et se déplacer sans compter, EN TALONS ! (un mystère, pour nous les hommes, depuis l'aube de notre temps terrestre) sans oublier cette floraison, dans la "fosse" et parfois au-dessus, de coupes de cheveux, montées sur gamines, calquées exactement sur la sienne ; ce qui prouve bien que la demoiselle fédère et enchante sans compter, pour l'heure : ce que l'on aura pu vérifier sans tarder durant le visiblement très attendue Alone. À classer de même et de fait au rayon "Pour", l'apparition énergique du balancier de Together, parfait pour s'éclater et faire danser en mode festival sans penser à rien d'autre qu'au moment présent et à la beauté de l'instant puis tout oublier par la suite, jusqu'à... la suivante ?


Regrets Éternels...
UNE DERNIÈRE PETITE CHOSE, POUR LA ROUTE... CE regret (ô combien partagé par Lof de ne pouvoir mettre à votre disposition ICI, cette dernière image du héros du soir, assis, paisible, sur le rebord de la scène, seul, pieds dans le vide, face à une foule en délire - comme pour s'imprégner à jamais de cette rare soirée qu'il "n'oubliera jamais !" (dixit notre homme) - vu que les photographes sont "limités" aux "3 premiers morceaux et sans flash", tandis qu'en face, une forêt dense de téléphones derniers cris et autres vidéos, s'en donnent à cœur joie, eux, parfois dans de meilleures définitions que les "pros", paradoxalement, ou pas loin (des trillions de pixels garantis par contrat)... quelque chose qui devra bien finir par "bouger", espérons-le, dans un sens, ou dans l'autre... Image poignante que d'aucuns auront ramené à la maison en guise de trophée, juste pour pouvoir un jour la sortir en soirée et dire : "j'y étais !!!".

*La photo en question, généreusement cédée par Christine, spectatrice lambda autorisée elle à aller au "bout des choses".

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