Chronique de Concert
Cambarada + Catalogue + Stygmate

Il nous télescope dans les virages de sa bande-son, entre ambiances feutrées et climax assourdissant, égrenant des notes au tapping ou faisant vibrer une symphonie de pédales d'effets parfaitement maitrisées. On s'aventure en terre inconnue ; les émotions se croisent et nous chavirent par vague, explosent en altérations. Bouquet final de springking, aka la pédale Danelectro avec ce petit rond en caoutchouc sur lequel Yann appuie et qui emplit la salle d'une reverb monumentale, avant d'achever net son set, ce qui lui vaudra un "waw" spontané de l'assistance épatée. Good shot !

Un sirop de pêche plus tard -à défaut d'un pac à l'eau, cocktail peu crédible pour Cookie au bar, dérouté dans son lever du poignet à la pression- je retourne dans le vortex de la cave pour retrouver Catalogue en plein accordage et taillage de bout de gras sur la bonne piste à envoyer. Heureusement le batteur est plutôt conciliant et nos trois cordeux commencent à trancher l'air pour un set crescendo tout en énergie brute. Raphael envoie une basse grasse et lourde qui fait vibrer notre gravité et fissure nos points de suture ; Eric, au déhanché dandy, se balade sur les accords tranchants devant sa guirlande de pédales, tandis qu'Emma, guitare rythmique au bois maltraité, auréole l'ensemble de sa voix douce-amère, fragile et puissante, trafiquant une mélancolie en révolte. Entre deux lampées d'un mi flasque-mi thermos, le chant oscille entre l'anglais et le français, résonnant efficacement avec des couplets assénés comme des couperets acérés, slogans scandés de façon entêtante. Le public se resserre et l'ambiance monte d'un cran.

Et puis après une recharge au bar en pleine invasion parisienne (Oh Manu, tu t'es perdu ?!) vient le tour de Stygmate , nouvel album, nouveau line-up, de retour à Marseille avec un enthousiasme non dissimulé. Stygmate , c'est David qui lui donne corps depuis plus de vingt ans, avec sa guitare contestataire et fragile, ses paroles de poète des rues, blasé mais qui s'émerveille pourtant à chaque coin de rue, et son air de môme éternel qui joue comme si sa vie en dépendait. Le nouveau line-up ne se passe pourtant pas de Paul, aka petit Paul Péchenart avec autant de chien que son père et cette fois-ci à la quatre cordes. L'ancien guitariste aussi batteur envoie une basse mélodique et un charisme rock'n roll. Quant au batteur, nouvelle recrue, il assène ses coups comme il assassine nos oreilles, avec une violence et une endurance de machine de guerre. Bonne pioche. Le tout pour un Stygmate incisif, resserré et ultra efficace enchainant nouveautés bien ciselées et pépites d'hier ( La sur des Pauvres , Le mur d'en face ) dont le splendide Tu vois ce que je vois , cousu de bal populaire et de notes tendres. Stygmate nous emmène à Paris-Paname, de Belleville à Ménilmontant ; il nous invite à ne pas faire semblant de ne pas voir les clochards qui tapissent les bancs de son quartier.

Il nous embarque dans les sillons de ces rues nostalgiques, nous bascule la tête dans l'amertume, avant de nous donner une grande tape dans le dos et de nous montrer la lumière. Lise Cabaret , montée sur scène pour un morceau écrit par Pierrick ‘caméléon' Starsky, nous rejoint dans l'arrière salle d'un bistroquet enfumé avec passion et douceur. Et puis c'est au tour d' Elvis de montrer le bout de sa gomina avec un That's all Right Mama revisité à la dynamite. Fin du set, foule compacte, on a envie de prolonger les festivités tant qu'un peu d'espoir s'accroche au bout des cordes.
photos Laureline et Lise Cabaret
Critique écrite le 25 février 2018 par odliz
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