Accueil Chronique de concert Camille + Gribz
Vendredi 7 août 2020 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

Camille + Gribz

Camille + Gribz en concert

Toursky Marseille 28 octobre 2011

Critique écrite le par


Les 750 places du Toursky avaient trouvé preneur vendredi soir pour le retour sur scène de Camille. À 35 euros la place (tarif unique), on peut se dire que la crise n'est pas encore tout à fait là. Où que Camille soit devenue assez populaire pour devenir incontournable sur la scène française. Pourtant, la jeune femme a, en quatre albums, cassé bien des repaires, cherchant à chaque fois à rompre avec la recette qui avait fait le succès précédent. C'est encore le cas avec son "Ilo veyou", sorti le 17 octobre et qu'elle est venue défendre sur scène.


Plus que quiconque, on peut suivre la vie de Camille par ses albums. Jeune folle sur "le sac de filles", déprimé après une séparation sur "Le fil", extravertie jouisseuse sur "Music Hole", la voilà mère sur son dernier album. Impossible de ne pas connaître l'histoire de la naissance de son Marius, qui va finir par être plus connu que Guilia Sarkozy-Bruni !


Bref, on s'attendait à un concert bien différent de ce que l'on avait vu aux Docks des Suds ou au Gaou voici 2 ans. Elle arrive sur scène seule, habillé d'une robe marron et de deux étoles claires. Elle se sert du premier pour entourer une lampe suspendue depuis le plafond et récite à capella le plus jour sur terre, censé raconter la naissance de son fils. Le public n'applaudit pas, se demandant si c'est un concert ou une performance théâtrale. La question pourra se poser d'ailleurs tout au long du concert/représentation, tant la mise en scène, signée par la demoiselle, est élaborée.


Jeux d'ombres sur la toile du fonds, projection de cartons, comme dans un film muet, permettant au public de suivre la progression, utilisation de la scène pour des mini scénarios (jeux de bulles et danse des pompiers), rien n'est laissé au hasard. Elle est accompagnée sur scène, d'une violoncelliste, d'un contrebassiste et d'un pianiste-guitariste-human beat box. Les deux garçons portent des casques de chantier sur lesquels ont été posés des micros qui leur reviennent devant le visage.


Pendant 45 minutes, Camille joue son nouvel album, mélange de comptines enfantines de 2 minutes et de morceaux plus enlevés. La domination du thème enfantin (je finis par chroniquer un spectacle, plus un concert) est sympathique, mais pour tout avouer, un peu ridicule. Que Camille devienne gaga devant son enfant, c'est son droit. Qu'elle devienne gaga sur scène, c'est plus problématique. Heureusement, il y a de temps en temps un effacement de la mère et l'artiste adulte revient. "La France des photocopies" sous un air de bal musette du 14 juillet (avec lampions et fanions descendus du plafond) a réveillé une salle qui commençait à s'assoupir comme devant un dessin animé de Dora l'exploratrice. Mais les trois chansons suivantes, petites ballades accompagnées d'une guitare folk, plombent l'ambiance.


Après un petit break, une projection sur la toile de fond annonce "Et maintenant, mes plus grands succès". On ne peut être plus clair et un brin cynique. Car, évidemment le public est surtout venu pour cela. "Ta douleur" ne fera plus vraiment mal. "Paris, je te quitte" sera plus enlevé et "Cats and Dogs" bien amené, avec un public resté debout sur injonction de la demoiselle. Elle reviendra pour deux rappels avec des titres un peu plus calmes et un abécédaire des plus horripilants.


Voilà, à l'image de son album, Camille s'est un peu assagie. Devenue mère, elle semble planer dans des nuages de joie, de sourires et de béatitude. Nous, on l'est un peu moins devant elle, préférant de loin la folie qui l'animait jadis et qui pointe encore de temps en temps le bout de son nez. Il n'en demeure pas moins que son spectacle est une bouffée d'air frais sur la scène de la chanson française et que Camille a acquis une maîtrise incroyable de sa voix, dont elle semble faire absolument tout ce qu'elle veut, depuis les gazouillis haut perchés jusqu'aux basses octaves. Peu de monde avant elle avait érigé la voix en instrument de musique total. Rien que pour cela, il faut aller voir Camille en concert.


Evidemment, la première partie, assurée par Gribz, seul à la guitare et au tambour à pied, n'est pas à ranger sur le même rayon. Si on sentait à travers ses 5 morceaux présentés de belles intentions (folk, Raggae, funk) et une réelle envie de communiquer avec le public (qui a répondu), les textes et la voix constituent un petit handicap. Celui qui s'est présenté comme "un éternel adolescent" avec ses guitares éclairées de guirlandes, mériteraient de passer à l'âge adulte en s'entourant d'un vrai groupe.

Photos prises avant le spectacle pendant 1 morceau des balances par Pirlouiiiit, quelques autres en plus en cliquant ici

 Critique écrite le 29 octobre 2011 par stéphane sarpaux

> Réponse le 03 novembre 2011, par M@rie

Pas d'accord! Pas du tout d'accord!...........sur une Camille assagie! Ce qu'on aime en elle, c'est ses explorations.....celle de la naissance est marquante (parole de mère) et ses jeux de voix, de sons, d'arythmie sont toujours aussi bluffants. J'étais au théâtre Toursky, au 3ème rang et je ne me suis pas ennuyé, ni assoupi une seconde! Ce que j'ai retenue de ce concert (hormis la scénographie épurée et très belle, les accessoires et tenus vestimentaires en accord total) c'est sa générosité, son humour, son partage avec le public........assis, et pour cause : c'est un théâtre! Pas une salle de concert où l'on aurait trimballer des chaises prêtées par la municipalité!! Ce que vous reprochez à ces voix enfantines, ont été pour moi des jeux vocaux et des performances d'une artiste unique,...  La suite | Réagir


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