Chronique de Concert
Dropkick Murphys + The Interrupters
Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand 22 juin 2019
Critique écrite le 30 juin 2019 par Pierre Andrieu

En première partie, le set de The Interrupters - un groupe américain de punk à roulettes/ska - fait monter l'ambiance grâce à une grosse énergie et à la puissante voix éraillée de sa vocaliste en chef. Trop formaté FM pour nous, le combo basé à Los Angeles recueille néanmoins les acclamations d'un public déjà ultra chaud (les pintes de Murphys servies au bar extérieur n'y sont pas pour rien... ). Bref, quand un peu plus tard résonne dans les enceintes la version signée Sinéad O'Connor de la chanson traditionnelle "The Foggy Dew", on sent que ça va péter d'entrée de jeu ce concert ! Les fans, qui hurlent "Let's go Murphys !" depuis quelque temps dans une atmosphère électrique (mais bon enfant), ont droit à une entrée en scène plus que tonitruante, les Dropkick Murphys déboulant en force dès la fin de la bande son, avec un morceau de punk bien musclé serti de guitares électriques, cornemuse, chant à base de "Ho hohoo hohooo hohooooo", flûtiau et tout le toutim. On se croirait dans un stade de foot après un but, c'est le feu dans la fosse ! Des nuées de pintes volent en l'air, le pogo démarre, le très couru concours de slam également, et on ne parle pas des circle pits, walls of death et autres réjouissances...

Si a priori on n'est pas le premier fan de ce genre de musique sur disque, l'écoute répétée des tubes du combo basé à Boston, Massachusetts dans les pubs/bars/discothèques et autres lieux de perdition dans lesquels on s'alcoolise gentiment entre amis et sa grosse réputation scénique font que l'on ne voulait pas manquer son passage dans notre ville. Signalons aussi notre passion pour l'Irlande (le pays dont sont originaires les familles de tous les musiciens du combo ici présent) et ses multiples charmes, comme les femmes rousses aux formes généreuses, le sens inné de l'accueil, la légendaire Guinness, les pubs les plus cool du monde, des salles de concerts où l'ambiance est assez folle (souvenirs émus des shows de Ron Sexsmith à l'Olympia de Dublin et des Doors sans Jim Morrison au Point, dans la même ville) etc etc. Le mélange entre les Pogues (autre trésor du pays au trèfle, dont l'influence se fera très souvent sentir en cette belle soirée), The Clash ("I Fought the Law " est repris à leur manière en milieu de set list) et AC/DC (on sent une parenté dans certains riffs et intros) que réussit à faire Dropkick Murphys dans son melting pot musical est idéal pour avoir l'illusion de se voir projeter dans une mémorable fiesta irlandaise.

Si le show proposé est formaté à l'américaine, très carré et assez bref (en 1 heure 30, la messe est dite), il faut vraiment être sacrément coincé du cul pour ne pas se laisser emporter par la frénésie scénique des mondialement connus auteurs des hits "I'm Shipping Up to Boston" et "Rose Tattoo", joués tout à la fin du set dans une salle en totale fusion. En à peine quelques titres, on devient amoureux de ces chansons à boire pouvant sonner ultra punk (voire limite metal), très trad folkloriques (accordéon, banjo, cornemuse, flûte) ou comme un mix des deux ! Boostés par un groupe de musiciens émérites habitués à toutes les joutes scéniques, les deux chanteurs Ken Casey et Al Barr gueulent admirablement dans leurs micros, façon arsouilles aux cordes vocales forgées au cocktail tabac/whisky/bières. La communion entre la salle et le groupe est proprement hallucinante et va jusqu'à l'envahissement organisé de la scène par le public sur les derniers morceaux.

Autre exemple de convivialité made in Ireland : quand les lumières se rallument au son de la version de "My Way" d'un certain Elvis Presley, le chanteur/chauffeur de salle Ken Casey reste cinq bonnes minutes sur scène à faire des selfies avec les fans énamourés encore présents sur les planches. Sympa et pro le mec ! La rumeur était vraie : Dropkick Murphys est à voir sur scène si l'on aime plus que de raison les soirées festives. On ne dira pas du tout la même chose du sosie de Johnny Hallyday qui s'époumone lamentablement sur "Que je t'aime" lors d'une énorme fête portugaise organisée place du 1er mai et qu'on a le malheur de devoir entendre en sortant de La Coopé. Le spectacle s'intitule "Richy chante Hallyday", c'est une souffrance auditive sans nom, sans doute du niveau d'un horrible duo Johnny/Patrick Bruel dans un stade, c'est dire l'étendue du drame !
Photos (prises au Hellfest, à Clisson, le 21 juin 2019) : Titouan Massé www.instagram.com/tmphotograph, www.facebook.com/titouanmassephoto, twitter.com/titouanbzh, titouanmasse.tumblr.com, www.flickr.com/photos/titouanbzh...
Critique écrite le 30 juin 2019 par Pierre Andrieu
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