Chronique de Concert
Julián Mayorga, Ditter, Draga, Anthony Joseph, BØL, Hervé Bourhis (Festival Yeah ! - jour 2)

Festival Yeah ! jour 2. Cette année nous avons fait l'impasse sur les activités de la journée ; en effet les enfants sont un peu grands pour le CEKIKIKAYEAHYEAH et nous avons oublié de nous inscrire au concours de pétanque dans les temps. Et ce n'est pas plus mal car cela nous a permis de déjeuner au bungalow, profiter de la piscine et ses toboggans et pour moi même faire la chronique de la veille (cf par ici).

C'est donc particulièrement détendu car l'esprit libre que nous arrivons en famille pour cette 2ème soirée. Enfin ... détendu jusqu'au moment où on a vu du monde dans le château et cru que ça avait commencé plus tôt qu'annoncé (alors que ce n'était que les balances). Nous sommes venus en voiture (avec comme excuse de laisser les pulls dans le coffre, traumatisés par quelques années quand nous avions eu froid avec les enfants alors en bas âge).

Comme je le disais dans la chronique d'hier cette année pas de coquelicots, pas scène cave, pas de fruitière numérique, mais quand même des cerises pour le plus grand plaisir de Svet et des enfants. Cerises qui seront dévorés au pied de la scène Vieille Ferme en attenant 19h30 que le premier artiste de la soirée attaque. Je chercher désespérément Christophe ou sa mère dans le public mais ils ne sont visiblement pas de la partie cette année.

Quand Julián Mayorga s'est approché de la scène il n'y avait pas trop de doute que cela devait être lui. A ce moment là je ne sais pas encore s'il "bouscule la cumbia et la psyché-pop avec une explosion sonore aussi chaotique que captivante" comme dit le dossier de presse mais ce qui est sûr c'est qu'il bouscule les codes vestimentaires avec son look (y compris capillaire) plutôt extravagant.

Et pour être honnête à la fin de son set je me dis qu'il a tellement bousculé la cumbia qu'il n'en reste plus grand-chose. Chant à la limite de la rupture. Mimiques de guitares héro disproportionnées par rapport à ce qui en sort. Ruptures de rythmes permanant : dès qu'on croit l'avoir trouvé ça change. Chaussures coloriés à la mains, une paire de bras supplémentaire ...

Entre les morceaux il prend parfois le temps d'introduire le suivant ... comme cette histoire de Jesus christ bourré et de chien mort, ce morceau tiré de son dernier album Chak Chak Chak Chak avant lequel il nous confiera que l'a presque pire chose au monde ce sont les gens riches (j'espère qu'il n'a pas vu les bagnoles garées dans le camping) ce sont les gens riche et où il est question d'un rat géant qui descend du ciel pour les manger.

Bref un peu (trop) n'importe quoi (pour moi) et finalement pas si dansant que cela à moins d'avoir les sens un peu émoussés par des substances désinhibitrices (je parfle de vin là). Sur la fin (après son lancer de confettis qui a beaucoup plus aux enfants) ça a quand même l'air de prendre au-delà du premier rang lorsqu'il répète en boucle El amos es lindo après nous avoir avouer que le pire truc au monde est de travailler (et là tu m'expliques ce que tu es en train de faire ?) et nous avoir inviter à nous rendre dans sa ville d'origine (Torima, Colombia) "I live in Madrid but go". Il finira son set torse nu, allongé par terre, lessivé.

L'accès à la cour du château étant désormais ouvert on monte. Le stand de merchandising a bien fonctionné et il commence à manquer pas mal de choses. Pendant que Hervé Bourhis (dessinateur de BD souvent en lien avec la musique, mais visiblement DJ à ses heures perdus) s'occupe de l'ambiance musicale nous croisons quelques têtes et t-shirt connus, comme celui de la dernière plaine du rock ...
On a retrouvé Jean Phi and co qui ont choisi ce soir pour voir Ditter qui arrive justement sur la grande scène au pied du château ... "C'est magnifique ici, c'est trop bien" je vois débarquer une grande chanteuse coupe au carré avec un t-shirt de Lizzo (je suis allé chercher sur internet) des bas résilles et des méduses bleues turquoises et surtout un sourire et un truc qui pétille dans les yeux irrésistible.
Les deux références qui me sont venues à l'esprit furent Peaches et Deluxe, même si maintenant ce ne sont pas les deux artistes que je citerais pour décrire leur musique. C'est marrant j'ai trouvé cela super. Probablement la meilleure surprise du week end (avec la fanfare du lendemain) et pourtant j'ai beaucoup de mal à en parler.
En tout cas j'ai aimé sa présence. Son aisance. Son sourire (je l'ai déjà dit). Cette façon de ne pas se prendre au sérieux. Le propos aussi "Everything is political". Le moment où elle prend son plot de travaux sur lequel est scotché "Antifa" sans en rajouté à l'oral
Accompagné d'un bassiste très présent (comme la basse est très présente chez un groupe comme Big Soul) et d'un guitariste qui envoie de bons petits riffs bien placés et une boite à rythme, elle prend la pause sans que cela soit énervant .. au contraire !
Beaucoup de morceau très dansant et chantant mais aussi des plus surprenant comme ce Free (Palestine) avec un côté slow blues à la Teenage prayers qui me fera fondre. Ils nous feront chanter (un "la la la") , tenteront de nous faire danser le cringe, il sera question de womanzier, de break up song et de grosse fatique avec leur nouveau single You need a break ( "qui dans le public a déjà fait un burn out ?")
Le trio bouge bien, elle joue avec le public, s'en approche, serre des mains, et finit par sauter dedans. Ce sera le premier slam de la soirée. Sur la fin je pense à Right said fred (et leur too sexy). Pour moi ils ont mis le feu et je me dis que ça va être dûr derrière. Je ne suis pas le seul à avoir apprécié. Alice est fan et part avec Svet acheter un CD pour sa boombox pendant que je reste devant.
Lucie et Cyril qui s'étaient un peu tenus à l'écart sont maintenant chauds et Lucie prête à en découdre. Malheureusement le groupe qui suivra sera moins propice à la danse. N'ayant pas pris la peine de lire le descriptif je serai moi aussi plutôt pris à contrepied par ce Draga
Casting pointu et de luxe pour ce groupe qui regroupe Lucie Antunes déjà vue ici même il y a quelques années, Anna Mouglalis au chant, P.R2B à la guitare et aux choeurs voire chant, Théodora Delilez à la basse et aux choeurs, et Narumi Herisson au clavier et aux choeurs.
Ne connaissant pas Monique Wittig "romancière, philosophe, théoricienne et militante féministe lesbienne" et son oeuvre Les Guérillères de 1969 dans laquelle elle "imagine une société exclusivement féminine, où des femmes guerrières renversent l'oppression patriarcale." j'ai plutôt été surpris.
Et si au début j'ai plutôt été touché par l'énergie, la musique .. il y avait un côté La Mal Coiffée mais en plus rock, bien sympathique. Même les paroles directes voire crues m'ont plu au début, mais u bout du 14ème "clitoris" ou "prépuce" j'avoue que j'ai un peu décroché.
Si le gros du chant est assuré par Anna Mouglalis (sur un morceau au moins j'ai pensé à Brigitte Fontaine), les autres ne sont pas en reste. Beaucoup de "oh" qui arrivent de tous les côtés ou de respirations / halètements plutôt entrainant et collant bien à la musique mais qui avec les textes prennent un caractère sexuel qui en devient gênant sinon en tout cas pas festif du tout.
Autour de moi par contre les gens étaient à fond, homme comme femme et pas là par hasard. Le poing levé. Très expérimental et pêchu musicalement. Crache sur le phallus ... Je resterai jusqu'au bout contrairement à pas mal de mes connaissances mais j'avoue que j'étais aussi un peu dérangé / peiné par le mélange d'agressivité et de souffrance qui se dégageait de leur interprétation.
Je choisirai d'ailleurs de rester devant pour être bien placé pour Anthony Joseph que je n'avais pas encore eu l'occasion de voir. Heureusement que finalement nous avons mangé un bout avant de venir ! Les fans de Draga s'éloignent, pendant que ceux de Anthony Joseph essaient de faire le trajet inverse ...
Changement radical de style mais on comprend quand même très vite que ce n'est pas avec lui non plus qu'on va se mettre à sauter partout. Le set commencera plutôt reggae ... mais pas un reggae à la Winston Mc Annuff ou DaiPivo, non plutôt un reggae très calme : le géant bassiste en après ski et la saxophoniste font un minium de mouvement, y compris au niveau de leur visage.
Pas mieux du côté du clavier, un peu plus de celui du batteur. Reggae mais avec un chant plutôt slam de la part d'un Anthony Joseph dont je suis séparé par la tablette antisèche (pas tout le temps fort heureusement).
Si lui semble s'éclater, tout en retenue, allant jusqu'à danser quand il ne chante pas, en revanche je ne peux m'empêcher de penser que je serais mieux assis sur un canapé pour écouter son spoken word et le très bon jazz finalement de ses musiciens.
Les kids ont craqué et se sont éloignés et moi je n'en suis pas loin non plus surtout avec la voisine qui me colle. J'essaie de me concentrer sur les paroles mais en dehors des années et des noms de ville qui en effet claquent bien je passe à côté de l'essentiel. Le slam ça peut être ultra puissant (cf NonStop que je rêve de voir en concert ou Hadrien Bells invité par Sam KArpienia et Nicolas Cante à la Meson - cf chronique par ici) mais en français quand on comprend tout.
Bref je finis par m'éloigner et à me mettre sur le côté. Près du stand de merchandising et finalement c'est mieux. Je n'ai plus la tablette entre lui et moi. Je resterai un moment l'écouter balancer des dates et des lieux puis j'irai rejoindre Svet et les enfants qui étaient allés prendre quelques crêpes. Je resterai ensuite à l'extérieur sauf pour aller faire un saut et prendre 2 photos de Hervé Bourhis.
Quand Bøl attaque je suis donc dehors. Je me remotive, arrive au bord de la scène quand celui-ci est déjà bondé. Le descriptif sur le site nous promet "une musique massive, brûlante, vibrante, faite de débauche d'énergie, de rythmes obsessifs et d'écrins contemplatifs, pour emporter les publics dans la transe." ...
La transe c'est à double tranchant, si on rentre dedans on prend son pied, par contre si on ne rentre pas dedans on trouve ça répétitif et ça peut devenir lassant. Une musique du corps où l'on s'égare jusqu'à perdre la trace, afin de noyer les frontières dans une avalanche de sons bruts.
J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'une fanfare en voyant la grosse trompette (qui a sans doute un autre nom) de Ludovic Schmidt et le saxo de Hugo Collin, mais le reste est plus classique : guitare avec Cédric Laval , basse avec Mickaël Gagné , batterie avec Romain Choisy , et clavier Sylvain Rey ...
Pas de chanteur donc transe instrumentale. Un côté celtico-breton dans les premiers morceaux (ou alors c'est que j'ai vraiment envie de partir en vacances à Terenez) c'est plutôt pas mal, même si un poil posé à mon goût. Et puis je suis un peu fatigué et j'ai un (tout petit) peu mauvaise conscience en pensant à Cyril qu'on a abandonné endormi dans l'escalier derrière la porte.
On restera un moment puis un peu avant 1h on ira le réveiller et on se mettra lentement en route vers la voiture en écoutant la musique de Bøl qui s'éloigne. Les enfants n'ont pas pu amortir leur entrée en ramassant des écocups puisque cette année il n'y avait plus de consigne, ils ont mis un peu trop de temps à se lâcher et ont raté lé coche de Ditter mais ils semblent content de l'avoir vue. Une fois rentrés au bungalow j'aurai juste le temps de mettre en ligne les vidéos et au lit ...

(Beaucoup) plus de photos et vidéos par Pirlouiiiit par ici et aussi les chroniques du jour 1 et du jour 3




Critique écrite le 20 juin 2025 par Pirlouiiiit
Envoyer un message à Pirlouiiiit
Voir toutes les critiques de concerts rédigées par Pirlouiiiit
Festival Yeah! : les dernières chroniques concerts

Green Line Marching Band, Bracco, Bonjour, 22Carbone, Pedro vs. Pedro, les Triplettes, Cosme Castro (Festival Yeah ! - jour 3) par Pirlouiiiit
Chateau de Lourmarin, le 08/06/2025
Cette année le festival tombait le week-end de Pentecôte, on a donc pu profiter pleinement de la journée, contrairement à 2018 où on était parti avant les concerts du soir... La suite

Dino Brandão, Jon Spencer, TVOD, Myd, Metro Lavande (Festival Yeah ! 2025 - jour 1) par Pirlouiiiit
Château de Lourmarin, le 06/06/2025
Festival Yeah ! le retour, premier jour. En effet, après l'anniversaire de ses 10 ans le festival avait marqué une pause avec un version hors les murs à Sète, malheureusement... La suite

Carl Cox, the Blessed Madonna (Festival Yeah ! - jour 3) par Pirlouiiiit
Chateau de Lourmarin, le 03/06/2023
Retrouvez les chroniques du jour 1, du jour 2 (au château), du jour 2 (à la fruitière), et du jour 3Suite et fin d'une nouvelle belle édition de ce festival qu'on ne raterait... La suite

Jacques Vidéochose (Festival Yeah ! - jour 2) par Pirlouiiiit
Fruitière Numérique, Lourmarin, le 03/06/2023
Retrouvez les chroniques du jour 1, du jour 2 (au château), du jour 2 (à la fruitière), et du jour 3Après un bon bout de la matinée passé à trier et charger les photos de la... La suite
Anthony Joseph : les dernières chroniques concerts

Global Local #4 Anthony Joseph/Tom Fire feat. Soom T/Siska feat. Charles X/Abd El Haq vs Uli Wolters par Lumak
Docks des Suds, Marseille, le 15/10/2016
Global Local #4
En arrivant assez tôt et affamé, je profite des burgers gérés par borderline avec un cocktail mounguy (petite dédicace pour le bar de la rue consolat) en... La suite

Paléo Festival 2013 : Stupeflip + Sigur Ros + Brandt Brauer Frick + Mulatu Astatke + Anthony Joseph + Régis Gizavo + Dub Inc + Alvin Zealot par Guivano
Paléo festival - Nyon (Suisse), le 25/07/2013
Chronique des concerts du 25 Juillet 2013 au Paléo Festival de Nyon :
Alvin Zealot
Le jeune groupe Lucernois Alvin Zealot délivre une musique qui est dans l'ensemble... La suite

Marsatac 2011 : Cascadeur + Death in Vegas + Theophilius London + Oh ! Tiger mountain + Stupeflip + Under kontrol + Pigeon John + Chinese man + Skip the Use + Antony Joseph + The Death Set par stephane
Friche Belle de Mai - Marseille, le 30/09/2011
Que retenir de la 13e édition de Marsatac qui a eu lieu ce week-end à Marseille ?
1. Les trois soirs étaient sold-out pour la première fois dans l'histoire du festival,... La suite

Anthony Joseph par Mirabelwhite
L'International à PARIS, le 30/01/2011
Anthony Joseph read/perform a new work at L'International Paris, Jan. 31st, 2011
Ma première expérience d'auteurs sur scène, comme les appelle Basquiat "Les Conteurs" .... La suite
château de Lourmarin : les dernières chroniques concerts

Dino Brandão, Jon Spencer, TVOD, Myd, Metro Lavande (Festival Yeah ! 2025 - jour 1) par Pirlouiiiit
Château de Lourmarin, le 06/06/2025
Festival Yeah ! le retour, premier jour. En effet, après l'anniversaire de ses 10 ans le festival avait marqué une pause avec un version hors les murs à Sète, malheureusement... La suite

Carl Cox, the Blessed Madonna (Festival Yeah ! - jour 3) par Pirlouiiiit
Chateau de Lourmarin, le 03/06/2023
Retrouvez les chroniques du jour 1, du jour 2 (au château), du jour 2 (à la fruitière), et du jour 3Suite et fin d'une nouvelle belle édition de ce festival qu'on ne raterait... La suite

Makoto San, Jan Verstraeten, Meule, Nor Belgraad, Comfort (Festival Yeah ! - jour 2) par Luciiiie
Château de Lourmarin , le 03/06/2023
Retrouvez les chroniques du jour 1, du jour 2 (au château), du jour 2 (à la fruitière), et du jour 3Après nous être baignés le matin à la piscine du camping, nous sommes... La suite

Mendelson + Borja Flames + Ding Dong + La Jungle + Lucie Autunes + Optimo (Espacio) (Yeah ! Festival - jour 3) par Pirlouiiiit
caves et château de Lourmarin , le 05/06/2022
Philippe ayant fait la chronique du premier jour et moi celle du second, nous avons décidé de nous partager celle du 3ème. Je lui laisse donc Mendelson et Ding Dong dont il... La suite





