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Chronique de Concert

Gotthard

Gotthard en concert

La Cigale - Paris 21 octobre 2012

Critique écrite le par

Après la mort précoce de leur emblématique chanteur il y a deux ans, les autres membres de Gotthard ont décidé de poursuivre l'aventure. C'est tout à leur honneur, surtout qu'avec des albums en moyenne très bon depuis 20 ans, ils ont encore de jolies choses à proposer. La preuve avec leur dernier album en date "Firebirth", qui, s'il n'atteint pas le sommet des meilleurs opus du combo, reste un bon effort.

Bien sur, le problème essentiel ne vient pas d'une panne éventuelle de composition, mais bel et bien de trouver un vocaliste qui puisse soutenir, même de loin, la comparaison avec feu Steve Lee. Car ce dernier est tout simplement irremplaçable, pas plus pas moins. A mon sens il avait un charisme incroyable, une prestance live, et par dessus tout une voix fantastique, doublée d'un pouvoir émotionnel rare. Dur dur dans ces conditions de lui succéder...

Si je retournais voir ce groupe cher à mon coeur en ce week end parisien très rock (Slash la veille avait en effet enflammé le Zénith !), c'etait pour réentendre des morceaux hard imparables, tout en espérant ne pas être trop déçu par le petit nouveau.

C'est donc dans une Cigale bien garnie que nous nous retrouvons avec ma DG, pour d'abord subir une horrible première partie, Incry. Désolé les mecs, mais j'ai pas pu tenir plus de quatre titres cet espèce de hard, parfois traversé par un bon riff, mais plombé par des paroles en français sans saveur, et des cassures rythmiques incessantes mettant en avant la voix soutenue par la basse. Je n'ai pas du tout aimé qui plus est la manière de chanter, ni les simagrées du vocaliste. Repli fissa au bar donc, pour plutôt parler de glam et des US avec Yacine.

Après une attente un peu longuette dans la chaleur locale, les lumières s'éteignent enfin et nous voyons débouler les helvètes sur l'excellent "Dream on", intelligemment réintégré dans la playlist.
Évidemment, tous les regards sont rivés sur le jeune remplaçant de Steve Lee, et au début tout se passe bien.
Sans faire preuve d'une indulgence mal placée, je le trouve bon chanteur, d'un entrain non feint, et assez à l'aise sur les planches. Il est content d'être là et assure le show, malgré la pression. Les zicos sont à fond derrière lui, on ne sent pas de malaise mais au contraire une bonne cohésion et une bonne ambiance rigolarde. Le fait qu'en plus ce soit un suisse francophone est un plus chez nous, car il multiplie les interventions entre les titres, avec parfois un peu de "niaiserie", mais c'est bien sympa tout de même.

Pendant près d'une heure quarante cinq il ne va pas s'économiser pour donner le meilleur aux fans présents, qui en retour lui réserve un excellent accueil, dès l'intro. Quoi qu'il arrive, il s'est déjà fait accepter, et les commentaires que j'ai pu entendre à la sortie du live sont majoritairement positif.

Seulement, pour moi, il y a un tel coté affectif avec ce combo, et plus encore avec Lee, que malgré tous ces points positifs que je relate avec plaisir et honnêteté, je ne suis pas rentré dans le concert. Et je ne peux que trouver Nic Maeder bien en dessous de Lee, malgré une tessiture semblable.
Ca s'est remarqué dès le quatrième titre, "Top of the world", où il a zappé les vocaux finaux, trop hauts pour lui. Même chose sur "Anytime, Anywhere". Pire, il a eu de petits problèmes de justesse sur "Sister moon" et "Mountain Mama", pour carrément massacrer "Lift U up".

Bien sur, le groupe a adapté la setlist aux limites vocales de son nouveau frontman, mais il est certains classiques obligatoires, et parfois ça casse. Ça on peut le comprendre malgré tout.
Par contre, qu'il ait du mal sur certaines chansons du dernier album sur lequel il chante, c'est plus curieux. De ce fait, sur "The story's over" ou "Give me real", on pouvait ressentir sa souffrance à la fin de chacune. Et cette souffrance s'exprime par une constante crispation de tout son visage tout au long du show, quasiment à chaque morceau lorsqu'il faut pousser ou monter un peu haut.

Du coup, aucun extrait de "Need to believe" (je le voyais mal chanter "Shangri La"...), pas de "The oscar goes to you", de "Let it be", ni de ballades à part celle du dernier opus, et "One life one soul" qu'il interprétera seulement accompagné du clavier, avec un grand respect... mais sans la puissance émotionnelle qui sied à un tel titre. Et c'est bien là que le bât blesse véritablement chez moi: ok il n'a pas le charisme de Lee, ça on s'en doutait, mais il n'a pas non plus ce feeling incroyable que véhiculait Lee dans son organe, touchant à en pleurer et à vous redresser les poils...
Ça malheureusement, ça ne se travaille pas. De ce fait, pas de "Heaven", de "Need to believe", de "Falling", de "The call" ou de "I'm on my way". Ni ce soir là, ni je pense dans l'avenir.

Ca a l'avantage pour certains de proposer une prestation globalement plus hard, moins entrecoupée de moments calmes. Malheureusement on a toujours droit au solo de batterie inutile et aux soli de gratte un peu plus intéressants mais pas transcendants non plus. De plus, comme c'était l'anniversaire de Freddy, on a eu droit à plusieurs "happy birthday" de la part du public, puis de Léo, de plus en plus beurré au fil de la soirée ! Ce qui était plutôt fun lorsqu'il a fait son pitre avec le vocodeur, et le fait qu'il ne voulait plus partir, même après le morceau (soit disant) supplémentaire, "Mighty Quinn". Le fond de la bouteille de Jack, neuve au début, peut attester de sa descente. Même s'il ne fut pas le seul à se rincer la luette.

C'est donc dans une vraie bonne ambiance, et dans la salle, et sur les planches, que les helvètes nous ont proposé un set pêchu, avec quelques classiques qui ont fait jumper l'assistance, le retour surprise de "Fist in your face", et des chansons de "Firebirth" qui, même si un peu nombreuses à mon gout, passent haut la main l'epreuve du live, genre "Starlight" et ses Toutouyoutou ou "Right on".

Même si je ne suis pas sur de retourner les voir un jour, l'absence de Lee créant un triste gouffre irrémédiable pour moi, je pense qu'ils doivent continuer dans cette voie plus rock, en tenant compte de la palette vocale moindre de Maeder mais aussi de ses capacités propres; Léoni et les autres ayant encore beaucoup de bonnes choses à proposer aux fans de Hard rock, j'en suis certain.

Setlist : (je pense complète)
Dream On
Gone Too Far
Starlight
Top Of The World
Remember It's Me
Sister Moon
Fight
Hush
One Life, One Soul
Shine
The Story's Over
Fist In Your Face
Give Me Real
Right on
Mountain Mama
Lift U Up

Rappel 1 :
Master Of Illusion
Anytime Anywhere

Rappel 2
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