Chronique de Concert
Iconic Fugues + Holy Wave + Hantayo (Endless Festival)
La Citadelle / Fort Saint Nicolas, Marseille 26 septembre 2026
Critique écrite le 27 septembre 2026 par Pirlouiiiit

18h30 ouverture des portes et premier groupe annoncé à 19h. Après avoir fait les lessives, les courses, presque fini la chronique de la veille (depuis finie -) et même fait une petite sieste (pour voir si les "power nap" fonctionnent vraiment), gouter un peu de cette bière aux artichauts ramenée de Terenez et pris quelques mini rouleaux à la saucisse, me voici au pied des escaliers de la Citadelle aka Fort Saint Nicolas aka Fort d'Encastraux ...

Longtemps fermé et en lente rénovation depuis quelques années, la partie terminée est maintenant régulièrement ouverte pour des manifestations comme le festival organisé par Endless qui a commencé l'année dernière. Deuxième édition donc avec une affiche qui qui regroupe 1,5 groupes américains et 1,5 groupes marseillais.

Pas encore grand monde à mon arrivée, mais le bar est ouvert, le stand de merchandising (avec les disques de Holy Wave et les t-shirts du festival), un stand sandwich ... j'en profite pour aller faire un tour en haut admirer la vue avant que ça ne commence avant de me caler devant à gauche, emplacement dont je ne bougerai quasiment pas. Après avoir un peu discuté avec Pim je m'amuse à essayer de deviner qui fait partie de ce groupe marseillais qui est passé sous mes radars (pourtant j'ai du taper son nom puisque je saisie toute la programmation des concerts à Marseille chaque semaine depuis un bon paquet d'année).

A 19h10 les voici, un clavier, un chanteur guitariste et une bassiste bien concentrée puisque capable de faire abstraction au "maman il est où papa ?" du petit garçon au moment où elle s'apprête à commencer à jouer. 3 visages nouveaux qui sont donc ceux de Santiago Aldunate au chant et à la guitare, Marion Urvoy à la basse et Matthieu Obé au Synthé et machines.

Ça commence avec les machines ... puis la basse fait son entrée, bien en avant, groovy à souhait, puis la guitare par petites touches, puis un clavier délicieusement Doors esque et tout d'un coup à ma grande surprise un chant à la Mathieu Chedid en français délicat, presque chuchoté ... du coup j'écoute les textes de ce premier morceau à corps perdus.

Et des suivants En continu, Champagne (Désolé) ... textes poétiques avec un petit quelque chose de théâtral qui sonne un peu faux pour moi. Attention ce n'est pas facile à faire, il faut une très forte présence pour habiter des textes souvent imagés. Dans le genre j'adorais Tanger (voir chronique par ici) mais je n'aime pas vraiment Bonjour (voir chronique par ici).

Musicalement il y a plein de choses qui me plaisent. Sur En continu je trouve dans le jeu de clavier quelque chose de Sloy (période Electrelite). Globalement le mélange électro vs. Guitare basse fonctionne bien. Sur scène on sent une certaine application. Santiago jette souvent des regards (que j'interprète comme) préoccupés du côté de Matthieu.

Pour revenir au chant et aux textes, il y a pas mal de références à Paris (en tout cas plus qu'à Marseille). Drôle de morceau sur Lolo Ferrari. Quelques morceaux en anglais aussi comme sur Ex voto ou Snowy day. Des cris aussi et des soupirs comme sur Genau avant dernier morceau de leur set. Ils finiront par un Ca va bien dynamique où ils se lâcheront un peu plus, pour le plus grand plaisir du public qui semble avoir passé un très bon moment.
A la fin du set je vais faire un tour à l'étage supérieur. Il fait désormais noir. Je croise quelques têtes connues et puis je me re-cale devant au même endroit. Au pied de clavier du coup. Je suis rejoint par les Jim Younger's Spirit au presque complet. C'est grâce à eux que j'avais vu les Holy Wave au Molotov (voir chronique par ici)
Holy Wave groupe d'El Paso (Texas) composé (de gauche à droite) de Kyle Hager (clavier, guitare, chant), Ryan Fuson (guitare, chant), Julián Ruiz (batteur), Dustin Zozaya (bassiste puis guitariste) et Joey Cook (guitariste puis bassiste), visiblement très attendu.

Dans mon souvenir (inexacte) c'était plus bruyant et plus rock que ce soir ... en effet j'ai été surpris par le côté pop (j'ai pensé à Tahiti 80) que ce soit dans le double chant ou même les ambiances planantes des morceaux qui se suivent et se ressemble un peu (c'est en général ce qu'on dit quand on découvre).

Tantôt un morceau ou le lead est assuré par Kyle, tantôt un ou c'est Ryan (chacun venant en soutien de l'autre), ou même Joey lorsqu'il troquera sa guitare pour la basse (et en profitera pour avouer qu'il a toujours rêver de jouer dans un château en France, ce qui s'en approche assez ce soir).

Pas spécialement agités sur scène, ni très communiquant entre les morceaux ... cela ne nous empêche pas de passer un très beau moment en se laissant porter par tous ces morceaux dont on ne comprend pas forcément les paroles mais qui semblent habités. Assez statiques pour que je me dise que je peux changer d'angle.

En passant derrière la scène et en montant je pourrai profiter pleinement du jeu de lumière qui projettent leurs silhouettes sur les murs derrière le public (ce que j'vaias déjà repéré avec Hantayo). Je finirai leur set en haut, en mangeant un bout, bien décidé à aller ensuite boire un coup. Ce que je ferai à la fin de leur set.

Me revoilà devant la scène, avec un verre de pastis, alors que les Iconic Fugues s'installent. Je suis maintenant au pied de la batterie. Julian de Holy Wave a prévenu Dylan Hadley la batteuse donc que la grosse caisse a tendance à avancer ... et je retrouve aussi Christophe C de la Marseillaise que je ne reconnais pas tout de suite mais retrouve avec plaisir.

Un peu de retard mais pas trop (le quart d'heure marseillais) pour ce groupe composé porté par les compositions et le chant de Andrew Savage néo marseillais (depuis 3 ans apparemment) que j'ai eu l'occasion de voir deux fois une fois en DJ à la Fabulerie (voir chronique par ici) et surtout en solo au Club 27 (voir chronique par ici).

On trouve à ses côtés, outre Dylan Hadley (de San Francisco) à la batterie, Santiago Aldunate (oui oui celui de Hantayo) à la basse cette fois et d'un Steven à la guitare (pas compris le nom) sans oublier, tapi dans l'ombre au départ un saxophoniste que j'ai déjà vu dans La Kamba (voir chronique par ici).

Ça commence très pro, très carré, avec beaucoup de fumée. Je ne sais pas s'il est toujours comme ça mais je trouve Andrew très sérieux. D'un autre côté c'est le premier concert de cette nouvelle formation et ils sont en tête d'affiche. Du sérieux et de la tension quand il chante. Quand il ouvre grand la bouche ...

Quand il crie je penserai à Vic chesnutt (alors que musicalement ça n'a rien à voir) et sur un morceau particulièrement entrainant à Frank Black (période Men in Black). En tout cas les morceaux sont une sorte de cavalcade sautillante permanente (un peu à la Velvet Underground) .. en ça il y a quelques points communs avec le récent concert de Penny Arcade dont j'ai aperçu le chanteur dans le public.

Mais il y a aussi des morceaux plus calmes comme celle où il chante I wish telle qu'aurait pu le faire un Leonard Cohen qui je crois m'avait déjà marqué au Club 27. Je ne sais pas si c'est parce que je suis juste en dessous d'elle mais je suis particulièrement impressionné par le jeu de Dylan.

Le saxophone apporte aussi un vrai plus. Entre les morceaux Andrew est à peine plus bavard que Holy Wave mais ce n'est pas trop grave, on aura d'autres occasion de le voir. Il présentera en français même les musiciens qui l'accompagnent, remerciera les organisateurs (notamment jojo) et fera la pub pour leur première cassette qui vient de sortir (à 50 exemplaires)

Au final un très chouette premier concert avec un groupe qu'il aura peut-être du mal à réunir sur la durée (à moins que Tout le monde ne déménage à Marseille) qui aura duré 50 minutes sans rappel, seul petit bémol du set, tout le monde en aurait en effet bien repris une petite dose avant de partir.
Je ferai un bout de route (de marches d'escalier pour être plus précis) avec Stephane and co mais ne trainerai pas ... étant donné que'il allait falloir me lever tôt pour accompagner Svet à Marignane pou être sûr qu'elle ne rate pas sa correspondance pour le pays du soleil levant ...Plus de photos et vidéos par Pirlouiiiit par ici



Critique écrite le 27 septembre 2026 par Pirlouiiiit
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