Chronique de Concert
Jean Jacques Boitard
Jean Jacques Boitard fait partie pour moi de ces artistes marseillais incontournables. Un artiste dont j'ai presque tous les disques (certains sont chroniqués par ici) mais que je n'ai aperçu (brièvement) qu'une seule fois sur la scène du Lounge ... en 2009 (voir chronique par ici). Du coup cette fois j'ai décidé de ne pas en perdre une miette. Et tant pis le matche OM-Lens, et surement aussi pour le premier concert de Diego Montoya qui ouvre pour Veteran et que je risque bien de rater aussi.

Le concert de l'inoxydable (et je ne dis pas cela uniquement parce qu'il est né le 7 novembre 1939) Jean Jacques Boitard a (évidemment) lieu au Non-Lieu, petit théâtre / cabaret expérimental de la rue de la Palud tenu depuis longtemps par Nini Dogskin et François Billard. Ce lieu pas comme les autres où la chanson française et l'accordéon sont mis à l'honneur et dans lequel j'ai eu l'occasion de passer de très belles soirées comme celle en compagnie de Louise O'Sman pour la plus récente (voir chronique par ici), Leute pour la plus ancienne (voir chronique par ici) et Gérard Blanchard pour la plus touchante (voir chronique par ici).
Après avoir diné en vitesse et trouvé une barrière en face pour accrocher mon vélo sous la pluie (ce qui est assez rare pour être souligné), je rentre dans la salle un peu avant 20h30, et suis accueilli par le grand sourire de Nini, salue François et l'ami Jacques (Mandrea) que je ne suis pas si surpris que ça de trouver ici. L'ensemble de l'oeuvre discographique est exposée sur les murs (Plus de détail : par ici). A droite les 3 vinyles, à gauche les nombreux CD ... je pose mon téléphone en mode enregistrement dans le prolongement des vinyles.
François monte sur scène pour présenter l'artiste qu'il connait bien et présente comme son jumeau (tout en précisant) de parents différents ; présentation qu'il termine par un non ambigu "Boitard Jean Jacques on t'adore, bravo !". Et ce dernier d'attaquer, après s'être coiffé d'un chapeau et s'être armé de sa fameuse guitare de 1979 signée Joel Laplane avec 18 cordes, par le morceau qui commence par "Je m'appelle Boitard, je fais des chansons à boire, que je chante pour les copains" que j'appellerai Et glou pour son refrain.

Juste derrière un de ses tubes (à mes oreilles en tout cas) : le fameux Tagadagadagada gadin ! tiré du disque du même nom sorti en 2016. Selon les morceaux Jean Jacques prend l'un des deux guitare sur scène, dont il joue debout où sur l'un des deux tabourets ... au milieu un pupitre avec les paroles des chansons. Pupitre qu'il n'utilisera pas pendant tout le début du concert, et un peu plus vers la fin. Mais Franchement avec un répertoire de 400 et quelques morceaux, difficile de lui en vouloir.

Si je (re)connais pas mal des morceaux, j'en (re)découvrirai bien sûr plusieurs ce soir, comme ce Rime à rien ou cette sublime chanson hommage à Jacques Prevert : Tout près d'Omonville (Là où Prévert s'est installé et a fini sa vie). Retour à Marseille après ça avec Pytheas (2600) écrite à son arrivée sur Marseille (rue Gyptis) au moment où la cité phocéenne fêtait en grandes pompes ses 2600 ans.

Pour rester dans le thème ce sera Jour de fête à Massilia qu'il nous présentera en nous invitant à aller voir le clip disponible "gratuitement" sur internet (voir par ici). Beaux textes, belles mélodies, belle énergie ... bref une belle chanson (de plus). Sur la suivante j'arrive à mettre des mots sur l'impression que j'ai depuis un moment.

Il y a un quelque chose de breton, sinon en tout cas chanson de marin dans les chanson de Jean Jacques et sur Le bateau la Cruche le Marin ça me saute aux oreilles. Il a en effet comme Hugues Aufray si on veut rester sur les chansons de marin ou comme Brassens dans sa façon de rouler les R, de faire des chansons intemporelles.

D'ailleurs je dis "il" mais parfois c'est "ils" puisqu'il cite souvent les personnes avec qui il co-écrit les chansons. Notamment Annick Taillé (en parallèle de son activité scientifique avec la police scientifique si j'ai bien compris) avec qui il a a fait les 2 suivantes Dans le petit creux (qui m'a beaucoup plu) ou Le temps béni des confitures (elle aussi) et Jean-Jacques Boitard. Ses collaborateurs il les cite à chaque fois, en live mais aussi dans ses disques aux formats non conventionnelles (livret fourni, bd, ...) voir il leur laisse une place pour un morceau ou un texte.

Dans les chansons que je connais bien il y a la suivante Belle Elizabeth (pas sûr sûr du titre) où il chante "j'ai un petit velo qui m'trotte dans la tête" sur laquelle il sera obligé de se tourner vers le pupitre et dont il changera un peu l'air (par rapport au disque). Après Elizabeth il nous parlera de Marguerite, écrite à partir de lettres échangées dans le passé avec elle. C'est chouette de pouvoir transformer ainsi chaque expérience ou morceau de vie en chanson intemporelle.

Direction le Canada avec Gitane, gitane puis retour à la maison avec la chanson "presque autobiographique" Dans le labyrinthe du gris de tes cheveux tout en délicatesse. Sur la suivante Un mot je réalise en le voyant taper sur le coffre de sa guitare Un mot que même s'il n'a pas l'air de vouloir se servir de ses 12 cortes sympathiques, il joue très bien de la guitare.

Selon les morceaux il nous touche en nous prenant par les sentiments (amoureux souvent) et/ou en nous faisant rire en imitant le bruit de la flute, de la trompette, en prenant l'air pompette comme sur Je suis Léo où en faisant le chat (sur Vie de chien pour un chat). Pour rester dans le bestiaire il nous fera chanter "Waf waf" sur la chanson du même nom.

A ce stade du concert j'ignore si l'OM est bien parti face à Lens (on verra) par contre je suis quasiment sûr d'avoir raté Diego Montoya (j'aurai d'autres occasion de le revoir). En effet je ne vais pas partir maintenant, surtout en plein pendant Tic qui tic qui taque , un classique à la maison qui a fini par se retrouver sur une compilation familiale.

De plus c'est déjà le dernier morceau avec ce May day tout doux avec le public qui reprend tout bas le refrain. Un façon de finir ensemble et en douceur donc ce très beau concert. Il aurait pu y avoir plus de monde c'est vrai (et un peu dommage pour ceux qui ne le connaissent pas) mais ceux qui étaient là ne l'étaient pas par hasard.

A la fin plutôt que de prendre mes jambes à mon cou pour tenter le coup à l'Intermédiaire, je suis resté un peu histoire de ne pas casser la magie et aussi de le remercier et le féliciter. Je repartirai avec 3 CD (la prochaine fois je lui prendrai le dernier (que j'ai acheté à Lollipop en CD) en vinyle (mais là je ne me sentais pas de transporter toute la soirée).

Etant resté au fond pour ne pas déranger plus que ce que je faisais déjà avec les "cli clac", j'ai oublié de prendre la photo de la setlist, donc j'espère qu'il n'y a pas trop d'erreur dans les titres. Et ce n'est qu'après coup que j'ai réalisé que c'était Ilyès Yangui (à la réalisation des albums de Jean Jacques) et chanteur aussi qui était au premier rang ... que je remercie du coup via cette chronique pour tout le travail d'accompagnement qu'il fait depuis des années.
La suite de cette soirée (le très bon concert de Veteran à l'Intermédiaire) sera à lire dans la chronique (à venir) de Gina ...

Set list (que j'ai oublié de photographier) : Et Glou, Tagadagadagada gadin !, Le Rimarien, Tout près d'Omonville, Pytheas, Jour de fête à Massilia, Le bateau la cruche le marin, Dans le petit creux, Le temps béni des confitures, Belle Elizabeth, Marguerite, Gitane gitane, Dans le labyrinthe du gris de tes cheveux, Un mot, Je suis Léo, Gabrielle Moineau, Vie de chien pour un chat, Waf waf, Tic qui tic qui taque, May day
Plus de photos et vidéos par Pirlouiiiit par ici

Critique écrite le 25 janvier 2026 par Pirlouiiiit
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