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Chronique de Concert

Jean-Louis Murat

Jean-Louis Murat  en concert

Théâtre de la Nacelle, Aubergenville 26 mars 2022

Critique écrite le par

Longtemps que je n'avais pas connu concert de Jean-Louis Murat aussi éclatant. Parfaite harmonie des chants, des choeurs (envoyés par Clavaizolle père et fils, quelquefois par le discret Fred Jimenez au fond de la scène), sur une musique parfaite et un son idoine, Jean-Louis ce soir, fut dans une forme éblouissante, rarement vue, jamais égalée. De bonne humeur, légèrement amaigri, la tignasse flamboyante, le verbe clair, la mémoire parfaite, il n'y eu aucun oubli, aucun atermoiement, aucun dérapage, la musique et le chant coulaient de source, la synchronisation fut idéale. Le spectacle commença à 21h (pas de première partie, ce qui me réjouit) et se termina à 22h25, donc une belle durée pour notre Auvergnat, avec deux rappels : le premier, "Battlefield", flamboyant, et le second "Arc en ciel", inédit inclus dans l'album "Baby Love DC" (une reprise d'Adriano Celentano), un poème de grande beauté qui m'évoqua le grand Charles (pas de Gaulle, Baudelaire).



En ouverture, un titre que je ne reconnus pas suivi de "Princesse of the cool", sublime et romantique, portée par les claviers de Denis puis ce fut "Cinévox", titre évocateur suivi par un long solo qui annonçait "Ma babe"... Autant les titres sur l'album me paraissaient assez fades, autant sur scène ce fut une explosion de printemps, de bourgeons et de narcisses. "Hello you" s'ensuivit et m'évoqua un autre inédit, "Yes sir" dans sa puissance et son originalité. Puis "Marylin et Marianne" et "Moutboudif", qui fut l'occasion d'une longue digression sur l'époque pompidolienne et d'une série de sifflements et de tirades suraiguës qui visiblement enchantaient Jean-Louis. Yann et ses cheveux, ainsi que Fred disparurent en coulisses pour ne laisser sur scène que Denis et Jean-Louis pour un morceau plus grave "La pharmacienne d'Yvetot", la voix de Jean-Louis se fit plus claire et plus profonde pour nous égrener les noms lugubrement évocateurs de Corée du Nord, Bengladesh, Açores, Dardanelles, Mayerling, Sarajevo, et plus d'actualité, Arkhangelsk pour finir sur Périclès... Plus question de rigoler, nous sommes dans le registre grave puisqu'apparaît "Frankie" (in "Morituri") et son registre tire-larmes et glaçant dans son évocation historique... Que n'aurais-je pas fait pour Frankie, An 827, Dans la rivière de Casta-Ushi (merci à Alain Fécourt).

Nous revenons à plus de légèreté avec "Chacun sa façon" et son drôle de gimmick entraînant, le public suit, on chante avec les doux ch?urs de Clavaizolle père et fils et ça nous donne du baume au c?ur. Jean-Louis revient seul sur scène, plaisante, monologue, parfaitement à l'aise, heureux d'être là, et il nous entonne "Si je m'attendais" dans une pureté de cathédrale... On retient son souffle. Le rock revient avec le très ancien "Chemin des poneys" (in "Taormina") qui s'étire longuement. Cela fait du bien de réentendre de vieilles chansons et j'apprécie que Jean-Louis inclue désormais dans ses concerts des extraits de ses anciens albums, ce qu'il renâclait à faire jusqu'ici, malgré la demande du public...

Premier rappel : "Battlefield", que j'apprécie énormément pour ma part et qui est très entraînant, très joyeux et last but not least, le maître est généreux ce soir et ne se fait pas prier, un second arrive rapidement, ce fut "Arc en ciel" dont j'ai parlé plus haut. Tellement de choses que je n'ai pas comprises qui passent comme étoiles filantes dans mon c?ur (heureusement j'avais des post-it, j'ai pris des notes).

Moralité (comme on dit) ou résumé, de façon plus adéquate... Cela fait très longtemps que je n'ai pas assisté à un concert de Jean-Louis Murat aussi réussi, aussi flamboyant, aussi parfait au niveau technique et aussi bon enfant dans l'esprit. J'ai eu l'impression que le maître avait acquis une nouvelle jeunesse et une certaine sagesse (on dit qu'elle vient avec l'âge, eh bien les 70 ans lui réussissent), loin des caprices ou mauvais jeux de mots ou blagues vaseuses auxquels nous avons pu assister parfois, loin des approximations ou des loupés, des rappels jamais faits ou d'une certaine mauvaise humeur. Il a même quitté la scène en nous disant "Merci d'être venus !"... J'ai failli en avaler mon ticket.

Et le trio avec les Clavaizolle est de toute beauté, parfaitement réussi. Après le Delano Orchestra et son apport musical indéniable, on pouvait se demander comment réussir une parfaite collaboration après eux... C'est chose faite à présent.

Photo : V. Jeetoo

 Critique écrite le 27 mars 2022 par Florence Couté


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