Accueil Chronique de concert Jon Bon Jovi
Lundi 19 avril 2021 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

Jon Bon Jovi

Jon Bon Jovi  en concert

New York (Madison Square Garden) 9&10 mai 2018

Critique écrite le


Jon, il est sympa quand même. Il doit savoir qu'avec ma moitié nous étions un peu frustrés de ne pas le voir sur le tour du dernier album l'an dernier. Alors quand il annonce en janvier une deuxième partie de tournée, mais rien qu'aux USA encore une fois, et qu'il décide de booker deux dates au Madison SquareGarden de New York juste la semaine des deux fériés en mai, on s'est dit qu'il nous faisait un petit signe de l'autre coté de l'Atlantique !

Parce que justement on cherchait depuis peu où passer cette semaine bancale pour le boulot, en se disant qu'un petit trip pas trop loin aux beaux jours serait top. Et si la Grosse Pomme n'était pas du tout dans nos prévisions, vu que nous y étions pendant 9 jours un an avant (et qu'on s'était dit qu'on y retournerait pas de sitôt...), on a pas hésité plus d'une demi seconde à l'appel de Jon. Parce que Jon, c'est Jon. Même si vocalement il n'est plus à son top, que ses deux derniers albums sont bien moyens, qu'il n'y a plus Richie Sambora à la gratte, Jon reste Jon. Intimement lié à ma jeunesse métallique et à notre histoire amoureuse commune. Des titres gravés dans nos coeurs, de grands concerts européens, des instants mémorables jalonnant notre vie.

Une myriade de choses qui mérite bien qu'on réserve billets d'avion, chambre d'hôtel (mon dieu le 52ème étage du Hyatt Times Square....) et précieux tickets de concert dans les trois jours suivants l'annonce ! Quand on aime on ne compte pas, même si l'excuse de retourner une énième fois à New York pèse bien sur dans la décision, ne soyons pas faux culs !
M'enfin, on ne le ferait pas pour n'importe qui. Juste JBJ (et Jon Oliva il y a 14 ans à Atlanta, souvenirs, souvenirs...), parce qu'il le vaut bien.


Nous voici donc ce mercredi 9 mai devant le Madison Square Garden, une raison supplémentaire de venir à NY tant cette arène est légendaire, pour les concerts comme pour les rencontres sportives. Et une fois à l'intérieur j'étais scotché, sa réputation n'est pas usurpée. Que ce soit pour la facilité à faire rentrer autant de personnes qu'à Bercy en trois fois moins de temps, à circuler dans de grands couloirs aérés, à avoir de nombreux escalators pour accéder à tous les étages, et plus que tout la salle en elle même, magnifique, ce MSG est certainement la plus belle enceinte où j'ai pu voir un concert. Il y a autant de places quà Bercy, mais sa superficie est supérieure de 20000 mètres carrés à ce dernier ! Les gradins sont moins pentus et vont plus haut, plus d'espace entre les sièges qui sont rembourrés, plus de passages entre niveaux... Un confort optimal et un plaisir d'y être enfin. Sans oublier une organisation au poil et à l'heure pile, rien qui dépasse.

Le public est très hétéroclite, du vieux couple quasi soixantenaire aux jeunes dans la vingtaine, en passant par le costard cravate, les fans aux vieux t-shirts usés, monsieur tout le monde, la poseuse qui prend des selfies dos à la scène tout le live, le cowboy en tiags... La bas c'est plus un spectacle qu'un concert, et au début on craint que l'ambiance soit bien trop sage. Mais c'est mal connaitre tout cet assemblage de profils, car une fois les lumières éteintes, ça se lève direct des sièges, ça bouge et ça chante fort ! C'est vraiment marrant à voir, et pour le coup l'habit ne fait pas le moine. Typiquement anglo-saxon de se foutre du paraitre à ce sujet, et c'est tant mieux.
Car sans rivaliser avec la mémorable date de Milan en juin 2013 qui avait réservé à Jon un accueil phénoménal et une ambiance hallucinante tout du long, les américains ont donné le change et ça me fout toujours le frisson de voir une salle comme le MSG hurler les standards à l'unisson, créant une sorte d'osmose générale qui fait chaud au coeur et vous fait sentir comme une part d'une entité totalement (dé)vouée à l'artiste. Intense !


Pour la première date j'avais pris des gradins milieu un peu haut coté droit pour bien voir le show, et pour la deuxième j'avais eu celles à 35 dollars (hors fees), tout en haut tout en haut coté gauche fond. Et là je vous raconte quand même la rigolade. On monte jusqu'au dernier étage via ces bons escalators donc, mais du mauvais coté, on nous indique donc qu'il faut faire tout le tour pour rejoindre notre emplacement. Pour cela, on longe une espèce de passerelle/plate forme suspendue qui fait tout le tour de la salle en fait, en retrait des murs, ce qui fait qu'on surplombe le dernier quart des gradins les plus hauts. Une fois parvenus au bon endroit, on nous indique, toujours sur ce genre de pont suspendu, nos sièges qui sont en fait.... des chaises à roulettes type chaises de bureau !
Dis comme ça c'est ridicule, mais non non ! Car devant chaque chaise se trouve une télé encastrée dans le support en vitre/plexiglas sur lequel on peut s'appuyer, et nous n'avons aucun vis à vis, les deux-trois rangées de sièges de cette passerelle étant juste en contrebas. Nous sommes juste les rois du monde ! Certes nous sommes loin, mais moins que les plus hauts gradins, et comparé aux stades habituels c'est toujours plus près. On peut se lever tranquille, on va chercher notre binouse (aux tarifs prohibitifs forcément, mais au moins y a autre chose que de la Heineken à 10 euros...), qu'on pose sur notre vitre, en regardant plein de chaines de sport différentes en attendant. Bien sur les tv s'éteindront pendant le show, mais la situation est inédite !
J'avoue qu'on a eu un fou rire lorsqu'on a vu ces chaises confortables de bureau, mais c'est pour nous la meilleure des deux dates ! La vue globale était impressionnante, surtout quand le public était à fond.

Dans un tel décor, une telle atmosphère inhabituelle, et des conditions uniques, Jon ne pouvait que délivrer deux concerts mémorables. Car il est un peu chez lui le bonhomme. Un natif du New Jersey d'en face et un habitué des lieux depuis les années 80. Il nous a d'ailleurs raconté l'anecdote de son premier MSG en 1983 en support de ZZ Top, où à la fin de leur court set, sur "Get ready", l'assistance s'est mise à scander "ZZ Top ZZ Top ZZ Top" ! Il a pensé alors que ce serait sa première et dernière fois ici... Depuis les choses ont bien changé a t il dit avec un grand sourire.


Si lors du premier show on a trouvé Jon emprunté et limite vocalement sur plusieurs titres, voire au delà de la cassure ("Keep the faith", "Runaway", "Livin' on a prayer"), le deuxième soir il était comme transformé et a largement assuré ses parties ! Mais quoi qu'il arrive, il est parfaitement secondé par tout le groupe, incroyable aux choeurs, et d'un enthousiasme, d'une joie de jouer, d'un professionnalisme total !
Le remplaçant du grand Richie Sambora n'a plus à pâlir de la comparaison, tant son jeu et son attitude sont différents et remplis d'énergie rock. Il change de (belles ) grattes à chaque titre, mais sait envoyer les soli justes, bangue quand il faut, et envoie plein d'ondes positives.
David Bryan est une pile aux claviers, et le meilleur de tous, celui qui donne le rythme au groupe, celui qui a toujours été discret mais d'un charisme sensationnel, l'unique Tico Torres aux fûts, a encore une fois prouvé, de par sa prestation et l'applaudimètre, qu'il était le favori dans le coeur des fans (dont moi) derrière Jon. Un vrai Monsieur.

Les autres ne sont pas de simples figurants néanmoins, et participent tout autant à l'excellence du spectacle offert. C'est un groupe vraiment uni et homogène, sur lequel Jon s'appuie beaucoup, même si bien evidemment c'est lui la Star. Celle qui dès son apparition fait se lever près de 20000 personnes, celle qui interprète avec son coeur des hits imparables, celle qui donne énormément à son public sans jamais se la péter outre mesure. On aime Jon pour tout ça et plus encore. Un showman qui peut apparaitre sur une petite plate forme en plein gradins au milieu de l'enceinte pour chanter deux ou trois titres calmes, "Amen en tête, avant de regagner la scène en faisant des photos, des bisous, des accolades, des sourires lumineux... Incroyable moment.
Il n'a plus 20 ans, il n'a plus toute sa voix d'il y a encore 10 ans, il court un peu moins, mais franchement, il reste un artiste et un frontman charismatique hors pair, sincère et généreux.


Et ce pendant 2h30 à chaque fois. Pour une vingtaine de morceaux et avec un son exceptionnel. Il est un des seuls artistes à faire tourner ses setlists chaque soir, ce qui était aussi un moteur pour faire les deux dates, ayant l'assurance d'avoir "Runaway" déjà, et puis la surprise d'avoir plusieurs chansons différentes. Mais j'avoue avoir eu peur que cela ne soit pas le cas sur cette tournée, car je suivais les playlists jouées avant notre départ, et je voyais que ça ne tournait pas beaucoup, j'en étais étonné et contrit. En gros il alternait deux sets, où tous les débuts de shows étaient similaires quasiment, et ça changeait avant les rappels et une chanson différente était jouée chaque soir pendant ces derniers.
En étant grand fan du groupe, et des dizaines de morceaux que l'on voudrait absolument, on sait bien qu'on ne pourra jamais tout avoir. Mais on sait aussi que la surprise fait le sel du set, tout en étant sûrs d'avoir les classiques ultimes qui nous feront vibrer comme jamais/à chaque fois.

Finalement, si la première setlist était assez classique, tout en ayant eu notre "Runaway" indispensable et ce "Someday I'll be saturday night" inattendu que j'adore, c'est avec la deuxième que nous avons eu notre lot de chansons surprises. Déjà quand ma moitié demande à corps et à cris "Captain crash..." avant même le début du live, mais qu'elle en rate le début parce qu'elle était allée aux restrooms et qu'elle s'est plantée pour retrouver le chemin retour dans le dédale du MSG, gros LOL ! Ensuite "These arms" en premier rappel, une des meilleures du groupe, je suis fan, je n'y pensais même pas, c'était grand. Mais surtout j'ai eu ce "These days" qui me prend aux tripes et que j'attendais fiévreusement, un bonheur.
Ce bonheur d'être là, dans cette salle mythique, et d'avoir les intemporels et fantastiques "It's my life" et "Livin' on a prayer", deux des meilleurs morceaux du monde, repris par ces milliers de gorges, au point de ne plus entendre le combo sur les planches, et qui à eux seuls justifient un tel voyage ! Carrément ouais.


Évidemment le reste du show vaut le détour, avec des hymnes jouissifs tels "You give love a bad name", "Born to be my baby", "Bad Medecine" ou "We weren't born to follow", des chansons entrainantes qui mettent la banane tels "Whole lot of leavin'", "I'll sleep when I'm dead" ou "Who says you can't go home", un pêchu "Keep the faith" au final dantesque avec ce solo enlevé et une rythmique qui défonce tout, les inévitables ballades dont je suis moins fans mais qui ont le don de ravir un public vocalement au top sur "Bed of roses" ou "I'll be there for you", ce "Wanted dead or alive" country que j'ai trop entendu mais qui fait toujours son petit effet, le heavy "We got to going on" ou au contraire le doux "(You want to) make a memory", et ces morceaux du dernier opus qui étonnamment passent super bien en live.
"This house is not for sale" constitue une bonne entrée en matière, "God bless this mess" et son refrain entêtant le deuxième soir, et surtout ce fantastique "Roller coaster", enjoué et doux amer en même temps, une réussite qui fait obligatoirement taper du pied ! Bon par contre je saque toujours pas "Raise your hands" (même si c'est fun d'agiter les mains tous ensemble) et l'inutile et répétitive "Lay your hands on me". M'enfin, c'est juste pour chipoter hein...

Qu'est ce que je peux dire de plus ? Jon c'est une légende vivante du Rock à mon sens (il a d'ailleurs depuis peu été introduit au Rock'n roll Hall of Fame, yeah !), et même s'il n'a plus sa forme des années 90, il continue d'assurer des shows incroyables, avec un combo soudé derrière lui, donnant aux fans beaucoup beaucoup d'émotions, de joies, de fun, et de plaisir tout simplement.
A titre personnel c'est un des seuls, avec Metallica, Springsteen, Savatage, Roger Waters ou Iron Maiden, à me procurer un tel Bonheur qui est au delà des mots.
C'est un ressenti intense, une expérience personnelle marquante qui vaut largement les milliers de miles parcourus. Et qu'on refera sans hésitation aucune.

Merci Jon pour l'invitation, t'as été royal. As usual.

"These days are fast
Nothing lasts
There ain't no time to waste
There ain't nobody left to take the blame
There ain't nobody left but us these days"

"It's my life
It's now or never
I ain't gonna live forever
I just want to live while I'm alive"



Setlist 9/05

This House Is Not for Sale
Raise Your Hands
You Give Love a Bad Name
Whole Lot of Leavin'
Lost Highway
Roller Coaster
Who Says You Can't Go Home
Born to Be My Baby
It's My Life
We Weren't Born to Follow
We Got It Goin' On
Keep the Faith
Amen
Bed of Roses
Lay Your Hands on Me
God Bless This Mess
Runaway
I'll Sleep When I'm Dead
Bad Medicine


Rappels:

I'll Be There for You
Wanted Dead or Alive
Someday I'll Be Saturday Night
Livin' on a Prayer



Setlist 10/05

This House Is Not for Sale
Raise Your Hands
You Give Love a Bad Name
Whole Lot of Leavin'
Lost Highway
Roller Coaster
Who Says You Can't Go Home
Born to Be My Baby
It's My Life
We Weren't Born to Follow
I'll Sleep When I'm Dead
Keep the Faith
Amen
Bed of Roses
Lay Your Hands on Me
When We Were Us
Captain Crash & the Beauty Queen From Mars
Bad Medicine


Rappels:

In These Arms
(You Want to) Make a Memory
Wanted Dead or Alive
These Days
Livin' on a Prayer



Bon Jovi : les dernières chroniques concerts

Bon Jovi + The Reigning Days en concert

Bon Jovi + The Reigning Days par Gandalf
Stade San Siro à Milan, le 29/06/2013
Lorsqu'on va voir un concert de Bon Jovi en étant un très grand fan de la carrière du combo, on sait qu'on va être plus ou moins comblé, mais jamais déçu. Le groupe ayant... La suite

Bon Jovi par Gandalf
Arena à Amsterdam (Hollande), le 13/06/2008
Avouez que c'est assez rare d'avoir comme première partie d'un concert... un match de foot de l'Euro ! Et pourtant c'est ce qui nous attendait au magnifique stade Arena d'Amsterdam. Tout couvert, presque flambant neuf, bien agencé dans les couloirs, propreté, bref un must de ce que j'ai pu voir en stade footbalistique. Mais le mieux, c'est que... La suite

Bon Jovi par john
Oostende, le 08/06/2003
Exceptionnel, que ceux qui pensent que ce groupe est un groupe "pour minettes" aillent les voir, car ils ont assuré comme des fous !! Bou bou bou bou bou bounce bounce, j'en garde des souvenirs incroyables ! La suite

Jon Bon Jovi par antho
Oostende (Belgique), le 08/06/2003
Un groupe et quel groupe ! C'était la première fois que je les voie, ouh ! Le premier qui arrive sur scène : Tico Torres, le deuxième Hug McDonald, le troisième : Ritchie Sombora puis Jon Bon Jovie. La suite