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Chronique de Concert

Liz Green

Liz Green en concert

Poste à Galène Marseille 18 avril 2012

Critique écrite le par

La salle est dans la pénombre, les gens arrivent doucement, discutent par petits groupes, commandent une bière au bar quand soudain une petite femme à laquelle personne ne prête attention monte sur scène.
Elle sourit et attend que l'attention se porte sur elle mais, étonnamment, en vain! 

Elle s'approche alors du micro et commence à chanter Grinnin' in your face de Son House a capella, à la manière de Son House lui-même, avec un peu de gospel et de vieux blues dans la voix, mais surtout avec son inimitable accent anglais. 

Il n'y a pas de doute, c'est bien elle, Liz Green, pas de première partie ce soir, le public se tourne du bon côté et fait alors silence pour l'écouter. On doit être une petite cinquantaine au Poste à Galène, tous contraints à un quasi immobilisme et à faire le moins de bruit possible pour ne pas déranger, ce qui crée une atmosphère un peu étrange mais aussi une certaine intimité. 



Liz Green est souriante et bavarde, cheveux roux coupés au carré et chemise blanche parsemée d'yeux noirs (une bonne cinquantaine au moins, qu'elle a dessinée elle-même pour mieux nous observer, dit-elle). Elle est sans âge et hors du temps, on l'imagine davantage entrain de servir des sandwiches et un thé à la bergamote que sur une scène mais c'est une erreur, car elle maîtrise parfaitement son spectacle et son univers.

Elle raconte plus qu'elle ne commente chacune de ses chansons, expliquant comment ses premières chansons étaient " naughty " ou les difficultés qu'elle a rencontrées pour jouer Dying Crapshooter's Blues de Blind Willie McTell, jusqu'à ce qu'on l'informe que le bluesman jouait avec une douze cordes (elle s'en sort désormais magistralement avec sa vieille six cordes...). 

Après quelques morceaux seule sur scène, elle appelle ses trois amis, qui arrivent d'on ne sait où... un batteur, un contrebassiste et un saxophoniste dont les noms ne seront pas révélés... 

Tous les quatre débutent sur Midnight Blues.



On sent une réelle complicité entre les musiciens qui s'échangent des sourires et portent sur Liz Green des regards bienveillants quand, pleine d'humour et de second degré, elle parvient encore à les surprendre et à les toucher date après date.

Les thèmes " tragi comic pop " comme elle aime à définir sa musique, s'enchainent avec Luis (proche d'Harold et Maud ou des textes de Brassens "This song is about funeral but you know you can meet great people at funerals"), Displacement song (sur les victimes de la guerre) ou encore Hey Joe ("cette chanson parle de mon ami imaginaire qui a la tête d'un oiseau et un corps d'homme, c'est très triste" explique t-elle avec un grand sourire et des yeux qui roulent).



Cette fille transmet une émotion palpable et grandissante, sa voix est troublante et elle met dans son interprétation un rythme indéfinissable, à la fois lent et vif qui donne vie à ses chansons, à la manière d'un conteur.

On se dit qu'elle est un peu dingue. Et on en est totalement convaincu lorsqu'elle entame une " transformation secrète " supposée rendre réel son ami imaginaire (toujours le même), en enfilant une cagoule grise à tête d'oiseau. Les ombres qu'elle projète sur le mur accentuent le côté fantastique. Et c'est a capella qu'elle reprend une comptine apprise à l'ecole Who killed cock robin.



Puis elle se met au piano, le temps semble s'arrêter, le contrebassiste se frotte les yeux et enlace sa contrebasse, le saxophoniste s'agenouille, les verres se posent délicatement sur le comptoir et l'assemblée toute entière se fige pour écouter cette voix profonde et magnifique.



Elle nous entraîne petit à petit vers une ambiance cabaret des années trente, un swing plus gai, montant en intensité, le contrebassiste frappe le rythme sur la caisse de son instrument, Liz Green joue de la trompette avec ses lèvres, le saxophoniste se lance dans un solo largement applaudi, à sa manière, saxophone au coin de la bouche.



Puis vient le temps de Bad Medecine, sa chanson préférée si elle devait n'en choisir qu'une, de Gallows seule à la guitare et sans micro (ce qui est une performance remarquable compte tenu de la taille et de l'acoustique du Poste à Galène, ses musiciens comme le public se tiennent droits comme des i, on entendrait une mouche voler), et French singer (une chanson qu'elle détestait mais que finalement elle aime bien depuis qu'elle l'a mise dans son album).



Le concert s'achève bien une heure et demie plus tard avec le retour de tous les musiciens pour une reprise de Bei mir bist Du schön, avec une belle ligne de sax, en version très swing proche de celle des Puppini Sisters. C'est une jolie façon de clôturer la soirée, fidèle à l'atmosphère de Liz Green, mélancolique et enjouée, noire et drôle à la fois.



Nous n'étions pas nombreux, mais tous conquis et sous le charme. Cette soirée était vraiment fabuleuse!!! Liz Green, qui est sold out un peu partout dans le monde, ne méritait certainement pas le petit accueil que lui a réservé le public marseillais qui avait déserté on ne sait où ce soir-là.

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